Chapitre d’ouvrage

Cycle de mobilisation

Pages 173 à 180

Citer ce chapitre


  • Sommier, I.
(2009). Cycle de mobilisation. Dans
  • O. Fillieule,
  • L. Mathieu
  • et C. Péchu
Dictionnaire des mouvements sociaux (p. 173-180). Presses de Sciences Po. https://doi.org/10.3917/scpo.filli.2009.01.0173.

  • Sommier, Isabelle.
« Cycle de mobilisation ». Dictionnaire des mouvements sociaux, Presses de Sciences Po, 2009. p.173-180. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/dictionnaire-des-mouvements-sociaux--9782724611267-page-173?lang=fr.

  • SOMMIER, Isabelle,
2009. Cycle de mobilisation. In :
  • FILLIEULE, Olivier,
  • MATHIEU, Lilian
  • et PÉCHU, Cécile,
Dictionnaire des mouvements sociaux. Paris : Presses de Sciences Po. Références, p.173-180. DOI : 10.3917/scpo.filli.2009.01.0173. URL : https://shs.cairn.info/dictionnaire-des-mouvements-sociaux--9782724611267-page-173?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/scpo.filli.2009.01.0173


Le concept de cycle de mobilisation (cycle of protest ou cycle of collective action) a été proposé par Sidney Tarrow dans une étude consacrée aux mouvements sociaux en Italie à la charnière des années 1960 et 1970. Il s’entend comme une « vague croissante puis décroissante d’actions collectives étroitement liées et de réactions à celles-ci » (1995, p. 95) qui serait attestée au vu de cinq éléments : l’intensification du conflit, sa diffusion géographique et sociale, l’apparition d’actions spontanées mais aussi de nouvelles organisations, l’émergence de nouveaux symboles, de nouvelles interprétations du monde et idéologies, l’extension du répertoire d’action. Tout cycle suivrait trois phases : une phase ascendante de révolte – celle du « moment de folie » où tout semble possible, pour reprendre une expression d’Aristide Zolberg (1972), une phase de zénith marquée par la radicalisation des actions, une phase descendante elle-même scandée en quatre temps (la création de nouvelles organisations, la routinisation de l’action collective, la satisfaction au moins partielle des demandes, le désengagement).
L’interrogation sur d’éventuels mouvements cycliques rythmant les activités humaines est ancienne en sciences sociales, à commencer par l’économie, dont Tarrow s’inspire explicitement. Elle est au cœur de la démarche d’Albert Hirschman lorsqu’il émet l’hypothèse de cycles d’engagement consécutifs à des phases de retrait dans la sphère privée. Au principe de ces alternances de « bonheur privé » et d’« action publique », se trouverait la déception sur laquelle tout type d’investissement, portant « les germes de sa propre destruction », déboucherait inéluctablement : si l’engagement est coûteux, il est aussi source de plaisir, mais les satisfactions qu’il procure tendent à s’émousser…


Date de mise en ligne : 22/12/2010

https://doi.org/10.3917/scpo.filli.2009.01.0173

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