Introduction
- Par Pascal Dumont
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Citer ce chapitre
- DUMONT, Pascal,
- Dumont, Pascal.
- Dumont, P.
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- Dumont, P.
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Notes
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[1]
Cinquièmes réponses, AT. VII, 361.
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[2]
AT. X, 141.
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[3]
Descartes écrira à Huygens, le 4 février 1647 : « Si je ne meurs que de vieillesse, j’ai encore envie quelque jour d’écrire de la théorie de la musique. » (AT. IV, 791).
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[4]
Regulae ad directionem ingenii, IV, AT. X, 377 ; tr. FA. I, 98.
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[5]
Ibid., X, AT. X, 404.
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[6]
AT. X, 91-92.
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[7]
O. Revault d’Allones, « L’esthétique de Descartes », op. cit., p. 52-53. Les ouvrages repris en bibliographie sont donnés sans indication d’édition et suivis d’op. cit. s’il s’agit d’un article.
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[8]
Descartes, l’offrant comme étrennes à Beeckman, passionné par ces questions, parle de « cet avorton de mon esprit, à peine sortie des limbes, et semblable à un petit ourson qui vient de naître » (AT. X, 140, notre traduction, p. 90). Cf. Lettre à Beeckman, 24 janvier 1624, AT. I, 153.
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[9]
La géométrie, AT. VI, 485.
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[10]
La brouille avec Beeckman qui s’en était attribué le mérite. Cf. Lettres à Mersenne, 8 oct. 1629 (AT. I, 24) et à Beeckman, sept. ou oct. 1630 (AT. I, 155-156), 17 oct. 1630 (AT. I, 157-167).
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[11]
Il ne parviendra pas à donner une solution au problème (insoluble) de la gamme naturelle et du calcul des intervalles harmoniques (sur ces questions, cf. notre édition de l’Abrégé de musique, p. 31-33).
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[12]
Lettre à Mersenne, 18 décembre 1629, AT. I, 101-102. Cf. au même, avril 1634, où Descartes se montre farouche adversaire des règles conventionnelles de la gamme tempérée (AT. I, 286).
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[13]
Regulae ad directionem ingenii, X, AT. X, 405-406 ; trad. FA. I, 129.
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[14]
Lettre à ***, 1628, AT. I, 7-11 ; trad. par Clerselier, dans son édition des Lettres de Mr Descartes (Paris, Ch. Angot, 1668), T. I, p. 466-471. Cette lettre était peut-être un projet de préface pour un recueil de Balzac. Vid. la réponse de Balzac, AT. I, 569-571.
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[15]
Sur Guez de Balzac, « grand magistrat des lettres françaises », cf. M. Fumaroli, op. cit., p. 695-706. Balzac dédiera trois pièces de ses Dissertations chrétiennes et morales à Descartes.
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[16]
Trad. cit., p. 469.
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[17]
Ibid., p. 468. Le style littéraire de Descartes a été étudié de façon exhaustive par P.-A. Cahné (Un autre Descartes, le philosophe et son langage) qui marque l’écart entre l’écriture cartésienne et le style « classique ».
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[18]
Lettre à Desargues, 19 juin 1639, AT. II, 554-556.
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[19]
Lettre-préface aux Passions de l’âme, 14 août 1649, AT. X, 326.
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[20]
H. Gouhier, La pensée religieuse de Descartes, Paris, Vrin, 1972, p. 14.
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[21]
F. de Buzon note une éclipse des éditions de Descartes, entre celle de Poisson (Paris, 1724-1726) et celle de Cousin (Paris, 1824-1826). Il identifie cette renaissance à « la constitution d’un cartésianisme scolaire », d’un « cartésianisme d’institution », lors de la mise en place de l’instruction publique, en France (Présentation du Discours de la méthode, Paris, Gallimard-Folio, 1991, p. 46-49). Cf. M. Fumaroli, L’âge de l’éloquence, p. 18-20.
