Lettres 1856-1859
Pages 273 à 564
Citer ce chapitre
- DE TOCQUEVILLE, Alexis,
- De Tocqueville, Alexis.
- De Tocqueville, A.
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- De Tocqueville, A.
- De Tocqueville, Alexis.
- DE TOCQUEVILLE, Alexis,
Notes
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[1]
« À propos du concours agricole. L’agriculture et la paix », paru dans la Revue des Deux Mondes, juin 1856, seconde quinzaine, p. 832-858.
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[2]
Constatant, après la conclusion de la paix, que l’agriculture est « ce qui a le plus langui depuis deux ans », Lavergne souhaite qu’elle retrouve les bras qui lui ont manqué à cause de la guerre et appelle à ralentir les travaux extraordinaires de la capitale pour ne pas priver certaines régions de leur main-d’œuvre. Il souligne les besoins en capitaux de l’agriculture et la nécessité de « l’instruction spéciale ». C’est dans la conclusion de l’article qu’il oppose la nature factice de ce qu’on devine être le bois de Boulogne au monde idéal d’une nature nourricière mise en valeur par le travail de l’homme : « Quand il m’arrive de fermer les yeux pour rêver un monde idéal, je ne vois pas un lac artificiel entouré de chalets factices, des allées où roulent d’innombrables calèches achetées d’hier et qui seront probablement revendues demain, toute une foule oisive et dorée au milieu d’un paysage ravissant, mais faux. Je vois la réalité au lieu de l’apparence, une véritable campagne arrosée par une véritable rivière, semée d’habitations rustiques et peuplées de familles laborieuses. L’art de l’homme, corrigeant partout les inégalités de la nature, y a sérieusement trouvé l’union de l’utile et du beau » (ibid., p. 858).
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[3]
Désirée Louise Sophie Juchault de Lamoricière, née Robineau (1783-1841).
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[4]
Marie-Paule-Sophie de Montagu-Beaune (1805-1880), qui avait épousé Louis-Adolphe de Gaillard de Ferré d’Auberville en 1824.
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[5]
Arthur François, baron Chambolle, né en 1828 de l’union d’Adolphe Chambolle avec Anne Geneviève Henrion de Saint-Amand. Il est nommé attaché à l’agence principale de Constantinople de la Compagnie des messageries maritimes en 1856.
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[6]
D’une autre écriture en haut de la feuille : Remis.
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[7]
Lettre non retrouvée.
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[8]
Camille Cécile Micoud d’Umons (1808-1878), fille du baron d’Empire Charles Emmanuel Micoud d’Umons, que Duvergier de Hauranne avait épousée en 1827.
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[9]
Montalembert écrivait : « Cet admirable volume est fait pour inspirer le mépris et la haine du régime où nous sommes tombés. C’est beaucoup et pour ma part je vous sais un gré infini d’avoir ajouté votre voix au petit nombre de l’ancien parti libéral dans l’histoire » (AT). L’adhésion de Montalembert au coup d’État l’avait brouillé avec Tocqueville et ses anciens amis libéraux. Mais au Corps législatif, il était devenu rapidement le seul opposant déclaré à la politique gouvernementale. En octobre 1852, il avait publié Les Intérêts catholiques au xixe siècle, pamphlet dans lequel il dénonce vigoureusement la servilité intéressée de l’Église à l’égard du pouvoir, ce qui lui avait valu l’approbation admirative de Tocqueville et les avait réconciliés.
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[10]
Montalembert estimait que Tocqueville s’était trop étendu sur les erreurs de la monarchie et de la noblesse et pas assez sur celles de la bourgeoisie. Plus conservateur que Tocqueville, il lui reprochait son admiration sans réserve pour 1789, le début de la Révolution étant déjà marqué, selon lui, par la violence révolutionnaire.
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[11]
De l’avenir politique de l’Angleterre (janvier 1856), où Montalembert fait l’éloge du libéralisme à l’anglaise.
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[12]
Montalembert n’en restera pas là et sera poursuivi pour un article publié le 25 octobre 1858 dans Le Correspondant, « Un débat sur l’Inde au Parlement anglais », célébrant le parlementarisme britannique contre le césarisme napoléonien. Voir ci-dessous.
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[13]
Marie-Anne de Mérode, que Montalembert avait épousée le 16 août 1836.
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[14]
Lettre non retrouvée.
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[15]
L’épouse de Barrot, Agathe Desfossés (ou Desfossez) (1803-1859), et la mère de celle-ci, Mme Desfossez, née Joséphine Marguerite de Labbey de Pompierres, veuve du vicomte Charles Desfossés (Desfossez). Agathe devait envoyer une lettre de félicitations à Tocqueville le 28 juillet et lui apprendre qu’Odilon Barrot s’était rendu à Vichy (AT).
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[16]
Lettre du 27 juin, archives Lanjuinais.
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[17]
Lanjuinais écrivait : « C’est une œuvre de maître, aussi remarquable par la beauté du style que distinguée par la profondeur et la noblesse de la pensée. Votre ouvrage sur l’Amérique avait les mêmes qualités mais à un degré moindre et il a certainement dû à l’à-propos de sa venue une partie de son très légitime succès. Votre production nouvelle ne trouvera pas l’opinion aussi heureusement préparée, au contraire elle aura à remonter le courant des mœurs serviles que la centralisation nous a faites, que la terreur impériale entretient et qu’un vaste système de corruption officielle s’efforce de léguer à l’avenir. Enfin vous vous attaquez à la maladie du temps, la fièvre d’égalité qui, dépassant le but, fait tout sacrifier à de dangereux fantômes. Malgré tous ces obstacles je vous prédis un très grand succès parce que vous avez mis un rare talent au service d’idées vraiment saines, vraiment politiques, éminemment morales. […] Vous avez versé à flots le mépris sur les âmes viles qui, pour un peu d’or et une part dans les vanités d’un pouvoir souillé livrent à un homme la liberté et les lois de leur patrie. Soyez en sûr, ces semences jetées non pas au sein de la multitude qu’elles n’atteindront malheureusement pas, mais au milieu des classes aujourd’hui déjà nombreuses qui ont reçu le bienfait de l’instruction y germeront en silence et porteront un jour de précieux fruits. / La centralisation et le socialisme qui n’est qu’une de ses formes sont de grandes plaies, mais à mesure qu’elles s’étendent et qu’elles exhalent plus librement leurs parfums, on les connaît mieux, on les juge, on s’éclaire de plus en plus sur leurs excès. Un jour viendra, puissions-nous le voir, où tout le monde saura ce que vous en dites, et où Dieu dont les voies sont impénétrables ramènera les peuples qui se disent civilisés aux institutions qu’ils sacrifient aujourd’hui à un imbécile matérialisme et aux semblants grossiers des comédies démocratiques qui s’affichent au Moniteur et se jouent dans toute la France. »
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[18]
Albert de Broglie venait de publier les deux premiers volumes de son ouvrage L’Église et l’Empire romain au ive siècle (1856-1866, 6 volumes), dont la première partie est consacrée au règne de Constantin.
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[19]
Catholique libéral, Albert de Broglie critiquait les liens établis entre l’Église et l’État sous le règne de Constantin, en jugeant celui-ci sévèrement. Son livre fut vivement critiqué par L’Univers de Veuillot, journal ultramontain et bonapartiste.
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[20]
Il s’agit du premier des articles de Léon Plée parus dans Le Siècle les 6, 18, 19, 21 et 27 juillet 1856, dans lequel il utilise la critique de l’absolutisme qu’il juge d’autant plus précieuse que Tocqueville est « un historien gentilhomme, de la famille des libéraux gouvernementaux de l’Angleterre » et qu’il donne un renfort inattendu contre « ces bons messieurs de la fusion ou de la légitimité ». Voir ci-après la lettre à Plée du 31 juillet, où Tocqueville discute ses analyses.
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[21]
Il peut s’agir soit de la préface aux Mélanges que Charles de Rémusat avait fait paraître en 1847 (Passé et présent : mélanges, par Charles de Rémusat, Paris), et où il retrace le développement de l’esprit libéral au xviiie siècle, soit plus vraisemblablement de l’importante introduction de L’Angleterre au xviiie siècle. Études et portraits pour servir à l’histoire du gouvernement anglais depuis la fin du règne de Guillaume III, paru en 1856 chez Didier. Dans cette introduction, écrite en 1852, Rémusat compare les institutions anglaises et françaises aux xviie et xviiie siècles et revient sur la Révolution française.
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[22]
« Richelieu et sa correspondance », Revue des Deux Mondes, février 1855, p. 772-800.
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[23]
L’article de Rémusat paraîtra en août dans le numéro de la première quinzaine.
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[24]
Le premier article, « Du gouvernement pontifical », paraîtra le 25 juillet ; le deuxième, « Du gouvernement pontifical ; Institutions, finances, administration, condition générale du peuple des États pontificaux », le 25 août ; le troisième, « Voyage du Saint-Père dans ses États », le 25 septembre.
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[25]
Dans une lettre à Beaumont du 5 septembre 1856, Tocqueville explicite ses craintes : « Le sujet touche sans cesse à des faits contemporains dans lesquels, moi-même, j’ai joué un rôle principal et je tremble toujours que Corcelle, dans un zèle qui, comme vous le savez, ne regarde pas toujours de très près aux moyens, n’arrange ces faits de manière à me compromettre, peut-être à me forcer de réclamer et en tout cas à présenter l’histoire du temps où j’étais un acteur sous un jour qui ne m’est pas agréable » (OC, t. VIII, 3, p. 434-435). Les deux premiers articles ne l’inquiètent néanmoins pas trop : « Jusqu’à présent, il n’y a que point ou peu de mal fait ; si ce n’est que Corcelle se montre ultracatholique à tort et à travers et que je me trouve un grand sot d’avoir voulu employer un pareil homme à une affaire où ses passions pouvaient être si contraires à son devoir. » Il explique aussi avoir dû cacher à Corcelle son mécontentement pour conserver son amitié (voir OC, t. XV, 2, p. 169-171 et p. 174-177).
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[26]
Dans une lettre conservée aux AT, Rémusat dit connaître l’existence de l’article sans l’avoir lu et ajoute : « J’espère qu’il n’a rien dit sur le passé qui puisse vous déplaire. Mais pour le présent, j’ai vu Albert de Broglie aux eaux, qui évidemment ne le trouve pas assez libéral. Dans l’état d’esprit où est notre ami, préoccupé de quelque miracle, il ne peut éviter d’être dangereux dans ses tentatives de conciliation entre certains idéaux. »
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[27]
À la suite de la démission du cabinet progressiste le 14 juillet 1856, le maréchal O’Donnell, ancien ministre de la Guerre du général Espartero, avait pris le pouvoir par la force en Espagne avec le soutien de la droite.
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[28]
Le baron Adolphe d’Avril (1822-1904), diplomate et écrivain. Entré au ministère des Affaires étrangères en 1847, il est attaché à la mission française en Orient en 1854, rédacteur à la direction politique en 1856, puis nommé consul général à Bucarest en 1866. Délégué à la Commission européenne du Danube à Galatz en 1868, il est envoyé extraordinaire au Chili en 1876, où il reste jusqu’en 1882. Il a publié plusieurs ouvrages d’histoire sur les Églises d’Orient, la Bulgarie et d’autres pays slaves, ainsi qu’une nouvelle traduction de la Chanson de Roland.
