Chapitre 4. La multiplication des désobéissances militaires en pleine guerre
- Par Marius Loris
Pages 107 à 139
Citer ce chapitre
- LORIS, Marius,
- Loris, Marius.
- Loris, M.
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- Loris, M.
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Notes
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[1]
Tramor Quemeneur, « Une guerre sans “non” ? Insoumissions, refus d’obéissance et désertions de soldats français pendant la guerre d’Algérie (1954-1962) », op. cit., p. 7.
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[2]
Ce travail quantitatif a été mené à partir d’une base de données de 1 069 jugements entre 1954 et 1963 pour le tribunal permanent aux forces armées de Constantine. Cet échantillon correspond à 10 % de l’ensemble des jugements du TPFA de Constantine, chiffre considéré comme étant représentatif et laissant une marge d’erreur statistique faible (3 %). Voir Claire Lermercier et Claire Zalc, Méthodes quantitatives pour l’historien, Paris, La Découverte, 2008. Je précise également que les noms des prévenus cités dans ce livre, issus des Archives de la justice militaire du Blanc, ont tous été changés en raison de l’amnistie qui donne un droit à l’oubli à ces prévenus.
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[3]
J’emprunte ce concept à Michel Foucault, La Société punitive. Cours au Collège de France, 1972-1973, Paris, EHESS/Gallimard/Seuil, p. 23-26.
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[4]
Jacques Frémeaux, La France et l’Algérie en guerre…, op. cit., p. 141.
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[5]
Tramor Quemeneur, « Une guerre sans “non” ? Insoumissions, refus d’obéissance et désertions de soldats français pendant la guerre d’Algérie (1954-1962) », op. cit., p. 129.
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[6]
Charles-Robert Ageron, « Les supplétifs algériens dans l’armée française pendant la guerre d’Algérie », in Vingtième Siècle, no 48, 1995, p. 17. Selon les sources, Ageron indique bien que les chiffres sont très discordants. Marie Chauvin indique 7 000 déserteurs appelés et 1 000 supplétifs durant la guerre. Voir Marie Chauvin, « Des appelés pas comme les autres ? Des conscrits “français de souche nord-africaine” pendant la guerre d’Algérie », Vingtième Siècle, no 48, 1995, p. 28.
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[7]
Charles-Robert Ageron, « Les supplétifs algériens dans l’armée française pendant la guerre d’Algérie », art. cité, p. 17.
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[8]
Dominique Kalifa, Biribi. Les bagnes coloniaux de l’armée française, Paris, Perrin, 2016, p. 10.
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[9]
Ibid., p. 11.
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[10]
Ibid.
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[11]
Ibid., p. 11-13.
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[12]
Sanctions particulières concernant les militaires non-officiers, titre VI, Règlement de discipline générale, 1933.
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[13]
Jean-Charles Jauffret, Soldats en Algérie…, op. cit., p. 253.
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[14]
C’est le cas de l’insoumis communiste, un des rares appelés envoyé aux sections spéciales. Voir Jean-Pierre Vittori, Nous, les appelés d’Algérie, Paris, Temps actuels, 1983, p. 191, et Tramor Quemeneur, « Une guerre sans “non” ? Insoumissions, refus d’obéissance et désertions de soldats français pendant la guerre d’Algérie (1954-1962) », op. cit., p. 719.
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[15]
Ibid., p. 709.
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[16]
Jean-Charles Jauffret, Soldats en Algérie, op. cit., p. 254.
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[17]
Ibid., p. 254.
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[18]
Jean Meunier, Régiment disciplinaire : récit autobiographique, Paris, Société des écrivains, 2006.
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[19]
Roger Bove, L’Algérie : chroniques d’une guerre oubliée – mémoire d’une génération sacrifiée – correspondances algériennes de juillet à décembre 1962, Paris, éd. des Écrivains, 1998, p. 78.
