1. Le ministère Frenay et les déportés
Pages 39 à 86
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- WIEVIORKA, Annette,
- Wieviorka, Annette.
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Notes
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[1]
Voir l’autobiographie de Henri Frenay, La nuit finira. Mémoire de Résistance, 1940-1945, Paris, Laffont, 1973, 607 p. Cet ouvrage lança la polémique autour de la personnalité politique de Jean Moulin auquel Frenay consacra un autre ouvrage, L’Énigme Jean Moulin, nouvelle édition augmentée de notes inédites de l’auteur, Paris, Laffont, 1990, 372 p.
-
[2]
Décret du 8 décembre 1943 in AN F9 3105.
-
[3]
Henri Frenay, La nuit finira, op. cit., p. 492-493.
-
[4]
Nous nous fondons ici sur le dépouillement que nous avons effectué des archives du commissariat. Voir sources.
-
[5]
Ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés, Bilan d’un effort, Paris, 1945, p. 16.
-
[6]
Ces ressources servent à la confection de colis destinés aux prisonniers de guerre pour l’essentiel, aux déportés quand la Croix-Rouge pourra les distribuer dans les camps d’« internés civils », suivant la formule qu’elle emploie.
-
[7]
Sur les prisonniers de guerre, voir Yves Durand, La Captivité. Histoire des prisonniers de guerre français, 1939-1945, Paris, Fédération nationale des combattants et prisonniers de guerre, combattants d’Algérie, Tunisie, Maroc, 1980, 542 p.
-
[8]
In Yves Durand, « 1 600 000 prisonniers de guerre ! », L’Histoire, n° 80, 1985, p. 115-119.
-
[9]
La guerre est finie, lors de sa première distribution des prix au lycée Voltaire, le soutien aux prisonniers de guerre est analysé comme un acte de résistance. Voir Annette Wieviorka, « Le lycée Voltaire dans la Seconde Guerre mondiale », Le Livre du centenaire, Paris, CDI lycée Voltaire, 1989, p. 45-63.
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[10]
Pour la discussion sur les chiffres, voir Yves Durand, op. cit., p. 20-21.
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[11]
Il nous est difficile d’être plus précis en ce qui concerne les STO. Les travaux qui les concernent restent lacunaires. Hors les témoignages et les études régionales, on pourra consulter : Jean-Pierre Vittori, Eux, les STO, Paris, Messidor/Temps actuels, 1982, 271 p. ; Jean-Marie d’Hoop, « La main-d’œuvre française au service de l’Allemagne », Revue d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, n° 81, janvier 1971, p. 73-88 ; Jean Evrard, La Déportation des travailleurs français dans le iiï Reich, Paris, Fayard, 1971, 461 p.
-
[12]
« Rapport statistique de M. Clément », mai 1944, AN F9 3105.
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[13]
« Statistique revue du 29 mai 1944 », AN F9 3105.
-
[14]
United Nations Relief for Rehabilitation Administration : Administration des Nations unies pour le secours et la restauration.
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[15]
Note sur l’UNRRA. Cette note en anglais (sans date) est accompagnée de sa traduction que nous utilisons ici. AN F9 3309.
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[16]
Le barème des taxes assurant le financement de l’UNRRA prévoit 40 % pour les États-Unis, 15 % pour la Grande-Bretagne et l’URSS et 4 % pour la France.
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[17]
En 1947 est créée la commission préparatoire de l’Organisation internationale des réfugiés (ORI), organisme issu de l’ONU qui reprend à dater de juillet 1947 toutes les fonctions et responsabilités de l’UNRRA en matière de personnes déplacées. Voir Léon Richard, « Réfugiés et personnes déplacées », in Personnes déplacées, Paris, Éditions Chemin du monde, 1948, p. 20-47.
-
[18]
Supreme Headquarter Allied Expeditionnary Forces.
-
[19]
En revanche, son action sera d’une grande importance après la guerre, dans les camps pour personnes déplacées.