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[22]
« Ce n’est pas le patriotisme, c’est le sentiment profond de la vérité et de la justice qui nous fait placer toute la philosophie, aujourd’hui répandue dans le monde, sous le nom de Descartes. Oui, la Philosophie tout entière est l’œuvre de ce grand homme : car elle lui doit l’esprit qui l’anime et la méthode qui fait sa puissance. » « Discours inaugural du 4 décembre 1817 », prononcé en Sorbonne et repris in Du vrai, du beau, du bien, Paris, Didier, 1853, p. 2.
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[23]
« Dixième leçon, de l’art français au XVIIe siècle », ibid., p. 207-208. A la même époque, Désiré Nisard (Histoire de la littérature française, Paris, Firmin-Didot, 1844, t. II, p. 55) assure que Descartes a « exercé sur la littérature de son siècle une influence décisive », ce qui fera écrire à Sainte-Beuve, stigmatisant « cette exaltation à toute force et à tout propos de l’esprit français » : « Nisard est atteint d’une espèce de chauvinisme transcendantal. » (« Notes et pensées », appendice à « Mes poisons », Causeries du lundi, Paris, Garnier, s.d., t. XI, p. 465). Cette même interprétation permet aussi bien le rejet du cartésianisme ; ainsi, le peintre James Ensor, en 1880 : « Condamnons avant tout les doctrines infâmes de Descartes, ce plat valet de l’odieuse Christine de Suède, et le sot Malebranche ; les doctrines de ces malheureux tendent au nom de la raison pure à stériliser les cœurs. » (Cité par R. Huygue, L’art et l’âme, Paris, Flammarion, 1960, p. 139).
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[24]
« Vienne donc enfin Descartes pour faire sortir la lumière et la règle de ce chaos philosophique du XVIe siècle, pour arrêter les progrès de l’empirisme, du matérialisme, de l’épicurisme et de l’athéisme, et la pente effroyable, comme le dit Arnauld, à l’irréligion et au libertinage, pour opposer une digue au scepticisme ! » Histoire de la philosophie cartésienne, T. I, p. 29.
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[25]
Ibid., T. I, p. 162-166.
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[26]
Bouiller, comme Nisard, pense qu’« il n’y a aucune exagération à dire que toute la littérature du XVIIe siècle, pour le fond et pour la forme même de la pensée, relève de Descartes ». Ibid., T. I, p. 490.
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[27]
Ibid., T. I, p. 456-459.
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[28]
Ibid., T. I, p. 481-489.
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[29]
Ibid., T. I, p. 481.
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[30]
Ibid., T. I, p. 484.
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[31]
Ibid., T. I, p. 489.
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[32]
« Il [sc. Descartes] a voulu émanciper non seulement la philosophie, mais aussi la littérature et faire tomber, comme si ç’avait été les lisières d’un enfant, les liens qui unissaient l’esprit français à l’Antiquité. » Histoire de la querelle des anciens et des modernes, p. 49. H. Rigault se déclare « redevable » à « l’excellente histoire du cartésianisme par M.F. Bouiller » (ibid., p. 47).
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[33]
« Tant s’en faut que le cartésianisme soit pour rien dans l’art classique que bientôt il va le détruire. La querelle des anciens et des modernes est la revanche de l’esprit cartésien sur le goût antique, de l’analyse sur la poésie, de l’idée sur la forme, de la science sur l’art. » « Les variations de la raison au XVIIe siècle. Essai sur la valeur du langage employé en histoire littéraire », op. cit., p. 188-189.
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[34]
Essai sur l’esthétique de Descartes, p. 60-69 et p. 85.
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[35]
« La sécheresse à l’égard de la nature extérieure est un caractère souvent remarqué des poètes du XVIIe siècle [...]. Je crois pouvoir l’expliquer par la seule influence de la philosophie de Descartes qui tarissait le sentiment de la nature en lui ôtant l’âme et la vie pour n’en faire qu’une grande mécanique. » Op. cit., T. I, p. 479.
