Présentation
- Par Jean Le Gall
Pages 69 à 97
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Où l’avait-il connu, ce Gentile ? Gentile, Gentile… Massimo Gentile ?
Il n’était pas bien sûr d’avoir entendu un prénom. Le téléphone grésillait, à moins que ce ne fût son oreille (des acouphènes parasitaient périodiquement son audition).
Le gars ne semblait pas gêné, en tout cas, pour l’appeler au magasin comme s’il s’agissait d’un vieux camarade. Ni pour solliciter son aide avec une requête inattendue qui le replongea aussitôt dans les eaux de la politique et le changement d’époque.
Deux enlèvements venaient d’avoir lieu. Non pas en Sicile, comme le voulait la tradition, mais à Rome et en Lombardie. L’autre nouveauté, c’est que dans les deux cas, les ravisseurs ne formulaient aucune demande de rançon. C’était tout le problème. Ce qu’ils exigeaient, à savoir des libérations de prisonniers, des élections anticipées ou des changements majeurs à la tête des institutions, le gouvernement ne pouvait le leur donner ; ils le savaient, tout le monde le savait, ce qui laissait craindre une issue sanglante.
Aux dires de ce Gentile, Nicola Palumbo faisait partie d’un nombre restreint de personnes pouvant fournir des « renseignements de la plus haute importance » susceptibles de permettre une délivrance plus rapide des kidnappés – le ministre de l’Intérieur en personne le « suppliait » de bien vouloir apporter son concours.
— Je n’ai aucun orgueil, répondit Palumbo, et je ne veux pour rien au monde m’égarer dans les couloirs du pouvoir. Je sais me passer de ceux qui se passent de moi…
Date de mise en ligne : 24/09/2025
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