-
[20]
Général Mickelsen à la conférence du 5 avril 1945 tenue sous la présidence d’Henri Frenay. Le général insiste sur les difficultés de recrutement en France et annonce que l’UNRRA sera en mesure d’envoyer en Allemagne trente équipes tous les dix jours.
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[21]
Compte rendu de la mission effectuée par le commandant Merpillat et Mlle le capitaine Dissart au centre d’instruction de Granville le 23 avril 1945.
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[22]
Henri Frenay, op. cit., p. 395. Les élections municipales auront lieu en fait les 29 avril et 13 mai 1945, alors que le retour est loin d’être achevé.
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[23]
Il s’agit là du CRIF, voir troisième partie, chapitre 1 : « L’impact du génocide sur la communauté juives.
-
[24]
Sur les associations, voir infra, chapitre 4. Les trois associations sont fortement subventionnées. Dans son bilan, le ministère donne les chiffres suivants : 117 000 000 francs pour la Fédération des prisonniers de guerre, 34 000 000 pour celle des déportés du travail, 37 000 000 pour celle des internés et déportés. Si l’on considère les populations censées être représentées, on s’aperçoit que les déportés sont loin d’être désavantagés.
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[25]
Les exceptions, ce sont notamment les officiers anglais ou américains tombés en parachute sur le Reich ou les territoires qu’ils occupent. Certains furent exécutés à Mauthausen, Ravensbrück ou Dachau, par balle lors de l’« opération Kugel ». L’usage de la balle indique que les Allemands leur témoignent un certain respect.
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[26]
L’évacuation est d’abord prévue pour les PG pour lesquels les moyens de réception sont disponibles hors d’Allemagne, c’est-à-dire au Royaume-Uni pour les Britanniques, en France et au Royaume-Uni pour les Américains. Le mémorandum ajoute : « Il est possible que le gouvernement français prenne des dispositions similaires pour un nombre restreint de PG. »
-
[27]
Ce que rappelle dans une note du 24 mai 1945 adressée au général Koeltz, le colonel de la Bretèche, chef de la mission militaire française de liaison auprès du SHAEF.
-
[28]
Ce tract comporte quatre pages, la première portant le texte en allemand, les autres en anglais, russe, français, serbo-croate, italien…
-
[29]
« Instructions du général Eisenhower aux nationaux alliés dans les pays ennemis dans les zones sous contrôle du commandement suprême. »
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[30]
On peut se demander en quoi ces questions permettent d’isoler un « droit commun ». Comme le déporté politique, il connaît parfaitement le fonctionnement de la hiérarchie interne des camps. Pour le sens de ces termes, voir glossaire.
-
[31]
Ce sont les pourcentages de ceux qui sont partis. Si on évoque les rapatriés, ils chutent à deux déportés rapatriés pour cent requis et prisonniers de guerre.
-
[32]
Jean-Claude Favez, Une mission impossible ? Le CICR, les déportations et les camps de concentration nazis, Lausanne, Payot, 1988, p. 235.
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[33]
Ibid., p. 236.
-
[34]
Entré au ministère le 1er septembre 1944, François Rosenauer donne sa démission le ler mars 1946. Evelyne Garnier évoque alors la grande qualité de son travail : constitution du fichier des déportés israélites, accueil des familles, établissement de demandes de recherche, délivrance de certificats, interview de rapatriés… Elle demande si, en raison de la qualité des services rendus, il est possible de hâter sa naturalisation.
-
[35]
Les Absents, n° 2.
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[36]
Ainsi, un déporté sur quinze seulement est répertorié. En septembre 1944, l’abbé Rodhain s’était rendu à Genève, au CICR. Le 25 septembre, il dresse la liste de trois cent soixante et onze déportés avec leur adresse. Deux cent trente-quatre sont à Buchenwald, dont Julien Cain et le professeur Charles Richet. Cf. Jean Colson et Charles Klein, Jean Rodhain prêtre, t. I, D’une enfance timide aux audaces de la charité. 1900-1946, préface de Jacques de Bourbon-Busset, Paris, Éditions SOS, 1981, p. 200.