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[20]
Dominique Kalifa, Biribi. Les bagnes coloniaux de l’armée française, op. cit., p. 224-225.
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[21]
Jean Meunier, Régiment disciplinaire : récit autobiographique, op. cit., p. 57.
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[22]
Dossier de personnel de procédure de Hamza, Rapport du sous-lieutenant Reven commandant le 7e RTA le 22 juillet 1955, Archives de la justice militaire, Le Blanc.
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[23]
Ce terme de « libérable » correspond au nom donné par l’armée et par le contingent à ceux qui ont fini leur temps de service en Algérie et sont susceptibles de rentrer en France.
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[24]
PV d’interrogatoire de Hamza, Dossier de personnel de procédure de Hamza, Archives de la justice militaire, Le Blanc.
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[25]
Joan Scott, La Domination et les arts de la résistance, op. cit., p. 149.
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[26]
Article 194 de la loi du 9 mars 1928.
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[27]
Dossier de personnel de procédure de Hamza, Liste des affaires volées par Hamza, Archives de la justice militaire, Le Blanc.
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[28]
Jean-Charles Jauffret, Soldats en Algérie…, op. cit., p. 205.
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[29]
Dossier de personnel de procédure de Hamza, Témoignage devant la Gendarmerie nationale du caporal Heinbolt au sujet de Hamza, Archives de la justice militaire, Le Blanc.
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[30]
Rapport sur le moral de 1954, 7 U 496/D8, SHD.
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[31]
Moral des personnels FMA, Massu, 5 mars 1956, 7 U 496/D8, SHD.
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[32]
Moral des personnels FMA, Massu, 5 mars 1956, 7 U 496/D8, SHD. Ces contestations eurent également lieu dans d’autres régiments comme le 35e RI où des tirailleurs algériens se mutinent pour des raisons similaires. Sur les massacres de l’armée française dans le Constantinois, voir Claire Mauss-Copeaux, Algérie, 20 août 1955, Paris, Payot, 2011.
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[33]
Jacques Frémeaux, La France et l’Algérie en guerre…, op. cit., p. 143.
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[34]
André-Paul Comor (dir.), La Légion étrangère : histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2013, p. 292-293.
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[35]
Tramor Quemeneur, « Une guerre sans “non” ? Insoumissions, refus d’obéissance et désertions de soldats français pendant la guerre d’Algérie (1954-1962) », op. cit., p. 133.
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[36]
Jean-Charles Jauffret et Maurice Vaïsse (dir.), Militaires et guérilla dans la guerre d’Algérie, Bruxelles, Éditions Complexe, 2001, p. 59.
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[37]
Ibid., p. 63. La situation au 3e REI est jugée alarmante par le commandement.
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[38]
Dossier personnel de procédure Heinrich Becker, Relevé de notes du légionnaire Becker, Archives de la justice militaire, Le Blanc.
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[39]
Ibid.
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[40]
André-Paul Comor (dir.), La Légion étrangère : histoire et dictionnaire, op. cit., 2013.
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[41]
Ibid., p. 91.
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[42]
Tramor Quemeneur, « Une guerre sans “non” ? Insoumissions, refus d’obéissance et désertions de soldats français pendant la guerre d’Algérie (1954-1962) », op. cit., p. 136.
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[43]
Ibid., p. 137.
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[44]
Ibid., p. 40.
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[45]
Ibid., p. 69.
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[46]
Les peines au tribunal militaire vont de six mois à cinq ans pour outrage et de deux mois à trois ans pour voie de fait (art. 208 voie de fait et 209 outrage).
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[47]
Toutes les citations de ce portrait sont issues du dossier de procédure personnelle de Prisciamo, TPFA de Constantine, Archives de la justice militaire, Le Blanc.
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[48]
Dossier personnel de procédure d’Henri Prisciamo, Avis d’amnistie, TPFA de Constantine, Archives de la justice militaire, Le Blanc.
