Chapitre I : Une pensée subversive
- Par Anne Staquet
Pages 55 à 105
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- STAQUET, Anne,
- Staquet, Anne.
- Staquet, A.
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Notes
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[1]
En 1323, Léon XIII fait du thomisme la philosophie officielle.
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[2]
Gassendi, Exercitationesparadocicae adversus Aristoteleos [1624] ; Dissertations en forme de paradoxes contre les aristotéliciens, trad. fr de B. Rochot, Paris, Vrin, 2004.
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[3]
Thomas Kuhn, La Révolution copernicienne, Paris, Le Livre de Poche, 1992 et La Structure des révolutions scientifiques, Paris, Flammarion, 1999.
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[4]
Galileo Galilei, Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, trad. fr. de René Fréreux, Paris, Seuil, 1992, pp. 316-317 ; cité par Frédéric Tin-guely, « Un libertin dans la lune ? De la distraction scientifique chez Cyrano de Bergerac », in Antony McKenna, Pierre-François Moreau et Frédéric Tinguely (éds), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 9 – Les libertins et la science, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2005, pp. 78-79.
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[5]
Alexandre Koyré, Étudesgaliléennes, Paris, Hermann, 1939, p. 225.
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[6]
Fernand Hallyn prétend que Gassendi n’avait pas davantage les moyens de réaliser cette expérience, mais je ne suis pas parvenue à déterminer d’après quel article récent il fonde sa position et s’oppose à Koyré. Comme l’idée est reprise par la plupart des chercheurs sur le libertinage et que j’entends moins établir la vérité que constituer une synthèse sur le libertinage, cette question ne me semble pas devoir être approfondie.
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[7]
« Ma la storiografia contemporanea, attenta a individuare i momenti determinanti della trasformazione delle strutture, non ha trovato nei liber-tini né una precisa coscienza delle grandi forze sociali in movimento, né una sensibilità particolare per lo sviluppo della ricerca scientifica. », Ivo Com-parato, « Il pensiero politico dei libertini », in Luigi Firpo (éd.), Storia delle idee politiche, economiche e sociali, Unione Tipografico. Ed. Torinese, Turin, 1980, pp. 154-155. Mais l’historiographie contemporaine, attentive à préciser les moments déterminants de la transformation des structures, n’a trouvé chez les libertins ni une conscience précise des grandes forces sociales, ni une sensibilité particulière pour le développement scientifique. Je traduis.
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[8]
Cf. les ouvrages édités par Antony McKenna, Pierre-François Moreau et Frédéric Tinguely, « Avant-propos », in id., Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 9 – Les libertins et la science, op. cit., et par Alain Mothu, Révolution Scientifique et libertinage, Turnhout, Brepols, 2000.
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[9]
Il s’oppose sur ce point à Kepler et rejoint Galilée.
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[10]
Sur ces questions, on pourra consulter l’article d’Antonella Del Prete, « Pierre Gassendi et l’univers infini », in Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 4 – « Gassendi et les gassendistes » et « Les passions libertines », op. cit., tout particulièrement aux pages 61-63.
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[11]
Charles Sorel, La Science universelle [1635-1644] ; édition électronique sur le site : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k108024k.
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[12]
Marin Mersenne, La Vérité des sciences contre les sceptiques ou pyrrhoniens, Paris, T. Du Bray, 1625.
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[13]
Pour une étude philosophique sur la science cyranienne, on verra la thèse d’Alexandra Torero-Ibad, Libertinage et science dans le premier XVIIe siècle : le matérialisme de Savinien Cyrano de Bergerac ; à paraître en 2007 chez Honoré Champion.
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[14]
Passage cité par Bruno Roche, « Lucrèce et Cyrano : stratégies libertines pour l’approche du Chant III du De Rerum Natura », in Antony McKenna, Pierre-François Moreau et Frédéric Tinguely (éds), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 9 – Les libertins et la science, op. cit., p. 215.
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[15]
Cette connaissance est si étendue qu’Antony McKenna suppose qu’elle est tirée de La Science universelle de Sorel, car il aurait sinon dû y consacrer un temps et une énergie tout à fait considérables.
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[16]
Remarquons que le nom du héros est quasiment l’anagramme du nom de l’auteur.