-
[37]
Scapini, nommé ambassadeur de France, fut à la tête du Service diplomatique des prisonniers de guerre chargé d’assurer la protection du PG en application du protocole signé le 16 novembre 1940 à Berlin, qui faisait de la France la puissance protectrice de ses propres prisonniers.
-
[38]
Roland Marti fut la guerre durant un dynamique chef de la délégation du CICR à Berlin.
-
[39]
Compte rendu d’une mission au CICR, 15 décembre 1944.
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[40]
C’est sous son nom de jeune fille qu’elle figure dans les archives du ministère Frenay.
-
[41]
Le rapport sur la mission effectuée par l’aumônier Louis Dutot et le médecin sous-lieutenant Jean Caillaud à Terezin le 12 septembre 1945 indique que Robert Desnos fut « incinéré individuellement grâce à l’intervention d’un médecin tchèque le connaissant personnellement ».
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[42]
Sur la fin de Maurice Sachs, voir l’ouvrage d’Henri Raczymow, Maurice Sachs ou les Travaux forcés de la frivolité, Paris, Gallimard, 1988, 503 p.
-
[43]
Olga Wormser-Migot, op. cit., p. 142.
-
[44]
Appel de M. Garnier du 11 février 1945. Archives INA.
-
[45]
Lettre de Jules Isaac, archives CC.
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[46]
Roger Vailland, « Au Struthof », Action, 15 décembre 1944.
-
[47]
Michel Droit et André Bourillon, « Le camp de torture de Struthof », émission de 14 minutes et trente secondes diffusée le 25 janvier 1945, archives INA.
-
[48]
Boris Pahor, Pèlerin parmi les ombres, traduit du slovène par André Lück-Gave, Paris. La Table Ronde, 1990, 253 p.
-
[49]
Ces souliers, conservés au mémorial de Majdanek, sont devenus le symbole de l’annihilation des Juifs. Le poète yiddish Moshe Schulstein leur consacra un bouleversant poème : J’ai vu une montagne :
In Charles Dobzynski, Le Miroir d’un peuple. Anthologie de la poésie yiddish, Paris, Le Seuil, coll. « Domaine yiddish », 1987, p. 464-467.Une montagne m’est apparuePlus élevée que le mont BlancPlus sacrée que le Sinaï,Non point en rêve, mais sur terre,Elle se dressaitAu cœur du réelQuel mont, quel mont m’est apparuDe souliers juifs à Majdanek[…]Écoutez, écoutez la marche et la musiqueDe souliers souvenirs, dernières reliquesDe tant de gens, petits et grands,Place, place, voyez les paires par rangéesLes générations qui passent, les années,L’armée des souliers marche en rangs.[…] -
[50]
Jean-Jacques Mayoux, « Honneur et Patrie » du 16 août 1944.
-
[51]
C’est notamment le cas d’André Rogerie, dont le récit Vivre, c’est vaincre, Paris, 1946, 127 p., évoque très rapidement le camp de Lublin.
-
[52]
Une note du directeur des Services internationaux adressée au directeur de cabinet de Frenay signale l’arrivée en France le 7 février 1945 de Corentin Le Du, « premier déporté politique venu de Russie ». Il est longuement reçu au ministère Frenay le 14 février.
-
[53]
L’Humanité, 25 août 1944.
-
[54]
Annie Kriegel pose la question dans Réflexions sur les questions juives, Paris, Hachette, coll. « Pluriel », 1984, p. 67. Elle y revient quelques années plus tard en posant cette fois la question d’un certain antisémitisme populaire présent au parti communiste. Elle met en parallèle le discours de Thorez et L’Aisne libre, publication communiste, du 10 janvier 1948 écrivant que les noms de Jules Moch, Léon Blum, Robert Schuman et René Mayer « ne sentent ni la Beauce ni le Berry ». Annie Kriegel, Ce que j’ai cru comprendre, Paris, Laffont, 1991, p. 438.