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[29]
Samuel Johnson (1709-1784), dramaturge, critique littéraire éminent, moraliste et pamphlétaire, est aussi l’auteur de A dictionary of the English language (1755).
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[30]
Le baron Charles Henri de Stein (1757-1831) est un homme d’État et réformateur prussien. Directeur des mines de la Ruhr puis administrateur des provinces prussiennes de l’Ouest, il devient ministre de l’Économie et des Finances à Berlin en 1804. Avec le comte von Hardenberg, il est le principal acteur des réformes prussiennes mises en place après le traité de Tilsit de 1807 : l’édit d’octobre 1807, qui libère les paysans, permet à chacun de choisir sa profession et libéralise les terres ; et la Städteordnung de 1808, qui introduit le principe d’autoadministration dans les villes. Forcé à la démission à cause de ses positions antinapoléoniennes, il part en exil en 1808 pour devenir conseiller de l’empereur de Russie Alexandre Ier en 1812. Pendant les guerres napoléoniennes, Stein dirige le département central d’Administration temporaire, mais il ne réussira pas à faire valoir ses opinions sur la nouvelle organisation des États allemands lors du congrès de Vienne et ne jouera par la suite plus aucun rôle politique important.
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[31]
Friedrich Christoph Perthes (1772-1843), libraire et éditeur, passé de l’admiration pour la Révolution française en 1789 à un nationalisme intransigeant en 1814, dont la biographie a été écrite par son fils Clemens Theodor Perthes (Friedrich Perthes Leben nach dessen schriftlichen und mündlichen Mittheilungen aufgezeichnet, Hambourg, 1848-1855, 3 vol.).
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[32]
Dans sa réponse du 31 juillet (AT 1259), Buloz répond : « Je vous remercie de penser à un travail pour la Revue. Celui sur Stein a été fait d’une manière développée par M. St-René Taillandier. Quant à Perthes, personne n’a fait d’article encore sur ce sujet. » Tocqueville commencera à travailler sur Perthes mais abandonnera finalement le projet. Les notes qu’il a prises sur sa biographie sont publiées dans OC, t. II, 2, p. 255-265. Voir la lettre à Rémusat du 6 août, où il confie ses difficultés à écrire dans le format requis par la Revue des Deux Mondes.
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[33]
Buloz ajoutait dans sa lettre du 31 juillet : « Je regrette que le sujet de Johnston ne vous paraisse pas de nature à intéresser le public français ; cette figure singulière serait cependant curieuse à faire connaître en France. »
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[34]
Ce n’est pas dans la « Revue bibliographique » du numéro de la Revue des Deux Mondes du 5 juillet, consacrée par Rémusat à Hamilton, qu’il est question de l’ouvrage de Tocqueville, mais dans la « Chronique de la quinzaine – 30 juin 1856 » de Charles de Mazade, pour lequel Tocqueville « n’a écrit ni une histoire, ni une philosophie nouvelle de la Révolution ; avec ce procédé pénétrant et condensateur de l’esprit qui a su si fortement ressaisir les lois et le caractère de la démocratie américaine, il analyse en quelque sorte tous les éléments de l’ancienne vie de la France, tirant de la poussière les choses oubliées, observant les conditions diverses des hommes et des classes, montrant le jeu secret et la débilitation graduelle des institutions, et il a écrit un livre aussi neuf que substantiel sur un des événements qui ont le plus occupé les intelligences ».
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[35]
Le 1er août, Bouchitté répondait n’avoir pu rencontrer le colonel, absent, mais avoir vu le jeune homme, qui travaillait à l’armée comme cordonnier, ce qui rendait improbable sa réforme : « On se déferait du soldat mais on gardera l’ouvrier » (AT).
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[36]
Bouchitté estimait dans sa lettre que le livre ferait « voir qu’il y a bien des choses dont ne se doutent ni le libéralisme bavard ni le despotisme sentencieux de nos jours ». « Votre livre du reste n’est pas rassurant pour l’avenir de la France », ajoutait-il. Il trouvait également Tocqueville sévère pour certains rois qui avaient eu le sentiment de leur devoir, et regrettait que le style rappelât trop Montesquieu par endroits.
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[37]
Moritz Hartmann (1821-1872), poète et pamphlétaire d’origine autrichienne, avait dû s’exiler une première fois en 1845, séjournant notamment en France et en Belgique. De retour en Autriche en 1846, arrêté, il participa aux événements révolutionnaires de 1848 et fut élu au Parlement de Francfort. Après la réaction en 1849, il voyagea en Europe avant de se fixer à Paris en 1850. En 1854, il partit pour couvrir la guerre de Crimée pour plusieurs journaux, voyagea de nouveau en Europe, puis se fixa à Stuttgart en 1863, où il prit en 1865 la direction du journal la Freya, et en 1868 à Vienne, où il fut membre de l’équipe rédactionnelle de la Neue Freie Presse.
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[38]
« Tu proverai sì come sa di sale / Lo pane altrui, e come è duro calle / Lo scendere e’l salir per altrui scale. » (« Tu sauras comme il a saveur de sel / Le pain d’autrui, et quels durs escaliers / L’on doit descendre et gravir chez les autres »), Dante, Divine Comédie, Paradis, chant XVII, vers 59-60 (trad. de Christian Bec, Le Livre de poche, 1996).
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[39]
Tocqueville pense peut-être à cette phrase de Pascal : « Si on considère son ouvrage incontinent après l’avoir fait, on en est encore tout prévenu, si trop longtemps après, on n’y entre plus » (Pensées, éd. Sellier, Garnier, 1991, fragment 55, p. 169).
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[40]
La recension de L’Ancien Régime et la Révolution avait paru dans les numéros des 18, 19, 21 et 27 juillet du Siècle. Tocqueville qualifie ces articles de « malveillants » dans une lettre à Ampère du 23 juillet et y voit « la vieille haine d’Havin », le directeur du Siècle, se donner carrière contre lui (OC, t. XI, p. 330). Mais Léon Plée conclut par cet éloge : « Il a sa place dans les documents historiques nationaux. C’est un service rendu à la fois à l’histoire et à la société française. »
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[41]
Léon Plée reproche à Tocqueville son hostilité à la Révolution : « En un mot, M. de Tocqueville n’est ni un ami de la Révolution, ni un panégyriste de ses hommes, ni un approbateur de ses actes ; il n’a guère même de sympathie pour le peuple qui a été forcé de la faire. Il n’a pas confiance dans la démocratie, qu’il croit, à moins de conditions extraordinaires et persévérantes de liberté, fatalement vouée à l’affaiblissement des caractères » (Le Siècle, 18 juillet 1856).
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[42]
Sur le coup d’État du maréchal O’Donnell, ancien ministre de la Guerre du général Espartero, voir lettre du 22 juillet à Rémusat, note 4. Le 27 juillet, on pouvait lire dans Le Moniteur : « Nous avons suivi avec intérêt les derniers événements d’Espagne, et nous y avons applaudi jusqu’à un certain point, croyant pouvoir en augurer une chance favorable à l’établissement stable du gouvernement constitutionnel : car la France, qui représente en Europe les idées de 89, ne peut avoir d’autre désir que de voir un État voisin, à la prospérité duquel elle s’intéresse vivement, éviter l’anarchie ou le despotisme, ces deux écueils de tout progrès, de toute liberté. »
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[43]
Voir ci-dessus, lettre du 29 juillet.
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[44]
Notice qui sera publiée dans Le Poussin, sa vie et son œuvre, suivi d’une Notice sur la vie et les ouvrages de Philippe de Champagne et de Champagne le neveu, Paris, 1858. Voir ci-après la lettre du 26 août.
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[45]
Eustache Le Sueur ou Lesueur (1617-1655), formé dans l’atelier de Simon Vouet, influencé par Raphaël, a peint des tableaux mythologiques et religieux.
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[46]
Dans l’« Avant-propos » de L’Ancien Régime et la Révolution, Tocqueville rend compte des recherches effectuées dans les archives de l’administration publique et précise en note : « Je me suis particulièrement servi des archives de quelques grandes intendances, surtout de celles de Tours, qui sont très complètes, et qui se rapportent à une généralité très vaste, placée au centre de la France et peuplée d’un million d’habitants. Je dois ici des remerciements au jeune et habile archiviste qui en a le dépôt, M. Grandmaison » (OC, t. II, 1, p. 71).
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[47]
Dans Alexis de Tocqueville en Touraine, préparation du livre sur l’Ancien Régime, juin 1853-avril 1854 : notes et souvenirs intimes, Charles de Grandmaison évoque le séjour de Tocqueville aux archives de Tours : « Il se mit à l’œuvre et entama le dépouillement de la correspondance des intendants de Tours avec les différents ministres, qui, chez nous, est assez considérable. Il revint les jours suivants ; bien qu’alors les visiteurs des archives fussent rares, la présence de l’hôte illustre qu’elles possédaient ne demeura pas longtemps ignorée, et je ne tardai pas à remarquer certaines visites qui me parurent avoir la curiosité pour mobile principal. Désireux d’éviter à Tocqueville les désagréments d’une sorte d’exhibition, je lui offris mon propre cabinet, sous prétexte de le soustraire au trouble et au dérangement inévitables dans une salle ouverte au public. Il accepta mon offre avec empressement, bien que ce cabinet ne fût qu’un étroit boyau dont la fenêtre donne sur le jardin potager de la préfecture ; c’est là qu’il a travaillé sur un modeste et vieux bureau, demeuré pour moi la pièce la plus précieuse de notre mobilier » (op. cit., p. 10).
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[48]
Lévy réimprima le même nombre d’exemplaires (2 000, 2 220 avec les doubles passes) de L’Ancien Régime et la Révolution en octobre 1856, juillet 1857 et décembre 1858.
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[49]
« The proof of the pudding is in the eating. »
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[50]
Le jeu « Petit bonhomme vit encore » est décrit dans Madame de Chabreul, Jeux et exercices des jeunes filles, 3e édition, Paris, 1867 : « On allume l’extrémité d’une petite baguette de bois vert, ou d’un papier roulé un peu long, ou simplement d’une allumette. On en souffle la flamme de manière qu’il ne reste au bout qu’une lumière vive, puis on se le passe de main en main en disant : Petit bonhomme vit encore, ou pour allonger la phrase : Petit bonhomme vit encore, car il n’est pas mort, jusqu’à ce que la dernière lueur s’éteigne, et celle qui le tient dans sa main à ce moment fatal doit donner un gage » (p. 13).
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[51]
Voir lettre du 22 juillet à Charles de Rémusat, p. 290.
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[52]
Le compte rendu de L’Ancien Régime et la Révolution par Pierre-Sébastien Laurentie paraît les 16, 17, 29 août et 4 septembre 1856 dans le journal légitimiste. Tocqueville en sera assez satisfait. Voir ci-après la lettre du 15 septembre à Laurentie.
