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Féminisme et homosexualité au cœur de la crise des référentiels sexuels chrétiens ?

Pages 42 à 62

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  • Favier, A.
(2023). Féminisme et homosexualité au cœur de la crise des référentiels sexuels chrétiens ? Dans
  • Sous la direction de A. Guillard
  • et L. Sharkey
Dieu.e : Christianisme, sexualité et féminisme (p. 42-62). Éditions de l'Atelier. https://doi.org/10.3917/ateli.guill.2023.01.0042.

  • Favier, Anthony.
« Féminisme et homosexualité au cœur de la crise des référentiels sexuels chrétiens ? ». Dieu.e Christianisme, sexualité et féminisme, Éditions de l'Atelier, 2023. p.42-62. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/dieu-e--9782708254091-page-42?lang=fr.

  • FAVIER, Anthony,
2023. Féminisme et homosexualité au cœur de la crise des référentiels sexuels chrétiens ? In :
  • Sous la direction de GUILLARD, Anne
  • et SHARKEY, Lucie,
Dieu.e Christianisme, sexualité et féminisme. Éditions de l'Atelier. Hors collection, p.42-62. DOI : 10.3917/ateli.guill.2023.01.0042. URL : https://shs.cairn.info/dieu-e--9782708254091-page-42?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ateli.guill.2023.01.0042