-
[55]
Rappelons qu’à Birkenau le terme de crématoire désigne les installations où chambres à gaz et crématoires sont couplés.
-
[56]
Nous avons ici suivi Raul Hilberg, op. cit., p. 849-850.
-
[57]
Numéro spécial de Notre parole, 1er septembre 1941, et tract en yiddish figurant dans Dos vont fun viderstand un zig, p. 51-52. Pour l’analyse détaillée de ce texte, voir Annette Wieviorka, Ils étaient juifs, résistants, communistes, Denoël, 1985, p. 107-111.
-
[58]
Ce qui ne signifie pas qu’il n’ait pas été évoqué avant. Nous ne possédons pas de collection complète de la presse clandestine.
-
[59]
Il est bien difficile de savoir d’où les rédacteurs de la presse communiste juive clandestine tiennent cette notion. Y a-t-il, bien inconsciemment, une assimilation avec les camps « de rééducation » soviétiques ou le souvenir de ce que les camps nazis dans leurs débuts se targuèrent aussi de « rééduquer » les déviants ? Ainsi, Göring, à la Noël 1933, près d’un an après la prise du pouvoir par Hitler, souligne que les 5000 détenus qui retrouvent la liberté « ont commencé à être rééduqués ». Cité in Olga Wormser-Migot, Le Système, op. cit., p. 63.
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[60]
Notre voix, 1er. août 1943.
-
[61]
Souligné dans le texte.
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[62]
En majuscule dans le texte. Notre voix, n° 71, avril 1944.
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[63]
Le convoi comprenait en fait deux cent trente femmes. Voir Charlotte Delbo, Le Convoi du 24 janvier, Paris, Éditions de Minuit, 1965, 303 p.
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[64]
Selon Charlotte Delbo, ce témoin serait un Polonais évadé d’Auschwitz en avril 1943, ayant gagné la Suisse où il aurait rencontré un journaliste. Son témoignage parut dans le numéro 10 des Étoiles, bulletin périodique créé par Aragon. Le texte des Étoiles figure dans l’ouvrage de Charlotte Delbo, op. cit., p. 295-296.
-
[65]
Charlotte Delbo, op. cit., p. 19.
-
[66]
Compagnon de Marie-Claude Vaillant-Couturier, ils se marieront après la guerre.
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[67]
Sur ce point, voir Pierre Durand, Danielle Casanova, l’indomptable, précédé d’un entretien avec Geneviève de Gaulle, Paris, Messidor, 1991, p. 19.
-
[68]
Morte du typhus le 9 mai 1943.
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[69]
Morte du typhus le 6 mars 1943.
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[70]
Charlotte Delbo, op. cit., p. 115.
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[71]
Nous respectons l’orthographe de l’auteur.
-
[72]
François la Colère (Louis Aragon), Le Musée Grévin, Poème, Éditions de Minuit, octobre 1943, p. 26-27.
-
[73]
À la Libération, Boris Taslitzki a consacré un tableau à la mort de Danielle Casanova, dans la plus pure tradition des mises au tombeau du Christ.
-
[74]
Notamment dans L’Humanité du 24 août 1944 ou encore dans Le Choc. 1945 : la presse révèle l’enfer des camps nazis, Paris, Fédération nationale des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes, 1985, p. 23.