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[17]
Cf. l’article de Frédéric Tinguely, « Un libertin dans la lune ? De la distraction scientifique chez Cyrano de Bergerac », in Antony McKenna, Pierre-François Moreau et Frédéric Tinguely (éds), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 9 – Les libertins et la science, op. cit., pp. 73-84.
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[18]
Selon la plupart des commentateurs, toutes les théories matérialistes intéressent également Cyrano. Par contre, par une analyse assez convaincante, Nicole Gengoux montre une prévalence de la théorie cartésienne dans sa version matérialiste. Cf. « Cyrano de Bergerac, un voyageur dans le Monde de Descartes », in Antony McKenna, Pierre-François Moreau et Frédéric Tinguely (éds), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 9 – Les libertins et la science, op. cit., pp. 105-126.
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[19]
Je suis dans l’ensemble de cette section l’excellent article d’Alexandra Torero-Ibad, « Vérités de science, vérités de foi : lectures libertines d’une distinction polysémique », in Antony McKenna, Pierre-François Moreau et Frédéric Tinguely (éds), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 9 – Les libertins et la science, op. cit., pp. 7-36.
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[20]
« Lettre de Galilée à Christine de Lorraine Grande-Duchesse de Toscane [1615] », in Dialogues et lettres choisies, Paris, Hermann, 1997.
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[21]
Lettres et discours de M. de Sorbière. Sur diverses Matières Curieuses, Paris, François Clousier, 1660, Lettre 66, p. 460 ; cité par Torero-Ibad, « Vérités de science, vérités de foi : lectures libertines d’une distinction polysémique », op. cit., pp. 20-21.
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[22]
La Mothe le Vayer, « De la divinité », in Corpus des œuvres de philosophie en langue française, Librairie Arthème Fayard, 1988, p. 310 ; cité par Torero-Ibad, ibidem, p. 24. Elle note que Le Vayer ne fait pas explicitement référence à Galilée, mais à Foscarini, qui défendait les mêmes thèses, mais à qui un simple rappel à l’ordre avait suffi. L’emploi de l’expression « Saint Esprit » fait cependant clairement allusion à la lettre de Galilée à Christine de Loraine [« Lettere a Cristina de Lorena Granduchessa di Toscana » [1615], in Opere, Torino, UTET, 1996, vol. I, pp. 551-593 ; « Lettre à Christine de Lorraine Grande-Duchesse de Toscane », trad. fr. de Philippe Hamou et Martha Spranzi. Paris, Librairie générale française, 2004, in Écrits coperniciens, trad. fr. de F. Russo, Paris, Le Livre de Poche, 2004]. La même citation se retrouve chez Jean-Michel Gros, « Y a-t-il un athéisme libertin ? », in Emmanuel Chubilleau et Eric Puisais (éds), Les Athéismes philosophiques, Paris, Kimé, 2001. p. 57.
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[23]
Cyrano de Bergerac, Œuvres complètes, I, éd. M. Alcover, Paris, Champion, 2000, pp. 123-124 ; cité par Torero-Ibad, « Vérités de science, vérités de foi : lectures libertines d’une distinction polysémique », op. cit., p. 32.
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[24]
L’athéisme peut désigner non seulement quelque forme de désaccord avec la croyance dominante du lieu, mais aussi un simple désintérêt vis-à-vis des questions religieuses. En outre, la position sociale de la personne joue un rôle dans une telle désignation. Il suffit pour s’en rendre compte de considérer que, au XVIIe siècle, un brigand pouvait être accusé d’athéisme parce qu’il avait volé dans une église ou ailleurs le jour de Noël, alors que les nobles pouvaient tenir des propos paillards ou avoir un comportement allant à l’encontre des bonnes mœurs sans avoir nécessairement à en subir de fâcheuses conséquences. Par ailleurs, comme le signale Cavaillé, des propos athées prononcés trop librement sont considérés comme des plaisanteries et ne sont pas forcément pris au sérieux : « […] toute une culture aristocratique de la liberté de conversation, liée à la civilité curiale, prépare en quelque sorte la langue, la rend apte à l’usage que vont en faire les libertins, érudits ou non. En contrepartie, cette culture du jeu d’esprit est un obstacle pour l’athée ; plus il avance de formules hardies, plus son propos est mis sur le compte de la plaisanterie et neutralisé. » [Jean-Pierre Cavaillé, DIS/SIMULATIONS. Jules-César Vanini, François La Mothe Le Vayer, GabrielNaudé, Louis Machon et Torquato Accetto. Religion, morale et politique au XVIIe siècle, Paris, Honoré Champion, 2002, pp. 55-56.]
