Chapitre d’ouvrage

I. La descente impossible

Pages 15 à 41

Citer ce chapitre


  • Zaccai, E.
(2019). I. La descente impossible. Deux degrés : Les sociétés face au changement climatique (p. 15-41). Presses de Sciences Po. https://shs.cairn.info/deux-degres--9782724624403-page-15?lang=fr.

  • Zaccai, Edwin.
« I. La descente impossible ». Deux degrés Les sociétés face au changement climatique, Presses de Sciences Po, 2019. p.15-41. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/deux-degres--9782724624403-page-15?lang=fr.

  • ZACCAI, Edwin,
2019. I. La descente impossible. In : Deux degrés Les sociétés face au changement climatique. Paris : Presses de Sciences Po. Hors collection, p.15-41. URL : https://shs.cairn.info/deux-degres--9782724624403-page-15?lang=fr.

Notes

  • [1]
    George Marshall, Le Syndrome de l’autruche. Pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique, Arles, Actes Sud, 2017.
  • [2]
    Naomi Oreskes et Erik M. Conway, Les Marchands de doute, Paris, Le Pommier, 2012 ; Edwin Zaccai et al. (dir.), Controverses climatiques, sciences et politiques, Paris, Presses de Sciences Po, 2012.
  • [3]
    Une étude menée par l’IFOP pour l’institut Jean-Jaurès et l’observatoire Conspiracy Watch, en décembre 2017, Enquête sur le complotisme, révèle que 9 % des Français croient « possible que la Terre soit plate et non pas ronde ».
  • [4]
    Le rapport étudie en fait plusieurs scénarios. En outre, la probabilité et l’incertitude sont toujours mises en avant dans la définition des limites d’émissions. Nous utilisons ici un résumé issu du communiqué de presse du GIEC à propos de ce rapport, publié le 8 octobre 2018.
  • [5]
    Christiana Figueres et al., « Three Years to Safeguard our Climate », Nature, 546 (7660), p. 593-595. Par rapport à des rapports du GIEC, cet article a le mérite d’être plus ramassé et synthétique.
  • [6]
    L’article 2-1 de cet accord recommande de contenir « l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 oC par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5 oC par rapport aux niveaux préindustriels ».
  • [7]
    Johan Rockström et al., « A Roadmap for Decarbonization », art. cité.
  • [8]
    « Rapport alarmiste du GIEC : “L’avenir est encore entre nos mains”, selon Jean-Pascal van Ypersele », 8 octobre 2018 (www.rtbf.be) ; Appel des 700, « Réchauffement climatique : “Nous en appelons aux décideurs politiques” », Libération, 7 septembre 2018.
  • [9]
    Voir Corinne Le Quéré et al., « Drivers of Declining CO2 Emissions in 18 Developed Economies », art. cité.
  • [10]
    Céline Guivarch et Stéphane Hallegatte, « 2 oC or not 2 oC ? », Global Environmental Change : Human and Policy Dimension, 23 (1), 2013, p. 179-192 ; et le rapport SR15 du GIEC (2018) dans le SPM (résumé pour décideurs), évoque des transitions « sans précédent en termes d’échelle mais pas nécessairement en termes de vitesse » (C.2.) (nous traduisons).
  • [11]
    Ricarda Winkelmann et al., « Combustion of Available Fossil Fuel Resources Sufficient to Eliminate the Antarctic Ice Sheet », Science Advances, 1 (8), 11 septembre 2015. Voir aussi : Bill McKibben, « Recalculating the Climate Math », The New Republic, 22 septembre 2016 ; et Maxime Combes, Sortons de l’âge des fossiles ! Manifeste pour la transition, Paris, Seuil, 2015.
  • [12]
    LINGO (http://leave-it-in-the-ground.org/). Voir aussi le travail de l’ONG Carbon Tracker, dont le directeur est un des signataires de l’article, « Three Years to Safeguard our Climate », art. cité.
  • [13]
    Adrian Raftery et al., « Less than 2 oC Warming by 2100 Unlikely », Nature Climate Change, 7, 2017, p. 637-641.
  • [14]
    Edwin Zaccai et al. (dir.), Controverses climatiques..., op. cit.
  • [15]
    Des montants limites d’émission à respecter figuraient encore dans l’article 3.1. comme option à la veille de la signature de l’accord de Paris. Les négociateurs leur ont préféré la formule de « neutralité climatique », plus floue et qui permet des compensations (voir infra à ce sujet).
  • [16]
    Mike Hulme, « Climatism and the Reification of Global Temperature », mikehulme.org, 24 octobre 2018.
  • [17]
    Will Steffen et al. (notamment avec Johan Rockström déjà cité) : « Trajectories of the Earth System in the Anthropocene », PNAS, 115 (33), 14 août 2018, p. 8252-8259.
  • [18]
    Édouard Bard, « Le dernier réchauffement climatique », La Recherche, 474, avril 2013, p. 54-57.
  • [19]
    Peter Brannen, « This Is how your World Could End », The Guardian, 9 septembre 2017.
  • [20]
    Kevin Anderson, « Duality in Climate Science », Nature Geoscience, 8, 2015, p. 898-900, explique que les scénarios conduisant à 2 oC dépendent d’émissions négatives « spéculatives », et que les scientifiques doivent rendre leurs hypothèses défendables, « quelque inconfortables que soient leurs conclusions ».
  • [21]
