La nature sauvage, pour quoi faire ?
Pages 27 à 34
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- AFEISSA, Hicham-Stéphane,
- Afeissa, Hicham-Stéphane.
- Afeissa, H.-S.
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- Afeissa, H.-S.
- Afeissa, Hicham-Stéphane.
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Notes
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[1]
À propos de Jean-Claude Génot, La Nature malade de la gestion. La gestion de la biodiversité ou la question de la domination de la nature, Paris, Le Sang de la Terre, 2008.
-
[2]
A. de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Tome II, Paris, Garnier-Flammarion, 1981, p. 94.
-
[3]
K. Thomas, Dans le jardin de la nature. La mutation des sensibilités en Angleterre à l’époque moderne (1500-1800), trad. fr. C. Malamoud, Paris, Gallimard, 1985, p. 13 et 259. Les remarques qui suivent s’appuient sur cet ouvrage ainsi que sur celui de Robert Harrison, Forêts. Essai sur l’imaginaire occidental, trad. fr. F. Naugrette, Paris, Flammarion, 1992.
-
[4]
Voir, parmi ses autres publications importantes, Écologiquement correct ou protection contre nature, Aix-en-Provence, Édisud, 1998, et Quelle éthique pour la nature ?, Aix-en-Provence, Édisud, 2003.
Dans l’une de ses nombreuses observations pénétrantes sur la jeune démocratie américaine, Alexis de Tocqueville notait ceci :
On s’occupe beaucoup en Europe des déserts de l’Amérique, mais les Américains eux-mêmes n’y songent guère. Les merveilles de la nature les trouvent insensibles et ils n’aperçoivent pour ainsi dire les admirables forêts qui les environnent qu’au moment où elles tombent sous leurs coups. Leur œil est rempli d’un autre spectacle. Le peuple américain se voit marcher lui-même à travers ces déserts, desséchant les marais, redressant les fleuves, peuplant la solitude et domptant la nature.
Les déserts, c’est-à-dire ces immenses étendues de nature sauvage ou vierge que les colons sont censés avoir découvertes à leur arrivée, seront en effet systématiquement mis en culture, c’est-à-dire aussi bien humanisés, transformés en terre d’accueil où l’humanité peut se réaliser. Une terre inculte, rappelle justement Keith Thomas, a longtemps signifié des hommes incultes, car comment la civilisation aurait-elle pu se développer sinon en défrichant les forêts, en cultivant le sol et en convertissant le paysage sauvage en installation humaine ? De là cette « longue tradition qui veut que couper un arbre, ce soit frapper un coup pour le progrès ». Les campagnes de déforestation qui ont frappé l’attention de Tocqueville sont tout sauf anecdotiques : les forêts, dans l’imaginaire occidental jusqu’à la fin du xix
esiècle, ont été tenues pour une enclave de sauvagerie et de danger, le domaine par excellence des animaux, des hommes barbares …
Date de mise en ligne : 05/04/2017
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