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Illustrer, c’est définir : les contes de Madame d’Aulnoy en France et aux Pays-Bas

Pages 107 à 154

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  • Hoogenboezem, D.-M.
(2014). Illustrer, c’est définir : les contes de Madame d’Aulnoy en France et aux Pays-Bas. Dans
  • A. Zygel-Basso
  • et K. Gladu
De la conversation au conservatoire : Scénographies des genres mineurs (1680-1780) (p. 107-154). Hermann. https://doi.org/10.3917/herm.zygel.2014.01.0107.

  • Hoogenboezem, Daphne M..
« Illustrer, c’est définir : les contes de Madame d’Aulnoy en France et aux Pays-Bas ». De la conversation au conservatoire Scénographies des genres mineurs (1680-1780) Hermann, 2014. p.107-154. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/de-la-conversation-au-conservatoire--9782705688615-page-107?lang=fr.

  • HOOGENBOEZEM, Daphne M.,
2014. Illustrer, c’est définir : les contes de Madame d’Aulnoy en France et aux Pays-Bas. In :
  • ZYGEL-BASSO, Aurélie
  • et GLADU, Kim,
De la conversation au conservatoire Scénographies des genres mineurs (1680-1780) Paris : Hermann. Les collections de la République des Lettres, p.107-154. DOI : 10.3917/herm.zygel.2014.01.0107. URL : https://shs.cairn.info/de-la-conversation-au-conservatoire--9782705688615-page-107?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/herm.zygel.2014.01.0107


Notes

  • [1]
    Voir Sophie Raynard, « Perrault et les conteuses précieuses de la génération 1690 : Dialogue intertextuel ou querelle masquée », The Romanic Review 99-3-4 (2008), p. 317-331.
  • [2]
    Pour une analyse des vignettes du manuscrit (1695) et de la première édition imprimée (Paris, C. Barbin, 1697) des contes de Perrault, voir Daphne M. Hoogenboezem, « Magie de l’image : Altérité, merveilleux et définition générique dans les contes de Perrault », Relief 4-2 (2010), p. 1-26 (www.revue-relief.org).
  • [3]
    Voir Ute Heidmann et Jean-Michel Adam, Textualité et intertextualité des contes, Perrault, Apulée, La Fontaine, Lhéritier…, Paris, Garnier, 2010, p. 50.
  • [4]
    Voir Christine Jones, « The Poetics of Enchantment (1690-1715) », Marvels & Tales : Journal of Fairy-Tale Studies 17-1, (2003), p. 58.
  • [5]
    Les éditions paraissent sans le nom de l’éditeur : Histoires ou Contes du temps passé avec des moralitéz, par le fils de M. Perreault [sic] de l’Académie françois [sic] (Amsterdam, 1697 et 1698). Dans « Mispercieved Perceptions : Perrault’s Fairy Tales and English Children’s Literature » (Children’s Literature 30 (2002), p. 4), Ruth B. Bottigheimer soutient que ces éditions pirates sont probablement publiées par Desbordes.
  • [6]
    Marie-Jeanne Lhéritier, La Tour ténébreuse et les jours lumineux […], Amsterdam, Jacques Desbordes, 1708 ; Louise d’Auneuil, Les Chevaliers errants et le génie familier, par Madame la comtesse D.L., Amsterdam, Estienne Roger, 1709 ; plusieurs ouvrages de Henriette-Julie de Murat, Marie-Jeanne Lhéritier et Louise d’Auneuil paraissent également dans les compilations Nouveaux contes des fées et Le Cabinet des fées, contenant tous leurs ouvrages en huit volumes, publiées par Estienne Roger (Amsterdam, 1711 et 1717 respectivement).
  • [7]
    Pour l’analyse de ces illustrations, voir entre autres Christophe Martin, « L’illustration du conte de fées (1697-1789) », Cahiers de l’Association Internationale des Etudes Françaises 57 (2005), p. 113-132 et Daphne M. Hoogenboezem, « Magie de l’image », art. cit., p. 19-23.
