7. Autour du sacré
Pages 242 à 263
Citer ce chapitre
- BALANDIER, Georges,
- Balandier, Georges.
- Balandier, G.
https://doi.org/10.3917/puf.balan.2013.02.0242
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- Balandier, G.
- Balandier, Georges.
- BALANDIER, Georges,
https://doi.org/10.3917/puf.balan.2013.02.0242
Notes
-
[1]
Georges Balandier, Le détour : pouvoir et modernité, Paris, Fayard (1985), 1997.
C'est Hölderlin qui proclame la « fuite des dieux ». Il prédit l’avènement des Titans, nommés « ceux qui sont en fer ». La puissance ruine l’univers du divin. Elle met le monde en chiffres, non en signes et en paroles. Elle le livre à des forces immenses dans un ordre technique capable de subordonner l’espace, le temps, la matière. Chacune de leurs avancées change les sociétés plus qu’aucune révolution. C’est Nietzsche qui annonce la mort de Dieu, sans qu’elle soit accomplie, sans que les hommes aient entièrement le pouvoir de la penser. « Dieu est mort. Mais tels sont les hommes qu’il y aura encore pendant des millénaires des cavernes dans lesquelles on montrera son ombre. »
Le bel ouvrage dont Jean Delumeau a assuré la direction révèle la présence du divin dans la diversité de ses formes. Les croyances religieuses constituent un patrimoine spirituel, mais elles restent vives et ne se laissent pas emprisonner dans le conservatoire des archives. Et les pratiques qui les expriment et les fortifient, ne se réduisent pas à l’état de gestes vides de sens, de liturgies en déshérence. Le retrait de Dieu ou des dieux ne se manifeste pas partout et jamais totalement ; s’il est des lieux de désaffection, il en est de plus nombreux où la ferveur se maintient, peut se faire exclusive et intolérante avec violence. Jean Delumeau n’a pas choisi de privilégier la perspective historiciste, de rapporter systématiquement chaque religion aux grandes périodes de son histoire, afin d’en « faire comprendre la richesse et l’espri…
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