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[25]
Contre l’idée répandue qu’il n’est pas possible, avant le XVIIIe siècle, de trouver d’athéisme, on consultera la thèse de François Berriot, qui analyse ses formes au XVIe siècle : Athéismes et athéistes au XXVIe siècle en France, Paris, Cerf, 1976.
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[26]
Cité par Françoise Charles-Daubert dans son article en ligne : « Spinoza et les libertins », 2004, accessible à l’adresse : http://hyperspinoza.caute.lautre.net/imprimersans.php3?id_article=956.
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[27]
Texte probablement écrit par François de La Mothe le Vayer, cité par Françoise Charles-Daubert, ibidem.
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[28]
Cf. Jean-Michel Gros, « Y a-t-il un athéisme libertin ? », in E. Chu-billeau et E. Puisais (éds), Les Athéismes philosophiques, Paris, Kimé, 2001. Pour un lien entre cette critique libertine et les approches spinoziste et hob-besienne, voir l’article de Pierre François Moreau : « La crainte a engendré les dieux », in Antony McKenna et Pierre-François Moreau (éds), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 4 – « Gassendi et les gassendistes » et « Les passions libertines », op. cit., pp. 147-153.
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[29]
Cf. à ce propos l’article de Jean-Pierre Cavaillé, « Une pensée de l’évasion. Liberté et enfermement dans les romans cyraniens », in Bérengère Parmentier (éd.), Lectures de Cyrano de Bergerac, Presses universitaires de Rennes, 2004, pp. 79-100.
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[30]
Cyrano de Bergerac, Estats et Empire du Soleil et de la Lune, in Œuvres complètes, Paris, Honoré Champion, 1977, vol. I, p. 472 ; cité par Jean-Michel Gros, « Y a-t-il un athéisme libertin ? », op. cit., p. 60.
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[31]
Cette considération n’empêche d’ailleurs pas de conserver l’idée d’une « bonne religion », comme cela semble être le cas dans le Theophrastus redivivus, ouvrage anonyme considéré comme une synthèse du libertinage. Cf. la conférence de Nicole Gengoux : « L’athéisme du Theophrastus », prononcée à l’EHESS le 24 avril 2006 et sa thèse Le Theophrastus redivivus ou l’athéisme comme position philosophique à l’Age classique, à paraître aux éditions Honoré Champion.
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[32]
L’allusion à Jules-César Vanini est des plus explicites.
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[33]
François la Mothe le Vayer, Dialogues faits à l’Imitation des Anciens [1630-1631], texte revu par André Pessel, in Corpus des œuvres de philosophie en langue française, op. cit. ; cité par Françoise Charles-Daubert dans son article en ligne, op. cit.
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[34]
La version écrite de cette critique acide et politique des religions n’a été imprimée qu’en 1718 sous le titre L’Esprit de Spinoza, mais les idées selon lesquelles les plus grands imposteurs de tous les temps sont Moïse, Jésus-Christ et Mahomet circulent depuis le Moyen Age. L’ouvrage a été republié en 2004 aux Editions Max Milo.
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[35]
Jules-César Vanini, Œuvres philosophiques de Jules-César Vanini, traduite pour la première fois en français par M.-X. Rousselot, Paris, Delahayc, 1856, trad. fr., p. 302 ; éd. Corvaglia, p. 339 ; cité par Françoise Charles-Daubert, « La Bible des libertins », in Jean-Robert Armogathe (éd.), Le Grand Siècle et la Bible, La Bible de tous les temps, vol. 6, Paris, 1989, p. 679. Je souligne.
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[36]
Cf. à ce propos l’ouvrage de René Pintard, Le Libertinage érudit dans la première moitié du XVIIe siècle, op. cit. ainsi que celui de Jean-Jacques Bouchard, Confessions [entre 1630 et 1640], Paris, Gallimard, « Le promeneur », 2003.
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[37]
Cf. à ce propos les Dialogues faits à l’imitation des Anciens, in Corpus des Œuvres de philosophie en langue française, op. cit., pp. 263 et suiv.