  • [8]
    « Die “Nachrichten vom spanischen Hof (1690) sowie die “Beschreibung der Reise nach Spanien” (1691) sind Reiseberichte, die von den Zeitgenossen sehr geschätzt wurden und bis ins 19. Jahrhundert als Quelle für authentische Informationen über Spanien galten. » [Les “Mémoires de la Cour d’Espagne” (1690) de même que la “Relation du voyage d’Espagne” (1691) sont des récits de voyage qui étaient très appréciés par les contemporains et ils valaient comme une source d’informations authentiques sur l’Espagne jusqu’au XIXe siècle], Roswitha Böhm, « Marie-Catherine d’Aulnoy (1650/51-1705) », in Margarete Zimmermann et Roswitha Böhm (dir.), Französische Frauen der Frühen Neuzeit, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1999, p. 229. Nous traduisons.
  • [9]
    Melvin D. Palmer et Nancy Palmer expliquent que dans l’édition de 1716, « [The] tales are drastically abridged-by about one half to two thirds, their morals are exaggerated, and many of their episodes sensationalized » (« English Editions of the French “Contes de fées” attributed to Madame d’Aulnoy », Studies in Bibliography 27 (1974), p. 229). Gabrielle Verdier affirme que le traducteur B.H. souligne les moralités en ajoutant « des sous-titres qui insistent lourdement sur la leçon qu’il faut en tirer ». De plus, il distingue d’emblée les bons et les méchants, éliminant ainsi les nuances qui risquent de faire perdre le fil. (« De Ma Mère L’Oye à Mother Goose : La fortune des contes de fées littéraires français en Angleterre », in Yves Giraud (dir.), Contacts culturels et échanges linguistiques au XVIIe siècle en France : Actes du 3e colloque du Centre International de Rencontres sur le XVIIe siècle, Paris (etc.), Papers on Seventeenth-Century Literature, 1997, p. 190-191). Christine Jones remarque, dans « Madame d’Aulnoy charms the British » (The Romanic Review 3-4 (2008), p. 247) que, dans la version anglaise, « a certain prolixity and richness of detail is eliminated, [and the] translation has been embellished with a sort of blunt morality, which types characters in a more explicit way ».
  • [10]
    Voir Daphne M. Hoogenboezem, « Madame d’Aulnoy en Angleterre. La réception des Contes des fées », Gutenberg Jahrbuch (2011), p. 252-266.
  • [11]
    Gérard Genette, Seuils, Paris, Seuil, 1987, p. 7.
  • [12]
    Louis Marin, « Préface-image. Le frontispice des Contes-de-Perrault », Europe, Revue littéraire mensuelle (novembre/décembre 1990), p. 114-122.
  • [13]
    Cette mise en page est empruntée aux emblèmes et aux fables emblématiques qui se caractérisent par la juxtaposition sur une (double) page d’une illustration ou pictura, d’un motto et d’un subscribtio. Dans les recueils de contes de Perrault et de Mme d’Aulnoy, on retrouve une structure tripartite comparable : une vignette est placée en tête de chaque conte, suivie du titre et du début de l’histoire.
  • [14]
    Seules les deux vignettes pour la nouvelle espagnole Don Fernand de Tolède et la vignette précédant le conte Le Nain jaune portent la signature de Clouzier.
  • [15]
    Pour des raisons commerciales, Barbin datait parfois ses livres d’une année ultérieure, particulièrement lorsqu’un livre paraissait relativement tard dans l’année. Voir le débat sur le site « Rare frontier », http://rarefrontier.wordpress.com/2008/11/29/les-contes-des-fees-mysteries/(20 janvier 2011). Ce qui est certain, c’est que les Contes des fées ont été réimprimés en 1698. Barbin disparaît en cette année. Parmi les stocks trouvés dans sa boutique, il y avait 32 exemplaires non reliés des Histoires ou contes du temps passé et neuf des contes de Mme d’Aulnoy (date inconnue). Mais comme l’affirme Gervais E. Reed dans Claude Barbin, Libraire de Paris sous le règne de Louis XIV (Genève-Paris, Droz, 1974, p. 46), « [Barbin] en avait fait remettre sous presse. Dans l’atelier typographique de la veuve Laurent Rondet, il y avait 500 exemplaires du second volume des contes de Mme de Murat et 350 exemplaires des premier et second volumes du recueil de Mme d’Aulnoy ».
