Chapitre d’ouvrage

VIII

Film noir (William Wyler)

Pages 55 à 60

Citer ce chapitre


  • Vauday, P.
(2025). Film noir (William Wyler) Dans le noir (p. 55-60). Hermann. https://shs.cairn.info/dans-le-noir--9791037043993-page-55?lang=fr.

  • Vauday, Patrick.
« Film noir (William Wyler) ». Dans le noir, Hermann, 2025. p.55-60. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/dans-le-noir--9791037043993-page-55?lang=fr.

  • VAUDAY, Patrick,
2025. Film noir (William Wyler) In : Dans le noir. Paris : Hermann. Hors collection, p.55-60. URL : https://shs.cairn.info/dans-le-noir--9791037043993-page-55?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Hitchcock, Alfred, Truffaut, François, Hitchcock/Truffaut, Paris, Ramsay, 1983, p. 231.
  • [2]
    Ce détail inspirera l’adaptation française, par Marc-Gilbert Sauvajon, de Desperate hours, la pièce de Joseph Hayes, dont est tiré le film de Wyler, sous le titre Le vélo devant la porte (1959).
  • [3]
    Dans un remake du film par Michael Cimino (Desperate hours, 1990), le personnage de Michael Bosworth (Mickey Rourke), alias Glenn Griffin (Humphrey Bogart) dans l’original de William Wyler, le meneur du trio de gangsters, tient un propos qui me paraît aller dans le sens de mon interprétation : « le mensonge est le grand péché qui détruit l’Amérique. Et je suis un reproche vivant pour vous car je suis un honnête homme ». Entre autres choses, Michael Cimino ajoute au film de Wyler la profondeur de la grande nature américaine et amérindienne en contraste avec le confinement de la famille moyenne américaine.

Le film noir trouve dans la salle de cinéma son milieu d’élection ; plongée dans l’obscurité, le public retenant son souffle, balayé par des flashs intermittents de lumière émis par le grand écran au gré des péripéties de l’action, elle en prolonge les lignes de fuite, voiture étincelante filant à toute allure dans une avenue déserte, embardées et crissement des pneus, personnages et lieux aux ombres démesurément agrandies à la dimension d’une moderne légende, dont le chef-d’œuvre accompli est à mes yeux La soif du mal de Orson Wells. Quand bien même le film noir a pris des couleurs, le genre porte pour toujours la marque du noir et blanc qui en fait la matière inextricablement esthétique et éthique. Pour preuve un film de William Wyler qui, s’il n’atteint pas la sombre perversité du film d’Orson Welles, n’en présente pas moins un bon exemple de ce que le film noir apporte au cinéma, rien de moins, quand il est réussi, que la mise en scène et en drame des ressorts d’une société. Si le choix de ce film, Desperate hours (en français, La Maison des otages, 1955) a de quoi surprendre au regard de tant et tant de films noirs qui comptent dans l’histoire du cinéma, il se motive de présenter une situation qui n’est pas sans analogie avec celle du spectateur de cinéma qui se trouve, en quelque sorte, pris en otage par le film dont Hitchcock a montré qu’il relève autant de ce qu’il appelait « une direction du spectateur » que d’une direction d’acteurs. Il convient d’ajouter qu’il n’est pas de bons films noirs qui ne portent en eux une certaine indétermination concernant la frontière séparant le noir et le blanc, les mauvais gangsters et les bons et honorables citoyens, comme c’est le cas, me semble-t-il, dan…


Date de mise en ligne : 30/10/2025

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