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[49]
Dossier personnel de procédure d’André Maton, TPFA de Constantine, Archives de la justice militaire, Le Blanc.
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[50]
Fussell est cité par Stéphane Audoin-Rouzeau, Combattre, Paris, 2008, p. 257.
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[51]
Marius Loris, « Bigeard en guerre d’Algérie… », op. cit., p. 55.
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[52]
Raphaëlle Branche, L’Embuscade de Palestro. Algérie 1956, op. cit. L’embuscade a été décrite au chapitre 2.
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[53]
J’emprunte ce concept à Michel Foucault, La Société punitive. Cours au Collège de France, 1972-1973, op. cit., p. 23-26.
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[54]
Ludivine Bantigny, Le Plus Bel Âge ? Jeunes et jeunesses en France de l’aube des Trente Glorieuses à la guerre d’Algérie, Paris, Fayard, 2007, p. 137.
-
[55]
Sylvie Thénault, « La justice dans la guerre d’Algérie », Thèse de doctorat en histoire, sous la direction de Jean-Jacques Becker, Paris, Université de Nanterre, 1999, tome 2, 1958-1962, p. 192-193.
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[56]
Ibid., p. 195.
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[57]
Dossier personnel de procédure de Polet, TPFA Constantine, Archives de la justice militaire, Le Blanc.
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[58]
Dossier personnel de Medjaoui, TPFA Constantine, Archives de la justice militaire, Le Blanc. On étudiera également le cas du 2e classe Lopez, dont nous avons obtenu le dossier de procédure. Il est condamné pour le vol d’un pistolet de 9 mm par le TPFA de Constantine.
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[59]
Dossier personnel de procédure de Robert, TPFA Constantine, Archives de la justice militaire, Le Blanc.
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[60]
François-Xavier Hautreux, La Guerre d’Algérie des harkis : 1954-1962, Paris, Perrin, 2013.
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[61]
Tramor Quemeneur, « Une guerre sans “non” ? Insoumissions, refus d’obéissance et désertions de soldats français pendant la guerre d’Algérie (1954-1962) », op. cit., p. 148.
Une fois écarté le mythe résistancialiste d’un contingent antiguerre, notamment véhiculé par Jeanson et les porteurs de valises pour légitimer leur combat, on peut compter 1 % de réfractaires dans l’armée française sur l’ensemble du conflit. Ce chiffre est assez similaire à celui d’autres armées en guerre comme l’armée américaine au Vietnam. Si on prend en compte l’ensemble des désobéissances jugées par les tribunaux permanents des forces armées (TPFA), on aboutit à des chiffres tout à fait différents. Comment définir ces désobéissances plus nombreuses qu’il n’y paraît ? L’historiographie de la guerre d’Algérie en distingue trois formes canoniques : la désertion, l’insoumission et l’objection de conscience. Elles seraient toutes trois des phénomènes individuels et formeraient un ensemble homogène. Cette vision classique de la désobéissance est liée au prisme des archives d’état-major de l’armée française, les archives des tribunaux militaires n’ayant pas été ouvertes avant 2014. Le travail d’étude minutieux et quantitatif des jugements du TPFA de Constantine montre d’autres facettes de la désobéissance, qui sont au moins d’égale importance.
C’est le cas d’abord des refus d’obéissance et des atteintes à l’autorité, allant de l’outrage aux chefs, en passant par la voie de fait sur supérieur au refus d’obtempérer et à l’abandon de poste. Ces phénomènes montrent une résistance à l’autorité qui se situe dans les interactions quotidiennes entre les chefs et leurs hommes. Ces atteintes représentent un nombre conséquent d’actes de désobéissance, auxquelles on pourrait ajouter le vol, tant ce crime de droit commun, du ressort normalement des tribunaux civils, porte un coup sérieux à la relation d’autorité et à la cohésion combattante du groupe et est très sévèrement réprimé…
Date de mise en ligne : 30/03/2026
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