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1 - Croissance et politique économique : l’approche de la croissance d’inspiration keynésienne analyse et thérapeutique anti-crise

Pages 31 à 60

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  • Rosier, B.
(1984). 1 - Croissance et politique économique : l’approche de la croissance d’inspiration keynésienne analyse et thérapeutique anti-crise. Croissance et crise capitalistes (2e éd., p. 31-60). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/croissance-et-crise-capitalistes--9782130385592-page-31?lang=fr.

  • Rosier, Bernard.
« 1 - Croissance et politique économique : l’approche de la croissance d’inspiration keynésienne analyse et thérapeutique anti-crise ». Croissance et crise capitalistes, Presses Universitaires de France, 1984. p.31-60. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/croissance-et-crise-capitalistes--9782130385592-page-31?lang=fr.

  • ROSIER, Bernard,
1984. 1 - Croissance et politique économique : l’approche de la croissance d’inspiration keynésienne analyse et thérapeutique anti-crise. In : Croissance et crise capitalistes. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Économie en liberté, p.31-60. URL : https://shs.cairn.info/croissance-et-crise-capitalistes--9782130385592-page-31?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Exergue : Joan ROBINSON, Hérésies économiques, Paris, Calmann-Lévy, 1972 (trad. Basic Books, 1971), p. 229.
  • [2]
    La fin du laissez-faire (1926), dans Essais sur la monnaie et l’économie, Paris, Payot, 1971 (trad.).
  • [3]
    Il écrit en réalité « coût de production ».
  • [4]
    Théorie générale, op. cit. (Bibliographie), p. 10.
  • [5]
    Alain BARRÈRE (1983), op. cit. (Bibliographie), p. 39-40, alors que l’analyse néo-classique décrit « une économie réelle d’échange en équilibre à monnaie neutre ». A l’économie du certain, Keynes oppose l’économie de l’incertitude (ibid., p. XII).
  • [6]
    Rappelons qu’il s’agit du taux d’actualisation qui annule le bénéfice actualisé d’un investissement.
  • [7]
    Dans ses « Notes sur le cycle économique » (Théorie générale, liv. IV, chap. XXII) dont sont extraits les quelques citations ci-dessous.
  • [8]
    - D’après A. NICOLAI, Comportement économique et structures sociales, Paris, P.U.F., 1960. Pour une critique, voir également Ch. BETTELHEIM, Revue d’Economie politique, 1949.
  • [9]
    An essay on dynamic theory, Economic Journal, 1939 ; sauf indication contraire, toutes les citations sont extraites de cet article.
  • [10]
    Principe dû à Aftalion (1908) dont la dénomination est incorrecte puisqu’il fait intervenir non une accélération, mais une vitesse.
  • [11]
    A. BARRÈRE (1952), op. cit., p. 70.
  • [12]
    En effet, on peut écrire : ΔI/I = s/ν = sΥ/υΥ = S/νΥ = I/νΥ à l’équilibre et comme I = νΔΥ, on a bien ΔI/I : ΔΥ/Υ.
  • [13]
    Revue économique, 1955, p. 358.
  • [14]
    L’économiste américain E.-D. DOMAR a développé en 1946 (Capital Expansion, Rate of Growth and Employment, Econometrica, 1946) une analyse qui s’inspire de celle de Harrod mais en l’appauvrissant puisque si l’investissement y conserve un rôle essentiel (avec son effet de revenu et son effet de capacité), il n’est plus relié aux anticipations sur la demande effective (élément central de l’analyse keynésienne), la fonction d’investissement disparaissant d’ailleurs (comme la question du plein-emploi). Il est donc, selon nous, abusif de parler, comme cela est fréquent, de « modèle de Harrod-Domar ».
  • [15]
    Respectivement dans Review of Economic and Statistics, 1939, et dans A Contribution to the Theory of Trade Cycle.
  • [16]
    Introduit en 1933, dans un article original en polonais, publié en 1935 dans la Revue d’Economie politique et dans Econometrica.
  • [17]
    On peut d’ailleurs, comme le fait H. Denis, rapprocher la condition d’équilibre du schéma de la reproduction élargie de Marx de la condition keynésienne. En effet, pour Marx, on doit avoir (chap. IV) : c1 + ν1 + m1 — c1 + c2 + Υ(m1 + m1), c’est-à-dire : Investissement brut dans l’économie = épargne brute.
  • [18]
    Joan ROBINSON était professeur à l’Université de Cambridge où elle enseigna de 1931 à 1980. Son principal ouvrage est The Accumulation of Capital (1956, trad. fr., Dunod, 1972). Egalement professeur à Cambridge, Nicholas KALDOR, aujourd’hui Lord Kaldor, conseiller des gouvernements travaillistes, est surtout connu pour deux importants articles : Alternative Theories of Distribution (1955) et A Model of Economie Growth (1957) (voir Bibliographie) qui lient théorie de la croissance et théorie de la répartition. Luigi Pasinetti, le plus célèbre des « italo-cambridgiens » s’est fait connaître surtout par son Théorème de 1962 (infra) et par sa formalisation rigoureuse du« modèle » ricardien (infra, chap. 3) puis par un modèle plurisectoriel de croissance (1965). Il est aujourd’hui professeur à l’Université de Florence. Très influente dans les années 1950 et 1960, l’Ecole a aujourd’hui largement essaimé.
  • [19]
    Mickal KALECKI, économiste polonais de grande notoriété, passe toute la période de guerre en Angleterre. Son ouvrage le plus connu est Théorie de la dynamique économique, op. cit. (supra). Pour Kalecki, l’investissement, sa variable centrale, dépend du taux de profit escompté qui lui-même dépend du taux de profit actuel qui, à son tour, reflète des décisions passées.
  • [20]
    Piero SRAFFA (1898-1983), économiste italien installé à Cambridge, éditeur des Œuvres complètes de RICARDO ; son œuvre la plus importante, Production de marchandises par des marchandises, (1960) (voir Bibliographie), a eu une grande influence précisément parce qu’elle apporta une réponse au problème de l’interdépendance de la théorie des prix et de la théorie de la répartition.
  • [21]
    L’étude ici sera conduite sur la base des Essays in the Theory of Economic Growth, de Joan ROBINSON (1962) : le § A est un résumé du premier essai, complété par un certain nombre d’explicitations formalisées. Le § B est écrit d’après le deuxième essai. Sur l’Ecole, voir Nouvelle Critique de l’économie politique (Bibliographie).
  • [22]
    Taux de profit et non taux d’intérêt car, quel que soit ce dernier, le coût d’opportunité d’un investissement donné est, du point de vue de la firme, le taux de profit possible sur d’autres investissements.
  • [23]
    On touche ici une idée fondamentale des économistes de Cambridge ; une quantité de capital ne peut être évaluée indépendamment du taux de profit que contiennent les prix des biens qui le constituent. La valeur d’un stock de capital varie donc nécessairement avec les variations du taux de profit d’où l’impossibilité de déterminer le taux de profit à partir de la productivité marginale du capital (voir chap. II, section 3).
  • [24]
    Essays..., op. cit., p. 12.
  • [25]
    Hérésies économiques, op. cit., p. 192.
  • [26]
    Cette citation et les suivantes : Essays..., op. cit., p. 13-15.
  • [27]
    Op. cit., p. 37.
  • [28]
    A new model of economic growth, Review of economic studies, june 1962.
  • [29]
    Cette citation et la suivante ainsi que le diagramme : op. cit., p. 47-48.
  • [30]
    A model of economic growth, The Economic Journal, décembre 1957.
  • [31]
    Ce qui suit s’inspire de H. DENIS, Histoire de la pensée économique, Paris, P.U.F., P. 719-732 (éd. 1967).
  • [32]
    H. DENIS, op. cit., p. 731.
  • [33]
    Review of Economic Studies, 1962. Les citations en sont extraites.
  • [34]
    Toutefois, ainsi que Meade, puis Samuelson et Modigliani l’ont fait remarquer, si sw est suffisamment élevé, il n’existe aucun sentier de croissance balancé à deux classes. Le seul sentier de croissance balancé n’a que des travailleurs et pas de capitalistes (Review of economic studies, oct. 1966).
  • [35]
    The Economic Journal, 1957, p. 618-621.
  • [36]
    En ce qui concerne d’autres aspects et certains prolongements des travaux de l’Ecole de Cambridge, voir également ci-après au chap. II, section 3.
  • [37]
    Ph. HERZOG souligne également ce fait, Revue économique, 1970, p. 237.