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[53]
À la date de cette lettre, les journaux étrangers suivants avaient fait paraître des comptes rendus : Deustche Museum de Leipzig (3 juillet 1856, par Heinrich-Bernard Oppenheim) ; Kölnische Zeitung (15 juillet 1856, par Moritz Hartmann) ; Augsburger Allgemeine Zeitung (10 juillet, qui sera suivi d’une série d’articles les 21, 22, 24, 25, 27, 31 août 1856) ; L’Indépendance belge (5 juillet 1856) ; La Rivista contemporanea de Turin (livraison du 25 juillet 1856) ; The Saturday Review (28 juin 1856) ; Journal of Archaelogy, Science and Art (9 août 1856) ; Spectator Supplement (2 août 1856) ; The Press (2 août 1856) ; The Economist (9 août 1856) ; The Athenaeum (9 août 1856) ; The Leader (9 août 1856) ; The Examiner (2 août 1856) ; Illustrated Times (16 août 1856). Le Times publiera deux articles les 3 et 10 septembre, signés W. R. Greg. Voir OC, t. II, 1, p. 335-337.
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[54]
Voir la lettre du 4 janvier 1856 à ce filleul qui montre bien l’affection que lui portait Tocqueville.
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[55]
Voir la lettre du 29 juillet 1856 de Tocqueville à Bouchitté; p. 296.
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[56]
Le Poussin, sa vie et son œuvre, suivi d’une Notice sur la vie et les ouvrages de Philippe de Champagne et de Champagne le neveu, op. cit.
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[57]
La maison Firmin-Didot frères, dirigée depuis 1827 par Ambroise Firmin-Didot (1790-1876) et son frère Hyacinthe Firmin-Didot (1794-1880), fils de l’imprimeur-libraire parisien Firmin Didot (1764-1836), était devenue en 1855 Firmin-Didot frères, fils et compagnie, Ambroise Firmin-Didot ayant associé son fils Alfred Firmin-Didot (1828-1913) à l’entreprise familiale. Didot était l’imprimeur de l’Institut de France.
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[58]
Jules Claye (1806-1886), imprimeur-libraire, fondeur de caractères et éditeur. Apprenti puis ouvrier à l’imprimerie parisienne Firmin-Didot, il est ensuite prote de l’imprimerie d’Henri Fournier.
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[59]
Henri Fournier (1800-1888), imprimeur-libraire, fils d’un notable d’Indre-et-Loire, avait fait son apprentissage d’imprimeur à partir de 1818 à Paris, chez Firmin Didot, dont il devient le prote en 1820. Breveté imprimeur en 1824, il s’établit à son compte à Paris grâce au soutien du député d’Indre-et-Loire Jules-Antoine Taschereau. Il publie en 1825 un Traité de la typographie qui fera autorité jusqu’au xxe siècle. Ami d’Honoré de Balzac, il met au point une technique de tirage des vignettes gravées qui lui permet de réaliser de nombreuses éditions illustrées pour les grands éditeurs de la période romantique (Charles Furne, Charles Gosselin, etc.). Il sera notamment l’imprimeur de la Revue des Deux Mondes et de la Revue de Paris. Breveté libraire en 1835, il lance une série d’éditions « compactes » grâce à un caractère microscopique, et il s’associe avec Charles Gosselin en 1836. Il est l’imprimeur de De la démocratie en Amérique. Directeur typographique de l’imprimerie d’Alfred Mame à Tours jusqu’à la fin de sa carrière en 1868, il se démet de son brevet d’imprimeur en faveur de Jules Claye en 1846, son prote depuis 1836.
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[60]
Autorisé à rentrer en France par le décret du 7 août 1852 qui rappelait aussi Thiers et Rémusat, Duvergier de Hauranne se consacrait à la rédaction de l’Histoire du gouvernement parlementaire de la France 1814-1846 (10 volumes, 1857-1871), dont les trois premiers volumes paraîtront du vivant de Tocqueville.
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[61]
La Bibliothèque impériale avait publié en 1855 le tome II du Catalogue de l’histoire de France, offrant un accès désormais facile aux brochures et opuscules datant de la fin de l’Ancien Régime et de la Révolution.
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[62]
« L’État social et politique de la France avant et après 1789 », essai rédigé à la demande de John Stuart Mill et paru dans la London and Westminster Review en avril 1836 sous le titre « Political and Social Condition of France » (repris dans OC, t. II, p. 33-76).
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[63]
Points de suspension dans l’édition Beaumont signalant peut-être une omission.
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[64]
Ce paragraphe n’a pas été repris dans l’édition Beaumont.
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[65]
« Slavery in the United States », Edinburgh Review, avril 1855.
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[66]
Hobbes, De cive, préface au lecteur. Tocqueville avait déjà employé l’expression dans DA, au chapitre « De l’idée des droits aux États-Unis », pour souligner la difficulté de l’apprentissage de la liberté. Il l’emploie de nouveau dans une lettre à Sedgwick du 29 août 1856 (OC, t. VII, p. 177).
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[67]
L’année 1856 était aux États-Unis une année d’élection présidentielle. Les abolitionnistes du Nord s’opposaient aux sudistes, qui menaçaient de faire sécession. Le candidat des démocrates, Buchanan, l’emporta le 4 novembre 1856. Quoique originaire du Nord, il défendait le droit des sudistes à maintenir l’esclavage. Les menaces de rupture se précisèrent durant les quatre ans qui suivirent et virent les prodromes de la guerre civile.
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[68]
Cet ami est Jacques-François Hervieu, auquel Tocqueville transmettra les conseils de Rivet le 16 novembre 1856 (OC, t. X, p. 576-577).
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[69]
Pierre-Sébastien Laurentie avait rendu compte de L’Ancien Régime et la Révolution dans L’Union des 16, 17, 29 août et 4 septembre 1856. Le 11 octobre 1856, Tocqueville écrit à Corcelle : « Somme toute, j’ai été assez satisfait de la manière dont L’Union a parlé de mon livre. La critique assez vive de l’œuvre était mêlée à une grande considération pour l’auteur. Je ne pouvais demander davantage et même je ne désirais pas davantage. Une approbation trop complète de mes vues par ce journal qui, en général, représente le vieux royalisme, m’eût plutôt gêné » (OC, t. XV, p. 178-179).
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[70]
Les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence.
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[71]
Il peut s’agir soit des ébauches rédigées à la fin de 1853, résumant l’idée mère de l’ouvrage (voir lettre à Ampère de janvier 1854, OC, t. XI, p. 231-232), soit de la note de 1856 intitulée « Idée originaire, vue générale, sentiment général et primitif du sujet, à relire quelquefois pour me remettre dans le grand chemin de mes pensées » (OC, t. II, p. 29, et Œuvres, op. cit., 1992, t. II, p. 455-457).
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[72]
Dans les numéros des 3 et 10 septembre 1856, par W. R. Greg.
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[73]
Quotidien parisien de tendance républicaine. Il ne fit paraître aucune recension de L’Ancien Régime et la Révolution.
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[74]
Le socialiste Eugène Despois fit un compte rendu favorable du livre dans la Revue de Paris du 1er octobre 1856. Voir ci-dessous la lettre de remerciement de Tocqueville du 20 octobre 1856.
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[75]
Moritz Hartmann est alors correspondant à Paris pour la Kölnische Zeitung. Le différend entre Tocqueville et lui était peut-être de nature politique, Hartmann ayant appartenu à la gauche révolutionnaire allemande. Hartmann a fait paraître un compte rendu le 15 juillet dont Tocqueville ne semble pas avoir eu connaissance alors. Le 2 novembre 1856, Hartmann écrira à Tocqueville pour lui signaler les articles qu’il a écrits dans la Kölnische Zeitung et dans le Morgenblatt (voir sa lettre aux AT). Dans sa lettre du 31 décembre 1856 à Freslon, Tocqueville mentionne les deux articles reçus d’Hartmann et fait part de son intention d’aller le remercier.
-
[76]
Le 31 juillet, Tocqueville avait reçu une lettre de Heinrich-Bernard Oppenheim, qui avait écrit une recension du livre dans le Deutsche Museum de Leipzig du 3 juillet 1856.
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[77]
Voici les phrases de Marc Aurèle telles que les donne Albert de Broglie dans L’Église et l’Empire romain au ive siècle (1856, t. I, p. 61) : « Supporte patiemment la mort, se dit-il à lui-même, en songeant que tu n’as point à te séparer d’hommes qui pensent comme toi. La seule chose qui pût m’attacher à la vie serait l’espoir de la passer avec ceux qui partagent nos sentiments. Mais maintenant tu vois quelle douleur c’est de ne trouver que divergence dans le commerce habituel des hommes. De sorte que tu dois dire : Ô mort, viens vite, pour que, moi aussi, je ne me démente pas moi-même. » Elles sont extraites des Pensées (IX, 3). Sur le livre d’Albert de Broglie, voir ci-dessus lettre du 20 juillet 1856.
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[78]
La famille impériale séjourna à Biarritz du 20 août au 1er octobre. Des bruits courent dans les journaux étrangers (dont l’Augsburger Allgemeine Zeitung et la Kölnische Zeitung) à propos de la mauvaise santé de l’empereur.
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[79]
Les troupes françaises ont joué le premier rôle dans l’expédition de Crimée, tandis que la médiocrité du commandement de l’armée britannique est apparue à tous. Ce rôle prépondérant de la France a été souligné par le congrès de la paix de Paris (25 février-8 avril 1856), au cours duquel l’empereur a fait figure de nouvel arbitre de l’Europe.
-
[80]
Henry Reeve.
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[81]
Dès la fin de l’été 1855, l’économie française est entrée dans une période critique, qui durera trois ans, et se manifeste notamment par une crise monétaire qui atteint sa plus grande intensité en octobre et novembre 1856. La masse monétaire a doublé en deux décennies et le taux de l’escompte, qui change 72 fois sous l’Empire, varie entre 10 et 2,5 % alors qu’il était resté fixé à 4 % de 1820 à 1847. Le développement de l’escompte et du réescompte s’était accompagné d’un abaissement de la réserve métallique de la Banque de France qui avait dû, à partir de juillet 1855, mener une politique systématique d’achat d’or pour défendre son encaisse. Un moment ralenties par la guerre de Crimée, les affaires avaient repris en janvier 1856 dès l’annonce de la paix. Mais le gouvernement, qui avait encouragé la spéculation et l’expansion du crédit après le coup d’État, craignait désormais les abus de la spéculation et prônait un retour à l’orthodoxie en matière de crédit. Pendant l’été, le public avait espéré à plusieurs reprises que la Banque de France abaisse le taux de son escompte à 4,5 % à l’exemple de la Banque de Londres. Mais dès la fin août et en septembre, la situation s’était aggravée en raison du « désordre » des affaires en Allemagne, où le taux de l’escompte avait été porté à 9 % à Hambourg et plus encore sur d’autres marchés financiers, ce qui entraînait une fuite supplémentaire de numéraire vers l’étranger. Le 25 septembre, la Banque de France avait dû relever le taux de l’escompte à 6 %. La crise allait s’aggraver début octobre et pousser la Banque à envisager le cours forcé de la monnaie (voir ci-dessous la lettre de Tocqueville à Lanjuinais du 13 octobre 1856). Voir Alain Plessis, La Politique de la Banque de France de 1851 à 1870, op. cit.
-
[82]
Jean-Charles Dosseur (1801-1872), avocat, était le chargé d’affaires de Tocqueville à Paris.
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[83]
L’article d’Eugène Despois. Voir ci-dessous la lettre que Tocqueville lui adresse le 20 octobre.
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[84]
Sur Adolphe Chéruel, voir la lettre du 28 février 1856.
