L'énonciation : gesticulation locutoire ou représentation sémantique ?
- Par Laurent Perrin
Pages 375 à 387
Citer ce chapitre
- PERRIN, Laurent,
- CORMINBOEUF, Gilles
- et BÉGUELIN, Marie-José,
- Perrin, Laurent.
- Perrin, L.
- G. Corminboeuf
- et M. Béguelin
https://doi.org/10.3917/dbu.begue.2011.01.0373
Citer ce chapitre
- Perrin, L.
- G. Corminboeuf
- et M. Béguelin
- Perrin, Laurent.
- PERRIN, Laurent,
- CORMINBOEUF, Gilles
- et BÉGUELIN, Marie-José,
https://doi.org/10.3917/dbu.begue.2011.01.0373
Notes
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[1]
Il est davantage question de Ducrot dans Perrin (2010), dont cette étude est une sorte de complément tourné vers Berrendonner.
-
[2]
De même que certaines « phrases » au sens traditionnel correspondent en fait à plusieurs clauses successives.
-
[3]
Voir néanmoins sur cette question le numéro 6 de la revue Faits de langue (1995), ainsi que le n° 161 de Langages (2006). Voir aussi la thèse de Claudine Olivier (1986).
-
[4]
Entre le cri pur et simple comme indice contextuel et l’interjection comme indice conventionnel, il existe toutes sortes de cas intermédiaires dans les corpus.
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[5]
Entre les deux, il faut peut-être tenir compte d’un troisième ensemble ou sous-ensemble, constitué d’interjections comme pst, ohé, assimilables à de simples interpellations, qui n’expriment ni ne modalisent aucun contenu propositionnel. Sur la fonction modale des interjections, voir Vassileva (1998), Swiatkowska (2000). Sur les différents aspects de l’interjection, je renvoie également à un article de Bres (1995) qui ouvre plusieurs pistes de recherches intéressantes, que nous ne pourrons pas explorer dans cette étude.
-
[6]
Il en irait de même d’une formule comme enfin, par exemple, qui pourrait commuter avec ah ! dans ce passage, avec en l’occurrence à peu près la même valeur de réfection de ce qui précède. Tout comme ah !, enfin serait alors délesté de la valeur émotive dont ces formules sont pourvues lorsqu’elles portent sur une clause assimilable à une période simple (ou comme totalité), par exemple si elles étaient placées en tête de période (Ah ! Enfin de l’action !).
Aujourd’hui comme hier, Berrendonner récuse les conceptions dites « intégrées » de la pragmatique – « intégrées à quoi ? » objecte-t-il d’entrée de jeu (1981, 11) – auxquelles il reproche de confondre ce qui a trait à la langue et ce qui a trait au discours, contexte, conversation, d’assimiler ainsi abusivement les mots aux actes, le langage à l’action, l’énoncé à l’énonciation, l’explicite à l’implicite et tout ce qui s’ensuit. « Quand dire c’est ne rien faire », soutenait Berrendonner (1981, 75) face à Austin (1962) et aux premières publications de Ducrot (1972, 1980).
La question qui se posait alors peut se résumer ainsi : les énoncés sont-ils des descriptions ou des actions ? Consistent-ils fondamentalement à décrire des états de choses ou consistent-ils à réaliser des actes de langage comme affirmer, ordonner, remercier, demander, interroger, argumenter, s’exclamer ? Pour Austin et à sa suite notamment Récanati (1979), plus nettement encore depuis lors pour Anscombre et Ducrot (1983), les énoncés peuvent être identifiés aux actes qu’ils servent à réaliser ; les phrases mêmes de la langue, les expressions linguistiques en portent la trace. Il existe un lien direct, conventionnel, entre certaines expressions ou formes de phrases (interrogatives, impératives, négatives, par exemple) et la force illocutoire de question ou de requête, d’injonction, de réfutation qui s’y rapporte, ou comme nous le verrons entre certaines unités morphosyntaxiques comme les interjections, certains modalisateurs, ou connecteurs, et les opérations énonciatives, les actes qu’elles servent à réaliser…
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