Chapitre 7. L'irruption du social dans le management des réseaux d'eau : organisation de la solidarité et nouvelles frontières du service public d'eau
Pages 135 à 152
Citer ce chapitre
- TSANGA TABI, Marie,
- BOULEAU, Gabrielle
- et GUÉRIN-SCHNEIDER, Laetitia,
- Tsanga Tabi, Marie.
- Tsanga Tabi, M.
- G. Bouleau
- et L. Guérin-Schneider
https://doi.org/10.3917/quae.boule.2012.01.0135
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- Tsanga Tabi, M.
- G. Bouleau
- et L. Guérin-Schneider
- Tsanga Tabi, Marie.
- TSANGA TABI, Marie,
- BOULEAU, Gabrielle
- et GUÉRIN-SCHNEIDER, Laetitia,
https://doi.org/10.3917/quae.boule.2012.01.0135
Notes
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[1]
Ce sera le secteur caritatif et notamment le Secours catholique confronté en première ligne à la montée sans précédent des impayés d’eau qui tire le premier la sonnette d’alarme et participe ainsi avec le collectif ALERTE à l’inscription sur l’agenda politique du problème des impayés d’eau. Entre 1998 et 1999, l’amplitude des variations à la hausse de la part des impayés d’eau par rapport aux impayés globaux des 76 000 ménages aidés se situe entre 5 et 180% sur 13 des 20 régions où cette association intervient. Trois années avant, elle n’avait aidé que 45 000 ménages.
La desserte en réseau a été, pendant les trente glorieuses, un formidable instrument de démocratisation de l’accès des populations au service public d’eau potable (Cambon, 1996), le subventionnement des investissements, de même l’abaissement des coûts marginaux favorisant la mise à disposition d’une eau saine et disponible en permanence et à un prix abordable.
Cependant, alors qu’on aura atteint en France un niveau d’équipement exceptionnel en infrastructures de réseaux d’eau potable, la logique technico-territoriale propre au modèle industriel et marchand des services publics en réseaux va générer des hausses du prix de l’eau qui vont avoir pour effet de réduire l’accessibilité financière au service des usagers en situation de précarité. La flambée du montant des impayés en eau à partir du milieu des années 1990 (Secours catholique, 1998 ; 1999) a mis sur la scène publique la question de la solidarité et de sa prise en charge (Tsanga-Tabi, 2003). Cela a conduit les pouvoirs publics à mettre en place une politique publique de maintien de la fourniture d’eau au profit des ménages défavorisés.
Cette irruption du « social » dans l’univers des réseaux d’eau va de fait confronter les services d’eau à un nouvel objet : la solidarité dont la particularité est d’être non seulement un objet non technique, mais d’instaurer de plus une relation de service non marchande à l’occasion de sa prise en charge (Tsanga-Tabi, 2009). Aussi, l’expérience de partenariat avec le monde de l’action sociale que vont vivre une partie des services d’eau va faire cohabiter des logiques (technico-marchande et sociale) relevan…
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