V
- Par Xavier Darcos
Pages 697 à 735
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- DARCOS, Xavier,
- Darcos, Xavier.
- Darcos, X.
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- DARCOS, Xavier,
Pour les jeunes d’aujourd’hui, cette expression est surtout le titre d’un magazine de jeux de guerres sur fond historique, des wargames simulant une bataille ou une campagne militaire d’autrefois. Ou bien une série de bandes dessinées, intitulée Vae Victis !, fresque de quinze tomes, couvrant toute la guerre des Gaules, conçue par Simon Rocca et dessinée par Jean-Yves Mitton. En réalité (si l’on peut dire, car tout ces « mots » sont largement des fictions), si l’on en croit Tite-Live (Histoire de Rome, 5, 48), ce sont les humiliantes paroles de Brennus, le chef gaulois qui, en 390 av. J.-C., s’est emparé de Rome. Les Romains vaincus osant discuter la pesée des mille livres d’or (soit 327 kilos !) qui leur ont été imposées comme tribut, Brennus jette sa lourde épée avec son baudrier sur le plateau du contrepoids et lance : Vae victis ! – « Malheur aux vaincus ! » Seule la victoire est belle.
La vengeance romaine viendra plus tard, quand Camille, dictateur, fit rendre gorge aux envahisseurs gaulois, au point de mériter le titre de « deuxième fondateur de Rome ». Mais les Romains gardaient la mémoire de ce traumatisme. Ils en relataient les épisodes avec une frayeur rétrospective constante. Par exemple, l’arrivée de ces brutes hirsutes dans l’aristocratique Curie : les sénateurs sont figés, assis sur leurs chaises curules, telles des statues de cire ; les Gaulois hésitent ; puis l’un d’entre eux, moins farouche, s’avance et essaie de tirer la barbe d’un sénateur ; lequel s’anime aussitôt et lui rend un coup de bâton ; c’est le massacre…
Date de mise en ligne : 26/10/2023
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