  • [16]
    Madame d’Aulnoy, Contes, Paris, Société des Textes Français Modernes, 1997, [éd. Jacques Barchilon et Philippe Hourcade], p. xliv-xlv.
  • [17]
    Marie-Catherine d’Aulnoy, Les Contes des fées, À Paris, Chez Claude Barbin, 1698, t. I, Bibliothèque de l’Université de Colorado à Boulder, Département des Collections spéciales : PQ 1711 A85 C66 1698.
  • [18]
    « Tout ce qu’on peut dire, c’est que cette Fable [celle de Psyché] de même que la plupart de celles qui nous restent des Anciens n’ont été faites que pour plaire sans égard aux bonnes mœurs qu’ils négligeaient beaucoup. Il n’en est pas de même des contes que nos aïeux ont inventés pour leurs enfants. Ils ne les ont pas contés avec l’élégance et les agréments dont les Grecs et les Romains ont orné leurs fables ; mais ils ont toujours eu un très grand soin que leurs contes renfermassent une moralité louable et instructive », Charles Perrault, Contes, Paris, Gallimard, 1981, [éd. Jean-Pierre Collinet], p. 51.
  • [19]
    Madame d’Aulnoy, Don Fernand de Tolède, in Contes des fées, Paris, Champion, 2008, p. 581.
  • [20]
    Ibid., p. 585.
  • [21]
    Gabrielle Verdier, « Figures de la conteuse dans les contes de fées féminins », XVIIe siècle 180 (1993), p. 486.
  • [22]
    Dans Le Pigeon et la colombe, le prince Constancio, tout juste métamorphosé en pigeon, se souvient de l’histoire de l’oiseau bleu : « […] que puis-je me promettre, continua-t-il, d’une figure aussi extraordinaire que la mienne ? Me voilà pigeon : encore si je pouvois parler comme parla autrefois l’oiseau Bleu (dont j’ai toute ma vie aimé le conte) je volerois si loin & si haut, je chercherois sous tous les climats différents ma chère maîtresse, & je m’en informerois à tant de personnes, que je la trouverois, […] ». Exemple cité par Roswitha Böhm, « La participation des fées modernes à la création d’une mémoire féminine », in David Wetsel et Fréderic Canovas (dir.), Femmes au Grand siècle. Le Baroque : Musique et littérature. Musique et liturgie, Tübingen, Gunter narr Verlag, 2003, p. 126.
  • [23]
    Roswitha Böhm, « La participation des fées modernes à la création d’une mémoire féminine », art. cit., p. 126.
  • [24]
    Madame de Murat, Histoires sublimes et allégoriques, in Contes, Paris, Champion, 2006, p. 200.
  • [25]
    Elizabeth W. Harries, Twice Upon a Time, Princeton-New Jersey, Princeton University Press, 2001, p. 70.
  • [26]
    Pierre de Villiers, « Entretiens sur les contes de fées et sur quelques autres ouvrages du temps, pour servir de préservatif contre le mauvais goût » (1699), in Nathalie Rizzoni et Julie Boch [éd.], L’Age d’or du conte de fées. De la comédie à la critique (1690-1709), Paris, Champion, 2007, p. 387.
  • [27]
    Christine Jones, « The Poetics of Enchantment (1690-1715) », art. cit., p. 67.
  • [28]
    Nadine Jasmin a démontré, dans Naissance du conte féminin. Mots et merveilles : les contes de fées de Madame d’Aulnoy, Paris, Champion, 2002, que l’on retrouve des références à la mythologie antique à plusieurs niveaux allant de la métaphore jusqu’aux trames narratives de plusieurs contes de fées.
  • [29]
    Christine Jones, « The Poetics of Enchantment (1690-1715) », art. cit., p. 65-66.
  • [30]
    Joan DeJean, Tender Geographies. Women and the Origins of the Novel in France, New York, Columbia University Press, 1991, p. 44.
