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L'adolescence, entre subjectivation et dépendance

Pages 105 à 116

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  • Gutton, P.
(2005). L'adolescence, entre subjectivation et dépendance. Dans
  • J. Aïn
Dépendances : Paradoxes de notre société ? (p. 105-116). érès. https://doi.org/10.3917/eres.ain.2005.01.0105.

  • Gutton, Philippe.
« L'adolescence, entre subjectivation et dépendance ». Dépendances Paradoxes de notre société ? érès, 2005. p.105-116. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/dependances--9782749205151-page-105?lang=fr.

  • GUTTON, Philippe,
2005. L'adolescence, entre subjectivation et dépendance. In :
  • AÏN, Joyce,
Dépendances Paradoxes de notre société ? Toulouse : érès. Hors collection, p.105-116. DOI : 10.3917/eres.ain.2005.01.0105. URL : https://shs.cairn.info/dependances--9782749205151-page-105?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/eres.ain.2005.01.0105


Notes

  • [1]
    Se différenciant ainsi des choix de l’animal toujours dans la nécessité.
  • [2]
    Les attendus de cette division sont remarquablement explicités par C. Castoriadis, Fait et à faire, les carrefours du labyrinthe, Paris, Le Seuil, 1997.
  • [3]
    Le terme de métamorphose est utilisé ici dans son sens fort, structural par S. Freud (1905), Trois essais sur la théorie sexuelle, Paris, Gallimard, 1987. Il est l’argument de nos travaux sur le pubertaire. P. Gutton, Le pubertaire, Paris, PUF, 1991 ; Adolescens, Paris, PUF, 1996 ; Psychothérapie et adolescence, Paris, PUF, 2000 ; P. Gutton, S. Bourcet et coll., Violence et adolescence, Paris, in Press, 2002 ; La naissance pubertaire. L’archaïque génital et son devenir, Paris, Dunod, 2003.
  • [4]
    Conférence de J.-C. Kaufmann du 7 octobre 2004 au dixième Carrefour toulousain, concernant ses recherches sur le « premier matin après la nuit de rencontre », participant à « l’invention de soi », de son identité.
  • [5]
    Vivant Denon, Point de lendemain, Paris, Desjonquières, 1977.
  • [6]
    Ph. Sollers (1995). Vivant Denon. Le cavalier du Louvre, Paris, Plon, 1998.
  • [7]
    Nous avons rapproché les processus du libertinage tel que l’on peut le définir au XVIIIe siècle français des processus d’adolescence aujourd’hui. Cf. Gutton, Le pubertaire, Paris, PUF, 1991.
  • [8]
    R. Cahn, L’adolescent dans la psychanalyse. L’aventure de la subjectivation, Paris, PUF, 1998 ; B. Penot, La passion du sujet freudien, Toulouse, érès, 2001 ; F. Richard, Le processus de subjectivation à l’adolescence, Paris, Dunod, 2001. Depuis une dizaine d’années, la revue Adolescence travaille dans chacun de ses numéros les thèmes de ces ouvrages ; leurs problématiques ont été spécifiquement reprises dans le rapport signé par J. Goldberg et P. Givre dans les numéros intitulés « L’organe et le sujet 1 » et « L’organe et le sujet 2 » sous le titre « Des subjectivations à l’adolescence 1 » et « Des subjectivations à l’adolescence 2 », Adolescence, 2003, 45, p. 421-453 ; 46, p. 647-678.
  • [9]
    S. Freud (1933). Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, Paris, Gallimard. Traduction de R. M. Zeitlin, 1984, p. 80-110.
  • [10]
    P. Gutton, Le pubertaire, Paris, PUF, 1991.
  • [11]
    P. Gutton, S. Bourcet et coll., La naissance pubertaire. L’archaïque génital et son devenir, op. cit., 2003.
  • [12]
    J. Laplanche, « Pulsion et instinct », Adolescence, 18, 2000, p. 649-668.
  • [13]
    P. Gutton, « Le Zwang » Adolescence, 8, 1990, p. 5-7.
  • [14]
    S. Leclaire, On tue un enfant, Paris, Le Seuil, 1973.
  • [15]
    En venant à ce congrès, dans le train, j’ai entendu un petit garçon turbulent de 7 à 8 ans qui harcelait sa mère en lui disant : « Je veux faire tous les deux une petite sœur. »
  • [16]
    M. Laufer, E. Laufer (1984), Adolescence et rupture du développement. Une perspective psychanalytique, Paris, PUF, 1989.
  • [17]
    E. Luca (de) (1999), Montédidio, Paris, Gallimard, 2001.
  • [18]
    P. Gutton, Adolescens, Paris, PUF, 1996.
  • [19]
    S. Freud (1939), « Analyse terminée, analyse interminable », Rev. fr. psychanal., 1973, 3, p. 371-402.
  • [20]
    S. Freud (1904), La technique psychanalytique, Paris, PUF, 1985.
  • [21]
    Un des premiers auteurs à travailler sous cet angle est S. Lebovici, « L’expérience du psychanalyste chez l’enfant et chez l’adulte devant le modèle de la névrose infantile et de la névrose de transfert », rapport au XXXIXe Congrès de psychanalyse de langue romane, Rev. fr. psychanal., 1980, 54, p. 743-857.
  • [22]
    P. Gutton, « Pratique de l’incorporation », Adolescence, 2, 1994, p. 315-338. Cette folle activité qui ne parvient pas à se substituer à l’objet perdu peut être aussi théorisée en termes winnicottiens de positions maniaques : comportementalisation face au vide de la pensée ; surréalisme des inter-effractions, attractions médusantes comportant, bien entendu, une dimension sadomasochiste importante. Cette façon de penser le breakdown de Laufer complète de façon intéressante la théorie classique du couple déni-projection. Elle serait également un aspect de la mélancolisation adolescente, perte d’objets sans possible travail de deuil. Cf. Chabert C., Féminin mélancolique, Paris, PUF, 2003.

Permettez-moi un préalable philosophique à propos de la confrontation assurément dialectique des deux concepts : la dépendance et la subjectivation. La distinction est un exemple des deux approches de l’image ; l’une est celle de tout simple vivant dans le cadre strict de la fonctionnalité biologique ; c’est l’imagination corporelle entièrement dépendante de l’environnement par les jeux interactifs perception-action : celle du rat de laboratoire. L’autre, celle de l’humain, est le fait du déploiement immense, infini de l’imagination (en quelque sorte défonctionnalisée par rapport à celle de l’animalité). L’investissement de la psyché qui spécifie l’homme se déploie au détriment du plaisir d’organe. Ce décollage du corps que l’on pourrait nommer sublimation est contenu par le concept de subjectivation. Ajoutons ceci : le surgissement, l’éclosion, l’émergence d’une psyché singulière se déploie dans et par la culture en tant que source de mythes, d’institutions, précisément du langage. Cette création y mobilise des choix « hasardeux », inconscients au sein du magma des significations imaginaires sociales qui la saturent, tentent de l’envahir, de l’absorber et qu’elle se doit d’intérioriser. Quand je dis choix, je veux dire que le travail du sujet, original, comporte interrogations, recherches actives et sélectives à l’endroit des significations sociétales et langagières. Naturel philosophe, chacun se subjectivise dans la communauté et par sa différence : pas de « je » sans « nous »…


Date de mise en ligne : 01/04/2010

https://doi.org/10.3917/eres.ain.2005.01.0105

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