Décolonial
- Par Stéphane Dufoix
Pages 1 à 104
Citer ce chapitre
- DUFOIX, Stéphane,
- Dufoix, Stéphane.
- Dufoix, S.
https://doi.org/10.3917/anamo.dufoi.2023.01.0001
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https://doi.org/10.3917/anamo.dufoi.2023.01.0001
23 février 2021. Six jours après l’intervention de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal en faveur d’une « enquête » au sein des milieux scientifiques afin de pouvoir distinguer entre les « vrais » chercheurs et les militants. Je suis contacté par LCI pour un débat devant se tenir le 26 en fin de journée autour du thème « décolonialisme, université et islamo-gauchisme » (qui deviendra finalement « Islamo-gauchisme : fantasme et réalité »). Sont invité·es l’actrice et autrice Rachel Khan, la politiste Renée Fregosi et le linguiste et spécialiste de lettres modernes Xavier-Laurent Salvador. Juste avant l’entrée sur le plateau, la journaliste Sonia Chironi et le directeur de l’hebdomadaire Le Point Étienne Gernelle nous rejoignent pour évoquer le déroulement de l’émission. Après avoir vérifié auprès des trois autres participants leur opposition à l’islamo-gauchisme, Étienne Gernelle se tourne vers moi : « Vous serez donc le représentant de l’islamo-gauchisme ». En dépit de mes objections, il semblait bien que j’étais censé représenter le camp du « fantasme » au cours du débat.
Le décor est planté. Sur des sujets comme le décolonialisme ou l’islamo-gauchisme, mais il en serait de même pour le communautarisme, la race ou le wokisme, ne pas s’engager contre signifie automatiquement être pour. La quasi-impossibilité des nuances ou d’une analyse plus distanciée crée ainsi les conditions d’un faux débat où les arguments d’un côté comme de l’autre ne sont guère utiles puisqu’ils n’interviennent pas au même niveau…
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