  • [31]
    Madame d’Aulnoy, Le Prince Lutin, in Contes des fées, Paris, Champion, 2008, p. 220.
  • [32]
    Roswitha Böhm, « La participation des fées modernes à la création d’une mémoire féminine », art. cit., p. 123.
  • [33]
    Les deux premiers tomes des Contes nouveaux ou les fées à la mode sont conservés à la Bibliothèque nationale de France : Y2-8794-8795.
  • [34]
    Jacques Barchilon a consulté un exemplaire du troisième tome, sans frontispice, appartenant à François Moureau daté de 1698. Voir Madame d’Aulnoy, Contes, Paris, Société des Textes Français Modernes, 1997, [éd. Jacques Barchilon et Philippe Hourcade], p. xlvi-xlvii.
  • [35]
    Voir Madame d’Aulnoy, Contes, Paris, Société des Textes Français Modernes, 1997, [éd. Jacques Barchilon et Philippe Hourcade], p. xlvii.
  • [36]
    Meindert Uytwerf devient membre de la guilde des libraires à La Haye en 1685. Nous ne savons pas si Uytwerf imprimait ses ouvrages lui-même. Il collabore fréquemment avec Johannes Aelberts, libraire à La Haye également. Après la mort d’Aelberts, Uytwerf se marie avec sa veuve, Johanna Steenhoven. Voir E.F. Kossmann, De boekhandel te ’s-Gravenhage tot het eind van de achttiende eeuw, ’s-Gravenhage, Martinus Nijhoff, 1937. Un inventaire des fonds d’Uytwerf manque jusqu’à présent. Parmi les ouvrages de l’éditeur ayant survécus, on trouve des manuels juridiques et historiques en langue française ou néerlandaise, mais également des ouvrages de belles-lettres.
  • [37]
    Dès le début des années 1690, Mme d’Aulnoy est connue aux Pays-Bas pour ses mémoires et récits de voyage. En 1691, le libraire Adrian Moetjens publie les Mémoires de la cour d’Espagne (rééditions en 1691 et 1692). Moetjens publie également l’Histoire de Jean de Bourbon, Prince Carency (1692). Johannes Aelberts publie l’Histoire nouvelle de la cour d’Espagne, par l’auteur des mémoires et voyage d’Espagne (1692). En 1695, Uytwerf publie les Mémoires de la cour d’Angleterre. Une première traduction néerlandaise des mémoires et voyage d’Espagne intitulé Reyse door Spaingnien, neffens memorien van desselfs hof : dienende tot een klaare kennis van de tegenwoordige gestalte van het selve, van den regeerenden koning voor en na sijn minderjarigheid… : ook veel en lesens-weerdigegevallen gedurende dese reysegehoorden by de schrijfster ondervonden, gedaan en opgestelddoor mevrouw d’Aunoy [sic], paraît chez Willem Broedelet (1695, réédition en 1696). Cette traduction montre qu’aux Pays-Bas un public vaste s’intéressait aux ouvrages de Mme d’Aulnoy.
  • [38]
    L’illustrateur anonyme a fait deux nouvelles vignettes pour l’édition Uytwerf. Elles introduisent les contes La Princesse Printanière et La Princesse Rosette. Or l’imprimeur a confondu les deux images. Par conséquent la vignette pour la première histoire paraît en tête de la seconde et vice-versa. La vignette pour le premier conte représente le roi, la reine et les nourrices qui observent la fée Carabosse qui arrive dans son chariot poussé par deux nains. Celle qui illustre le deuxième conte représente la princesse Rosette qui vient d’être libérée de la tour par ses deux frères. Elle indique un paon qui fait la roue. Peut-être que les vignettes originales étaient trop usées pour bien distinguer les scènes. L’illustrateur a visiblement essayé d’intégrer les nouvelles images dans l’iconographie du recueil. Il copie certains motifs de Clouzier. Ainsi le parasol et les deux esclaves dans l’illustration pour La Princesse Rosette semblent être inspirés par la gravure introduisant le conte La Belle aux cheveux d’or. Ces éléments ne paraissent point dans le texte des contes.
  • [39]
    Gabrielle Verdier, « Figures de la conteuse », art. cit., p. 489.
