La déception
- Par François Géré
Pages 96 à 106
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- GÉRÉ, François,
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- Géré, F.
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Après la mort de ses deux frères dans l’affrontement initial avec les Curiaces, le jeune Horace prend la fuite. Il trompe, non seulement, ses poursuivants mais aussi son propre camp qui croit à une lâcheté. Puis ayant, par sa course, dispersé ses adversaires, il se retourne contre eux et les tue un par un. Voici, à l’état d’épure, un modèle de déception et, au-delà, un enseignement pour la stratégie militaire : économie des forces, surprise, exploitation du temps, concentration soudaine contre un adversaire dont les forces sont étirées dans l’espace…
La déception constitue le volet proprement militaire de la désinformation. Faire la guerre, c’est pénétrer dans l’inconnu, affronter l’imprévisible. De surcroît, il faut faire face aux ruses de l’adversaire, à ses stratagèmes et prévenir ses opérations de déception… Il faut chercher à éclaircir ces ténèbres par le renseignement et la préparation renseignée des opérations.
Elle représente une composante à part entière de la guerre à tous les niveaux : politique, stratégique, opératique et tactique. La déception stratégique suppose une vaste combinaison de multiples actions, impliquant parfois des moyens importants mais aussi des opérations très subtiles, soigneusement ciblées, n’exigeant pas de ressources financières considérables. Toutes les armées recourent à la déception, plus ou moins volontiers, avec des résultats évidemment mitigés.
C’est l’usage de la ruse systématiquement planifiée et combinée afin de tromper l’ennemi…
Date de mise en ligne : 22/07/2022
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