2. Dérives adolescentes
- Par Danièle Epstein
Pages 31 à 49
Citer ce chapitre
- EPSTEIN, Danièle,
- Epstein, Danièle.
- Epstein, D.
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- Epstein, Danièle.
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Notes
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[1]
F. Perrier, La Chaussée d’Antin, Paris, Albin Michel, 1994.
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[2]
D. W. Winnicott, La crainte de l’effondrement et autres situations cliniques, Paris, Gallimard, 2000, p. 207.
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[3]
S. Freud, « Un enfant est battu. Contribution à la genèse des perversions sexuelles », dans Névrose, psychose et perversion, Paris, Puf, 1981.
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[4]
D.W. Winnicott, « La tendance antisociale », dans Déprivation et délinquance, Paris, Payot, 1994.
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[5]
D. W. Winnicott, « Objets de “l’usage d’un objet” », dans La crainte de l’effondrement et autres situations cliniques, Paris, Gallimard, 2000.
-
[6]
S. Freud, Au-delà du principe de plaisir, Paris, Payot, 1981.
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[7]
J. Lacan, « Subversion du Sujet et dialectique du désir », Écrit, Paris, Le Seuil, 1966, p. 821.
-
[8]
J. Lacan, L’envers de la psychanalyse, Paris, Le Seuil, 1991, p. 129.
-
[9]
J.-L. Godard, Éloge de l’amour, 2001.
-
[10]
D. W. Winnicott, La mère suffisamment bonne, Paris, Payot, 2006.
-
[11]
J.-P. Lebrun, « La fin de l’incertitude », Analyse freudienne, n° 16-17, Éthique de la déliaison, Paris, L’Harmattan.
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[12]
J. Hassoun et coll., Caïn, Paris, Autrement, 1997.
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[13]
S. Freud, Totem et tabou, Paris, Payot, 2001.
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[14]
J. Lacan, Livre IV, La relation d’objet, séance 12, Paris, Le Seuil, 1998..
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[15]
D. Epstein, « Faire mentir le destin qui s’ébauche », dans H. Guilyardi (sous la direction de), La livre de chair au vif du sujet, Paris, apm, 2012.
-
[16]
S. Freud, « Le moi et le ça », dans Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 1981.
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[17]
A. Didier-Weill, Les trois temps de la loi, Paris, Le Seuil, 1995.
De plus en plus jeunes, de plus en plus nombreux, de plus en plus violents, de plus en plus paumés, jeunes de « l’inespoir », à l’affût de la moindre étincelle pour exploser, ils commettent des actes graves, de plus en plus graves. Ils jouent avec le feu, sans savoir que c’est leur vie qu’ils brûlent, prêts à risquer la mort pour se sentir vivants.
Enfants de l’exil, mais aussi enfants du terroir, ils sont de ceux qu’on ne connaît pas, de ceux qu’on évite. Ils nous font changer de trottoir quand on les croise, ce sont ceux qu’on ne peut regarder en face, sans qu’ils se sentent « traités » et menacés. Ce sont ceux dont on parle, qui font parler d’eux, sans que jamais on ne leur parle. Ces adolescents dont personne ne veut, et qui font comme s’ils ne nous voulaient pas, et qui semblent ne rien vouloir, rejettent tout, nous rejettent et se font rejeter de partout. Ils ne savent plus d’où ils viennent, qui ils sont. Posés là, sans but, ils hurlent leur refus d’être laissés-pour-compte, et agressent pour montrer et se montrer qu’ils existent.
D’incivilités en dégradations et en agressions, ils marchent leur vie sur le fil du rasoir, hors-les-mots, hors-la-loi, livrés à leur pulsion d’emprise et leur fureur de vivre. De se sentir oubliés, ils se rappellent à notre bon souvenir. Ils se font lourds pour lester leur errance, pour peser dans le plateau de la balance. De business en racket, la génération de la marge s’arrache de la grisaille de son vide quotidien. Chaque Un se perd intimement dans la masse des petits autres, mais renforce son moi à s’y identifier, dans la toute-puissance…
Date de mise en ligne : 19/01/2017
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