  • [40]
    Georges Védier, Origine et évolution de la dramaturgie néo-classique, Paris, Presses Universitaires de France, 1955, p. 14-15.
  • [41]
    Georges Banu, Le Rideau ou la fêlure du monde, Paris, Adam Biro, 1997, p. 8.
  • [42]
    Christine Jones, « The Poetics of Enchantment (1690-1715) », art. cit., p. 67.
  • [43]
    Gabrielle Verdier, « Figures de la conteuse », art. cit., p. 485.
  • [44]
    Roswitha Böhm, « La participation des fées modernes à la création d’une mémoire féminine », art. cit., p. 127.
  • [45]
    Gabrielle Verdier, « Figures de la conteuse », art. cit., p. 489.
  • [46]
    Elizabeth W. Harries, Twice Upon a Time, op. cit., p. 72.
  • [47]
    Les contes de Mailly sont publiés de manière anonyme. Dès 1698, Uytwerf attribue le recueil à Mme d’Aulnoy. Par la suite, la collection est souvent attribuée à la conteuse en France comme à l’étranger.
  • [48]
    Madame d’Aulnoy, Gracieuse et Percinet, in Contes des fées, Paris, Champion, 2008, p. 111.
  • [49]
    Roswitha Böhm, « Lire au XVIIe siècle : la magie du livre dans les contes de fées de Madame d’Aulnoy », in Angelica Rieger et Jean-François Tonard (dir.), La Lecture au féminin/Lesende Frauen, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1999, p. 142.
  • [50]
    Voir Claude Dulong, « From Conversation to Creation », in Nathalie Zemon Davis et Arlette Farge (dir.), A History of Women in the West, Renaissance and Enlightenment Paradoxes, Cambridge, Massachusetts, Londres, The Belknap Press of Harvard University Press, 1994, p. 397.
  • [51]
    Olwen Hufton, The Prospect Before Her. A History of Women in Western Europe, vol. 1, 1500-1800, Londres, Harper Collins, 1995, p. 428.
  • [52]
    Dans « Virgins and Mothers Between Heaven and Earth » (A History of Women in the West, 132-166 ici 163), Elisja Schulte van Kessel décrit les réactions provoquées par l’avidité d’apprendre des klopjes : « Their thirst for learning provoked not fear but mirth, however, reminding Catholics as well as Protestants of the jokes about Précieuses and savantes, women who affected all the latest in refinement and learning. »
  • [53]
    Jean de La Fontaine, Le Bûcheron et Mercure, in Fables, Livres I à VII, Paris, Gallimard, 1974, [éd. Jean-Pierre Collinet], p. 166.
  • [54]
    Paul J. Smith, « Fables ésopiques et contes de fées : l’imitation différentielle dans les frontispices », Relief 4-2 (2010), p. 27-52 (www.revue-relief.org).
  • [55]
    Charles Perrault, Contes, op. cit., p. 49.
  • [56]
    Mademoiselle Lhéritier, « Œuvres mêlées », in Mademoiselle Lhéritier, Mademoiselle Bernard, Mademoiselle de La Force, Madame Durand, Madame d’Auneuil, Contes, Paris, Champion, 2005, p. 91.
  • [57]
    Roswitha Böhm, « La participation des fées modernes à la création d’une mémoire féminine », art. cit., p. 121 : « la critique de la société prend dans bon nombre de contes une dimension politique plus globale. En dessinant un tableau précis de la cour, l’auteur dénonce à la fois ses intrigues aux effets dévastateurs et les décisions arbitraires des souverains royaux. »
  • [58]
    Nous le trouvons d’abord dans Les Illustres fées, contes galants dédiés aux Dames, Par Madame D***, À La Haye, Chez Meindert Uytwerf, 1698. Puis, dans Les Contes des fées, Par Madame D***, Auteur des Mémoires et Voyage d’Espagne, À Amsterdam, Aux dépens d’Estienne Roger, 1708. On emploie une copie assez maladroite et inversée, entre autres dans Les Contes des fées, Par Madame D***, Auteur des Mémoires & Voyage d’Espagne, À Amsterdam, Aux dépens de M. Charles le Cène, 1726.