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[36]
E. Krantz remarque que le XVIIe siècle n’a fait que prolonger une innovation du siècle précédent : « Rabelais l’estime [sc. la nature] comme potagère ; comme pittoresque, il l’ignore. Devant les Alpes, Montaigne ne s’avise que de cette réflexion : que tous ces replis et ces pentes sont bien du terrain perdu pour l’agriculture. » Op. cit., p. 89 ; cf. aussi p. 247. Mais il souligne le rôle joué par Descartes dans ce prolongement. G. Lanson (« L’influence de la philosophie cartésienne sur la littérature française », op. cit., p. 532) le confirme sur ce point.
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[37]
« Descartes et Poussin », op. cit., p. 531-534.
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[38]
Ibid., p. 533. G. Lewis cite aussi le rapprochement établi par E. Gilson (« Le Traité des passions de Descartes inspira-t-il la Phèdre de Racine ? », Les nouvelles littéraires, 15 avril 1939) entre la présentation racinienne des passions et les descriptions de la physiologie mécanistes, dans les Passions de l’âme ; mais elle le conteste en invoquant « le déchirement intérieur de Phèdre et les commentaires de Racine dans sa préface » pour souligner la dualité janséniste dont celui-ci se réclame, « tandis que la maîtrise cartésienne vise l’unité du composé d’âme et de corps » (ibid., p. 548).
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[39]
Loc. cit.
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[40]
Ibid., p. 61. A. Adam pense aussi que la diffusion du cartésianisme, qu’il juge importante de 1660 à 1678, « explique sans doute le dogmatisme de Boileau dans son Art poétique » (Histoire de la littérature française au XVIIe siècle, Paris, Domat-Montchrestien, 1952, T. 111, p. 23). R. Douric, plus nuancé, parle de la « rencontre des tendances de la philosophie et de la littérature » (Éléments d’histoire littéraire, Paris, Delaplane, 1890, p. 237).
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[41]
Op. cit., T. I, p. 478.
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[42]
Op. cit., p. 519. Cf. aussi les réserves de Brunetière, Études critiques sur l’histoire de la littérature française, série 3, Paris, Hachette, 1887, p. 1-28.
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[43]
« Le héros cornélien et le généreux selon Descartes », op. cit., p. 397. Le parallèle entre Descartes et Corneille a lui aussi suscité les objections de P. Bénichou (Morales du grand siècle, Paris, Gallimard, 1948, p. 25), qui le trouve reposer sur une équivoque, et d’O. Nadal (Le sentiment de l’amour dans l’œuvre de P. Corneille, Paris, Gallimard, 1948, p. 316-323) qui veut distinguer « la gloire » cornélienne et la « générosité » cartésienne.
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[44]
On citera encore un dernier exemple des recherches thématiques avec l’article, fort inspiré de F. Bouiller, dans lequel V. Cherbuliez fait de La princesse de Clèves « le roman du cartésianisme », né de la physique mécaniste et de la maîtrise des passions dans la générosité (« L’âme généreuse : la Princesse de Clèves », op. cit.). Vid. le résumé des principales querelles relatives à « l’influence littéraire de Descartes » in G. Rodis-Lewis, Descartes, textes et débats, Paris, Le livre de poche, 1984, p. 627-629.
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[45]
Renvoyant Krantz et Lanson dos à dos, C. Kintzler leur adresse ce reproche : « La question n’est pas d’intelligibilité, mais de parallélisme, elle ne soulève pas le problème de la ratio cognoscendi, mais du simple rapport thématique. » « Le cartésianisme refoulé », op. cit., p. 28.
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[46]
De Poussin à Watteau, ch. II, « Descartes et Le Brun », p. 67. Cf. aussi J. Baltrusaitis, Aberrations, Paris, Perrin, 1957. Selon H. Jouin (Charles Le Brun et les arts sous Louis XIV, p. 63-77), la fondation de l’Académie visait à soustraire les peintres aux traditions très pesantes de la corporation des vitriers et fondeurs.
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[47]
J. Montagu et J. Thuillier, Charles Le Brun et les arts sous Louis XIV, catalogue de l’exposition au château de Versailles, 1968. Cf. aussi R. Huygue, op. cit., p. 196.
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[48]
H. Jouin, op. cit. (qui donne le texte de la conférence in extenso), p. 372. Néanmoins, Jouin pense que « lorsque le maître s’est attardé à la recherche des causes, il lui a fallu emprunter la langue de Descartes », ibid., p. 301).
