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Annexe. Foucault et l’historicité problématique de la souveraineté

Pages 697 à 722

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(2020). Annexe. Foucault et l’historicité problématique de la souveraineté. Dominer : Enquête sur la souveraineté de l’État en Occident (p. 697-722). La Découverte. https://shs.cairn.info/dominer--9782348042140-page-697?lang=fr.

« Annexe. Foucault et l’historicité problématique de la souveraineté ». Dominer Enquête sur la souveraineté de l’État en Occident, La Découverte, 2020. p.697-722. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/dominer--9782348042140-page-697?lang=fr.

2020. Annexe. Foucault et l’historicité problématique de la souveraineté. In :
  • DARDOT, Pierre
  • et LAVAL, Christian,
Dominer Enquête sur la souveraineté de l’État en Occident. Paris : La Découverte. Sciences humaines, p.697-722. URL : https://shs.cairn.info/dominer--9782348042140-page-697?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Cf. Michel Foucault, Histoire de la sexualité. 1, La Volonté de savoir, Gallimard, Paris, 1976, p. 115-117.
  • [2]
    Pour une présentation des thèses de Foucault sur l’État, cf. Dominique Séglard, « Foucault et le problème du gouvernement », in C. Lazzeri et D. Reynié (dir.), Le Pouvoir de la raison d’État, op. cit. ; et, plus récemment, Arnault Skornicki, La Grande Soif de l’État. Michel Foucault avec les sciences sociales, Les Prairies ordinaires, Paris, 2015.
  • [3]
    Michel Foucault, Le Pouvoir psychiatrique. Cours au Collège de France (1973-1974), Gallimard/Seuil, Paris, 2003, leçon du 21 novembre 1973 : les pages 44 à 48 de ce cours sont consacrées à l’examen du pouvoir de souveraineté.
  • [4]
    Ibid., p. 47.
  • [5]
    Ibid.
  • [6]
    E. Kantorowicz, Les Deux Corps du roi, op. cit., p. 661 : « Cette “incarnation” du corps politique dans un roi de chair et de sang […] donne aussi l’immortalité à l’individu-roi en tant que Roi, c’est-à-dire en ce qui concerne son sur-corps. » (Nous avons abordé dans le chapitre 5 cette question du « nom de Roi » comme « nom d’une continuité »).
  • [7]
    Ibid., p. 925.
  • [8]
    M. Foucault, Le Pouvoir psychiatrique, op. cit., leçon du 21 novembre 1973, p. 47.
  • [9]
    Id., « Il faut défendre la société ». Cours au Collège de France (1975-1976), Gallimard/Seuil, Paris, 1997, cours du 14 janvier 1976, p. 30-31.
  • [10]
    Ibid., p. 32 (nous soulignons).
  • [11]
    Conception défendue à l’époque par Louis Althusser. Cf. Louis Althusser, « Idéologie et appareils idéologiques d’État », La Pensée, n° 151, juin 1970, repris dans Positions (1964-1975), Éditions sociales, Paris, 1976, p. 67-125.
  • [12]
    Dans le De Cive de Hobbes (Le Citoyen, trad. Sorbière, op. cit., chap. 5, § 7, p. 152), on trouve cette idée des deux épées qui appartiennent à la souveraineté (the chiefe command), l’épée de justice (Sword of Justice) et l’épée de guerre (Sword of Warre). Nous avons développé ce point dans le chapitre 7.
  • [13]
    M. Foucault, Histoire de la sexualité. 1, op. cit., p. 178-179.
  • [14]
    Id., « Il faut défendre la société », op. cit., cours du 28 janvier 1976, p. 59.
  • [15]
    Ibid., p. 64.
  • [16]
    Georges Dumézil, Mythe et épopée III, in Mythe et épopée, Gallimard, « Quarto », Paris, 1995, chap. 1 : « Les trois fonctions dans l’histoire romaine », p. 1275 sq. Cf. aussi M. Foucault, « Il faut défendre la société », op. cit., note 2, p. 73.
  • [17]
    M. Foucault, « Il faut défendre la société », op. cit., p. 61.
  • [18]
    Jacques Le Goff, La Civilisation de l’Occident médiéval, Flammarion, « Champs », Paris, 1982, p. 236-237. L’analyse du poème de la Chanson des Nibelungen (composé vers 1200) à l’aide du schéma trifonctionnel s’avère à cet égard plutôt féconde (cf. La Chanson des Nibelungs, Fayard, Paris, 1992, notes de Jean Amsler, p. 321-322).
  • [19]
    Georges Duby, Les Trois Ordres ou l’imaginaire du féodalisme, Gallimard, Paris, 1978, p. 16.
  • [20]
    Ibid., p. 20.
  • [21]
    J. Le Goff, La Civilisation de l’Occident médiéval, op. cit., p. 240-241.
  • [22]
    On pourra se rapporter au texte de Foucault sur la transgression chez G. Bataille : « Préface à la transgression », Critique, n° 195-196, 1963, repris in Dits et écrits I, Gallimard, « Quarto », 2001, p. 261 sq.
  • [23]
    Michel Foucault, Surveiller et punir, Gallimard, Paris, 1975, p. 33.
  • [24]
    Ibid., p. 52.
  • [25]
    Ce sur quoi insiste d’ailleurs Foucault dans son analyse du système judiciaire qui accompagne l’essor de l’État, et plus particulièrement de la place du procureur comme représentant du souverain. Cf. « La vérité et les formes juridiques » (conférences de Rio de Janeiro, du 21 au 25 mai 1973), in Dits et écrits I, op. cit., p. 1448.
  • [26]
    M. Foucault, Surveiller et punir, op. cit., p. 15.
  • [27]
    Cf. Georges Bataille, La Souveraineté, Nouvelles Éditions Lignes, Paris, 2012.
  • [28]
    Cf. id., « La notion de dépense », in La Part maudite, Seuil, « Points », 1971.
  • [29]
    Maurice Blanchot, Michel Foucault tel que je l’imagine (1986), in Une voix venue d’ailleurs, Gallimard, « Folio », 2002, p. 132.
  • [30]
    Ibid.
  • [31]
    Cf. M. Foucault, Le Pouvoir psychiatrique, op. cit., leçon du 28 novembre 1973, p. 65.
  • [32]
    C’est pourquoi Hobbes pourra dire de la liberté des sujets qu’elle réside dans le « silence des lois », c’est-à-dire dans ce qu’elles n’interdisent pas.
  • [33]
    M. Foucault, Le Pouvoir psychiatrique, op. cit., p. 22-27.
  • [34]
    Ibid., p. 22 et p. 26-27. Foucault parle non pas simplement de « découronnement », mais de l’« inversion totale de la souveraineté ». La scène de 1788 apparaît alors comme l’« inversion » et le « déplacement » de la scène de l’échafaud et du supplice illustrée par le châtiment de Damiens.
  • [35]
    On se reportera au chapitre 6 : « Raison d’Etat, souveraineté et gouvernementalité ».
  • [36]
    Michel Foucault, Sécurité, territoire, population. Cours au Collège de France (1977-1978), Gallimard/Seuil, Paris, 2004, leçon du 1er février 1978, p. 111.
  • [37]
    Ibid., p. 110.
  • [38]
    A. Boureau, La Religion de l’État, op. cit., p. 15 (nous soulignons). L’auteur se réfère dans la note 2 de son introduction (ibid., p. 289) au cours de 1977-1978 Sécurité, territoire, population, ainsi qu’à l’ouvrage de M. Senellart, Les Arts de gouverner, op. cit.
  • [39]
    Nous avons abordé directement cette question dans le chapitre 4 : « Le “tournant de 1300” » en faisant apparaître une forme de « proto-gouvernementalité » dans les cités urbaines des xive-xve siècles.
  • [40]
    M. Foucault, Sécurité, territoire, population, op. cit., leçon du 8 mars 1978, p. 242.
  • [41]
    Ibid., p. 243.
  • [42]
    Ibid., leçon du 1er février 1978, p. 112.
  • [43]
    Ibid., p. 110 et p. 111.
  • [44]
    Cf. supra, notre introduction, p. 32.
  • [45]
    M. Foucault, Sécurité, territoire, population, op. cit., leçon du 25 janvier 1978, p. 70.
  • [46]
    Cf. supra, chap. 1 : « De l’État et de l’État moderne en particulier ».
  • [47]
    Pour tout ce développement sur la place du mercantilisme, cf. M. Weber, « § 1. Die Entstehung des rationalen Staates », loc. cit., p. 819-821.
  • [48]
    M. Foucault, Sécurité, territoire, population, op. cit., p. 253.
  • [49]
    E. Kantorowicz, Mourir pour la patrie et autres textes, op. cit., p. 103 (nous soulignons). Le passage entier a été cité à la fin de notre introduction.
  • [50]
    M. Foucault, Naissance de la biopolitique, op. cit., leçon du 10 janvier 1979, p. 4.
  • [51]
    Ibid., leçon du 31 janvier 1979, p. 79.

