Le poison du philosophisme
- Par Claude Quétel
Pages 19 à 32
Citer ce chapitre
- QUÉTEL, Claude,
- Quétel, Claude.
- Quétel, C.
Citer ce chapitre
- Quétel, C.
- Quétel, Claude.
- QUÉTEL, Claude,
Sur l’île heureuse d’Utopie, tout est harmonie, égalité et justice. Coupés du reste du monde, les Utopiens ne possèdent rien en propre mais « tous sont riches et partagent en commun le joyeux festin de la vie ». Il n’y a pas de noblesse. Chacun porte un vêtement identique. Les maisons « s’ouvrent d’une poussée de main et se referment de même, laissant entrer le premier venu. Il n’est rien là qui constitue un domaine privé ». Pas de luxe, pas de superstition, pas de jeux de hasard, pas de guerres ou alors seulement pour se défendre ou pour « le bien de l’humanité ». La culture est accessible à tous et une grande partie de la journée est consacrée aux loisirs car, tout de même, il y a des esclaves chargés des travaux les plus pénibles.
Quand il publie son Utopia en 1516, Thomas More rêve-t-il d’un monde meilleur ou se moque-t-il ? U-topia, « le lieu qui n’est pas… ». Utopus a autrefois conquis Abraxas, une terre rattachée au continent qu’il a transformée en une île inaccessible après avoir métamorphosé sa population grossière et sauvage en un peuple surpassant tous les autres en civilisation. Or, dans l’Éloge de la folie, paru cinq ans auparavant et qu’Érasme a justement dédié à Thomas More, Abraxas est le nom de la capitale des fous. Les deux œuvres, comme les deux auteurs, se rejoignent dans une ironie pessimiste devant le spectacle du monde. Utopia n’est pas une nouvelle Arcadie, pays du bonheur calme et serein, mais une République absurde, un « monde à l’envers » dont le thème fleurit dans l’iconographie d…
Date de mise en ligne : 25/08/2020
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
14,99 €