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[38]
Pierre Gassendi, Exercitationes [1624] ; Dissertations en forme de paradoxes contre les aristotéliciens, op. cit.
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[39]
Charles Sorel, La Science universelle, Paris, Jean Guignard fils, 1668, t. II, p. 446 ; cité par Martine Alet (que je suis dans cette étude sur l’âme chez Sorel), « La double lecture de l’âme humaine dans La Science universelle de Charles Sorel », in Antony McKenna et Pierre-François Moreau (éds), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 6 – Libertins et esprits forts au XVIIe siècle : quels modes de lecture ?, Saint-Étienne, Presses de l’Université de Saint-Étienne, 2002, p. 61, en note.
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[40]
Ibidem, pp. 542-543 ; cité ibidem, p. 62, en note.
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[41]
Ibidem, p. 389 ; cité ibidem, p. 63.
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[42]
Charles Sorel, De la Perfection de l’Homme, ou les vrays biens sont considerez et specialement ceux de l’Ame, avec les Methodes des Sciences, Paris, Robert de Nain, 1655, Premier Traité, pp. 142-143 ; cité ibidem, p. 66.
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[43]
Theophrastus redivivus, redivivus [1659], edizione prima et critica a cura di Guido Canziani e Gianni Paganini, Firenze, La Nuova Italia Editrice, 1982, p. 825 ; cité et traduit par Hélène Ostrowiecki, « Entre nature stoïque et nature sceptique : la place des passions dans le Theophrastus redivivus », in Antony McKenna et Pierre-François Moreau (éds), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 4 – « Gassendi et les gassendistes » et « Les passions libertines », op. cit., p. 180.
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[44]
François La Mothe le Vayer, « De l’ignorance louable », in Quatre Dialogues faits à l’imitation des anciens par Orasius Tubero, Jean Sarius, Francfort, 1606 ; in Dialogues faits à l’Imitation des Anciens [1630-1631], texte revu par André Pessel, in Corpus des œuvres de philosophie en langue française, op. cit., p. 71 ; cité par Françoise Charles-Daubert, « La Bible des libertins », op. cit., p. 687.
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[45]
Cyrano de Bergerac, Les Etats et Empires du soleil, Paris, Garnier, 1923, p. 150.
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[46]
Cité par Bruno Roche, « Lucrèce et Cyrano : stratégies libertines pour l’approche du Chant III du De Rerum Natura », op. cit., p. 218.
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[47]
Cyrano de Bergerac, Œuvres complètes, édition de Jacques Prévot, Belin, Paris 1977, p. 112 ; cité par Bruno Roche, ibidem, p. 221.
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[48]
Cyrano de Bergerac, ibidem, p. 113 ; cité, ibidem.
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[49]
Pierre Gassendi, Lettre à Neuré du 13 novembre 1643 [in Recueil des lettres des sieurs Morins et Gassend en suite de l’apologie du sieur Gassendi, touchant la question De motu impresso a motore translato. Où par occasion il est traité de l’astrologie judiciaire, Paris, 1650] ; cité par Sylvie Taussig, « Histoire et ἱστορìα dans les lettres latines de Gassendi », in Antony McKenna et Pierre-François Moreau (éds), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 4 – « Gassendi et les gassendistes » et « Les passions libertines », op. cit., 2000, p. 49.
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[50]
Cf. De la vertu des Payens, in Œuvres de François de la Mothe le Vayer, Paris, 1681, t. V et au vol. II de l’édition de la Pléiade sur les Libertins du XVIIe siècle, édité pour la Pléiade en 2004 par Jacques Prévot.
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[51]
Œuvres de la Mothe Le Vayer, op. cit., t. 2, p. 143 ; cité par Isabelle Moreau, « Stratégies d’écriture et pouvoir politique : le cas de La Mothe Le Vayer », Littératures classiques : « Libertinage et politique en France au temps de la monarchie absolue », sous la direction de Jean-Charles Darmon et de Georges Molinié, n° 55, 2005, p. 150.
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[52]
Concernant les liens entre Spinoza et le libertinage, on se reportera à Françoise Charles-Daubert, Les Libertins érudits en France au XVIIe siècle, op. cit., ainsi que son article en ligne et, pour ce qui est de l’influence du spinozisme sur les Lumières, l’ouvrage déjà cité de Jonathan Israël.