Notes

  • [1]
    Uta Ranke-Heinemann, Des eunuques pour le royaume des cieux. L’Église catholique et la sexualité, Paris, Robert Laffont, 1990 ; André Paul, Éros enchaîné. Les chrétiens, la famille et le genre, Paris, Albin Michel, 2014.
  • [2]
    En ce qui concerne spécifiquement l’homosexualité et sa tolérance, qui s’amenuise progressivement dans le christianisme, difficile de ne pas citer le travail emblématique de John E. Boswell, Christianisme, tolérance sociale et homosexualité. Les homosexuels en Europe occidentale, des débuts de l’ère chrétienne auxvesiècle, Paris, Gallimard, 1985.
  • [3]
    Eugen Drewermann, Fonctionnaires de Dieu, Paris, Albin Michel, 1993.
  • [4]
    Michel Foucault, Histoire de la sexualité IV. Les aveux de la chair, Paris, Gallimard, éd. Frédéric Gros, 2018.
  • [5]
    Exposé dans un cours au Collège de France en 1976 et repris dans Histoire de la sexualité I. La volonté de savoir, le concept de « biopouvoir » de Michel Foucault désigne un nouveau type de pouvoir qui se met en place à l’époque moderne. Ce pouvoir « se donne comme objet non plus la terre et la richesse (c’est l’ancien pouvoir de souveraineté), ni le corps des individus (c’était le pouvoir disciplinaire de l’âge classique), mais la vie même des populations » (Frédéric Gros, Michel Foucault, Paris, Presses universitaires de France, « Que sais-je ? », 2017, p. 80).
  • [6]
    Isacco Turina, « Le magistère postconciliaire face au biopouvoir », in Céline Béraud, Frédéric Gugelot et Isabelle Saint-Martin (dir.), Catholicisme en tensions, Paris, Éditions de l’EHESS, 2012, p. 194.
  • [7]
    Jacques Lagroye, Appartenir à une institution. Catholiques en France aujourd’hui, Paris, Économica, 2009.
  • [8]
    Guillaume Cuchet, Comment notre monde a cessé d’être chrétien. Anatomie d’un effondrement, Paris, Seuil, 2018.
  • [9]
    Martine Sevegrand, Les Enfants du Bon Dieu. Les catholiques français et la procréation auxxesiècle, Paris, Albin Michel, 1995.
  • [10]
    Florence Rochefort et Maria Elaonora Sana (dir.), Normes religieuses et genre. Mutations, résistances et reconfiguration, xixe-xxiesiècle, Paris, Armand Colin, 2013.
  • [11]
    Jean Baubérot, « La Révolution et l’Empire, premier seuil de laïcisation » (chap. I), Histoire de la laïcité en France, Paris, Presses universitaires de France, « Que sais-je ? », 2013, p. 5-26.
  • [12]
    Claude Langlois, Le Crime d’Onan. Le discours catholique sur la limitation des naissances (1816-1930), Paris, Les Belles Lettres, 2005.
  • [13]
    Danièle Hervieu-Léger, Catholicisme, la fin d’un monde, Paris, Bayard, 2003, p. 220-221.
  • [14]
    Romain Carnac, « L’argument naturaliste dans le discours du Vatican sur la différence entre les sexes (Jean-Paul II-Benoît XVI) », in Ludovic Bertina, Romain Carnac, Aurélien Fauches et Mathieu Gervais (dir.), Nature et religions, Paris, CNRS Éditions, 2013, p. 131-139 ; Denis Pelletier, « Les évêques de France et la République de l’intime (1968-2005) », in Céline Béraud, Frédéric Gugelot et Isabelle Saint-Martin (dir.), Catholicisme en tensions, op. cit., p. 179-189.
  • [15]
    Roman Kuhar et David Paternotte, Campagnes anti-genre en Europe. Des mobilisations contre l’égalité, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2018.
  • [16]
    Yann Raison du Cleuziou, Une contre-révolution catholique. Aux origines de la Manif pour tous, Paris, Seuil, 2019.
  • [17]
    Gaël Brustier, Le Mai 68 conservateur. Que restera-t-il de la Manif pour tous ?, Paris, Cerf, 2014 ; Sara Garbagnoli et Prearo Massimo, La Croisade « anti-genre » : du Vatican aux Manifs pour tous, Paris, Textuel, 2017.
  • [18]
    On peut se reporter, avec intérêt, aux travaux théoriques de la sociologue Linda Woodhead, « Les différences de genre dans la pratique et la signification de la religion », Travail, genre et sociétés, n° 27, avril 2012, p. 33-54.
  • [19]
    Florence Rochefort, « Féminisme, laïcité et engagements religieux » (chap. II), in Martine Cohen (dir.), Associations laïques et confessionnelles. Identité et valeurs, Paris, L’Harmattan, 2006, p. 35-52.
  • [20]
    Juliette Masquelier, Femmes catholiques en mouvements. Action catholique et émancipation féminine en Belgique francophone (1955-1990), Bruxelles, Éditions de l’université de Bruxelles, 2021.
  • [21]
    Antonin-Dalmace Sertillanges, Féminisme et christianisme, Paris, Gabalda, 1908 ; Paul VI, « Allocution au centre féminin italien », Documentation catholique, 30 mai 1965, p. 1064-1065.
  • [22]
    Lumen gentium, 32 ; Pacem in Terris, 45.
  • [23]
    Bruno Dumons (dir.), Femmes et catholicisme en Europe (1960-1970), Bruxelles, Peter Lang, 2020.
  • [24]
    Pierrette Daviau et Élisabeth Parmentier, « Théologies féministes en francophonie », Études, n° 4285, septembre 2021, p. 85-94 ; Élisabeth Parmentier, Les Filles prodigues. Défis des théologies féministes, Genève, Labor et Fides, 1999.
  • [25]
    Association Femmes et recherche religieuse, Théologies chrétiennes au féminin, Lyon, Chronique sociale, 2021.
  • [26]
    Anthony Favier, « Des études féministes aux études de genre. Le double échec de leur réception par les sciences catholiques françaises », Revue d’éthique et de théologie morale, vol. 2, n° 279, 2014, p. 9-29.
  • [27]
    Marie-Andrée Roy, « Les femmes, le féminisme et la religion », in Jean-Marc Larouche et Guy Ménard (dir), L’Étude de la religion au Québec. Bilan et prospective, Laval, Presses de l’université de Laval, 2001, p. 343-359.
  • [28]
    FHEDLES, Un combat pour l’Égalité. Genre en christianisme, Paris, Temps présent, 2021 ; Mathilde Dubesset, « Femmes et hommes en Église. Des féministes catholiques à la fin du xxe siècle », in Anne Cova et Bruno Dumons, Femmes, genre et catholicisme. Nouvelles recherches, nouveaux objets (France, xixe-xxesiècles), Lyon, Larhra, 2012, p. 135-160 ; et « Femmes et hommes dans l’Église : lutter contre le “sexisme” des ministères », in Denis Pelletier et Jean-Louis Schlegel, À la gauche du Christ. Les chrétiens de gauche en France de 1945 à nos jours, Paris, Seuil, 2012, p. 419-421.
  • [29]
    Mathilde Dubesset, « Femmes et hommes dans l’Église : lutter contre le “sexisme” des ministères », art. cité, p. 420.
  • [30]
    Dans la pensée catholique, le pape et les évêques ont reçu par les apôtres l’ensemble des enseignements professés par Jésus-Christ.
  • [31]
    Jean-Paul II, Ordinatio sacerdotalis, 22 mai 1994.
  • [32]
    Nom donné aux services de justice ecclésiastique au sein d’un diocèse.
  • [33]
    Christine Pedotti et Anne Soupa, Les Pieds dans le bénitier, Paris, Presses de la Renaissance, 2010.
  • [34]
    Maud Amandier et Alice Chablis, Le Déni. Enquête sur l’Église et l’égalité des sexes, Montrouge, Bayard, 2014.
  • [35]
    Par exemple Alix Bayle (cofondatrice de Toutes Apôtres !), « Femmes et LGBT+ : “L’Église ne peut oppresser d’une main et accueillir de l’autre” », La Croix, 6 septembre 2022.
  • [36]
    Hélène Buisson-Fenet, Un sexe problématique. L’Église et l’homosexualité masculine en France (1971-2000), Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2004.
  • [37]
    Congrégation pour la doctrine de la foi, « Lettre aux évêques de l’Église catholique sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles », 1er octobre 1986.
  • [38]
    Anthony Favier, « Avec l’aide et aux frontières de la médecine. L’accompagnement pseudo-médical des homosexuels catholiques en France (des années 1960 au moment de la Manif pour tous) », Émulations. Revue de sciences sociales, n° 38, 2021, p. 46-67.
  • [39]
    Tom Waidzunas, The Straight Line. How the Fringe Science of Ex-Gay Therapy reoriented Sexuality, Minneapolis-Londres, University Minnesota Press, 2015.
  • [40]
    Voir aussi David Koussens, « Vivre sa spiritualité dans le catholicisme. Des homosexuels en paroisse et en Église ? », in Céline Béraud, Frédéric Gugelot et Isabelle Saint-Martin (dir.), Catholicisme en tensions, op. cit., p. 203-214.
  • [41]
    Josselin Tricou, Des soutanes et des hommes. Enquête sur la masculinité des prêtres catholiques, Paris, Presses universitaires de France, 2021.