À plusieurs reprises dans cet ouvrage, nous avons discuté certaines des affirmations de Foucault touchant aux transformations des technologies de pouvoir et à leurs liens avec la souveraineté. Compte tenu de la place que Foucault occupe dans les « théories du pouvoir » et de sa manière très particulière de traiter la question de la souveraineté, un examen de sa démarche s’impose non seulement pour les questions méthodologiques qu’elles posent, mais aussi pour les conséquences politiques qu’elles emportent.
Dans la partie « méthode » du premier volume de son Histoire de la sexualité, La Volonté de savoir, Foucault résume son approche de la question de la souveraineté. Il faudrait cesser d’être aveuglé par l’État et la souveraineté, rompre avec la « monarchie juridique » et, dans l’analyse, « couper la tête du roi », pour enfin considérer la multiplicité, la succession et l’enchevêtrement de formes de pouvoir qui ne se laissent jamais résumer au pouvoir de l’État, à l’interdit de la loi et à la figure du souverain. Cette démarche ne méconnaît nullement la fonction historique de la monarchie, le rôle du droit dans la construction de l’État, l’importance de la centralisation politique, mais elle entend se détourner du trop grand éclat de la souveraineté et de sa doctrine. C’est qu’à prendre l’État et son droit comme une donnée historique sans l’interroger, à s’installer en somme sur le terrain de l’État en acceptant comme une évidence sa naturalité juridique et politique, on perpétue l’occultation de formes de pouvoir qui se sont imposées en dehors du droit public et de la problématique de la souveraineté…


Date de mise en ligne : 02/11/2020

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