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[53]
L’élitisme est tellement partagé et essentiel chez les libertins que Garasse propose d’en faire le critère permettant de les repérer.
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[54]
Cavaillé relève le paradoxe à propos du Theophrastus : « Avec le Theophrastus, la critique libertine atteint cependant une tension maximale : l’auteur affirme en effet haut et fort que les lois “n’ont jamais rendu les hommes meilleurs” (bien au contraire : les princes ne recherchent dans la domination que leurs avantages privés et les prêtres entretiennent la méchanceté et l’ignorance des peuples), et pourtant il soutient tout autant que l’appareil juridico-politico-religieux, c’est-à-dire le régime de l’imposture, est une nécessité vitale pour la paix civile et pour l’existence même du corps social. Autrement dit, l’auteur du Theophrastus partage ce consensus, ou quasi consensus, de la culture libertine autour de la nécessité de l’imposture, alors qu’il semble avoir produit tous les arguments de sa critique. » Jean-Pierre Cavaillé, « Imposture politique des religions et sagesse libertine », Littératures classiques : « Libertinage etpolitique en France au temps de la monarchie absolue », sous la direction de Jean-Charles Darmon et de Georges Molinié, n° 55, 2005, p. 38.
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[55]
À l’exception de l’élitisme et de la double lecture, cette conception rejoint une des lectures classiques de Hobbes, chantre de l’absolutisme. Or, durant son exil volontaire, Hobbes a séjourné à Paris et a fréquenté les libertins. Pour une étude des liens entre Hobbes et le libertinage, on pourra consulter l’article de Gilbert Boss : « La critique libertine de Hobbes », Hobbes Studies, vol. 16, Assen, 2003, pp. 15-40, repris in id., Lectures philosophiques. Abélard, Descartes, Hobbes, Spinoza, Zurich/Québec, Editions du Grand Midi, 2004, pp. 228-261, ainsi que mon article « Hobbes et l’athéisme », à paraître dans les actes du colloque « Hobbes et la religion », organisé les 16 et 17 avril 2009 à l’Université de Bordeaux par Jean Terrel, Jauffrey Berthier et Nicolas Dubos.
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[56]
Jean-Michel Gros, « Les Libertins et l’histoire », in Antony McKenna, Pierre-François Moreau et Frédéric Tinguely (éds), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 9 – Les libertins et la science, op. cit., pp. 157-158.
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[57]
Charron, De la Sagesse [1601], livre I, chap. 14, op. cit., pp. 133-134 ; cité par Jean-Pierre Cavaillé, « Imposture politique des religions et sagesse libertine », op. cit., pp. 37-38.
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[58]
La Mothe le Vayer, cité par Emmanuel Bury, « Espaces publics, espaces privés : les lieux du débat d’idées au XVIIe siècle », in Antony McKenna et Pierre-François Moreau (éds), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 3 – Le Public et le Privé, Saint-Étienne, Presses de l’Université de Saint-Étienne, pp. 103-104.
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[59]
Au XVIIe siècle, le terme a un sens assez différent de celui d’aujourd’hui : dérivé étymologiquement de genus signifiant « la race » ou « la naissance », il réfère aux qualités naturelles d’un individu, à l’espèce de génie inné ou de magnanimité qu’il possède. On comprend ainsi qu’il corresponde à la quintessence de la vertu. Cf. à ce propos, l’article de Michèle Rosselini, expliquant le détournement libertin de la générosité, qui devient une qualité naturelle que chacun peut posséder en raison de sa naissance mais indifféremment de sa position sociale : « La “générosité” du héros libertin a-t-elle un sens politique ? », in Jean-Charles Darmon et Georges Molinié (éds), La lettre classique, n° 55, 2005, pp. 221-237.
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[60]
François de La Mothe le Vayer, « Des Disputes opiniâtres », in Œuvres de François de la Mothe le Vayer, op. cit. ; cité par Emmanuel Bury, op. cit., p. 104.
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[61]
Sorberiana ou bons mots, rencontres agréables, pensées judicieuses et observations curieuses de M. Sorbière, article « Précaution », Veuve Cramoisy, Paris, 1694, p. 164 ; cité par Sophie Gouverneur, « Samuel Sorbière, ou la réhabilitation libertine des passions », in Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 4 – « Gassendi et les gassendistes » et « Les passions libertines », op. cit., p. 195.
