Politique économique et changement climatique
Le changement climatique et la transition écologique questionnent les fondements de l’action publique. Fiscalité, politique monétaire, dépenses publiques : aucun levier n’échappe à l’injonction du verdissement. Comment la politique économique peut-elle s’adapter à l’urgence environnementale ?
Le changement climatique redéfinit en profondeur les conditions de production, de financement, de consommation et de régulation de nos économies.
Face à l’ampleur des bouleversements écologiques, les outils classiques de la politique économique sont appelés à se transformer. Comment les dépenses publiques peuvent-elle être orientées vers des objectifs de transition sans compromettre les équilibres budgétaires ? Comment les banques centrales peuvent-elle concilier la stabilité des prix avec les risques financiers induits par la crise climatique ? Quelle fiscalité peut permettre à la fois de réduire les émissions de gaz à effet de serre, préserver la justice sociale et assurer la soutenabilité de la dette publique ?
De nombreuses initiatives ont été expérimentées au cours des dernières années. La France a notamment été pionnière dans la budgétisation verte, une démarche consistant à mesurer l’impact environnemental des dépenses et recettes publiques afin d’aligner le budget de l’État sur les objectifs climatiques. De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) a également intégré le changement climatique dans ses activités de supervision. Plus récemment, la BCE a annoncé son intention de prendre en compte l’impact de la dégradation de la biodiversité dans sa politique monétaire.
D’autres actions ont eu moins de succès, à l’image de l’introduction de la taxe carbone en France. Mise en place à partir de 2014, elle visait à appliquer un prix à chaque tonne de CO² émise…