L’œuvre d’art, un passage accompli ?
- Par Jean Reboul
Pages 153 à 166
Citer ce chapitre
- REBOUL, Jean,
- Reboul, Jean.
- Reboul, J.
Citer ce chapitre
- Reboul, J.
- Reboul, Jean.
- REBOUL, Jean,
Notes
-
[1]
J.‑A. Miller, L’inconscient et le corps parlant, présentation du thème du Xe congrès de l’amp, Rio de Janeiro, 2016.
-
[2]
P. Martin, « Chaque femme est une œuvre d’art de Jean Reboul », non publié.
-
[3]
J. Reboul, Nés du vent, Nîmes, Lucie éditions, 2011.
-
[4]
J. Reboul, Kaoru, une écriture concertante venue du ciel, livre cd, avec Joëlle Faye, Nîmes, Lucie éditions, 2010.
-
[5]
A. Malraux, « Préface », dans L’irréel, Paris, Gallimard, 1983, p. V.
-
[6]
J. Lacan, Le Séminaire, Livre XX (1972-1973), Encore, Paris, Le Seuil, 1975.
-
[7]
G. Seyeux, « Une bioéthique nommée désir. Arts et lettres », La cause freudienne, n° 75, 2010.
-
[8]
F. Leguil, « L’art du symptôme rejoint le discours poétique », interview de Jean Reboul, Événement, La lettre mensuelle, revue des acf, n° 293, décembre 2010.
-
[9]
É. Bernard, Souvenirs sur Paul Cézanne, Saint-Clément-de-Rivière, Fata Morgana, A Fontfroide, Bibliothèque artistique et littéraire, l’an MMXIII, 1981.
-
[10]
H. de Balzac, Le chef-d’œuvre inconnu, illustration de Picasso, vol. 1294 de la collection « Les peintres du livre », 1966, p. 83.
-
[11]
M. Eigeldinger, Slatkine Reprints, Genève, 1988.
-
[12]
J. Berger, « La boîte noire de Paul Cézanne », Le Monde, 17 décembre 2011.
-
[13]
H. de Balzac, La cousine Bette. Ce qui fait les grands artistes, effets de la lune de miel dans les arts, Paris, gf Flammarion, 2015, p. 308-316.
-
[14]
H. de Balzac, Le chef-d’œuvre inconnu, illustrations de P. Picasso, Paris, Les Peintres du livre, 1966.
-
[15]
L. Freud, Quelques réflexions sur la peinture, Paris, Éditions du Centre Pompidou, 2010.
L’art ne s’arrête pas à une apaisante fonction, à la sublimation d’une pulsion. Il est production d’inattendu, de surprise, de surgissement, d’élan de vie. Il ne m’est jamais venu à l’esprit qu’il puisse apporter quelque chose d’utile à la clinique. Il n’y a pas d’art-thérapie. L’art n’est pas dans le champ de l’utilitarisme mais dans ce qui lui échappe. Il est, pour moi-même, une expression respectueuse du dévoilement du secret qui ouvre les espaces de l’inaccessible des œuvres humaines.
Dès le début de ma pratique, l’intérêt que je portais à l’art et à la clinique grandissait, pour chacun, en même temps. Je parlais volontiers de l’art du symptôme en tant que métaphore, avec effets de sens. Mais j’ignorais encore que les artistes font de l’art avec leur symptôme. Aujourd’hui, Jacques-Alain Miller ouvre un espace nouveau pour ma réflexion quand il introduit la notion d’escabeau à côté du symptôme. Ce mot qu’il emprunte, dit-il, à Joyce le symptôme : « Il s’agit de la sublimation freudienne, mais à son croisement avec le narcissisme […] L’escabeau est la sublimation, mais en tant qu’elle se fonde sur le je ne pense pas premier du parlêtre. Qu’est-ce que c’est que je ne pense pas ? C’est la négation de l’inconscient par quoi le parlêtre se croit maître de son être. Et avec son escabeau, il ajoute à cela qu’il se croit un maître beau. Ce qu’on appelle la culture n’est pas autre chose que la réserve des escabeaux dans laquelle on va puiser de quoi se pousser du col et faire le glorieu…
Date de mise en ligne : 09/09/2019
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
13,99 €
Acheter ce chapitre
4,00 €