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[85]
Il s’agit de l’Histoire parlementaire de la Révolution française, ou Journal des assemblées nationales depuis 1789 jusqu’en 1815, contenant la narration des événements ; les débats des assemblées ; les discussions des principales sociétés populaires, et particulièrement de la société des jacobins ; les procès-verbaux de la Commune de Paris, les séances du tribunal révolutionnaire, le compte rendu des principaux procès politiques ; le détail des budgets annuels ; le tableau du mouvement moral, extrait des journaux de chaque époque, etc. ; précédée d’une introduction sur l’histoire de France jusqu’à la convocation des États-Généraux par Philippe Joseph Benjamin Buchez et Pierre-Célestin Roux-Lavergne, Paris, 1834-1838, 40 volumes.
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[86]
Il s’agit probablement de l’annonce parue dans le « Bulletin littéraire » de la Bibliothèque universelle de Genève d’août 1856, p. 500-502. Dans une lettre à Auguste de La Rive du 13 octobre 1856, Tocqueville le remercie de l’envoi de quatre numéros de la Bibliothèque de Genève et lui écrit à propos du numéro d’août : « Il me reste à remercier la Revue de Genève de l’annonce si bienveillante qu’elle a faite de mon livre dans un des numéros que vous m’avez envoyés, celui d’août. Veuillez, je vous prie, remercier vivement de ma part l’auteur quelconque de ce petit article, si vous le connaissez » (OC, t. VII, p. 350). Un article plus important, écrit par Walter de La Rive, paraîtra dans la livraison de décembre 1856 (p. 453-492).
-
[87]
« Anch’io son’ pittore ! » : « Et moi aussi, je suis peintre ! », exclamation attribuée au peintre Le Corrège, encore jeune et inconnu, à la vue d’un tableau de Raphaël.
-
[88]
Il s’agit du Recueil général des anciennes lois françaises, depuis l’an 420 jusqu’à la Révolution de 1789, publié en 29 volumes de 1821 à 1833 par François-André, Isambert Athanase-Jean-Léger-Jourdan, Nicolas Decrusy et Alphonse-Honoré Taillandier. Le volume 28 qui intéresse Tocqueville va du 1er janvier 1785 au 5 mai 1789.
-
[89]
Voir aussi la lettre du 25 janvier 1857 à Ravenel, dans laquelle Tocqueville annonce qu’il envoie quelqu’un rapporter les écrits prêtés et où il fait une nouvelle demande d’ouvrages et de documents.
-
[90]
Sur la crise monétaire, voir ci-dessus la lettre de Tocqueville à Rivet du 29 septembre. La crise s’était aggravée début octobre : la panique commençait à gagner les porteurs de billets et jamais la Banque de France n’avait été si près de devoir suspendre ses paiements en espèces. Pierre Magne, le ministre des Finances, avait fait paraître au Moniteur du 6 octobre un rapport pour rassurer la population, disant qu’il n’y aurait pas de cours forcé et annonçant de sévères mesures contre les affineurs de métaux précieux et leurs complices. Le 5 octobre, la Banque de France avait pris une série de mesures rigoureuses pour limiter les avances et crédits à court terme. Ces mesures entraînèrent une chute de la Bourse mais pas de crise commerciale et industrielle. Les mesures prises atténuèrent les effets de la crise de 1857, née de la crise financière aux États-Unis, qui entraîna un ralentissement de la construction des chemins de fer et donc de la production d’acier et de charbon.
-
[91]
Fin mai, la France et l’Angleterre avaient adressé une note identique au roi de Naples, Ferdinand II, demandant des réformes judiciaires et l’amnistie des condamnés politiques. Le motif invoqué était le risque de contagion de l’agitation politique à toute la péninsule italienne. Ferdinand II avait répondu par un refus sans ménagement et protesté contre toute intervention dans les affaires intérieures de son royaume. Les deux puissances menacèrent alors de rappeler leurs ministres de Naples et d’expédier leurs escadres en Méditerranée. La Russie était intervenue le 21 août par une circulaire s’élevant contre les conduites agressives des puissances occidentales en Grèce (où l’Angleterre faisait également pression sur le roi Othon pour des réformes libérales) et à Naples, tout en suggérant parallèlement au roi de Naples d’entrer directement en pourparlers avec Napoléon III. Mais Ferdinand II ne voulut rien entendre et, le 10 octobre, Walewski rappelait son ministre à Naples pendant que l’Angleterre faisait de même. L’affaire n’ira pas plus loin, la France n’ayant pas les mêmes intérêts que l’Angleterre dans cette affaire et souhaitant ménager la possibilité d’une alliance avec la Russie.
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[92]
Il n’a pas été possible d’identifier le fils dont il est question ici. Ce ne peut être Charles-Jean Melchior de Vogüé (1829-1916), marié avec sa cousine Adélaïde de Vogüé en 1855 et dont la première fille, Marie-Caroline, naît le 14 octobre 1856. Il ne semble pas que Charles-Robert de Vogüé (1835-1870) ait été marié. Léonce de Vogüé aurait eu également un troisième fils, Pierre de Vogüé, dont nous ne savons rien.
-
[93]
Henriette Marie Marguerite de Machault d’Arnouville (1808-1864), que Léonce de Vogüé avait épousée en 1826.
-
[94]
Le 16 octobre 1856, il avait épousé à Paris, en secondes noces, à l’âge de soixante-dix-huit ans, Sophie Moreau, dix-huit ans. Sophie Moreau était la nièce de son ancien élève, Jacques Joseph Moreau, de Tours. Ce mariage fit scandale en raison de la différence d’âge entre les époux.
-
[95]
Administrateur de la Compagnie de l’Ouest, Jean-Charles Rivet avait, le 18 mars 1856, été nommé par la Réunion financière formée par le Crédit mobilier des Pereire et la banque Rothschild administrateur de ce qui prit en décembre le nom de Compagnie du chemin de fer de Lausanne à Fribourg et à la frontière bernoise. Une loi du 28 juillet 1852 avait attribué aux cantons suisses le droit d’établir et exploiter les chemins de fer, entraînant une multiplication des concessions et une compétition entre financiers allemands et français. L’État de Fribourg avait concédé à Rivet, Pierre Hély d’Oissel et Christian Frédéric Kohler la concession de la ligne Fribourg-Lausanne. Mais les intérêts divergents des cantons sur les tracés entraînèrent un violent conflit entre le canton de Fribourg et le canton de Vaud. La haute Assemblée fédérale, chargée d’arbitrer le conflit, avait ajourné sa décision, considérant qu’elle n’avait pas toutes les données pour trancher et formulant l’espoir d’une entente amiable. C’est néanmoins la concession fribourgeoise qui allait l’emporter. Voir ci-dessous, lettre du 29 octobre 1857.
-
[96]
Jean-Charles Rivet avait épousé Eugénie Gabrielle Barbou des Courières (1811-1885) en 1833. Eugénie Marie Gabrielle était la deuxième fille du couple. Elle devait épouser Paul de Salvandy en 1858.
-
[97]
Lamartine fait paraître à partir de 1856 son Cours familier de littérature, sous-titré Un entretien par mois, auquel les lecteurs s’abonnent directement auprès de lui. L’entretien IX (année 1856, volume II), consacré à la littérature du xviiie siècle, en arrive à la Révolution, « un événement plus grand que tous ceux qui avaient influé, depuis l’origine de la nation, sur sa langue » et qui « allait faire faire à la littérature française une explosion dans le monde » (p. 185). Lamartine déplore alors qu’« on s’étudie depuis quelque temps à rapetisser les causes de cette Révolution » et que parmi ceux qui tombent dans « cette erreur de point de vue » figure M. de Tocqueville, un « écrivain grave dont nous avons signalé un des premiers la pénétration et la puissance d’analyse » (p. 186) : « Il donne trop à entendre que la Révolution française n’est point une révolution morale, intellectuelle, mais un simple redressement d’abus, redressement d’abus entraîné hors de sa voie et au-delà de son but par sa force d’impulsion égarée et par les passions soulevées en chemin dans le tumulte d’une réforme » (ibid.).
-
[98]
Voir lettre du 29 septembre à Rivet.
-
[99]
Christian Bartholmèss (1815-1856), docteur en théologie et philosophe, professeur au séminaire protestant, était mort le 31 août. Il avait été élu correspondant à l’Académie des sciences morales et politiques dans la section de philosophie le 11 février 1854.
-
[100]
Cousin ne répondra pas à cette lettre, comme on l’apprend dans la lettre de Tocqueville à Bouchitté du 20 novembre 1856. Aucun autre correspondant ne sera élu pour remplacer Bartholmèss, dont la succession sera bloquée jusqu’en 1863, après la mort de Bouchitté en 1861.
-
[101]
D’après le propos qui suit, il s’agirait de Du vrai, du beau et du bien, deuxième édition augmentée d’un appendice sur l’art français, Paris, 1854.
-
[102]
Charles-Ange-Ernest Le Peletier d’Aunay (1803-1868), conseiller à la cour d’appel de Paris, fils de Louis Le Peletier d’Aunay (1777-1851), cousin de Tocqueville.
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[103]
Probablement Joseph Frédéric Eugène Le Gonidec de Kerdaniel (1805-1885), conseiller à la cour impériale de Paris.
-
[104]
Claude Marie Raudot (1801-1879), ancien magistrat, élu représentant à la Constituante en novembre 1848 (voir OC, t. VIII, 2, note 3), y avait défendu la décentralisation. Il ne se rallie pas à l’Empire et se présente comme candidat indépendant en 1852. Il ne sera à nouveau député qu’en 1871. À la date de cette lettre, il a déjà publié La France avant la Révolution, son état politique et social en 1787 à l’ouverture de l’assemblée des notables, et son histoire depuis cette époque jusqu’aux États généraux (1841 ; 2e édit., 1847), De la décadence de la France (1849 ; 4e édit., 1850) et De la grandeur possible de la France (1851). Voir le récit par Tocqueville de cette visite de Raudot et ses considérations sur leur proximité politique dans OC, t. VIII, 3, p. 442-443.
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[105]
Tocqueville a écrit le 6 novembre à Gustave de Beaumont pour lui communiquer la liste des membres de la chambre des appels de police correctionnelle et lui demander si, « par hasard », il « pouv[ait] quelque chose sur ces gens-là, ce qui serait assurément désirable » (OC, t. VIII, 3, p. 442).
-
[106]
Voici l’affaire telle que Tocqueville la résume pour Beaumont le 6 novembre (ibid.) : « Le poursuivant est un peintre espagnol nommé Madrazo qui trouve qu’il a été lésé par l’article de G. Planche sur le Salon inséré dans la Revue du 15 octobre 1855 et dans lequel on critiquait amèrement deux prétendus tableaux de ce peintre, lequel n’avait pas exposé. Il me semble qu’il n’y a pas là de quoi fouetter un chat, comme on dit. Le tribunal de première instance a cependant condamné la Revue (je ne sais à quoi, mais peu importe). »
-
[107]
Dans sa lettre à Beaumont du 14 novembre, Tocqueville se montre moins optimiste : « Divers renseignements nouveaux ne me laissent point douter que la Revue ne courre un grand danger. Il paraît que l’article d’Ampère sur Auguste a achevé d’exaspérer contre elle » (OC, t. VIII, 3, p. 447-448).
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[108]
La Revue des Deux Mondes gagnera finalement son procès en appel. Voir la lettre de Tocqueville à Buloz du 13 décembre 1856.