-
[75]
Voir Rudolf Vrba avec Alan Bestic, Je me suis évadé d’Auschwitz, traduit de l’anglais par Jenny Plocki et Lili Slyper, Paris, Ramsay, 1988, 400 p. En français, ce rapport fait l’objet d’une première édition, Documents inédits sur les camps d’extermination nazis, Paris, Éditions Réalité, dossier du CJM, préface de Marc Jarblum, datée de février 1945, et d’une seconde par les soins de l’Office français d’Édition, Les Camps d’extermination d’Auschwitz et de Birkenau, second trimestre 1945. Dans cette édition émanant d’un office gouvernemental, il est précisé que la publication du rapport comporte certaines omissions destinées à protéger ses auteurs, que les chiffres ne peuvent être considérés comme mathématiques, et que l’ensemble des documents a été fourni par l’Executive Office of War Refugee Board, Washington DC.
-
[76]
Voir notamment David Wyman, L’Abandon des Juifs. Les Américains et la solution finale, traduit de l’américain par Claude Blanc, préface d’Élie Wiesel, postface d’André Kaspi, Paris, Flammarion, 1987, 459 p.
-
[77]
L’hypercritique à laquelle se sont livrés ceux qui nient l’annihilation des Juifs, et par conséquent l’existence des installations de gazage, a sécrété une contre-hypercritique. Ainsi, Jean-Claude Pressac vient de faire paraître un volumineux ouvrage de près d’un mètre de long, Auschwitz : Technique and Operation of the Gas Chambers, New York, The Beate Klarsfeld Fondation, 1989, qui étudie le processus technique du gazage et de la crémation. Dans cet ouvrage, il soumet à ce qu’il croit être la critique historique le témoignage de Vrba et Wetzel. Si un ouvrage de ce type peut avoir son utilité pour faire taire les négateurs, pour permettre une meilleure évaluation du nombre des victimes, il ne nous semble pas moins un produit monstrueux en ce qu’il gomme totalement l’humanité des victimes, et réduit ainsi Birkenau et la destruction des victimes à un pur problème technique.
-
[78]
David Wyman, op. cit., p. 374.
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[79]
Alain Dieckhoff, « Une action de sauvetage des Juifs européens en 1944-1945 : “l’Affaire Musy” », Revue d’Histoire moderne et contemporaine, n° 2189, 1989, p. 290 et Rescapés du génocide. L’action Musy : une opération de sauvetage de Juifs européens en 1944-1945, Bâle et Francfort-sur-le-Main, Fédération suisse des communautés israélites, Helbing et Lichtenhan, 1995.
-
[80]
Sicherheitsdienst, Service de Sécurité.
-
[81]
Docteur Jean-Marie Musy, « Rapport au comité suisse de l’Union of orthodox rabbis of the United States of America concernant l’action entreprise en vue de la libération des Israélites détenus dans les camps de concentration allemands », Fribourg, 1945. Nous remercions Alain Dieckhoff de nous avoir fourni une copie de ce rapport.
-
[82]
Cette affaire ne nous concerne pas ici. Sur l’affaire Musy voir, outre l’article d’Alain Dieckhoff ici cité, Gaston Castellan, En souvenir de Jean-Marie Musy, Fribourg, imprimerie Perroud, 1960, p. 96-108.
-
[83]
Prisonnier de guerre évadé, il gagne la Suisse en mars 1944. Il est nommé représentant du général de Gaulle puis, le 8 novembre 1944, la délégation en Suisse qui vient d’être réorganisée lui est confiée dans un double but : s’occuper des rapatriements et représenter le ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés auprès des autorités suisses. Sa mission fonctionne jusqu’au 1er octobre 1945.
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[84]
Selon Alain Thorel (lettre du 11/5/1992) son grand-père Garabed Matossian aurait payé 80 000 F suisses. Alain Thorel, arrêté le 27.10.1942, n’est resté à Buchenwald que trois semaines environ, puis, après un passage au camp de Johanjorgenstadt, il est envoyé à Flössenburg où il reste jusqu’à son élargissement en octobre 1944. C’est la famille Burrus, amie du président Musy, qui avait servi d’intermédiaire. Envoyé à Berlin, Alain Thorel est ramené en Suisse par le président Musy et son fils.