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[49]
Ibid., p. 373.
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[50]
Selon G. Lewis (« Descartes et Poussin », op. cit., p. 540), il s’inspire plutôt des Charactères des passions de Cureau de la Chambre (4 vol., Paris, 1640-1662) ; H. Souchon (« Descartes et Le Brun », op. cit., p. 450) pense à P. Charron ou N. Coeffeteau. A la suite de G. Rodis-Lewis, les commentateurs de Descartes semblent tous avoir abandonné l’idée d’une inspiration cartésienne de Le Brun, thèse seulement conservée par les historiens d’art qui se recopient les uns les autres.
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[51]
Poétique de l’opéra français de Corneille à Rousseau, p. 10. Cf. aussi J. Chailley, « Rameau et la théorie musicale », Le revue musicale, n° 260 (spécial Rameau), 1964, p. 65-95.
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[52]
« Les grâces de la musique et les délices de la science », op. cit., p. 15. Cf. aussi Jean-Philippe Rameau, splendeur et naufrage de l’esthétique du plaisir à l’âge classique, p. 15 : « Cent ans après la mort de Descartes, en plein milieu du XVIIIe siècle, le Discours de la méthode sonne toujours comme une déclaration d’autonomie de l’intelligence, et l’esprit rebelle qu’était Rameau ne fut pas insensible à de tels accents. »
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[53]
C. Kintzler affirme l’existence de cette tradition cartésienne dont Rameau, Condorcet sont les témoins et qui fut « refoulée » par la vague de « sentimentalisme » issue de Rousseau (« Le cartésianisme refoulé », op. cit.).
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[54]
Poétique de l’opéra français de Corneille à Rousseau, p. 407 et 421.
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[55]
« Les grâces de la musique et les délices de la science », op. cit., p. 14 et p. 16-17 ; Jean-Philippe Rameau, splendeur et naufrage de l’esthétique du plaisir à l’âge classique, p. 15.
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[56]
« Les grâces de la musique et les délices de la science », op. cit., p. 19-20 ; Jean-Philippe Rameau, splendeur et naufrage de l’esthétique du plaisir à l’âge classique, p. 16.
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[57]
« Les grâces de la musique et les délices de la science », op. cit., p. 25 ; Jean-Philippe Rameau, splendeur et naufrage de l’esthétique du plaisir à l’âge classique, p. 28 sqq.
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[58]
C. Kintzler préfère appeler « classique » le théâtre lyrique français, de Perrin à Rameau, plutôt que « baroque », le classicisme étant défini comme la constitution d’un objet esthétique par une théorie préalable (Poétique de l’opéra français de Corneille à Rousseau, p. 25). M. Fumaroli propose « de retraduire "baroque" par asianisme et "classique" par atticisme » (L’école du silence, p. 343).
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[59]
Selon A. Souriau, in C.R. des séances de la Société française d’esthétique (séance du 21 nov. 1959), Revue d’esthétique, n° 4, oct.-déc. 1960, p. 428.
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[60]
Op. cit., p. 370.
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[61]
C. Kintzler, Jean-Philippe Rameau, splendeur et naufrage de l’esthétique du plaisir à l’âge classique, p. 13.
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[62]
« Rameau n’est pas un cartésien doctrinal, c’est un cartésien idéal. » Poétique de l’opéra français de Corneille à Rousseau, p. 407.
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[63]
Lettre à Mersenne, 18 mars 1630, AT. I, 133. Descartes y commente une page de son Compendium musicae et affirme « que si on avait bien fouetté un chien 5 ou 6 fois, au son du violon, sitôt qu’il oirait une autre fois cette musique, il commencerait à crier et à s’enfuir » (ibid., p. 134). Cette opposition entre le subjectivisme du goût, affiché par Descartes, et le classicisme français est notée par L. Tartakiewicz (« L’esthétique du grand siècle », op. cit., p. 24) et P. Minguet (France baroque, Paris, Hazan, 1988, p. 44) qui admet pourtant (ibid., p. 46) qu’une esthétique de l’ordre et de la mesure puisse se réclamer de Descartes.