-
[109]
En novembre 1855, Morny s’était rapproché de l’ambassadeur de Russie à Vienne, le prince Alexandre Gortchakov, nommé ministre des Affaires étrangères en avril 1856. Envoyé le 8 mai comme ambassadeur extraordinaire de France à Saint-Pétersbourg, Morny avait joué de cette relation pour faire attribuer à la Société des chemins de fer russes le marché du réseau ferroviaire en Russie contre le projet concurrent du banquier James de Rothschild, soutenu par des capitaux britanniques. Lui-même détenait des participations dans la société, via le Crédit mobilier des frères Pereire. La presse britannique, que lit Tocqueville, se déchaînait contre Morny pour ce coup d’audace et parce qu’il préconisait, contre l’alliance anglaise, l’entente avec la Russie, à laquelle Napoléon III inclinera à partir de 1857.
-
[110]
Le comte de Chambord.
-
[111]
La paix avec la Russie, à la suite de l’entrevue de Tilsit entre Napoléon et Alexandre Ier (25 juin-7 juillet 1807), isola l’Angleterre et permit à la France d’étendre son hégémonie sur presque toute l’Europe continentale. La ligne de conduite de Napoléon III en politique étrangère reste la révision des traités de 1815 et la construction d’un nouvel ordre européen fondé sur le principe des nationalités. Dans la perspective d’une guerre pour libérer l’Italie, Napoléon espère obtenir de la Russie son appui armé et son intervention auprès de la Prusse, afin de s’assurer la neutralité de celle-ci. L’Angleterre de Palmerston, attachée à l’intégrité de l’Empire ottoman en proie aux convoitises russes, voit d’un très mauvais œil ces rapprochements.
-
[112]
Née Albertine de Montboissier (1782-1861), sœur de Laurette de Montboissier, comtesse de Pisieux, elle avait épousé Armand Dominique Ange Louis de Gourgues (1777-1841).
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[113]
Françoise Pauline de Lamoignon de Malesherbes (1758-1827), épouse de Charles Philippe Simon, baron de Montboissier-Beaufort-Canillac (1750-1802), et fille de Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (1721-1794).
-
[114]
Voir la lettre à Cousin du 1er novembre 1856.
-
[115]
De l’écriture de Bouchitté, en bas de la lettre : Reçu dimanche 14 décembre 1856 une autre lettre que j’ai donnée à M. Jules Tardieu, à cause des paroles obligeantes qu’elle contenait pour lui.
Jules-Romain Tardieu (1805-1868), homme de lettres et libraire-éditeur français. Entré en 1822 dans la maison d’Augustin Renouard, Tardieu devint, en 1837, l’associé de Jules Renouard, son fils et successeur. À la mort de celui-ci, en 1854, il dirigea quelque temps encore cette librairie, avant de fonder lui-même un autre établissement en 1856. Membre et rapporteur de plusieurs commissions, il a déployé beaucoup de zèle dans les questions relatives à la propriété littéraire, à laquelle son propre frère Amand-Louis a également travaillé, côté belge. Tardieu s’est fait, en outre, un renom littéraire sous le pseudonyme de « J.-T. de Saint-Germain » et d’« abbé Paul ». La lettre évoquée par Bouchitté n’a pas été retrouvée. -
[116]
Marie Catherine Nègre, épouse Mignet, était décédée le 18 septembre, à Puyricard, à l’âge de quatre-vingt-trois ans.
-
[117]
Étienne-Denis Pasquier, né en 1767, avait été conseiller au Parlement en 1787 et emprisonné sous la Terreur, ce qui donnait de l’autorité à son jugement sur l’ouvrage de Tocqueville. Tocqueville avait été averti par Corcelle des réserves de Pasquier (voir lettre du 13 novembre 1856, OC, t. XV, 2, p. 184).
-
[118]
Dans une lettre du 16 décembre 1856 (AT), Pasquier, arguant de son expérience personnelle, soutenait contre Tocqueville que les institutions féodales étaient encore vivaces en 1789 et que la Constituante avait eu tort d’en faire table rase. Tocqueville, soucieux de « cajoler cet aimable vieillard » dont il fréquentait le salon, chargea Ampère de s’entretenir avec Pasquier de ces objections qu’il jugeait fort vagues (lettre du 7 janvier 1857, OC, t. XI, p. 359-360).
-
[119]
Points dans l’édition Beaumont signalant une coupe.
-
[120]
Voir la lettre du 4 janvier 1856, où Tocqueville encourageait Alexis à persévérer dans ses études de droit et lui reprochait son « manque d’entrain ».
-
[121]
La thèse de licence, De l’émancipation, soutenue à Paris le 26 novembre 1856, publiée par J.-B. Gros (1856, 50 p.). Alexis Stöffels devait achever ses études en soutenant en 1861 sa thèse de droit romain à la faculté de Strasbourg, De la loi Aquilia sur le dommage causé sans droit, et devenir avocat à la cour impériale de Metz.
-
[122]
Auguste Geffroy (1820-1895) était un historien spécialiste des pays scandinaves, collaborateur de la Revue des Deux Mondes depuis 1849. Ancien élève de l’École normale supérieure (1840-1843), agrégé en 1845, il avait, après sa thèse soutenue en 1849, obtenu une chaire à la faculté des lettres de Bordeaux en 1852. Il avait fait un premier voyage au Danemark et en Suède à l’été 1852, à la suite duquel il avait publié des lettres inédites de Charles XII à sa sœur. En 1854, il avait obtenu une mission de sept mois pour mener de nouvelles recherches. Il deviendra maître de conférences à l’École normale supérieure en 1862, professeur suppléant d’histoire ancienne à la faculté des lettres de Paris en 1864, puis professeur en 1872. Il entrera à l’Académie des sciences morales et politiques en 1874 et sera directeur de l’École française de Rome de 1875 à 1882 et de 1888 à 1895.
-
[123]
« Madame de Staël ambassadrice ».
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[124]
En 1864-1865, Auguste Geffroy publiera dans la Revue des Deux Mondes une série d’articles sur « Gustave III et la cour de France », réunis ensuite dans un volume intitulé Gustave III et la cour de France (Paris, 1867).
-
[125]
Dans le procès en appel qui opposait la Revue des Deux Mondes au peintre Madrazo (voir lettre à Buloz du 6 novembre 1856).
-
[126]
La Gazette des tribunaux du 30 novembre 1856 reproduit les termes du jugement qui considère que « si les articles de critique publiés par Gustave Planche […] sont loin de présenter en la forme le caractère d’urbanité et de modération dont ne devrait jamais s’écarter la critique artistique ou littéraire, néanmoins ils ne constituent au fond que l’exercice du droit d’examen qui appartient à tous sur les œuvres d’art, que les auteurs, en les rendant publiques, ont spontanément soumises au jugement de chacun ». Quant à la partie de la critique qui porterait sur un tableau non exposé à l’Exposition universelle, « elle ne contient l’allégation ni l’imputation d’aucun fait vrai ou faux pouvant porter atteinte soit à l’honneur, soit même à la considération professionnelle de Madrazo ».
-
[127]
Voir lettre précédente.
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[128]
En bas de la lettre, quelques lignes signées J. J. Ampère et annonçant son retour à Paris pour la première semaine de janvier.
-
[129]
Il s’agit du procès qui opposait l’éditeur Michel Lévy à Alexandre Dumas qui lui réclamait 607 801 francs de dommages et intérêts pour « publication illicite d’une édition à vignettes ». Le conflit, qui concernait également le journal Le Siècle, à qui Dumas reprochait des tirages illégalement faits en dehors des conventions, avait déjà connu plusieurs épisodes judiciaires. En ce qui concerne Michel Lévy, Dumas avait voulu obtenir la résiliation, pour abus, de leur contrat passé le 4 juillet 1845. Sans résilier le contrat, le tribunal avait, le 26 janvier 1856, interdit à Lévy de publier des œuvres postérieures au 31 août 1855. Lévy avait fait appel, mais le jugement avait été confirmé le 1er juillet 1856. Dans le procès ouvert le 19 novembre devant le tribunal civil de la Seine, Crémieux, avocat de Michel Lévy, avait fait appel au témoignage de nombreux écrivains, dont Tocqueville, pour « défendre Lévy contre l’imputation odieuse d’avoir voulu s’enrichir au prix d’une détestable action » et entrepris de prouver que non seulement Lévy ne devait rien à Dumas, mais que c’était Dumas qui devait des dommages et intérêts à Lévy pour des œuvres publiées contre le droit exclusif de l’éditeur (voir la Gazette des tribunaux du 28 novembre 1856). Le jugement, reporté à quinzaine, sera défavorable à Lévy, qui fera appel. S’ensuit un feuilleton judiciaire à multiples rebondissements qui durera jusqu’à ce que deux traités, conclus grâce à l’intervention de Noël Parfait, les 15 et 20 décembre 1859, mettent fin au long conflit entre Dumas et Lévy (voir Jean-Yves Mollier, Michel et Calmann-Lévy ou la naissance de l’édition moderne, 1836-1891, Calmann-Lévy, 1984, deuxième partie).
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[130]
Louis Le Peletier, marquis de Rosambo (1777-1856), oncle maternel de Tocqueville, était mort le 30 septembre.
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[131]
Antonin de Mandat-Grancey (1831-1870), entré à l’école navale dès l’âge de seize ans, aspirant en 1849, enseigne de vaisseau en 1853, avait rejoint la Crimée où son courage lui valut le grade de lieutenant de vaisseau le 8 mars 1854 et sa nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur le 28 avril de la même année, à vingt-trois ans. Le 17 février 1856, il était parti de Cherbourg pour Lisbonne sur la corvette L’Artémise et avait obtenu son premier congé le 3 août à l’issue de la campagne.
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[132]
Antonin s’apprêtait à partir pour la première expédition de Chine, le 4 février 1857, comme attaché à l’état-major britannique.
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[133]
Joseph Gabriel de Cordoüe (1778-1857).
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[134]
Camille Eugénie de Montboissier (1780-1833).
-
[135]
Antoine Anquetil (1809-1895), né à Alleaume (Manche), professeur au collège de Versailles en 1828, était également depuis 1836 membre, puis secrétaire perpétuel (1845), de la Société des sciences morales, des lettres et des arts de Seine-et-Oise, dont Bouchitté avait été l’un des fondateurs. En 1850, il était devenu censeur du lycée de Versailles et redeviendra professeur de rhétorique en 1858. C’était un vieil ami de Bouchitté, et Tocqueville avait souvent eu recours à lui pour ses relations dans la Manche, où résidait aussi Daru. On ne sait quel était l’objet de sa demande d’intervention auprès des compagnies de chemin de fer.
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[136]
Cette lettre de Rivet ne nous est pas parvenue. On peut néanmoins rapprocher cette lettre de Tocqueville de celle qu’il envoie à Jacques-François Hervieu, le 16 novembre 1856, en réponse à une demande concernant la manière de s’y prendre pour « un jeune homme qui veut se créer un avenir dans les chemins de fer ». Tocqueville cite longuement une lettre de Rivet (la réponse à sa propre lettre du 12 septembre) indiquant que, pour parvenir à des postes importants, il faut « quelque chose de mieux qu’une recommandation ordinaire, même pressante » auprès du directeur d’une compagnie (OC, t. X, p. 576-577).
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[137]
Voir ci-dessus, lettre du 20 décembre : « l’espace qui nous sépare ».