-
[85]
Les archives du ministère Frenay signalent, le 3 février, le retour de trois déportés libérés grâce à Musy, et le 22 le passage en Suisse de treize autres détenus de Buchenwald et de Ravensbrück sans qu’il soit précisé quelle filière leur valut la liberté.
-
[86]
Témoignage de Philippe Koenig recueilli par Marie Granet, 10 juin 1953, AN 72 AJ 311.
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[87]
Voir Jean-Claude Favez, op. cit., p. 354.
-
[88]
Olga Wormser-Migot, op. cit., p. 142.
-
[89]
Il s’agit d’Alain Thorel.
-
[90]
La première maison du prisonnier avait été ouverte à Paris le 15 décembre 1941 pour aider à la réinsertion des prisonniers de guerre libérés. L’institution ayant fait la preuve de son efficacité, elle fut adoptée par le ministère Frenay et devint la pierre angulaire du dispositif de réintégration des PG après la Libération. 230 maisons et annexes fonctionnaient à l’apogée du « Grand retour », à l’été 1945. Sur ce point, voir Christophe Lewin, Le Retour des prisonniers de guerre français, Paris, Publications de la Sorbonne, 1987, p. 151.
-
[91]
C’est nous qui soulignons.
-
[92]
Angelo Donati (1885-1960), né à Modène, en Italie, s’installe à Paris après la Première Guerre. Pendant la Seconde, il se trouve en zone d’occupation italienne où il s’active au sauvetage des Juifs. Après la chute de Mussolini, il négocie avec le ministère des Affaires étrangères italien et les représentants des États-Unis et de la Grande-Bretagne au Vatican un plan de transfert de 30 000 Juifs de France en Afrique. Sur son rôle en France, voir Léon Poliakov, La Condition des Juifs en France sous l’occupation italienne, Paris, Éditions du Centre, 1946, 175 p.
-
[93]
Il s’agit là de l’Obersturmführer Franz Göring, homme de confiance de Schellenberg. Voir sa déposition le 24 février 1948 à Nuremberg citée in Germaine Tillion, Ravensbrück, Paris, 1988, p. 91-92.
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[94]
Il s’agit probablement d’une coquille. Juifs est ici employé pour Juives. Le total des détenues – 13 500 femmes – est légèrement supérieur à celui que donne Germaine Tillion pour mi-avril 1945 : 11 000 femmes seraient alors détenues.
-
[95]
Rapport de Jean-Marie Musy, op. cit., p. 24-25.
-
[96]
Carl J. Burckhardt est président du CICR à dater du 1er janvier 1945
-
[97]
Irène Delmas était présidente de l’Amicale des prisonnières de la Résistance. Elle avait obtenu, grâce à Carl Burckhardt, d’être présente à l’arrivée en Suisse des premières femmes libérées. Sur ce point, voir Dominique Veillon, op. cit.
-
[98]
Rapport du 17 avril 1945, signature illisible, AN F9 3215.
-
[99]
« Le peuple de Paris acclame les déportées de Ravensbrück », Libres, dimanche 15-lundi 16 avril 1945.
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[100]
Ces renseignements proviennent des télégrammes envoyés par Philippe Koenig à Henri Frenay. AN F9 3325.
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[101]
Leur départ pour la Suède est signalé par C. Burckhardt le 28 avril. F9 3325.
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[102]
Marie-Claude Vaillant-Couturier, Les Derniers Jours de Ravensbrück. Carnet de notes, manuscrit, musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon.
-
[103]
L’Armée juive, mouvement de résistance juif sioniste, fut créée à Toulouse en 1941 par la fusion de deux groupes sionistes de résistance existant depuis 1940. Elle constitua des corps francs et un maquis. Sur l’Armée juive, voir Lucien Lazare, La Résistance juive en France, Paris, Stock, 1987, p. 111-118 et 298-300.