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[62]
Gabriel Naudé, Advis pour dresser une bibliothèque [1624, réédité en 1644], Paris, Klinscsieck, 2000 ; cité par Françoise Charles-Daubert, « Gabriel Naudé entre la France et l’Italie au temps de Mazarin », in Jean-Jacques Lenoy (éd.), La France au temps deMazarin, Presses universitaires de Grenoble, 1985, p. 108 en note.
-
[63]
Considérations politiques sur les coups d’États, [1639], op. cit., p. 159 ; cité par Jean-Michel Gros, « Les Libertins et l’histoire », op. cit., p. 140.
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[64]
Je suis ici l’analyse de Jean-Michel Gros, « Les Libertins et l’histoire », op. cit., mais elle s’accorde tout à fait avec celle de Sophie Gouverneur dans son ouvrage Prudence et subversion libertines, la critique de la raison d’Etat, chez François de la Mothe le Vayer, Gabriel Naudé et Samuel Sorbière, Paris, Honoré Champion, 2005.
-
[65]
Gabriel Naudé, Considérations politiques sur les coups d’Etats [1639, ici édition citée de 1667], Paris, les Éditions de Paris, 1988, p. 123 ; cité par Jean-Michel Gros, « Les libertins et l’histoire », op. cit., p. 149.
-
[66]
Gabriel Naudé, Le Marfore ou discours contre les libellés, Paris, L. Bou-lenger, 1620 ; Paris, Zanzibar, 1997-2000, pp. 36-37 ; cité ibidem, p. 154.
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[67]
« Lettre au lecteur » des premiers Dialogues faits à l’imitation des Anciens, op. cit., p. 13 ; cité par Sylvia Giocanti, « La perte du sens commun dans l’œuvre de La Mothe Le Vayer », in Antony Mc-Kenna et Pierre-François Moreau (éds), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle, Université de Saint-Étienne, 1996, p. 43.
-
[68]
François de La Mothe le Vayer, « De la Philosophie sceptique », in Quatre Dialogues faits à l’imitation des anciens par Orasius Tubero, Jean Sarius, Francfort, 1606, p. 53 ; cité par Françoise Charles-Daubert, « Le “libertinage érudit” et le problème du conservatisme religieux », in Henry Méchoulan (éd.), L’État baroque. Regard sur la pensée politique de la France du premier XVIIe siècle, Paris, Vrin, 1985, p. 197 en note.
-
[69]
« La plus haute sagesse a toujours quelque grain de folie mêlé et qui approche le plus de la démence. » De l’ignorance louable, in Quatre Dialogues faits à l’imitation des anciens par Orasius Tubero, op. cit. ; in Dialogues faits à l’Imitation des Anciens [1630-1631], texte revu par André Pessel, in Corpus des œuvres de philosophie en langue française, op. cit., p. 287, cité p. 39 par Sylvia Giocanti, op. cit., qui remarque en outre que cette citation est récurrente chez La Mothe Le Vayer.
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[70]
En publiant De l’instruction de Monseigneur le Dauphin [Paris, S. Cra-moisy, 1640], il fait acte de candidature.
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[71]
« Que si leur sacré respect ne nous peut suffisamment asseurer, observons, cher amy, le silence, ou, du moins le secret de nos particulieres conferences. Satis magnum alter alteri theatrum sumus. Mocquons nous des suffrages d’une sotte multitude, et dans le juste mépris d’un siecle ignorant et pervers, jouissons des vrais et solides contentemens de nos entretiens privez. C’est à cette fin que j’ay dressé ces Dialogues façonnez à l’antique, plus propres à demeurer dans l’obscurité d’un cabinet amy, qu’à souffrir l’eclat et le plein jour d’une publique lumiere. » La Mothe Le Vayer, « Lettre de l’Autheur », en tête des Dialogues faits à l’imitation des Anciens, in Œuvres de François de la Mothe le Vayer [1630-31], op. cit., t. 1, p. 12 ; cité par Emmanuel Bury, « Espaces publics, espaces privés : les lieux du débat d’idées au XVIIe siècle », in Antony McKenna et Pierre-François Moreau (éds), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 3 – Le Public et le Privé, op. cit., pp. 89-90.