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[138]
Les pouvoirs du Corps législatif expiraient normalement avec la fin de l’année 1857. Mais, par un décret du 28 mai 1857, Napoléon III allait décider d’anticiper les élections afin de profiter des conditions favorables que lui donnaient notamment ses succès diplomatiques après la fin victorieuse de la guerre de Crimée.
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[139]
Le 2 novembre, Hartmann avait informé Tocqueville des articles qu’il avait écrits pour la Kölnische Zeitung et le Morgenblatt für gebildete Stände (AT).
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[140]
Dufaure était l’avocat du libraire Dentu et de l’abbé Cognat, auteur de L’Univers jugé par lui-même, ou études et documents sur le journal L’Univers de 1845 à 1855, brochure publiée sans nom d’auteur en juillet 1856 par Dentu. L’abbé Cognat était un des principaux rédacteurs de L’Ami de la religion, organe du catholicisme libéral, où il avait été nommé en 1852 par Mgr Dupanloup, et qui s’opposait à L’Univers, dirigé par Louis Veuillot, rallié à l’Empire et défendant un catholicisme de plus en plus ultramontain. La brochure L’Univers jugé par lui-même mettait en évidence les changements de position du journal de Veuillot, et de très nombreux exemplaires avaient été envoyés à de personnalités. Le 26 novembre, L’Univers, représenté par son gérant, avait porté plainte en diffamation contre Dentu puis l’abbé Cognat, une fois l’identité de l’auteur de la brochure révélée, devant la 6e chambre de police correctionnelle. La cause avait été renvoyée au 16 décembre, puis de nouveau au 24 décembre après l’échec d’une première tentative de conciliation, l’abbé Cognat refusant de s’engager à ne pas republier sa brochure. L’affaire se terminera le 13 janvier par une conciliation, l’abbé Cognat renonçant à réimprimer la brochure et L’Univers renonçant aux poursuites en diffamation. Mais Dufaure tint à préciser que l’abbé Cognat ne s’était résolu à signer la note de conciliation que sur la demande expresse du vicaire général de l’archevêché de Paris. L’assassinat, le 3 janvier, de Mgr Sibour, archevêque de Paris, par un prêtre déséquilibré a sans doute joué un rôle dans le choix de la conciliation pour conclure l’affaire.
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[141]
Frédéric Thomas. Voir ci-dessous la lettre à Freslon du 27 février 1857.
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[142]
Aucune lettre de Freslon n’a été retrouvée.
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[143]
Tocqueville, qui rassemblait depuis juillet 1856 la documentation nécessaire à son ouvrage sur la Révolution, a développé cette idée dans les chapitres 2 et 3 de cet ouvrage. Voir Œuvres, op. cit., t. III, 2004, p. 466-485.
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[144]
Ampère avait rencontré en octobre 1856 Rivet qui lui avait fait espérer une rencontre à Tocqueville en décembre mais avait très vite renoncé (voir OC, t. XI, p. 352 et ci-dessus la lettre à Rivet du 22 octobre). Ampère avait séjourné à Tocqueville du mardi 18 novembre 1856 au 6 janvier 1857.
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[145]
Tocqueville ne devait quitter la Normandie que le 30 mars, pour loger chez la tante de sa femme, Mrs Belam, à Chamarande, et mener ses recherches aux Archives nationales.
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[146]
Mme de Tocqueville supervisa en 1856-1858 les grands travaux d’extérieur qui donnèrent au château son aspect actuel : suppression des zones marécageuses, comblement des fossés, création d’une allée couverte et d’une serre, remplacement à l’arrière-plan des terres labourées par des prairies.
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[147]
La lettre de Rivet n’a pas été retrouvée. Sur cette recommandation, voir ci-dessus, lettre du 22 octobre 1856.
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[148]
Tocqueville qui recourait depuis 1853 à l’aide de Jules Ravenel, conservateur au département des imprimés de la Bibliothèque impériale, lui avait demandé un premier envoi le 13 octobre 1856.
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[149]
Dans une lettre du 11 janvier 1857, Tocqueville avait demandé à Ampère de prendre à la Bibliothèque impériale des ouvrages sur les Illuminés pour se « faire une idée de ce qu’a été immédiatement avant la Révolution cette espèce de rêvasserie fiévreuse qu’on a appelée l’illuminisme, les Rose Croix, la franc-maçonnerie » (OC, t. XI, p. 361-362). Ces ouvrages servirent à la rédaction du chapitre 1 du livre sur la Révolution.
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[150]
Cette liste est celle des brochures de 1788 conservées dans la série LB 39 de la BNF sous les numéros portés par Tocqueville et qu’il utilise pour les chapitres 2 et 3 de son livre sur la Révolution. Une analyse détaillée de sa documentation et de ce qu’il en tire est faite dans Œuvres, op.cit., t. III, p. 455-553 et notes afférentes. Nous corrigeons ou complétons les titres entre crochets quand Tocqueville en a altéré le sens en les abrégeant.
-
[151]
Voir les notes prises sur cet ouvrage, ibid., p. 519.
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[152]
Voir les notes prises sur cet ouvrage, ibid., p. 520-521.
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[153]
Voir les notes prises sur cet ouvrage, ibid., p. 516-517.
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[154]
Voir les notes prises sur cet ouvrage, ibid., p. 1143.
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[155]
Voir les notes prises sur cet ouvrage, ibid., p. 521-522.
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[156]
Voir les notes prises sur cet ouvrage, ibid., p. 527-532.
-
[157]
Voir les notes prises sur cet ouvrage, ibid., p. 532-533.
-
[158]
Voir les notes prises sur cet ouvrage et sur le Mémoire des princes, ibid., p. 533-534.
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[159]
Voir les notes prises sur cet ouvrage, ibid., p. 534-535.
-
[160]
Tocqueville avait, dès réception de l’ouvrage, vigoureusement exprimé à Gobineau son désaccord, tout en lui proposant son aide pour obtenir une place de correspondant à l’Académie des sciences morales. Voir lettre du 8 janvier 1856, OC, t. IX, p. 245.
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[161]
En 1856, à Philadelphie, chez Lippincott. Le 20 mars 1856, Gobineau commente ce succès aux États-Unis (ibid., p. 261), succès que Tocqueville attribue aux antiabolitionnistes convaincus de l’inégalité des races qui ne comprennent pas que pour Gobineau les Américains blancs sont eux aussi dégénérés (ibid., p. 268).
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[162]
Nom donné à la section de « politique, administration, finances » créée par le décret du 25 avril 1855 dont les dix membres n’étaient pas élus par leurs confrères mais nommés par le gouvernement qui souhaitait ainsi casser l’opposition des académiciens. Cette section avait comme les autres des membres correspondants, parmi lesquels Tocqueville espérait faire nommer Gobineau (voir lettre à celui-ci du 24 janvier, ibid., p. 278). Gobineau ne devait pas être élu.
-
[163]
Adolphe d’Avril était attaché à la direction politique au ministère des Affaires étrangères depuis le 2 février 1856.
-
[164]
Gobineau avait été nommé en décembre 1854 premier secrétaire de la légation française en Perse et y resta jusqu’en janvier 1858. Il devait y revenir comme ministre en 1861. Sa connaissance de la langue et de la civilisation le faisait apprécier.
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[165]
Pierre de Rémusat, le fils aîné de Charles, avait épousé la fille de Vincent Cibiel, un négociant de Villefranche (Aveyron) enrichi dans la spéculation sur les chemins de fer et député ministériel de 1837 à 1848. Marie Cibiel, devenue veuve à vingt-cinq ans, se distingua ensuite dans la philanthropie. Beaumont commente fielleusement ce mariage de son neveu : « C’est un bon et gros mariage d’argent, auquel on ne fait pas autant de sacrifices qu’il arrive quelquefois en pareil cas, car il paraît que la jeune personne est gentille et bien élevée ; cependant 20 000 francs de rente en dot, 2 000 000 un jour, forment le fond de ses agréments » (lettre du 6 décembre 1856, OC, t. VIII, 3, p. 451).
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[166]
Marie Hélène Marthe de Corcelle devait épouser Charles Adolphe de Chambrun le 8 juin 1859. Tocqueville dut s’entremettre pour faciliter des négociations dans lesquelles il jugeait Corcelle très maladroit (voir lettre à Beaumont, 1er février 1857, OC, t. VIII, 3, p. 456).
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[167]
Lettre non retrouvée.
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[168]
La Revue de Paris avait publié un article d’Oppenheim intitulé « Le roi Frédéric-Guillaume IV » dans le numéro du 15 janvier (p. 551-567). L’auteur soulignait les incohérences du souverain, sa faiblesse devant l’Autriche et sa « vanité mesquine » à l’intérieur ; il dénonçait l’incohérence entre ses promesses libérales et une politique en fait réactionnaire. Cet article avait conduit le gouvernement à prendre un arrêté le 24 janvier 1857 suspendant la revue pour un mois. Heinrich Bernhard Oppenheim (1819-1880), publiciste libéral très actif lors du printemps des peuples, avait consacré à L’Ancien Régime un compte rendu dans le Deutsche Museum de Leipzig le 3 juillet 1856 et avait écrit à Tocqueville à cette occasion.
-
[169]
Le Siècle s’en était pris le 31 janvier et le 2 février aux légitimistes de L’Union qui avaient annoncé vouloir s’abstenir en l’absence d’une vraie liberté des élections. Émile de La Bedollière écrivait dans Le Siècle du 31 janvier : « Notre politique n’a jamais été celle des pessimistes qui, suivant une locution proverbiale, jettent le manche après la cognée. Nous voulons reconquérir avec les armes légales ce que nous avons perdu à la suite des diverses transformations du pouvoir. » Léonor Havin avait pris la direction du journal après le coup d’État.
Jacques Pierre Abbatucci, député du Loiret de 1839 à 1851, avait été proche d’Odilon Barrot sous la monarchie de Juillet. Soutien fervent de Louis-Napoléon Bonaparte, il fut garde des Sceaux du 21 janvier 1852 au 15 novembre 1857. -
[170]
Le compte rendu de Lavertujon est publié dans La Gironde les 2 et 5 septembre 1856 et 29 janvier 1857. André Lavertujon (1827-1914), démocrate socialiste sous la république et positiviste, opposant au coup d’État, exilé, était devenu à son retour en 1855 rédacteur en chef de La Gironde qui défendait des idées libérales. Ami de Gambetta, il sera sénateur de 1887 à 1897.
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[171]
Dans sa réponse du 16 février 1857 (AT), Lanjuinais expliquait qu’il n’y avait pas de statistiques précises mais que la stagnation de la population avait deux causes : l’émigration et la diminution des mariages et des naissances dans les familles aisées, ce qu’il attribuait à l’influence de Malthus et au Code civil. Les recensements généraux de la population étaient organisés tous les cinq ans depuis 1801. En 1851, la France comptait 36 472 000 habitants ; en 1856, 36 715 000.
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[172]
De la main de Bouchitté : répondu le 22.
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[173]
Dans sa réponse, Bouchitté indique avoir remis la demande du jeune Le Terrier au colonel Legrand (Frédéric Legrand, né en 1810 à Versailles, nommé colonel en 1855, qu’il connaissait). Il était déjà intervenu en août 1856 pour ce jeune homme, cordonnier de son régiment. Voir ci-dessous, lettre du 3 mars.
