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- Par Olivier Weber
Pages 631 à 673
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Quand on se promène dans la rue Campagne-Première, dans le XIVe arrondissement de Paris, on ne peut éviter la devanture de cette singulière librairie. Incontestablement l’un des hauts lieux kesseliens de la capitale. Le libraire, Hubert Bouccara, est un capitaine bougon et sympathique à la fois qui époussette ses livres et vous parle de ses maîtres en littérature, Kessel et Gary. Ses étagères vieillottes craquent d’éditions anciennes, d’exemplaires chinés dans des greniers ou des caves improbables. Dans la rue qui accueillit jadis Rimbaud, Aragon et Man Ray, et depuis peu des psychanalystes, ces autres sauveurs de l’âme, la petite librairie respire l’aventure comme son maître, qui n’hésite pas à abandonner ses recherches pour vous parler de ses coups de cœur. Pourquoi d’abord ce nom ? Tout simplement parce que Kessel, le jour des vingt-deux ans d’Hubert, lui a offert le manuscrit de son roman La Rose de Java, conservé chez lui, à l’abri des mues et du temps. L’heureux récipiendaire lui répond : « Tu sais, Jef, un jour, je serai libraire et j’appellerai ma librairie La Rose de Java. »
Dont acte. Kessel et Gary, Hubert Bouccara les a connus, et plutôt bien ! En 1968, Hubert Bouccara est un lycéen de seize ans qui s’ennuie ferme alors que son lycée est en grève et que les rues de Paris, en quête de plage, sont dépavées. Lui préfère lire, notamment du Kessel. Aux pierres du boulevard Saint-Michel, il préfère d’autres pavés, littéraires ceux-là. Et tout défile devant ses yeux…
Date de mise en ligne : 17/04/2023
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