Annexe 1. Programme de Gotha (1875)
Pages 81 à 83
Citer ce chapitre
- MARX, Karl,
- DAYAN-HERZBRUN, Sonia
- et DUCANGE, Jean-Numa,
- Marx, Karl.,
- et al.
- Marx, K.,
- Dayan-Herzbrun, S.
- et Ducange, J.-N.
- K. Marx,
- Traduit de l’allemand par S. Dayan-Herzbrun
- et J. Ducange
https://doi.org/10.3917/edso.marx.2008.01.0081
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- Marx, K.,
- Dayan-Herzbrun, S.
- et Ducange, J.-N.
- K. Marx,
- Traduit de l’allemand par S. Dayan-Herzbrun
- et J. Ducange
- Marx, Karl.,
- et al.
- MARX, Karl,
- DAYAN-HERZBRUN, Sonia
- et DUCANGE, Jean-Numa,
https://doi.org/10.3917/edso.marx.2008.01.0081
Notes
-
[1]
D’après Dieter Fricke, Handbuch zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung1869 bis 1917, Dietz, Berlin (Est), 1987, tome 1, p. 149 et 150. Ce texte a été adopté au Congrès de Gotha.
I
1 Le travail est la source de toute richesse et de toute civilisation, et, comme il n’y a de travail utile possible que dans la société et par la société, le produit intégral du travail appartient à la société, c’est-à-dire à tous ses membres, tous devant participer au travail, par droit égal, chacun recevant selon ses besoins raisonnables. [1]
2 Dans la société actuelle, les moyens de travail sont le monopole de la classe capitaliste ; la dépendance qui en résulte pour la classe ouvrière est la source de la misère et de l’asservissement sous toutes ses formes.
3 L’émancipation du travail exige de transformer les moyens de travail en bien commun de la société, et de régler l’ensemble du travail sur un mode coopératif, avec répartition équitable de l’apport du travail.
4 L’émancipation du travail doit être l’œuvre de la classe ouvrière, en face de laquelle toutes les autres classes ne forment qu’une masse réactionnaire.
II
5 Partant de ces principes, le Parti ouvrier socialiste d’Allemagne aspire, par tous les moyens légaux, à l’État libre et à la société socialiste : à la destruction de la loi d’airain des salaires par l’abolition du système du travail salarié, à la suppression de l’exploitation sous toutes ses formes, à l’élimination de toute inégalité sociale et politique.
6 Le Parti ouvrier socialiste d’Allemagne, bien qu’il agisse tout d’abord dans le cadre national, a conscience du caractère international du mouvement ouvrier, et il est résolu à remplir tous les devoirs qui incombent de ce fait aux travailleurs pour faire une réalité de la fraternisation de tous les êtres humains.
7 Le Parti ouvrier socialiste d’Allemagne réclame, pour amorcer la solution de la question sociale, l’établissement de coopératives socialistes de production avec l’aide de l’État sous le contrôle démocratique du peuple travailleur. Les coopératives de production, dans l’industrie et l’agriculture, doivent être créées en assez grand nombre, pour qu’en résulte l’organisation socialiste de l’ensemble du travail.
8 Le Parti ouvrier socialiste d’Allemagne exige, comme fondement de l’État:
- Suffrage universel, égal, direct, secret et obligatoire, pour tous les citoyens à partir de 20 ans, à toutes les élections ou consultations nationales et locales. Le jour de l’élection ou de la consultation devra être un dimanche ou un jour férié.
- Législation directe par le peuple. Décisions concernant la guerre ou la paix prises par le peuple.
- Possibilité d’une mobilisation générale, armée populaire au lieu d’une armée permanente.
- Abrogation de toutes les lois d’exception, en particulier les lois sur la presse, les associations et les rassemblements, et en général de toutes les lois qui limitent la liberté d’expression, la liberté de pensée et de chercher.
- Justice rendue par le peuple. Gratuité de la justice.
- Éducation du peuple par l’État, générale et la même pour tous. École obligatoire pour tous. Instruction gratuite dans tous les établissements scolaires. La religion déclarée chose privée.
9 Le Parti ouvrier socialiste d’Allemagne exige, dans les conditions sociales actuelles :
- La plus grande extension possible des droits et des libertés politiques, dans le sens des revendications précitées.
- Un impôt unique et progressif sur le revenu pour l’État et les communes, à la place de tous les impôts existants, en particulier des impôts indirects qui pèsent sur le peuple.
- Droit illimité de coalition.
- Journée de travail normale en rapport avec les besoins de la société. Interdiction du travail du dimanche.
- Interdiction du travail des enfants ainsi que de tout travail des femmes qui porte préjudice à la santé et à la moralité.
- Lois protégeant la vie et la santé des travailleurs. Contrôle sanitaire du logement des ouvriers. Surveillance des fabriques, des ateliers artisanaux et du travail à domicile par des fonctionnaires élus par les ouvriers. Une loi efficace sur la responsabilité civile.
- Réglementation du travail dans les prisons.
- Administration pleinement autonome de toutes les caisses ouvrières d’assistance et de secours mutuel.