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[174]
Mgr Sibour avait été assassiné le 3 janvier 1857 dans l’église Saint-Étienne-du-Mont par un prêtre interdit, Jean Louis Verger, qui fut exécuté le 30 janvier 1857. Le 22 janvier, Bouchitté répond : « Je ne crois pas que le meurtre de l’archevêque se rattache à quelque chose d’avant ou d’après ; mais il a fait naître de fâcheuses idées pour le clergé. Beaucoup de gens font observer qu’encore qu’on ne puisse imputer à tous les prêtres la doctrine de Verger, il y a beaucoup de désordre dans les têtes des prêtres, tels que socialisme, théocratie, répression par la violence, etc. Il se répand parmi le peuple l’idée que l’on a expédié Verger le plus tôt possible pour le faire taire, qu’il faut marier les prêtres, parce que, disent les ouvriers, leurs passions charnelles leur montent à la tête, qu’il avait des révélations à faire sur la dureté des évêques, etc. Ce qu’il y a de sûr, c’est que le clergé a été fort inquiet et a désiré le premier que l’on en finît promptement. Le crime a beau être isolé, il prête aux interprétations » (AT).
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[175]
George Grote (1794-1871), radical en politique, représentant de la cité de Londres en 1832, en 1835 et de 1837 à 1841, date à laquelle il déclina la candidature pour se consacrer à son History of Greece, publiée en 12 volumes de 1846 à 1856. Tocqueville avait sans doute fait sa connaissance et celle de sa femme Harriet en 1835 et avait lu avec passion l’ouvrage (voir son jugement sur l’étude d’Alexandre dans le dernier volume dans OC, t. VI, 3, p. 208).
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[176]
Le 4 mars, Mignet répondait que faute de confirmation du décès de M. Orioli, le remplacement ne pourrait avoir lieu qu’en 1858. Convaincu des mérites éminents de Grote, il remarquait néanmoins que tous les correspondants étaient de langue anglaise ou allemande, et que l’Académie souhaiterait peut-être élire un correspondant italien ou espagnol (AT). Francesco Orioli était bien mort à Rome le 5 novembre 1856. Grote fut élu correspondant le 20 février 1858, puis associé étranger en remplacement de Macaulay en février 1864.
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[177]
Geneviève Élisabeth Villemain avait épousé François Henri René Allain Targé, qui sera député sous la Troisième République.
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[178]
Aucune lettre de Freslon n’a été retrouvée.
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[179]
Les mots « le très illustre » sont barrés d’une autre encre que celle de la lettre. Pingard gérait les billets d’invitation aux séances publiques de l’Académie.
-
[180]
Voir ci-dessus, lettre du 24 juin 1856. Dans une lettre de juin 1857 à Émile Ollivier, Mme d’Agoult invite celui-ci à son mercredi pour y rencontrer « l’auteur de la Démocratie en Amérique qui est on ne peut plus aimable » (Daniel Ollivier, Autour de Mme d’Agoult et de Liszt, Grasset, 1941, p. 63).
-
[181]
Dans un discours du 7 janvier 1857 à Saltby, reproduit dans le Times, Sir Robert Peel avait traité Morny de plus grand spéculateur de l’Europe. Interpellé par Stafford à la Chambre des communes, il répondit le 12 février : « I did not intend to imply anything detrimental to his honourable character », déclenchant des rires prolongés.
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[182]
Frédéric Thomas (1814-1884), avocat en 1836, dramaturge, assurait le « courrier du Palais » dans plusieurs journaux, notamment L’Estafette, que Tocqueville lit cette année-là. Il sera député du Tarn (gauche) de 1881 à 1884.
-
[183]
« De rares naufragés sur le vaste abîme » (Virgile, Énéide, I, 118).
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[184]
Adrien, lettres d’une mère à son fils. Adrien, étudiant à Paris, reçoit des conseils de sa mère veuve. L’ouvrage est, comme le note Barbey d’Aurevilly (Le Pays, 10 mars 1857), un « traité d’éducation mis sous une forme romanesque ».
-
[185]
Tocqueville analyse dans DA (1840), au chapitre « Influence de la démocratie sur la famille », comment « une sorte d’égalité s’établit autour du foyer domestique ». Sur la réticence aristocratique de Tocqueville envers le tutoiement, y compris entre mari et femme, voir Conversations avec Nassau Senior, 1er mai 1857 in OC, t. VI, 2, p. 468.
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[186]
Tocqueville avait reçu de Hother Hage, membre de la Chambre à Copenhague, grand lecteur de la DA et des discours de Tocqueville, une lettre du 6 septembre 1856 (AT) lui transmettant une recension publiée dans la gazette Fadrelan.
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[187]
Tocqueville avait obtenu de Lévy le droit de disposer des épreuves à fins de traduction et avait, par l’intermédiaire de Reeve, passé un accord avec le libraire Murray en Angleterre pour un tirage de 1 000 exemplaires en 1856. Une seconde édition fut tirée en 1873, mais le livre se vendait aussi en français. Voir lettre de Reeve, 5 février 1857, OC, t. VI, 1, p. 211.
-
[188]
Lévy avait imprimé en octobre 1856 une deuxième édition de 2 200 exemplaires, épuisée en juillet 1857. Une troisième édition de 2 200 exemplaires fut enlevée entre juillet 1857 et décembre 1858. Lévy ne laissa à Tocqueville que le temps d’opérer des corrections mineures. Voir Françoise Mélonio, Tocqueville et les Français, Aubier, 1993, chapitre 3 sur les éditions, et la liste des corrections dans OC, t. II, 1, p. 325 et suiv.
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[189]
Das alte Staatswesen und die Revolution, trad. Arnold Boscowitz, chez Hermann Mendelsohn et Leipzig, 1857. Tocqueville avait collaboré avec son traducteur (voir OC, t. VII, p. 275). Le livre avait déjà été présenté au public allemand par une série de sept articles de Heinrich von Sybel dans l’Augsburger Zeitung entre le 10 juillet et le 31 août 1856.
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[190]
Ampère préparait son César. Scènes historiques, qui parut chez Lévy en janvier 1859 et dont Tocqueville entretint l’éditeur à plusieurs reprises en 1857. Voir OC, t. XI, p. 377.
-
[191]
De la main de Bouchitté : répondu le 6 mars suivant.
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[192]
Voir ci-dessus, lettre du 17 février. Dans sa réponse du 6 mars (AT), Bouchitté, après avoir vu le colonel Legrand le matin, informait Tocqueville que rien n’était possible avant l’arrivée du contingent de 1856.
-
[193]
Dans sa lettre du 22 février, Bouchitté expliquait avoir vu Rémusat et Mignet au sujet de sa candidature de correspondant et avoir « facilement percé jusqu’à la vérité que voici. Je suis en ce moment le seul candidat possible, mais Cousin qui ne veut absolument pas de moi, a engagé la section à remettre à l’année prochaine le remplacement de M. Bartholmèss ». Candidat depuis 1842, Bouchitté ne fut pas élu correspondant, la succession de Bartholmèss ayant été bloquée jusqu’en 1863 au profit de Charles Waddington. Tocqueville, en plaidant pour Bouchitté auprès d’Ampère en septembre 1856, avait déjà noté « l’esprit vindicatif et partial de Cousin » et sa « malveillance très réelle et très persistante » pour Bouchitté. Voir OC, t. XI, p. 346.
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[194]
Alfred de Falloux avait été élu le 10 avril 1856 au fauteuil de Mathieu Molé et devait être reçu à la séance du 26 mars 1857.
-
[195]
Freslon avait été ministre de l’Instruction publique du 13 octobre au 10 décembre 1848 et était avocat général à la Cour de cassation depuis le 25 août 1849.
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[196]
Clémentine Adelaïde d’Orglandes (1795-1887), sœur de Zélie de Chateaubriand et amie de Falloux. Elle avait épousé Charles Gabriel, marquis de Champagne-Bouzey, et résidait au château de Ménil-Jean, près de Putanges, dans l’Orne. Tocqueville la fréquente dans les années 1850. Voir lettre à Marie, 4 mai 1858 : « J’ai vu hier Mme de Champagne, toujours bonne amie, mais toujours bien tracassée par ses enfants » (OC, t. XIV, p. 647).
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[197]
Baudry de Balzac.
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[198]
Lettre non retrouvée.
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[199]
Émile Augier devait être élu avec le soutien de Mérimée et de Sainte-Beuve le 31 mars 1857 par 19 voix contre 18 à Victor de Laprade, poète catholique et légitimiste que soutenaient Broglie, Victor Cousin et Montalembert. Thiers et Rémusat avaient voté pour Augier par hostilité au parti religieux qui soutenait Laprade. Tocqueville vota pour Laprade par souci de l’indépendance de l’Académie à l’égard du pouvoir (voir lettre à Ampère du 7 avril 1857, OC, t. XI, p. 372). Carné ne sera élu que le 23 avril 1863, avec l’appui du parti catholique et des orléanistes, et ne semble pas avoir été candidat en 1857.
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[200]
Victor de Broglie (1785-1870), qui faisait campagne pour Laprade, est le destinataire probable de cette lettre. Il avait été élu à l’Académie le 1er mars 1855 et reçu le 3 avril 1856. Personnalité libérale de premier plan, il avait été ministre de l’Instruction publique en 1830, des Affaires étrangères de 1832 à 1834 et député de 1849 à 1851. La lettre de Broglie n’a pas été retrouvée.
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[201]
Un décret du 17 septembre 1852 avait accordé à MM. Cusin, Legendre et Duchêne de Vère la concession de docks (grands magasins) à construire sur la place de l’Europe à Paris. Un conseil de surveillance avait été mis en place en novembre 1852, présidé par le prince Murat. Dès 1853, il apparut que l’argent des souscriptions n’avait été utilisé qu’en faible part pour acheter les terrains et commencer les travaux. La concession fut retirée le 19 décembre 1855 et le procès qui débuta par une audience du 25 février 1856 s’acheva le 7 mars 1857 par la condamnation pour escroquerie des trois concessionnaires à des peines de prison et la condamnation pour complicité de détournement du commissaire du gouvernement Arthur Berryer, fils de l’orateur. Dufaure était l’avocat de Legendre et avait mis en cause le prince Murat. La princesse Mathilde (1820-1904), fille de Jérôme Bonaparte, n’est pas mise en cause dans le procès.
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[202]
Fanny Mosselman, fille du banquier belge François Dominique Mosselman, avait épousé en 1827 Charles, comte Le Hon, ministre du roi des Belges à Paris sous la monarchie de Juillet. En 1833, elle avait rencontré Charles de Morny dont elle fut la maîtresse pendant vingt-cinq ans. La rupture fut provoquée par le mariage de Morny avec Sophie Troubetskoï le 19 janvier 1857. Fanny le Hon réclama à Morny les bénéfices engrangés par lui grâce aux affaires de Mosselman, soit 7 680 000 francs et, après entremise de l’empereur, elle reçut 3,5 millions. Voir Gerda Grothe, Le Duc de Morny, Fayard, 1966, p. 205-214.
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[203]
Voir ci-dessus, lettre du 27 février.
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[204]
Biot succédait à Lacretelle. Le 5 février 1857, Guizot avait fait l’éloge du goût pour la science pure et de l’indépendance d’esprit de Biot, puis l’éloge de l’indépendance politique de Lacretelle en notant : « La grandeur intellectuelle est seule restée debout au milieu de tant de grandeurs déchues. » Son discours stigmatisant l’absence de liberté sous Napoléon portait indirectement condamnation du régime de Napoléon III.
