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III. Qu’est-ce que déconstruire ? Genre et déconstruction

Pages 71 à 99

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  • Grossman, É.
(2023). III. Qu’est-ce que déconstruire ? Genre et déconstruction. Dans
  • F. Regard
  • et A. Tomiche
Déconstructions queer : Les fondamentaux (p. 71-99). Hermann. https://doi.org/10.3917/herm.regar.2023.01.0071.

  • Grossman, Évelyne.
« III. Qu’est-ce que déconstruire ? Genre et déconstruction ». Déconstructions queer Les fondamentaux, Hermann, 2023. p.71-99. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/deconstructions-queer--9791037032140-page-71?lang=fr.

  • GROSSMAN, Évelyne,
2023. III. Qu’est-ce que déconstruire ? Genre et déconstruction. In :
  • REGARD, Frédéric
  • et TOMICHE, Anne,
Déconstructions queer Les fondamentaux. Paris : Hermann. Hors collection, p.71-99. DOI : 10.3917/herm.regar.2023.01.0071. URL : https://shs.cairn.info/deconstructions-queer--9791037032140-page-71?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/herm.regar.2023.01.0071


Notes

  • [1]
    États d’âme de la psychanalyse. Adresse aux États Généraux de la psychanalyse, Paris, Galilée, 2000, p. 41.
  • [2]
    « Je suis venu vivre en France en suivant les traces de 68, qu’on pouvait lire à travers une philosophie dont la puissance athlétique n’était comparable qu’au football ibérique. Je suis tombé amoureux de la langue française en lisant Derrida, Deleuze, Foucault, Guattari ; je désirais écrire cette langue, vivre dans cette langue » (Paul B. Preciado, Un appartement pour Uranus, préface de Virginie Despentes, Paris, Grasset, coll. Points, 2019, p. 61).
  • [3]
    Paul B. Preciado, Je suis un monstre qui vous parle. Rapport pour une académie de psychanalystes, Paris, Grasset, 2020, p. 120-121.
  • [4]
    Voir « Eloge de la psychanalyse », in Jacques Derrida et Elisabeth Roudinesco, De quoi demain… Dialogue, Paris, Fayard/Galilée, 2001, p. 274.
  • [5]
    Judith Butler, Trouble dans le genre : le féminisme et la subversion de l’identité, traduit de l’anglais par Cynthia Kraus, Paris, La Découverte, 2005 ; La Découverte/Poche, 2006, p. 269.
  • [6]
    Jacques Derrida, « La Différance », conférence prononcée à la Société française de philosophie, le 27 janvier 1968, reprise dans Théorie d’ensemble, Collectif, Paris, Seuil, 1968, et dans Marges de la philosophie, Paris, Minuit, 1972, p. 3.
  • [7]
    Marges de la philosophie, ibid., p. 18. Voir aussi tout le passage de la p. 19 sur la différance comme discorde active au sens nietzschéen, et remise en question du primat de la présence comme conscience chez Freud.
  • [8]
    Gilles Deleuze, Différence et répétition, PUF, 1968, p. 352, 383. Deleuze écrit avec humour dans son avantpropos au livre : « Le sujet traité ici est manifestement dans l’air du temps ». Et en effet, outre la « différance » de Derrida, Identität und Differenz (1957) de Martin Heidegger, vient de paraître en français (« Identité et différence », trad. André Préau, Questions I, Paris, Gallimard, 1968).
  • [9]
    Voir par exemple l’hommage à Deleuze que Derrida publie dans Libération le 7 novembre 1995, à la mort de celui-ci : « Il me faudra errer tout seul », repris dans Chaque fois unique, la fin du monde, Galilée, 2003, p. 235-238. «[…] sa pensée ne m’a jamais quitté, depuis près de quarante ans », y écrivait-il.
  • [10]
    J. Butler, Trouble dans le genre, op. cit., p. 269-276. Notons que sa traductrice, Cynthia Kraus, indiquait ceci dans sa « Note pour la traduction » publiée en début de volume (p. 24) : « Judith Butler met textuellement en œuvre le décentrement/dislocation du sujet par le recours fréquent au mode passif pour miner le sujet (grammatical).»
  • [11]
    Voir entre autres, « J comme joie » dans L’Abécédaire de Gilles Deleuze, avec Claire Parnet, produit et réalisé par Pierre-André Boutang, trois DVD, éditions Montparnasse, 2004.
  • [12]
    Jacques Derrida, « Qu’est-ce que la déconstruction ?», Commentaire 2004/4, n° 108.
  • [13]
    Jacques Derrida, Mémoires pour Paul de Man, Paris, Galilée, 1988, p. 38.
  • [14]
    Jacques Derrida, Le Monolinguisme de l’autre, Paris, Galilée, 1997, p. 15.
  • [15]
    Jacques Derrida, Apories. Mourir — s’attendre aux « limites de la vérité », Paris, Galilée, 1996, p. 136-137.
  • [16]
    Jacques Derrida, Parages, Paris, Galilée, 1986, p. 258.
  • [17]
    Ibid. p. 262.
  • [18]
    Ibid. p. 265.
  • [19]
    Jacques Derrida, Genèses, généalogie, genres et le génie. Les secrets de l’archive, Paris, Galilée, 2003 ; respectivement p. 78 et 55.
  • [20]
    Ibid., p. 14.
  • [21]
    Ibid., p. 65.
  • [22]
    Voici deux exemples dans des textes d’Hélène Cixous qu’il choisit d’analyser avec un enthousiasme qu’on soupçonne légèrement moqueur : «Quant au bistouri il bisse tout ris.» Et, plus loin (le texte de Cixous est mis en italiques par Derrida) : «[…] mais sous ma plume c ‘est le mot Sacrifice qui se jette, gluant de sang grouillant de vers. [On dirait que le mot Sacrifice se jette sous sa plume comme sous une automobile pour se donner la mort et se trouver déchiqueté, vous allez le voir, dans une sorte d’attentat-suicide auto-sacrificiel qui va mettre le sacrifice lui-même, le mot sacrifice, en lambeaux, le décomposant ou le désarticulant, non pas pour désarticuler le langage mais pour le réarticuler, au contraire, depuis ses membres épars, en une phrase exclamative.] A force del’écouter frotter ses élytres funèbres sur mon silex, je l’entends et je note ses notes. Ah ! Ça crie : fils !» (ibid., p. 44 et p. 48).
  • [23]
    Jacques Derrida, Points de suspension, Paris, Galilée, 1992, p. 111-115.
  • [24]
    Gilles Deleuze et Félix Guattari, L’Anti-Œdipe : Introduction à la schizo-analyse, Paris, Minuit, 1972, p. 350-352.
  • [25]
    Laurie Laufer, Vers une psychanalyse émancipée. Renouer avec la subversion, Paris, La Découverte, 2022, p. 24.
  • [26]
    Ibid., p. 224.
  • [27]
    Je me permets de renvoyer aux analyses que j’ai développées à propos des écrivains et artistes modernes défaisant l’identification narcissique à une image-mirage statufiée de soi et de son œuvre (la normopathie contemporaine) pour inventer les figures plastiques et mouvantes d’identités plurielles, provisoires, en mouvement (une désidentité) ; voir La Défiguration : Artaud, Beckett, Michaux, Paris, Minuit, 2004, p. 113-116.
  • [28]
    Donna J. Haraway, Vivre avec le trouble, traduit de l’anglais (États-Unis) par Vivien Garcia, Vaulx-en-Velin, Éditions des mondes à faire, 2020.
  • [29]
    Virginie Despentes, Vernon Subutex, 1, Paris, Grasset, 2015, p. 427-429.
  • [30]
    Friedrich Nietzsche, Dernière lettres (hiver 1887-hiver 1889), traduction, présentation et notes de Yannick Souladié, Paris, Manucius, 2011, p. 235.
  • [31]
    P. B. Preciado, Un appartement sur Uranus, op. cit., p. 31.
  • [32]
    Paul B. Preciado, Countersexual Manifesto [2000], traduit par Kevin Gerry Dunn, préface de Jack Halberstam, New York, Columbia University Press, 2018, p. 2.
  • [33]
    Les TERF (Trans Exclusionary Radical Feminism) pour qui le corps transgenre devient le symbole culturel d’une menace à la stabilité des valeurs patriarcales de la modernité. Les transgenres mtf sont-iels de « vraies » femmes ?
  • [34]
    Paul B. Preciado, Dysphoria mundi, Paris, Grasset, 2022.