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[64]
A Mersenne, janv. 1630, AT. I, 108 ; 4 mars 1630, AT. I, 126 ; oct. 1631, AT. I, 133 ; été 1632, AT. I, 259 ; De l’homme, AT. XI, 151.
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[65]
Ibid. Cf. H. Souchon commentant les « praenotanda » du Compendium musicae : « C’est le spectateur qui, en dernière instance, décide de rechercher l’agrément où bon lui semble. » (Art. cit., p. 457).
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[66]
De l’expression générale et particulière, in H. Jouin, op. cit., p. 371.
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[67]
Ibid., p. 377-391. Ainsi, le mépris se représente « par le sourcil froncé et abaissé du côté du nez, et de l’autre côté fort élevé, l’œil fort ouvert, et la prunelle au milieu, les narines retirées en haut, la bouche fermée et les coins un peu abaissés, et la lèvre de dessous excédant celle de dessus » (p. 381).
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[68]
H. Souchon, op. cit., p. 446.
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[69]
C. Le Brun, conférence inédite citée par A. Fontaine, Les doctrines d’art en France, p. 67. Les querelles au sujet de la prééminence du dessin sur la couleur provoquèrent l’arrêt des conférences, en 1667.
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[70]
Compte rendu par Félibien d’une séance de l’Académie, cité par H. Jouin, Conférences de l’Académie royale de peinture et de sculpture recueillies, annotées et précédées d’une étude sur les artistes écrivains, p. 94.
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[71]
J. Chouillet parle d’une « technique du regard » qui consiste à saisir dans la série continue des instants de la nature « un instant privilégié qui les exprime tous » (L’esthétique des lumières, Paris, PUF, 1974, p. 21).
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[72]
« Quand le Roy Henri second fit commencer le Louvre, on ne pensait alors ny à la grande galerie ny aux Tuileries. Ce fut la Reine Catherine de Médicis qui fit bastir les Tuileries pour en faire sa demeure, et depuis Henry le Grand les joignit au Louvre par le moyen de cette Galerie. » Entretiens sur la vie et sur les usages des plus excellents peintres anciens et modernes, t. I (1666), p. 11-12.
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[73]
Ibid., p. 14. Cf. aussi, p. 260 : Raphaël a eu raison de copier Michel-Ange après avoir vu la Chapelle Sixtine. On sait que Descartes affirmait au contraire « que souvent il n’y a pas tant de perfection dans les ouvrages composés de plusieurs pièces, et faits de la main de divers maîtres, qu’en ceux auxquels un seul a travaillé » (Discours de la méthode, II, AT. VI, 11). Le principe de l’œuvre réside, chez Descartes, dans l’unité de l’esprit qui en est l’origine, non dans l’essence des choses dont la profondeur nous est inaccessible.
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[74]
Les principes de la Philosophie, II, 22, AT. IX-2, 75.
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[75]
Ibid., II, 23, AT. IX-2, 75.
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[76]
Le monde, cap. VI, AT. XI, 34-35.
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[77]
J. Laporte, Le rationalisme de Descartes, p. 186-187.
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[78]
« L’individualité des corps dont parle Descartes est relative à leur information par une âme, et par conséquent limitée à l’homme. » G. Rodis-Lewis, L’individualité selon Descartes, Paris, Vrin, 1950, p. 49. F. Alquié (« Note sur l’interprétation de Descartes selon l’ordre des raisons », Revue de métaphysique et de morale, juillet-décembre 1956, p. 411-412) s’appuie sur l’article 30 des Passions de l’âme (AT. XI, 351) pour soutenir que c’est parce que le corps possède déjà son unité qu’il peut être uni à une âme, mais il semble limiter cela aux corps humains. Cf. aussi P. Hoffman, « The unity of Descartes’s man », The philosophical Review, vol. XCV, n° 3, juillet 1986, p. 339-370.