  • [59]
    Ce frontispice paraît entre autres dans les éditions suivantes : Nouveaux contes des fées, Par Madame D*** Auteur des Mémoires et Voyage d’Espagne, À Amsterdam, Chez Pierre Mortier [1710] ; Les Fées. Contes des contes, Par Mademoiselle de *** [La Force], À Amsterdam, Chez Pierre Mortier, [1710] ; Les Illustres fées, Contes galants dédiés aux Dames par Madame D***, seconde édition corrigée de plusieurs fautes, À Amsterdam, Chez Estienne Roger, 1710. Des copies de ce frontispice sont employées dans la compilation en six volumes Nouveaux contes des fées (t. I), À Amsterdam, Chez Estienne Roger, 1711, dans la réédition de 1725 et dans Le Cabinet des fées, contenant tous leurs ouvrages en huit volumes (t. VII), À Amsterdam, chez Estienne Roger, 1717.
  • [60]
    Elise Goodman, The Cultivated Woman : Portraiture in Seventeenth-Century France, Tübingen, Gunter Narr Verlag, 2008.
  • [61]
    Madame de Murat, Anguillette, in Contes, op. cit., p. 86.
  • [62]
    Roswitha Böhm, « La participation des fées modernes à la création d’une mémoire féminine », art. cit., p. 123-124.
  • [63]
    Nina Geerdink, « The Appropriation of the Genre of Nuptial Poetry by Katharina Lescailje (1649-1711) », in Anke Gilleir, Alicia C. Montoya, Suzan van Dijk (dir.), Women Writing Back/ Writing Women Back. Transnational Perspectives from the Late Middle Ages to the Dawn of the Modern Era, Leiden, Brill, Intersections, Interdisciplinary Studies in Early Modern Culture 16 (2010), p. 168-169.
  • [64]
    Paul J. Smith, « Fables ésopiques et contes de fées », art. cit., p. 43.
  • [65]
    Elizabeth W. Harries, « Fairy Tales about Fairy Tales : Notes on Canon Formation », in Nancy L. Canepa (dir.), Out of the Woods. The Origin of the Literary Fairy Tale in Italy and France, Détroit, Wayne State University Press, 1997, p. 161.
  • [66]
    Le frontispice a été réemployé entre autres dans Nouveaux contes des fées, Par Madame D*** Auteur des Mémoires et Voyage d’Espagne, À Amsterdam, Chez Estienne Roger, 1708 et dans la compilation en huit volumes, Le Cabinet des fées (t. IV), À Amsterdam, Chez Estienne Roger, 1717. Une copie non signée du frontispice est employée dans la compilation en six volumes Nouveaux contes (t. II), À Amsterdam, Chez Estienne Roger, 1711 et dans la réédition de cette série datant de 1725.
  • [67]
    Roswitha Böhm, Wunderbares Erzählen. Die Feenmärchen der Marie-Catherine d’Aulnoy, Göttingen, Wallstein, 2003, p. 34.
  • [68]
    Pierre Commelin, Mythologie grecque et romaine, Paris, Dunod, 1995, p. 363.
  • [69]
    Paul J. Smith, « Fables ésopiques et contes de fées », art. cit., p. 46.
  • [70]
    Ovide, Métamorphoses (XI-XV), Paris, Les Belles Lettres, 1957, XIV, [éd. Georges Lafaye], vers 152-153.
  • [71]
    Marina Warner, From the Beast to the Blonde. On Fairy Tales and their Tellers, Londres, Vintage, 1995, p. 11.
  • [72]
    Joan DeJean, Tender Geographies, op. cit., p. 66 : « In the context of seventeenth-century women’s writing, Lafayette’s masterpiece can be seen as both a miniaturization of Scudéry’s précieuse epic and a continuation of the recurrent debates of the salon era — on, for example marriage, inconstancy, the necessity of a lover’s discretion. Lafayette demonstrated that if women no longer ruled over armed camps and fortified places, or even over their private fortresses in the salons, they had won definitive control over a literary territory. The ultimate women’s space in seventeenth-century France is the modern novel, a construct, as the theoretician Huet saw as early as 1670, entirely of their creation, a product of the determination of several generations offemmes fortes to conquer a permanent domain. »
  • [73]
    Christine Jones, « The Poetics of Enchantment (1690-1715) », art. cit., p. 65.