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[72]
Dans son ouvrage sur la politique des libertins, Sophie Gouverneur définit aussi leur pratique en termes de subversion, mais essentiellement de subversion de la raison d’Etat : « On peut définir la subversion qu’ils pratiquent comme le détournement dissimulé du discours de l’adversaire, en l’occurrence discours de la raison d’Etat. […] Nos auteurs vont donc miner l’argumentation de la raison d’Etat, qui constitue un genre littéraire depuis la fin du XVIe siècle, mais en distordant, en déformant sa logique pour jeter au bout du compte le doute, voire le discrédit, sur sa légitimité. C’est pourquoi nous ne pensons pas que leur réflexion s’arrête au seuil du politique. » Prudence et subversion libertines, la critique de la raison d’Etat, chez François de la Mothe le Vayer, Gabriel Naudé et Samuel Sorbière, op. cit., p. 21.
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[73]
Cité par Ivo Comparato, « Il pensiero politico dei libertini », op. cit., p. 132.
-
[74]
Cf. à ce propos l’ouvrage de Sophie Gouverneur, op. cit., et notamment à la page 33 : « Même Sorbière, malgré son excellente connaissance des travaux de Hobbes qu’il édite et traduit, s’éloigne du philosophe anglais sur ce point [le contrat] dans la mesure où lorsqu’il évoque “l’état de nature”, ce sera davantage pour subvertir la politique prudentielle en un sens libertin que pour justifier l’utilité philosophique de cette fiction. »
-
[75]
Lettres et discours de Monsieur de Sorbière sur diverses matières curieuses, op. cit., p. 720 ; cité par Sophie Gouverneur, « Samuel Sorbière, ou la réhabilitation libertine des passions », op. cit., p. 190 en note.
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[76]
Samuel Sorbière, Discours sceptique à Monsieur de Marolles, in Mémoires de Michel de Marolles, Paris, A. de Sommaville, 1657 ; Paris, Honoré Champion, 2002, pp. 121-122 ; cité ibidem, p. 193.
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[77]
Ibidem, p. 122 ; cité ibidem, p. 193 en note.
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[78]
Ibidem.
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[79]
La lettre est éditée dans le deuxième volume des Œuvres complètes publiées chez Honoré Champion, pp. 216-232.
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[80]
Datées de 1649, on les trouvera dans le même volume de ses Œuvres.
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[81]
Jean-Michel Gros, « La place du cynisme dans la philosophie libertine », in Libertinage et philosophie au XVIIe siècle – 7 – La Résurgence des philosophies antiques, op. cit., p. 130.
Si nous décrivons l’époque qui nous occupe en termes de pouvoir, il faut faire observer que le combat pour déterminer les modes d’accès à la connaissance et le savoir lui-même joue un rôle essentiel. La scolastique, on le sait, constitue la connaissance du monde par un savant alliage de théologie chrétienne et de philosophies antiques, et – depuis la brillante récupération par Thomas d’Aquin du péripatéticien, initialement réintroduit par les opposants à la vision officielle – tout particulièrement d’aristotélisme. La scolastique offre donc deux flancs privilégiés aux attaques. Les libertins l’attaquent par les deux biais : certains refusent Aristote au nom même de la Bible, d’autres lui restent fidèles tout en montrant combien il se concilie mal avec le christianisme. Parmi les premiers, on trouve La Mothe le Vayer et Gassendi, qui consacre un gros volume à montrer les aberrations péripatéticiennes et l’opposition entre Aristote et le christianisme. Parmi les autres, on trouve en particulier Naudé, dont la lecture païenne d’Aristote s’inspire de l’école de Padoue – Pomponazzi, Cardan – qui, au XVIe siècle déjà, en en accentuant le caractère matérialiste mettait en évidence ce qui, dans sa doctrine, ne pouvait s’accorder avec la Bible et notamment la mortalité des âmes. Bref, c’est l’Aristote baptisé qui est une des cibles privilégiées des libertins.
Parallèlement à cette tentative de disjonction entre Aristote et la Bible, les avancées scientifiques vont constituer une bien plus grave menace pour l’enseignement officiel et pour le christianisme lui-même…
Date de mise en ligne : 16/07/2024
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