-
[104]
Aloÿs Brunner a obtenu trois wagons dans un train qui quitte la gare de Bobigny le 17 août 1944. Plus d’une quinzaine de détenus s’évadent la nuit du 20 au 21 à Morcourt, non loin de Saint-Quentin. Voir notamment Jean-François Chaigneau, Le Dernier Wagon, Paris, Julliard, 1981, 251 p.
-
[105]
« Notes sur le Service central des déportés israélites », non datées, archives personnelles de Jacques Lazarus, « centaines de milliers » et « bagnes nazis » montrent que le processus d’extermination n’est pas parvenu pleinement à la conscience des auteurs.
-
[106]
Infirmière-major, internée à Drancy, évadée du convoi qui la menait en déportation.
-
[107]
A travaillé pendant la guerre au sauvetage des enfants.
-
[108]
Chargé pendant la clandestinité de la direction du service social de Paris du Comité d’unité et de défense. Faisait partie du MLN.
-
[109]
Dirigeait à Paris un service de renseignement régional de l’Organisation juive de combat. A connu plusieurs prisons allemandes. Deux fois déporté, deux fois évadé.
-
[110]
Rabbin, René Kapel a pris un part très active à la résistance comme aumônier des maquis de l’Organisation juive de combat. Interné à Fresnes, puis à Drancy, il fait partie des évadés du dernier wagon.
-
[111]
Chargé du service de passage en Espagne de l’Organisation juive de combat.
-
[112]
Les Absents, n° 1, mars 1945. Dans ce numéro est indiquée la composition du bureau provisoire de l’association. Président, le Dr Marcel Bernheim, médecin des hôpitaux, vice-présidents, Robert Moise, ingénieur et Robert Nerson, avocat à la Cour, secrétaire général, Georges Feige, négociant. Secrétaires, Mmes Schonberg et Yan Hass, trésorier, M. Robert Schwab, négociant. Dans son numéro 2 d’avril 1945, l’association signale qu’elle a obtenu le patronage du grand rabbin de France, Isaïe Schwartz, de l’abbé Chaîne, représentant du cardinal Gerlier, du pasteur Éberhard et du préfet du Rhône, M. Longchambon. Le comité directeur s’est adjoint M.G. Brunschwig, ancienne directrice du lycée de jeunes filles de Lyon.
-
[113]
Six numéros des Absents paraissent de janvier à octobre 1945. Cinq d’entre eux se trouvent à la bibliothèque de l’AIU, où manque le n° 4. Les trois premiers se présentent sous forme de six pages ronéotypées. Les deux derniers sont imprimés sur huit pages. Quant au SCDI, il publie un bulletin d’une grande tenue, auquel participent deux écrivains, Jacqueline Mesnil-Amar et Arnold Mandel, Bulletin du Service des déportés israélites dont la bibliothèque de l’AIU possède la collection à partir du numéro 4. Jacques Lazarus nous a communiqué les trois premiers numéros de sa collection personnelle. Les deux premiers sont ronéotypés sur seize pages. À partir du numéro 3, le bulletin est imprimé.
-
[114]
« L’air du mois. Nous sommes tous responsables », Bulletin du SCDI, n° 2, 15 décembre 1944. Les éditoriaux ne sont pas signés, mais ils sont de la plume de Jacqueline Mesnil-Amar qui en reproduit certains dans son bel ouvrage, Ceux qui ne dormaient pas, Paris, Editions de Minuit, 1957.
-
[115]
Les Absents, n° 1.
-
[116]
Voir deuxième partie, chapitre 2.
-
[117]
Souligné dans le texte.
-
[118]
Les Absents, n° 2, 15 avril 1945.
-
[119]
Nous n’avons pu retrouver avec certitude de qui il s’agissait Il s’agit probablement, selon Anise Postel-Vinay, de Pierre Lefaucheux, de l’OCM (Organisation civile et militaire), que sa femme, Marie-Hélène, aurait réussi à tirer de Buchenwald.
-
[120]
Ce qui correspond à la réalité. Sur le rituel des départs de Drancy, voir deuxième partie, chapitre 4.