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[79]
M. Gueroult, « Un Descartes au goût anglais : Descartes pionnier », op. cit., p. 337. Cf. Descartes selon l’ordre des raisons, T. II, p. 180. Cf. aussi, dans le même sens, la question de Georges Canguilhem : « Si l’individu humain ne mérite authentiquement ce nom que du fait de l’union du corps et de l’âme, doit-on nier toute individualité de l’organisme animal en tant qu’identifié, et non pas seulement comparé, à une machine ? » « Organisme et modèle mécanique : réflexion sur la biologie cartésienne », op. cit., p. 294.
-
[80]
Les principes de la Philosophie, III, 2, AT. IX-2, 104. Cette connaissance se perd dans l’« imperscrutabilis abyssus » de la science divine (Cinquièmes réponses, AT. VII, 374-375).
-
[81]
Le monde, cap. V, AT. XI, 31.
-
[82]
F. Alquié, Descartes l’homme et l’œuvre, Paris, Hatier-Boivin, 1956, p. 60.
-
[83]
Discours de la méthode, II, AT. VI, 19.
-
[84]
Sur cette question, cf. infra, Ire partie, ch. 1, § 2.
-
[85]
E. Mâle cite plusieurs contrats passés entre les ordres religieux et des peintres qui s’engagent à peindre « avec les figures ordonnées par le Père prieur » (L’art religieux de la fin du XVIe siècle et du XVIIe siècle. Étude sur l’iconographie après le concile de Trente, p. 16).
-
[86]
Les rapports de Descartes et de l’esthétique baroque ont été plus particulièrement étudiés par P.-A. Cahné (Un autre Descartes, le philosophe et son langage), E. Larsen (« Le baroque et l’esthétique de Descartes, op. cit., p. 69-73), J.-F. Maillard (Essai sur l’esprit du héros baroque, Paris, Nizet, 1973), Y. Villette (« Les origines d’un style. Quelques théories en cours. Descartes et le style baroque », op. cit., p. 56-69). Mais aucune tradition ne semble vraiment établie, car si E. Dupréel pense que « Descartes est l’aboutissement du classicisme et Spinoza [...] un baroque » (« Baroque et Philosophie », Revue internationale de philosophie, n° 7, janv. 1949, p. 219), pour P. Butler, « Spinoza est au classicisme ce que Descartes est au baroque » (Classicisme et baroque dans l’œuvre de Racine, Paris, Nizet, 1959, p. 295). R. Chedozeau affirme, pour sa part, qu’« en fait, Descartes et Leibniz sont les plus grands adversaires du baroque » (Le baroque, Paris, Nathan, 1989, p. 149).
-
[87]
E. Mâle, op. cit., p. 512.
-
[88]
V. Tapié (Baroque et classicisme, p. 46 sqq.) estime que le triomphe du catholicisme romain (« Roma triomphans », p. 87) s’est développé après la victoire de Lépante (1571), avec la conversion d’Henri IV (1600) et la progressive reprise en main de l’Église orthodoxe polonaise et russe par les jésuites.
-
[89]
« L’extase devint le plus haut sommet de la vie chrétienne et le suprême effort de l’art : il y mit tous ses prestiges, toute la magie de la lumière et de l’ombre. » E. Mâle, op. cit., p. 511.
-
[90]
Ces signes existent et permettent au spectateur averti de reconnaître un bon d’un méchant sur les tableaux et fresques médiévaux.
-
[91]
Lettres d’Italie (éd. par Y. Bézard), Paris, Firmin-Didot, 1931, T. II, p. 19. Selon sa description, la sainte est représentée « pâmée, tombant à la renverse, la bouche entr’ouverte, les yeux mourants et presque fermés », pendant que « l’ange s’approche d’elle, tenant en main un dard dont il la menace d’un air riant et un peu malin » (ibid., p. 18-19).
-
[92]
Ibid., p. 166. Il cite le récit de la sainte (Acta sanctorum, VII, 171), p. 163 sqq. 5. Loc. cit.
