Y a-t-il un rapport sensible à l’objet ?
- Par Thibaut Gress
Pages 23 à 52
Citer ce chapitre
- GRESS, Thibaut,
- Gress, Thibaut.
- Gress, T.
Citer ce chapitre
- Gress, T.
- Gress, Thibaut.
- GRESS, Thibaut,
Notes
-
[1]
Descartes, Règles pour la direction de l’esprit, désormais notées RDE I, FA I, 77; AT X, 360.
-
[2]
Ibid. FA I, 78 ; AT X, 360.
-
[3]
Descartes, Olympiques, FA I, p. 52 ; AT X, 216.
-
[4]
Descartes, RDE I, FA I, 79 ; AT X, 361.
-
[5]
Idem.
-
[6]
Ibid. Règle II, FA I, 80 ; AT X, 362.
-
[7]
Descartes, Discours de la méthode II, désormais noté DM II, OC III, 93 ; FA I, 586 ; AT VI, 18.
-
[8]
Descartes, Méditations métaphysiques II, désormais notées MM II, FA II, 414 ; AT IX, 18.
-
[9]
Sur l’usage de la distinction entre ce qui relève de la ratio cognoscendi et de la ratio essendi, nous nous permettons de renvoyer à notre ouvrage, Descartes et la précarité du monde. Essai sur les ontologies cartésiennes, Paris, CNRS, 2012.
-
[10]
On appréciera ici à nouveau toute la valeur du quid au sein du quid est hoc, dont le sens nous semble être celui d’une indication de l’essence de l’ego selon la pensée et non selon l’être.
-
[11]
Descartes, MM II, AT IX, 22 ; FA II, 420-421.
-
[12]
C’est pourquoi, lorsque Gueroult écrit : « Puisque, dans le cogito, je ne pose la certitude de mon être que dans la mesure où je m’aperçois simplement comme nature intellectuelle, c’est‑à-dire raison, âme ou pensée, à part de tous ses accidents (que je pense ceci ou cela, le vrai, le faux, l’obscur et le confus, le clair et le distinct ; que je doute, imagine, sente, veuille, conçoive, que ma pensée soit attentive ou non, prompte ou lente, etc.) il appert que le moi posé ici comme indubitable n’est que ce moi commun à tout homme, forme spécifique fondant la différence entre l’homme et l’animal (à savoir la raison), mais ne fondant nulle différence entre les hommes, c’est‑à-dire ne contenant pas le principe de leur différence individuelle. » (gueroult, Descartes selon l’ordre des raisons, volume I, Aubier, 1968, p. 59), il nous semble qu’il commet ici une erreur : certes, il prend le temps de décliner les différents modes du cogito mais il semble refuser de tenir compte de la spécificité que constituent le sentir et l’imagination ; il réduit l’ego à ce qu’il appelle une « nature intellectuelle », faisant du cogito l’indicateur d’une raison naturelle commune à tous les hommes, interdisant ainsi de faire droit à ce qui, précisément, ne relève pas de la raison dans le cogito, à savoir l’imagination et la sensibilité. L’esprit sent et cela ne semble pas considéré comme tel dans l’analyse de Gueroult. En d’autres termes, chez Gueroult, l’ego se pose comme esprit, mais l’esprit se pose à son tour comme intelligence et comme intelligence seule, ce qui ne nous semble pas correct.
-
[13]
Descartes, PP I, § 9, FA III, p. 95 ; AT IX, 2, 28.
-
[14]
FA III, note 3, p. 95-96.
-
[15]
Voir Pierre Guénancia, L’Intelligence du sensible, essai sur le dualisme cartésien, Paris, Gallimard, 1998, passim. Guénancia y affirme fort justement que « Descartes a ouvert la voie à une pensée ou à une intelligence du sensible qui, et cela sur tous les plans, ne demande pas à l’homme d’en faire le sacrifice, mais plutôt, et au contraire des doctrines qui le mettent hors de la pensée, de le considérer comme une chose qui n’appartient qu’à lui, d’en faire son bien propre en sachant reconnaître dans toutes ses modalités la présence et l’action de la pensée. », voir. p. 25.