-
[121]
« Le commandant Pierre raconte son évasion du camp de Buchenwald », Bulletin du SCDI, n° 1, 15 novembre 1944, p. 6.
-
[122]
« L’air du mois. Nous sommes tous responsables », id
-
[123]
Comparant cette liste à celle que propose Serge Klarsfeld dans Le Mémorial de la déportation des Juifs de France, nous pouvons constater que :
- — cinq convois figurant dans la liste SNCF ne figurent pas chez Serge Klarsfeld. Parmi eux, les trois convois de non-Juifs dirigés sur Auschwitz,
- — trois convois manquent dans la liste des absents, ceux du 30 mai et du 11 août partis de Lyon pour Auschwitz, le dernier convoi dirigé vers Buchenwald,
- — deux convois dirigés vers Majdanek sont indiqués comme étant partis pour Sobibor (4 et 6 mars 1943),
- — enfin, la SNCF indique parfois, là où S. Klarsfeld marque Auschwitz-Birkenau, Monowitz ou Tratykaniex,
- — le convoi du 15 mai 1944 est indiqué vers Memel avec un point d’interrogation. Nous savons aujourd’hui qu’il fut envoyé à Kaunas-Revel.
-
[124]
Les Absents, 1er mars 1945.
-
[125]
Ainsi les noms de dix Juifs de France rencontrés par un déporté évadé et ayant séjourné au camp de Hotmuth (sic) en Haute-Silésie et 17 noms d’évadés du camp de Menevitz (sic) sont publiés.
-
[126]
Sur les ZAL, voir Charles Baron, « Ces camps dont on a oublié le nom : Les ZAL, camps de travaux forcés pour Juifs en Haute-et Basse-Silésie », Le Monde juif, n° 110, avril-juin 1983 p. 58-74 et n° 111, juillet-septembre 1983, p. 85-115.
-
[127]
Bulletin du SCDI, n° 3, 15 janvier 1945, p. 5.
-
[128]
Souligné dans le texte.
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[129]
Bulletin du SCDI, 15 mars 1945, p. 4-5.
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[130]
Cette affirmation demande à être nuancée. Voir deuxième partie, chapitre 2.
-
[131]
D’après un organigramme de février ou mars 1945.
Le comité français de la Libération nationale (CFLN), puis le gouvernement provisoire de la République française (GPRF), installés à Alger, devaient résoudre le problème du rapatriement des millions de Français exilés du sol national. Étant donné l’ampleur de la tâche, un commissariat spécifique, transformé en ministère, fut créé qui n’exista que le temps du rapatriement et dont l’histoire est liée à celle de l’homme qui fut chargé de le diriger, Henri Frenay. Dans un premier temps, le travail du ministère est de préparer le rapatriement, qui commence de façon significative avec l’entrée des forces alliées en Allemagne, en mars 1945.
Comment le ministère envisage-t-il le rapatriement des déportés ? Distingue-t-il ceux qui le furent au nom de la race et les autres ? Que sait-il de leur sort ? Quelles informations sont données à l’opinion publique française dans la période où la France est redevenue libre ?
Le 9 novembre 1943, Henri Frenay, résistant de la première heure, fondateur d’un des principaux mouvements de résistance, Combat, est nommé à Alger à la tête du commissariat aux Prisonniers et aux Déportés, instance élargie le 18 novembre aux réfugiés. Le 8 décembre, les attributions de son commissariat sont fixées. Elles concernent les prisonniers de guerre, les travailleurs « soi-disant [sic] volontaires » ou STO, les personnes déplacées ou déportées par les autorités d’occupation – sans que soient précisés les motifs de la déportation –, les ressortissants non militaires des pays alliés ou neutres se trouvant en France ou devant être rapatriés, ceux des pays ennemis se trouvant en France ou dans l’Empire et dont le rapatriement ou le transfert aura été décidé…
Date de mise en ligne : 01/04/2026
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