    European Academies Science Advisory Council (EASAC), Negative Emission Technologies : What Role in Meeting Paris Agreement Targets ? EASAC Policy Report, 35, Halle, EASAC, février 2018 ; Éditorial, « Why Current Negative-emissions Strategies Remain “Magical Thinking” », Nature, 554, 21 février 2018, p. 404.
  • [22]
    On peut se référer au tableau très complet sur les impacts dressé dans Jean Jouzel et Pierre Larrouturou, Pour éviter le chaos climatique et financier, Paris, Odile Jacob, 2017.
  • [23]
    Forum économique mondial (FEM), The Global Risks Landscape, éditions 2018 et 2019, Davos, FEM (http://reports.weforum.org).
  • [24]
    Tim Flannery (Sauver le climat. Tout est encore possible, Paris, Buchet-Chastel, 2015) insiste sur cette augmentation des événements anormaux comme un nouveau trait marquant du changement climatique en cours.
  • [25]
    Monique Barbut, secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, dans Dina Ionesco et al., Atlas des migrations environnementales, préface, Paris, Presses de Sciences Po, 2016, p. 9.
  • [26]
    Keynyn Brysse et al., « Climate Change Prediction : Erring on the Side of Least Drama ? », Global Environmental Change, 23 (1), 2013, p. 327-337.
  • [27]
    Banque mondiale, Turn Down the Heat : Why a 4 oC Warmer World Must be Avoided, Washington (D. C.), Banque mondiale, 2012.
  • [28]
    Naomi Oreskes et Erik M. Conway, The Collapse of Western Civilization. A View from the Future, New York (N. Y.), Columbia University Press, 2014 (nous traduisons).
  • [29]
    Camilo Mora et al., « Broad Threat to Humanity from Cumulative Climate Hazards Intensified by Greenhouse Gas Emissions », Nature Climate Change, 8, 19 novembre 2018, p. 1062-1071.
  • [30]
    Par exemple, William V. Sweet et al., Global and Regional Sea Level Rise Scenarios for the United States. NOAA Technical Report, NOS CO-OPS 083, Silver Spring (Md.), NOAA, 2017.
  • [31]
    Margot Bador et al., « Future Summer Mega-heatwave and Record-breaking Temperatures in a Warmer France Climate », Environmental Research Letters, 12 (7), 2017.
  • [32]
    Cité par Jean Jouzel et Pierre Larrouturou, Pour éviter le chaos..., op. cit., p. 113.
  • [33]
    Ibid., p. 115.
  • [34]
    Gerardo Ceballos et al., « Biological Annihilation via the Ongoing Sixth Mass Extinction Signaled by Vertebrate Population Losses and Declines », PNAS, 114 (30), 25 juillet 2017 ; WWF, Rapport Planète vivante 2018, Le Pré-Saint-Gervais, WWF, 2018.
  • [35]
    Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz, L’Événement Anthropocène. La Terre, l’histoire et nous, Paris, Seuil, 2016.
  • [36]
    Hans Joachim Schellnhuber, conférence Our Common Future Under Climate Change, Paris, UNESCO, 8 juillet 2015, session plénière 2. Voir aussi le site interactif « carbonmap.org ».
  • [37]
    Oxfam, « Inégalités extrêmes et émissions de CO2 », Oxfam – Document d’information médias, 2 décembre 2015.
  • [38]
    Jeff Goodell, « Welcome to the Age of Climate Migration », Rolling Stone, 25 février 2018.
  • [39]
    Dina Ionesco et al., Atlas des migrations environnementales, op. cit.
  • [40]
    Jan Selby et al., « Climate Change and the Syrian Civil War Revisited », Political Geography, 60, 2017, p. 232-244 ; Denis Gautier et Tor Benjaminsen (dir.), Environnement, pouvoir et discours : l’approche political ecology, Versailles, Quae, 2012 ; Christian Parenti, Tropic of Chaos : Climate Change and the New Geography of Violence, New York (N. Y.), Nation Books, 2012.
  • [41]
    Peter Schwartz et Doug Randall, Abrupt Climate Change Scenario and its Implications for United States National Security, Washington (D. C.), U. S. Defense Department, octobre 2003. Voir aussi Center for Strategic and International Studies (CSIS), The Age of Consequences. The Foreign Policy and National Security Implications of Global Climate Change, 2007 (CSIS.org), rapport dont l’historien John R. McNeill est l’un des auteurs. Des travaux plus récents mettent en évidence la réalité d’un affaiblissement actuel du Gulf Stream : Summer K. Praetorius, « North Atlantic Circulation Slows Down », Nature, 556 (7700), 11 avril 2018, p. 180-181.
  • [42]
    Par exemple, un récent rapport du département américain de la Défense évalue les impacts significatifs sur les infrastructures de défense nationales (Report of the Effects of a Changing Climate to the Department of Defense, Arlington [Va.], Department of Defense, janvier 2019).
  • [43]
    Voir Céline Guivarch et Stéphane Hallegatte, « 2 oC or not 2 oC ? », art. cité.
  • [44]
    PNUE, The Emissions Gap Report 2018, résumé analytique, Nairobi, PNUE, p. 2.
  • [45]
    Céline Guivarch et Stéphane Hallegatte, « 2 oC or not 2 oC ? », art. cité. Voir aussi sur la question de l’objectif de 2 oC : Andrew Jordan et al., « Going beyond Two Degrees ? The Risks and Opportunities of Alternative Options », Climate Policy, 13 (6), 2013, p. 751-769 ; Hans Joachim Schellnhuber et al., « Why the Right Climate Target Was Agreed in Paris », Nature Climate Change, 6 (7), juin 2016, p. 649-653.

