La procréation médicalement assistée (PMA), quels enjeux psychologiques ?
Les dispositifs de PMA consistent à dissocier la sexualité et la reproduction afin d’externaliser certaines étapes du processus de procréation en dehors du corps féminin. À partir d’une approche multidimensionnelle, ce dossier présente trois textes, centrés sur la démographie de la PMA, sur l’effet des techniques de reproduction sur le lien de parentalité et sur la revendication de la levée de l’anonymat des donneurs de gamètes.
Depuis la naissance de Louise Brown, premier « bébé-éprouvette » né en 1978 en Grande-Bretagne, l’aide médicale à la procréation a connu un essor spectaculaire et n’a cessé de transformer la façon de devenir parent. Sous les termes d’aide médicale à la procréation (AMP) ou de « procréation médicalement assistée » (PMA), on désigne l’ensemble des techniques biologiques et médicales permettant de déclencher une grossesse en dehors du processus dit « naturel ». Insémination intra-utérine (IIU), fécondation in vitro (FIV), injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI) ou insémination avec donneur (IAD) : si les dispositifs varient en fonction des causes de l’infertilité et de la demande des patients, ils partagent une même méthode consistant à dissocier la sexualité et la reproduction afin d’externaliser certaines étapes du processus de procréation en dehors du corps féminin.
Depuis la révision de la loi de bioéthique en 2018, la PMA a connu d’importants changements en France. Le législateur a introduit deux mesures très attendues : la levée de l’anonymat pour les donneurs de gamètes et l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, qu’elles soient célibataires ou en couple de même sexe. Ces avancées visent à garantir une égalité d’accès aux techniques de reproduction et à reconnaître la diversité des configurations familiales issues du don. Toutefois, de telles évolutions soulèvent plusieurs questions sur le plan psychologique. Comment la PMA influence-t-elle la relation entre parents et enfants …