Chapitre II. Le pouvoir ne se partage pas
Pages 49 à 80
Citer ce chapitre
- MOHSEN-FINAN, Khadija
- et VERMEREN, Pierre,
- Mohsen-Finan, Khadija.
- et al.
- Mohsen-Finan, K.
- et Vermeren, P.
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- et VERMEREN, Pierre,
Notes
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[1]
Michel Camau et Vincent Geisser, Le Syndrome autoritaire. Politique en Tunisie de Bourguiba à Ben Ali, Paris, Presses de sciences Po, 2003, p. 142.
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[2]
Ceux qui ont fait leurs études dans la mosquée-université de la Zitouna, généralement sous la direction des grandes familles notabiliaires et religieuses de la capitale.
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[3]
Littéralement, le vaillant et le courageux, par extension chef charismarique, leader politique.
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[4]
Michel Camau et Vincent Geisser, Le Syndrome autoritaire, op. cit., p. 143-144.
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[5]
L’historien Amira Aleya Sghaïer affirme que la résistance de ces « bandes » qui combattaient dans leur fief respectif s’est activée en 1952, suite à la vague de répression subie par plusieurs nationalistes. Elle fut par la suite récupérée par le Néo-Destour pour lequel elle devait constituer un appui à sa politique revendicative (vis-à-vis de la France). Entretien avec Noura Borsali, « La Tunisie n’est devenue indépendante que sous la pression des fellaghas », in Noura Borsali, Bourguiba à l’épreuve de la démocratie, Tunis, Samed éditions, 2008, p. 5-76.
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[6]
Jean Ganiage, Histoire contemporaine du Maghreb, Paris, Fayard, 1994, p. 557-558.
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[7]
Amira Aleya Sghaïer, « Des vérités sur Bourguiba » ; www.dailymotion.com/video/xp56sa
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[8]
Entretien avec Noura Borsali, op. cit., p. 79.
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[9]
Abdelmajid Temimi, vimeo.com/37213521 et Revue d’Histoire maghrébine, no 126, février 2007, publication de la fondation Temimi pour la recherche scientifique et l’information.
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[10]
Ali Ben Salem est né en 1931 à Bizerte. Militant des droits de l’Homme, il est le co-fondateur du Conseil national pour les libertés en Tunisie. Il a également fondé l’Association de lutte contre la torture en Tunisie.
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[11]
Michel Camau et Vincent Geisser, Le Syndrome autoritaire, op. cit., p. 152.
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[12]
Daniel Rivet, Histoire du Maroc, Paris, Fayard, 2012, p. 355.
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[13]
‘alim est le singulier de ouléma. Dans l’islam sunnite, il s’agit d’un théologien. Le terme vient de ‘Ilm qui désigne la science, le savoir. Mais le ‘alem est aussi le gardien de la tradition musulmane, un homme de référence.
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[14]
William I. Zartman, Destiny of Dynasty, New York, Columbia University Press, 1964, p. 41.
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[15]
John Waterbury, Le Commandeur des croyants. La monarchie marocaine et son élite, Paris, PUF, 1975, p. 170.
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[16]
Jean-Claude Santucci, Les Partis politiques marocains à l’épreuve du pouvoir, Rabat, Remald, 2001, p. 86.
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[17]
Ce ne sera plus le cas dans le second gouvernement. Ahmed Belafrej nomme de nombreux istiqlaliens, sauf Ben Barka.
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[18]
Chakib Arslan est un émir druze syrien banni par la France après la grande révolte druze, qui s’installe jusqu’à la fin de sa vie à Genève. Depuis la ville suisse, au cours des années 1930, il devient le maître à penser des jeunes nationalistes d’Afrique du Nord, notamment les étudiants à Paris, qu’il convertit à l’idéologie du panarabisme (ou nationalisme arabe).
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[19]
Abdelhahad Sebti, « Brahim Ouazzani, un résistant controversé », Zamane, no 9, Casablanca, 18 juillet 2011.