-
[16]
« Descartes fournit moins une théorie des facultés qu’une conception de l’unité de l’esprit et de ses modes de pensée », Kim Sang Ong-Van-Cung, L’Objet de nos pensées. Descartes et l’intentionnalité, Paris, Vrin, 2012, p. 118.
-
[17]
Kant, Critique de la raison pure, AK III, 17, B XXVI, traduction Alain Renaut, Paris, GF, 2001, p. 82.
-
[18]
Il nous semble que Luc Ferry commente fort bien ce pre- mier moment de la Critique : « En d’autres termes : la finitude, le simple fait que notre conscience soit toujours déjà limitée par un monde extérieur à elle, par un monde qu’elle n’a pas produit elle-même, est le fait premier, celui dont il faut partir pour aborder toutes les autres questions de la philosophie et ce pour la simple et bonne raison qu’il n’existe aucun autre point de vue réel sur le monde. », Luc Ferry, Une lecture des trois critiques, Paris, LGF, 2008, p. 29.
-
[19]
Kant, Critique de la raison pure, op. cit., AK III, 49, A 19/B 33, p. 117.
-
[20]
Idem.
-
[21]
Idem.
-
[22]
Ibid. AK, III, 51, A 22/B 36, p. 119 C’est Kant qui souligne.
-
[23]
Ibid. AK, III, 134, A 137-138/B 176-177, p. 224 C’est Kant qui souligne.
-
[24]
Roger Daval, La Métaphysique de Kant. Perspectives sur la métaphysique de Kant d’après la théorie du schématisme, Paris, Puf, 1950, p. 7.
-
[25]
Kant, Critique de la raison pure, op. cit., AK, III, 134, A 138/ B 177, p. 224.
-
[26]
Idem.
-
[27]
Daval, op. cit., p. 20.
-
[28]
Kant, Critique de la raison pure, op. cit., AK, III, 135, A 139/B 178, p. 225.
Ce premier chapitre a pour objectif non pas de montrer qu’il existe une esthétique à l’œuvre dans les écrits cartésiens, mais bien plutôt de cerner la première exigence minimale qu’indique l’introduction, soit établir la possibilité d’un rapport sensible à l’objet. Autrement dit, il s’agit pour nous, sans faire appel aux textes explicitement consacrés à l’esthétique, de nous demander ce que pourrait être d’un point de vue logique une esthétique cartésienne conçue d’abord selon son objet, soit comme rapport à l’objet sensible.
Si une esthétique est possible au sein de la pensée cartésienne, doit-elle faire l’objet d’une méthode spécifique de découverte ? Pour répondre à cette question, nous allons suivre les indications que nous laisse Cassirer et donc revenir sur la structure du savoir chez Descartes afin d’y retrouver les points essentiels de la méthode. À cet égard, un retour à la première règle des Regulae pourrait s’avérer fructueux car Descartes y étudie en effet l’antique distinction qui est faite entre les sciences et les arts au sens large, distinction qu’il perçoit comme étant un présupposé, et que la nouvelle méthode a pour objet de rendre caduque. Descartes décrit ainsi les présupposés qu’il cherche à combattre :
[…] ce ne sont pas les mains d’un même homme qui peuvent s’accoutumer à cultiver les champs et à jouer de la cithare, ou à remplir différents offices de ce genre, aussi commodément qu’à pratiquer l’un seulement d’entre eux ; on a donc cru qu’il en était de même pour les sciences, et, en la distinguant l’une de l’autre à raison de la diversité de leurs objets, on a pensé qu’il fallait les étudier chacune à part, en laissant toutes les autres de côté…
Date de mise en ligne : 03/05/2017
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
14,00 €
Acheter ce chapitre
5,00 €