Née de la crise, recherchant les moyens de relance de l’activité économique, la problématique de Keynes est centrée sur les problèmes de courte période. Et c’est à transposer cette approche aux problèmes de la période longue que ses premiers disciples se sont consacrés, jetant ainsi les bases de la « Théorie de la croissance ». Pour eux, comme pour Keynes, l’équilibre régulier de plein-emploi est un objectif que le capitalisme ne peut qu’occasionnellement atteindre dans son développement. On le verra en étudiant le modèle de Harrod qui joue ici un rôle de référence essentiel et dégage la fonction nécessaire de la politique économique pour réguler la croissance. Il mérite de ce fait un examen attentif qui permettra de mieux situer les développements ultérieurs, en particulier ceux de l’Ecole de Cambridge qui met en évidence l’effet régulateur que peuvent jouer les mouvements de la répartition du revenu.
L’œuvre de Keynes (1883-1946), professeur d’économie politique à Cambridge, conseiller du gouvernement puis gouverneur de la Banque d’Angleterre, est le fruit d’une réflexion sur le chômage et la crise économique la plus grave qu’ait connue le capitalisme, et d’une critique de la politique économique des gouvernements conservateurs qui ne fait qu’amplifier la crise (ainsi de la baisse du salaire destinée à réduire le coût des exportations mais qui diminue la demande intérieure).
Dans son premier grand livre, le Traité de la monnaie (1930), Keynes cherche précisément à éclairer la question des dépressions…


Date de mise en ligne : 21/04/2020

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