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[20]
Le fqih est un homme qui connaît le Coran par cœur, et il jouit à ce titre d’un grand prestige dans la société du Maghreb traditionnel, au point qu’il porte ce titre.
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[21]
Abdelkrim el Khattabi (1882-1963), est un résistant rifain qui a présidé l’éphémère République du Rif (1921-1926). Il fut le chef d’un mouvement de résistance contre l’Espagne puis la France au Maroc pendant la guerre du Rif. Il est devenu l’icône des mouvements indépendantistes qui ont mené une lutte contre le colonialisme.
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[22]
Moumini Tijkani Mahdi, Dar Bericha ou histoires d’enlèvements, publié par le fqih Ahmed Maaninou, Imprimerie Najah el Jadida, Casablanca, 1987 (en arabe).
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[23]
Une synthèse de l’état difficile des connaissances relatives à cet épisode de Dar Bricha est publiée dans Tel Quel en 2005 : Driss Bennani, « L’Istiqlal tortionnaire ? », Tel Quel, no 172, Casablanca, avril 2005.
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[24]
Entretien à son domicile de Radès, 21 juillet 2016.
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[25]
Gérard Destanne de Bernis est un économiste d’inspiration marxiste qui fut professeur à l’université de Grenoble. Ses théories du développement sont inspirées des économistes structuralistes du développement. Il introduit le concept d’« industries industrialisantes », des industries lourdes, susceptibles de jouer un rôle moteur dans le développment économique d’un pays. L’idée centrale est celle d’un « développement autocentré », c’est-à-dire interne au pays et non dépendant de l’extérieur. L’ouverture sur l’extérieur doit, elle, être maîtrisée par l’État. Ses idées ont été mises en pratique en Algérie et en Tunisie où il a enseigné et a inspiré le programme économique et social de l’UGTT (1956).
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[26]
Werner K. Ruf, « Le socialisme tunisien : conséquences d’une expérience avortée », in Introduction à l’Afrique du Nord contemporaine, Paris, CNRS éditions, 1975.
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[27]
Sophie Bessis et Souhayr Belhassen, Bourguiba, Tunis, Elyzad, 2012, p. 288.
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[28]
Entretien avec l’auteur, op. cit.
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[29]
Entretien avec Ahmed Ben Salah, op. cit.
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[30]
Le Mouvement de l’unité populaire (MUP) a été fondé en 1981 et légalisé deux ans plus tard. Ce parti entendait opérer une rupture radicale avec le régime. C’est un parti d’obédience socialiste fondé sur l’idée de la limitation de la propritété privée, la planification de l’économie, la réforme agraire et la mise en place du système des coopératives.
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[31]
Entretien avec Ahmed Ben Salah, op. cit.
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[32]
Ces élections communales, qui doivent se tenir le 29 mai 1960, sont annoncées à cette date comme la victoire des partis nationalistes. Effectivement, le bloc istiqlalien, au sens large, c’est-à-dire avec le score de l’UNFP, atteint les deux tiers des suffrages, ce qui est perçu comme un péril au Palais : le roi devance donc le péril en s’emparant du gouvernement.
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[33]
Maâti Monjib, La Monarchie marocaine et la lutte pour le pouvoir, Paris, L’Harmattan, 1992.
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[34]
La guerre des Sables est un conflit armé qui oppose le Maroc à l’Algérie au sujet de la frontière entre ces deux pays. Après plusieurs mois d’incidents frontaliers, elle éclate le 14 octobre 1963 et les combats cessent le 5 novembre de la même année.
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[35]
Rémy Leveau, Le Fellah marocain défenseur du trône, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1976.
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[36]
Maâti Monjib et Zakya Daoud, Ben Barka, une vie, une mort, Paris, Michalon, 2000.
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[37]
L’expression est de Daniel Rivet, Histoire du Maroc, op. cit., p. 366.
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[38]
Ibid., p. 367.
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[39]
Voir Smail Gouméziane, « Algérie : la question des générations politiques au regard de l’indépendance », Librealgérie.info.