L’opposition à la « théorie du genre » dans le cadre scolaire ou bien l’ampleur du mouvement d’opposition au « mariage pour tous » en France, et ailleurs en Europe, ont révélé les points de tension dans certaines Églises chrétiennes, en particulier l’Église catholique, et les évolutions des sociétés occidentales en matière de rapports entre les femmes et les hommes ainsi qu’en matière de sexualité. Expliquer pourquoi il existe de telles crispations est un exercice redoutable auquel les sciences sociales se sont attelées sans aboutir à une réponse définitive. Envisageons ici quelques grands paradigmes d’analyse, sans prétendre à l’exhaustivité, mais dans un souci de clarification qui laisse sa place au questionnement.
Très schématiquement, deux modèles, pas toujours antagonistes et souvent complémentaires, existent pour expliquer le positionnement parfois conflictuel des Églises chrétiennes.Le premier modèle, « structuraliste », tendrait à établir que les questions de genre et de sexualité sont liées historiquement aux fondements doctrinaux et organisationnels des Églises. Les rôles de genre et les normes sexuelles, naturalisés dans une doctrine complexe, répondraient, selon ces analyses, à des objectifs de contrôle des individus par l’institution et de perpétuation démographique du clergé. Certains auteurs partent des Écritures elles-mêmes ou des conditions de genèse du christianisme dans l’Antiquité pour montrer que les préjugés négatifs sur l’activité sexuelle et les femmes, déjà forts, notamment dans la culture hellénistique, auraient contaminé l’enseignement judéo-chrétien au moment où les « Pères de l’Église », qu’ils soient de langue grecque ou latine, le formalisaient en particulier au travers du dogme du péché originel ou de la virginité de Mari…


Date de mise en ligne : 28/10/2024

https://doi.org/10.3917/ateli.guill.2023.01.0042

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