-
[93]
Op. cit., T. II, p. 106-107. Selon V.-L. Tapié (op. cit., p. 19 sqq.), le dictionnaire de Furetière (1690) est le premier à mentionner le terme, mais pour désigner les « perles qui ne sont pas parfaitement rondes ». Le Dictionnaire de l’Académie (éd. de 1740) admet le « sens figuré pour irrégulier, bizarre, inégal ». Mais il faut attendre le supplément de 1776 à L’encyclopédie pour qu’une note signée S. (i.e. J.-J. Rousseau) indique qu’« une musique baroque est celle dont l’harmonie est confuse, chargée de modulations et de dissonances, l’intonation difficile et le mouvement contraint ». Enfin, L’encyclopédie méthodique de 1788 permet à Quatremère de Quincy de définir : « Le baroque en architecture est une nuance du bizarre », ajoutant que « l’idée de baroque entraîne avec soi celle de ridicule poussé à l’excès ». Cette acception péjorative, qui identifie le baroque au mauvais goût, a dominé jusqu’à la fin du XIXe siècle. (Cf. J. Burckhardt, Der Cicerone, Bâle, 1860).
-
[94]
Cf. W. Fleming (« Element of motion in baroque art and music », Journal of Aesthetics and Art Criticism, n° 2, déc. 1946, p. 126) : « In the baroque fontain, the actual motion of the playing waters was an integral part of the sculptural design. »
-
[95]
Cité par V.-L. Tapié (op. cit., p. 171) d’après Sainte-Beuve, Port-Royal, IV, 322.
-
[96]
R.-P. Cocagnac, O.P., « Le baroque face au silence », L’art sacré, septembre-octobre 1954, p. 11.
-
[97]
On attribue généralement à H. Wölfflin (Renaissance und Barock, Munich, 1888 ; Kunstgeschichtliche Grundbegriffe, Munich, 1915) la diffusion de cette reconnaissance du style baroque, dont E. d’Ors (Theoria de los estilos y espejo de la Arquitectura) fera une catégorie esthétique, trop vague pour être réellement opératoire.
-
[98]
Pauvre Belgique, in Œuvres complètes (éd. par Y. Le Dantec), Paris, Gallimard-Pléiade, 1961, p. 1427 sqq. ; cf. Exposition universelle de 1855, in ibid., p. 956 : « Le beau est toujours bizarre. » Vid. sur ce point W. Drost, « Baudelaire et le baroque belge », Revue d’esthétique, n° 3-4, juillet-décembre 1959, p. 33-60.
-
[99]
Pauvre Belgique, op. cit., p. 1445.
L’ABSENCE d’une esthétique explicitement donnée par Descartes semble faire de notre propos une gageure. Branche morte dans l’arbre cartésien de la Philosophie, l’expression artistique ne peut y être étudiée qu’en replaçant la pensée de son auteur dans un horizon qu’il a lui-même exclu ou, au moins, négligé. D’autant que l’exemple du Traité des passions a montré que, lorsque des sollicitations extérieures (la princesse Élisabeth) l’obligeaient à se tourner vers un domaine nouveau, Descartes n’hésitait pas à remanier sa doctrine de façon inédite pour le traiter plus systématiquement. Que nous auraient valu une Élisabeth, une Christine artistes ? Nul ne peut en préjuger. Pourtant cette absence intrigue, déconcerte. Comment un esprit si persuadé de sa vocation à donner au monde moderne une philosophie assez complète pour faire oublier qu’on eût même écrit avant lui, a-t-il pu abandonner cette partie de la doctrine traitée par tous les auteurs anciens ? Même ses goûts personnels nous sont inconnus puisqu’il n’en parle pas, se limitant le plus souvent à des exemples antiques tirés manifestement de ses souvenirs de collège.
Ce constat de carence doit cependant être tempéré car il relève peut-être d’un anachronisme : depuis le XVIIIe siècle, Baumgarten a imposé au terme esthétique le sens de doctrine
du jugement de goût, pris en lui-même et constituant un domaine propre des beaux-arts, distincts des arts utilitaires. Cette séparation n’a aucun sens pour Descartes qui, dès ses premières études, cherche au contraire à restituer à l’esprit humain l’unité originelle de son mouvement, refusant de dissocier des formes diverses de la pensée, selon les objets auxquels elle s’applique…
Date de mise en ligne : 05/02/2020
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