Le semi-cartésianisme de Poussin
- Par Thibaut Gress
Pages 93 à 114
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Notes
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[1]
Henri Souchon, art. cit., p. 429.
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[2]
Nicolas Poussin, Lettre à Chantelou, 7 avril 1642, [59], in Lettres et propos sur l’art, édition d’Anthony Blunt, Paris, Hermann, 1989, p. 67.
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[3]
Anthony Blunt, Introduction, in Nicolas Poussin, Lettres et propos sur l’art, Paris ; Hermann, 1989, p. 24.
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[4]
Louis Hourticq, De Poussin à Watteau. Ou des origines de l’école parisienne de peinture, Paris, Hachette, 1921, p. 59.
-
[5]
Descartes, Discours de la méthode, II, OC III, 93 ; AT VI, 18 ; FA I ; 586.
-
[6]
Idem.
-
[7]
Rensselaer W. Lee, Ut pictura poesis. Humanisme et théorie de la peinture, traduction Maurice Brock, Paris, Macula, 1998, p. 67-68.
-
[8]
Anthony Blunt, Art et architecture en France, 1500-1700, traduction Monique Chatenet, Paris, Macula, 1983, p. 246.
-
[9]
Pierre Francastel, « Les paysages composés chez Poussin : académisme et classicisme », in André Chastel (dir.), Nicolas Poussin, Paris, CNRS, 1960, p. 208.
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[10]
Carl Goldstein, « L’Académie de Poussin », in Pierre Rosenberg (dir.), Poussin, Paris, RMN, 1994, p. 78.
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[11]
Il s’agit d’un archaïsme pour désigner les laïcs.
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[12]
Nicolas Poussin, Lettre à Sublet de Noyers, 10 avril 1641 [26], in Lettres et propos sur l’art, op. cit., p. 50.
-
[13]
Nicolas Poussin, Lettre à M. de Chambray, Rome, 1er mars 1665 [210], in Lettres et propos…, op. cit., p. 175. Nous soulignons.
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[14]
André Félibien, Entretiens sur les vies et les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes, in Bellori et alii, Vies de Poussin, traduction Nadine Blamoutier et Olivier Schefer, Paris, Macula, 1994, p. 215. Nous soulignons.
-
[15]
Ibid., p. 239. Nous soulignons.
-
[16]
Ibid., p. 263. Nous soulignons.
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[17]
Nicolas Poussin, Lettre à Chantelou, 24 novembre 1647 [156], in Lettres et propos…, op. cit., p. 135.
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[18]
Ibid., p. 135-136.
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[19]
Ibid., p. 136.
-
[20]
Oskar Bätschmann résume fort bien ce procédé ; rappelant que Poussin s’inspire assurément des Istituzioni harmoniche de Zarlino, ouvrage musical de 1589, l’auteur synthétise la théorie poussinienne en ces termes : « Le mode n’est autre chose que l’expression spécifique de ce qu’on appellera la passion propre de cette tonalité. », Oskar Bätschmann, Poussin, dialectiques de la peinture, traduction Claire Brunet, Paris, Flammarion, 1994, « Champs », 2010, p. 91.
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[21]
Descartes, CM, AT X, 91; AM, 56.
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[22]
Descartes, CM, AT X, 140 ; AM, 138.
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[23]
Nicolas Poussin, Lettre à M. de Chambray, Rome, 1er mars 1665 [210], in Lettres et propos…, op. cit., p. 175.
Si les analyses précédentes sont justes, il nous faut donc poser que l’esthétique cartésienne telle qu’on la peut définir se ramène à une étude du jugement par lequel l’âme éprouve du plaisir par auto-affection à la faveur d’un objet sensible. Il s’agit dès lors moins de proposer une série d’objets universellement plaisants qu’il n’est question de décrire le fonctionnement universel du jugement en sa forme, quoique particulier en sa matière. En d’autres termes, si tout jugement esthétique fonctionne comme une plaisante auto-affection de l’âme à l’occasion de sa rencontre avec un objet sensible, ledit jugement demeure particulier en ceci que l’auto-affection de l’âme est à chaque fois marquée du sceau de la particularité. Une des conséquences que l’on en peut tirer est qu’aucune règle ne préside à la beauté puisque celle-ci n’est jamais que le nom donné à un accord majoritaire contingent quant au plaisir ; mieux encore, il devient difficile, dans de telles conditions, de penser un traité esthétique, par exemple dans le domaine pictural, dans la mesure où le moindre énoncé normatif de la beauté entrerait en contradiction avec l’impossible définition d’une beauté en soi, telle que Descartes en constate l’inexistence.
Quel sens cela peut-il alors avoir que de qualifier un peintre ou un théoricien artistique de « cartésien », dès lors que cet adjectif ne peut signaler au mieux que le constat d’une impossibilité de codifier les canons de la beauté ? Peut-on affirmer qu’il y a ainsi un cartésianisme de Poussin ou une « influence de Descartes » sur Le Brun, ou encore une esthétique cartésienne qui aurait irrigué l’art classique d…
Date de mise en ligne : 03/05/2017
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