Dans son précieux ouvrage Le Syndrome de l’autruche. Pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique, George Marshall explique pourquoi les études savantes sur le changement climatique ne convaincront pas en dehors des seuls scientifiques, malgré la somme d’énergies et de compétences impressionnantes investies dans les rapports du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. De grossières démarches de spécialistes en communication destinées à jeter le discrédit sur ces résultats y sont quant à elles parvenues plus d’une fois, avec bien moins de compétences, et encore moins d’éthique scientifique. Marshall décrit dans son livre à quoi il est important d’être attentif pour convaincre et motiver. Cela tient à des valeurs, à un vocabulaire ou à des images partagés avec ceux à qui l’on s’adresse. Ces discours ne doivent pas non plus prendre pour acquis le respect de la validité des résultats scientifiques dans l’esprit de l’interlocuteur, malgré le travail sérieux et approfondi mené pour les établir. Après tout, ne vivons-nous pas dans des sociétés où une proportion non négligeable de citoyens croient possible que la Terre soit plate ?
Pourtant, je ne vois pas comment faire autrement dans ce premier chapitre que d’exposer des résultats clés produits par la communauté scientifique la plus autorisée sur le changement climatique. C’est ce cadrage-là, à savoir la mesure globale de l’évolution des émissions de carbone et une description de leurs effets présents et à venir pour la planète, qui compose le message le plus scientifiquement alarmant, au fondement du questionnement qui a motivé l’écriture de ce livre…


Date de mise en ligne : 21/06/2019

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