  • [74]
    Dans son article fondateur, « Figures de la conteuse » (p. 486), Verdier remarque que « [le] singe rappelle l’héroïne d’un autre conte, Babiole, la jolie guenon “raisonnante” qui répondait “comme une sibylle à cent questions spirituelles et savantes” ». Harries soutient que le singe, pendant du chat domestique de Perrault, donne une touche exotique au frontispice (« Fairy Tales about Fairy Tales », art. cit., p. 159). Roswitha Böhm reprend ces interprétations de la scène dans Wunderbares Erzählen, op. cit., p. 34. Christine Jones (« The Poetics of Enchantment », art. cit., p. 64-65), souligne le rôle métadiscursif du singe : « It has been imported into this scene of storytelling to alter the way we are able to look at it. […] More important, though, since it mirrors the child’s posture and provides an intertextual link [to Babiole], the monkey is a sign of imitation. It may well be the key to the relationship between the child and the woman as well, which can be read as a different kind of imitation. The posture of the child is so similar to that of the woman, who is also seated, that the child seems to represent the woman, perhaps her imagination, which is the source of her tales. The intimate relationship between child and monkey, which recalls the image of God and man, itself refers to an act of creation ». Puis Paul Smith soutient que le singe fait penser « aux singes “métadiscursifs” que nous avons rencontrés dans les frontispices des fabliers traditionnels, et qui invitent le lecteur (représenté par la jeune fille à gauche qui regarde attentivement le jeu entre cupidon et le singe) à tirer une leçon des histoires amoureuses que sont les contes de Mme d’Aulnoy. Il est également possible que le singe symbolise tout simplement la création artistique, qui procède par mimésis : il évoque ici l’image traditionnelle de l’artiste, “singe” de la nature. » (« Fables ésopiques et contes de fées », art. cit., p. 47).
  • [75]
    À savoir le frontispice de l’exemplaire de la Bancroft Library, University of California, Berkeley. Voir Elizabeth W. Harries, Twice Upon a Time, op. cit., p. 53.
  • [76]
    Roswitha Böhm, « La participation des fées modernes à la création d’une mémoire féminine », art. cit., p. 126.

Dès le début de la vogue du conte de fées littéraire en France, à la fin du XVIIe siècle, commence un débat intertextuel sur la définition du nouveau genre. La vision des auteurs se dessine à travers un jeu de références dans lequel, outre le texte, les illustrations jouent un rôle important. Dans le célèbre recueil de Charles Perrault, Histoires ou contes du temps passé, le texte aussi bien que les images contribuent à la mise en scène d’une vision populaire du conte de fées. Le style relativement simple du texte mime le langage de la conteuse populaire représentée au frontispice, tandis que la composition délibérément naïve et la facture rustique des vignettes (visible notamment dans l’épaississement du trait) rappellent les gravures sur bois des éditions populaires de la Bibliothèque bleue. Ainsi, Perrault donne à son recueil le ton et l’apparence d’un livre ancien ou populaire.
Tandis que ce dernier emploie le texte aussi bien que les illustrations afin d’associer son recueil de contes au folklore, la salonnière Marie-Catherine d’Aulnoy souligne le caractère littéraire de ses contes de fées. Quelques mois seulement après la publication de la première édition imprimée des contes de Perrault, elle publie deux recueils de contes, Les Contes des fées (1697) et Les Contes nouveaux ou les fées à la mode (1698). Les textes de ses deux collections sont plus longs et plus complexes. Dans le récit-cadre de la première collection, dit Récit de Saint-Cloud, Mme d’Aulnoy met en scène non pas une conteuse populaire comme Perrault, mais une aristocrate, Madame D***, remplaçante de la conteuse elle-même…


Date de mise en ligne : 18/10/2024

https://doi.org/10.3917/herm.zygel.2014.01.0107

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