Chapitre 6. Le passage à une économie de raretés et d’inflation
- Par Patrick Artus
- et Olivier Pastré
Pages 89 à 101
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- ARTUS, Patrick
- et PASTRÉ, Olivier,
- Artus, Patrick.
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- Artus, P.
- et Pastré, O.
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C’est ici le cœur de la transition du modèle économique des pays de l’OCDE ou même du monde : la sortie de l’économie d’abondance, le passage à une économie de rareté.
Depuis la crise des subprimes (2008-2009) et jusqu’en 2020, les pays de l’OCDE (en particulier la zone euro et la France) ont connu une inflation structurellement faible (graphique 6.1) autour de 2 % dans les années 2000, autour de 1 % dans les années 2010.
Cela était dû à différentes causes : les prix bas des matières premières, de l’énergie en particulier, avec de très importants investissements dans la production de matières premières jusqu’au milieu des années 2010 ; la faiblesse du pouvoir de négociation des salariés qui avait conduit à la déformation du partage des revenus, en faveur des profits (graphique 6.2) ; le niveau élevé des délocalisations et l’ouverture des échanges avec les pays émergents, ce qui est bien sûr désinflationniste. Ainsi, le poids des importations en provenance des pays émergents, y compris la Chine et hors pays exportateurs de pétrole, est passé de 4,5 % du PIB de l’OCDE en 2002 à 9,5 % en 2022. Cela exerce une influence désinflationniste forte, les prix des produits fabriqués dans les pays émergents étant de 50 % plus bas que ceux produits dans les pays de l’OCDE.
Mais cet équilibre économique se modifie fortement à partir de la crise du Covid.À partir de la crise du Covid en 2020, plusieurs évolutions se produisent qui modifient profondément l’équilibre économique et le transforment en un équilibre de raretés…
Date de mise en ligne : 18/05/2026
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