Tout en se disant « ami de la psychanalyse », Jacques Derrida se demanda plus d’une fois si la conceptualité freudienne, ses grandes machines et ses oppositions conceptuelles ancrées dans la tradition métaphysique survivraient encore longtemps. En juillet 2000, invité à prononcer une conférence lors des Etats généraux de la psychanalyse dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, il déclarait ceci :
On connaît la vieille liaison entre la psychanalyse et la scène, entre la psychanalyse et le théâtre. Sera-ce toujours la même structure théâtrale ? Sera-ce encore demain, au prochain millénaire, le même modèle, le même dispositif, la même famille théâtrale ? Sera-ce le théâtre de la même famille, une famille toujours plus ou moins royale, plutôt patriarcale et hétérosexuelle, installée dans la différence sexuelle comme opposition binaire.
Vingt ans plus tard, Paul B. Preciado, nourri comme bien d’autres philosophes de sa génération de Derrida et de la « pensée française», poursuivra à son tour devant l’École de la Cause freudienne à Paris la mise en cause de la psychanalyse, selon le même point de vue, mais en des termes plus radicaux et férocement drôles. Invité aux journées consacrées au thème « Femmes en psychanalyse », il termine sa communication en appelant à « une mutation révolutionnaire de la psychanalyse et un dépassement critique de ses présupposés patriarcat-coloniaux » :
Vous ne pouvez plus continuer à affirmer l’universalité de la différence sexuelle et la stabilité de…


Date de mise en ligne : 05/07/2024

https://doi.org/10.3917/herm.regar.2023.01.0071

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