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[40]
Benyoucef Benkhedda (1920-1963). Homme politique algérien, second président du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).
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[41]
Hocine Aït Ahmed (1926-2015) est un homme politique algérien qui a adhéré au Parti du peuple algérien (PPA) et en devient un des dirigeants. Il fait partie des neuf dirigeants du FLN historique. En 1962, il démisionne du GPRA et de tous les organes du nouveau pouvoir, mais garde son mandat de député à l’Assemblée constituante. En septembre 1963, il créé le Front des forces socialistes (FFS) qui réclame le pluralisme politique et la démocratie. Condamné à mort en 1964, il s’évade de prison et s’exile en Suisse.
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[42]
Mohamed Boudiaf (1919-1992) est membre fondateur du FLN et du GPRA, ministre d’État de 1958 à 1961, puis vice-président jusqu’en 1962, avant d’entrer en dissidence contre le régime qui se met en place. Il s’exile au Maroc pendant vingt-huit ans, avant d’être rappelé à Alger en 1992, en pleine crise politique pour présider le « Haut Comité d’État ».
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[43]
Jean-Claude Vatin, « À propos de l’Algérie des années 1962-1965 », in Cahiers de la Méditerranée, 1977, vol. 2, p. 203.
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[44]
C’est l’alliance conjoncturelle entre Ben Bella, Boumediene, Ferhat Abbas et le GPRA contre les wilayas III et IV.
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[46]
Lahouari Addi, « Sociologie politique et populisme autoritaire », Confluences Méditerranée, 2012/2, no 81.
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[47]
La Sécurité militaire (SM) est la police secrète du régime algérien entre 1962 et 1987. Héritière du ministère de l’Armement et des liaisons générales (MALG), elle a un statut militaire et fonctionne sur le modèle des services de renseignement des pays du bloc socialiste. Sa mission consistait à traquer ceux qui étaient considérés par le pouvoir comme des « ennemis du peuple » ou des « contre-révolutionnaires ». Réorganisée une première fois en 1987, puis en 1990, la SM prend le nom de DRS (Département du renseignement et de la sécurité).
Avant d’en venir aux dissidents, à leurs trajectoires et à leurs combats idéologiques, politiques et moraux, il convient d’ouvrir cette histoire par le contexte autoritaire, sécuritaire, voire dictatorial dans lequel se sont déroulés leurs actions et leurs revendications. En un mot, ce avec quoi les figures de la dissidence ont décidé de rompre.
Il n’est pas anodin de rappeler que les systèmes et les structures de l’autoritarisme, cadre de référence de ce livre, ont été mis en place dès le lendemain des indépendances, pour une période sans fin. Depuis lors en effet, les classes dirigeantes qui se sont succédé à la tête des États du Maghreb, et leurs chefs en particulier, ont montré qu’ils refusaient de partager le pouvoir chèrement acquis. Rappelons toutefois une différence qui sépare les régimes autoritaires du Maroc de ses voisins algérien et tunisien : dans ces deux derniers pays, l’instauration de l’autoritarisme s’est coulée dans un projet de modernisation et de transformation sociale assumé ; alors qu’au Maroc, si le gouvernement moderniste d’Abdallah Ibrahim entendait transformer ce pays, Hassan II a mis un terme à son projet, en faisant pression sur Mohammed V.
En Tunisie comme ailleurs, le mouvement nationaliste est porté par de nombreuses figures, solidaires et unies autour du projet de libérer le pays du joug colonial. Au moment de l’indépendance, en 1956, Habib Bourguiba n’était pas le seul à incarner la légitimité nationaliste. Sa popularité et ses relations avec les acteurs politiques français lui ont permis de s’imposer à la tête de l’État, en prenant soin d’écarter systématiquement ses rivaux, puis ceux qu’il fallait condamner pour sauver son régime et pérenniser son pouvoir : Salah Ben Youssef d’abord, Ahmed Ben Salah ensuite…
Date de mise en ligne : 04/12/2019
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