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[205]
Lettre du 20 mars, OC, t. XV, 2, p. 200-203.
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[206]
Falloux devait être reçu à l’Académie le 26 mars et y faire l’éloge de Molé au siège duquel il avait été élu le 10 avril 1856. Il avait insisté auprès de Corcelle et de Mme de Circourt pour que Tocqueville soit présent.
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[207]
Tocqueville fut présent le 31 mars pour l’élection au fauteuil de Salvandy. Augier fut élu au second tour. L’aggravation de la santé de Mme de Tocqueville s’étant produite le lundi 16 mars (voir ci-dessus la lettre à Guizot du 21 mars), ce billet peut être daté de la seconde quinzaine. Le 9 mars, L’Estafette avait annoncé la date du mardi 31 pour l’élection et la confirma le 30.
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[208]
À l’Académie des sciences morales, le samedi 2 mai, Tocqueville avait assisté à la lecture en séance publique par Mignet de sa Notice historique sur la vie et les travaux de M. Lakanal. La lettre pourrait dater du dimanche 3 mai, juste après la lecture, à moins que Tocqueville ne l’ait expédiée qu’avec retard le vendredi 7 mai, au lendemain de la séance du jeudi à l’Académie française où il avait retrouvé Mignet. Lakanal s’était exilé aux États-Unis au moment de la Restauration et, après Juillet, avait été invité par l’Académie à revenir en France et à reprendre sa place d’académicien. Avant de revenir, en 1834, il avait adressé à ses confrères des observations très sévères sur les Américains. Tocqueville se réfère ici à ce passage de la notice de Mignet (Séances et travaux de l’Académie des sciences morales, t. XX, p. 433) : « En voyant les Américains trop adonnés à la poursuite des intérêts matériels qui avaient alors un attrait si grand pour eux, et trop négligents des choses de l’intelligence qui conservaient toujours un si haut prix pour lui, il disait avec une pointe d’esprit et d’amertume qui manquerait certainement d’à-propos comme de justice aujourd’hui : “Je ne tardai pas à m’apercevoir que les seules lettres qui eussent auprès d’eux une valeur réelle étaient les lettres de change”. »
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[209]
Tocqueville est ici soucieux de montrer l’évolution américaine depuis le jugement sévère de DA en 1840 : « Les habitants des États-Unis n’ont donc point encore, à proprement parler, de littérature » (« Physionomie littéraire des siècles démocratiques », in Œuvres, op. cit., t. II, p. 567).
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[210]
Les trois billets adressés à Bouchitté, écrits sur papier bordé de noir, datent de la période de deuil consécutive au décès d’Hervé de Tocqueville, de juin 1856 à juin 1857. Le 27 avril, Bouchitté avait écrit à Tocqueville pour lui proposer de lui rendre visite à 9 heures dans les jours suivants (AT).
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[211]
La réponse de Bouchitté permet de dater ce billet. Le jeudi 14 mai 1857 au soir, il écrit après ce rendez-vous manqué : « J’irai donc vous demander à déjeuner mercredi prochain 20 mai et j’aurai bien du plaisir à revoir M. G. de Beaumont que je n’ai pas vu depuis bien longtemps. »
-
[212]
Bouchitté souhaitait devenir correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques et avait déjà connu des échecs en 1842, 1850 et 1854. Il avait de nouveau sollicité Tocqueville en 1856. Le 20 novembre 1856, Tocqueville devait déconseiller à Bouchitté de se présenter, en raison de l’hostilité de Victor Cousin. Bouchitté ne se découragea pas : dans une lettre du 22 février 1857, il informa Tocqueville de son entrevue avec Rémusat et Mignet. Il envisageait de présenter à l’Académie des sciences morales son mémoire sur la Présence humaine et pratique de Dieu dans l’homme. Le 16 août 1857, il écrivait à Tocqueville être trop absorbé par la publication de son Poussin pour travailler sur ce mémoire, qu’il ajournait à l’hiver. La lettre doit dater du séjour de Tocqueville à Paris en avril-juin 1857.
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[213]
Le jeudi 2 avril, la commission du prix Montyon avait présenté à l’Académie française les ouvrages retenus parmi les 84 volumes reçus. Son choix avait été ratifié lors de la délibération du mardi 28 avril. La proclamation des résultats fut faite lors de la séance solennelle du jeudi 20 août 1857 par Villemain, secrétaire perpétuel de l’Académie. L’ouvrage de Corne, Adrien, lettres d’une mère à son fils, ne faisait pas partie des ouvrages proposés par la commission.
-
[214]
Duvergier venait de faire paraître les deux premiers volumes de son Histoire du gouvernement parlementaire de la France, 1814-1848, entreprise en 1852 après son arrestation et son bannissement et annoncée dans la Bibliographie de la France du 9 mai. L’introduction était un plaidoyer virulent pour la liberté parlementaire, Duvergier revendiquant son appartenance à « une petite tribu de mécontents » du Second Empire (p. XV). Le premier volume s’appuyait à sept reprises sur L’Ancien Régime et la Révolution. Le 5 août, Tocqueville écrit à Corcelle qu’il jugeait le second volume fort remarquable : « La difficulté n’est pas de le faire apprécier, mais de le faire lire. Est-il possible de mettre sous les yeux du public des volumes de 7 ou 800 pages ? » (OC, t. XV, 2, p. 207).
-
[215]
Lettre du 20 mai (OC, t. VI, 1, p. 222-224). Tocqueville, en faisant l’éloge de Duvergier, sollicitait un compte rendu « pour l’auteur, pour le livre et pour la France libérale que l’un et l’autre représentent ». L’Edinburgh Review mentionnera l’ouvrage en octobre 1858 dans un article consacré aux Mémoires de Guizot (vol. 108, p. 410).
-
[216]
Tocqueville devait probablement arriver à Londres le 19 juin et revenir à Cherbourg le 21 juillet.
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[217]
Destinataire non identifié.
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[218]
Tocqueville partageait sa semaine entre Chamarande et l’hôtel Bedford, géré par Lawson Mercier et fondé vers 1850 par une comtesse russe qui lui avait donné un nom anglais pour attirer les touristes britanniques. Les Senior y descendaient aussi.
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[219]
Lettre non retrouvée.
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[220]
Personnage non identifié.
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[221]
Des deux filles de Rivet, seule Marie Joséphine (née en 1834) était alors mariée ; le 11 août 1855, elle avait épousé Grégoire Ludovic Bourdeau de Lajudie, né en 1814.
-
[222]
Dans un billet sans date, Lanjuinais indiquait avoir procédé à une colocation avec des collègues lors de son précédent voyage et donnait le prix de deux hôtels. Début juin, Tocqueville devait recourir à Reeve qui, faute de trouver une location, lui recommanda des hôtels. Tocqueville logea au York Hotel quelques jours, avant de faire adresser ses lettres à l’Atheneaum.
-
[223]
Le manuscrit porte en tête d’une autre main que celle de Tocqueville : Paris… juillet 1856. « 1856 » corrigé de la même main en « 1857 », mais le mois de juillet est également erroné, Tocqueville arrivant en Angleterre à la mi-juin.
-
[224]
Le manuscrit porte en haut à l’encre : may 1857 ; et au crayon en haut à droite : 10 july 1857.
Le 10 est un vendredi et est sans doute la date de réception de la lettre. -
[225]
Robert Ferguson (1799-1865), Écossais qui s’était installé à Londres en bénéficiant de la protection de John Murray et de Sir Walter Scott, était l’obstétricien de la famille royale.
-
[226]
Senior communiquait les manuscrits de ses Conversations à ses amis français et anglais.
-
[227]
Biffé : d’autant plus que vous racontez l’anecdote relative à Mrs Grote, [mot illisible] qu’elle ne me pardonnerait pas, si elle savait que j’en suis l’auteur. Elle m’a déjà demandé si je savais quel était votre interlocuteur et sur ma réponse négative elle s’inquiétait [lecture douteuse] de vous presser de nouveau pour le savoir, se flattant qu’elle vous amènerait soit à lui dire le nom soit à apprendre de vous quelque chose qui le lui fît deviner. Je vous en avertis. Tenez bon je vous prie.
-
[228]
Lettre non retrouvée. Mgr Dupanloup y invitait vraisemblablement Tocqueville à la cérémonie de remise des prix au petit séminaire à la chapelle Saint-Meslin, qui était sous son autorité en tant qu’évêque d’Orléans. Deux discours de remise des prix de Mgr Dupanloup au petit séminaire en faveur de l’enseignement des lettres ont été publiés : le discours sur l’enseignement des lettres du 31 juillet 1854 et celui sur l’utilité des bonnes études littéraires du 29 juillet 1856.
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[229]
Contre l’abbé Gaume et L’Univers qui voulaient bannir de l’éducation chrétienne la lecture des classiques païens, Mgr Dupanloup plaidait pour qu’on les enseigne aussi bien aux hommes qu’aux femmes.
-
[230]
Aux élections des 21 et 22 juin, les candidats soutenus par le gouvernement avaient obtenu 85 % des suffrages mais les républicains avaient emporté cinq des dix sièges de la Seine. Avaient été élus Émile Ollivier, Darimon, Eugène Cavaignac, Hippolyte Carnot et Goudchaux, ces deux derniers refusant de prêter serment et démissionnant.
-
[231]
Dans la copie par Rédier le mot « Sicile » est suivi de points d’exclamation et d’interrogation et mis entre crochets d’une autre encre. Il s’agit ici en fait de la crise ouverte par la révolte des cipayes en Inde en mai, et de l’extension de l’insurrection durant les mois qui suivirent. Tocqueville s’en entretient au même moment avec Reeve. Voir 2 août 1857, OC, t. VI, 1, p. 229-230.
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[232]
Gabriel Alexandre Rivet, né en 1840.
-
[233]
Quittant les Corcelle, Lanjuinais était venu à Tocqueville les premiers jours du mois et venait de repartir.
-
[234]
Boqueteau sur une petite éminence située à quelques centaines de mètres du château et d’où Tocqueville allait contempler la mer.
-
[235]
Sir Charles Wood, premier lord de l’amirauté, avait mis à la disposition de Tocqueville le bateau qui le ramena à Cherbourg, sans doute le 21 juillet. L’erreur du journal s’explique par les préparatifs du séjour de Napoléon III et d’Eugénie à Osborne, sur l’île de Wight, du 6 au 9 août. Napoléon III voulait obtenir de la reine Victoria l’annulation des élections truquées en Moldavie et Valachie du 19 juillet 1857, afin d’organiser de nouvelles élections qui permettraient la réunion des deux principautés. La reine Victoria craignait tout bouleversement dans les principautés danubiennes, qui risquerait de nuire à l’équilibre entre la Turquie et l’Autriche.
-
[236]
Tocqueville avait d’abord espéré accueillir Ampère en septembre avec les Loménie, mais celui-ci resta à Rome au chevet de Louise Guillemin, gravement malade. Quant à Bouchitté, il avait annoncé le 16 août que la santé de sa nièce rendait peu probable une visite en octobre. Le 3 octobre, il devait confirmer que le déplacement lui était impossible.
-
[237]
Tocqueville reformule ici le projet de Bouchitté énoncé dans sa lettre du 16 août (AT). Bouchitté, annonçant vouloir traiter « la question de la présence humaine et pratique de Dieu dans l’homme », commentait : « C’est je crois la question importante, c’est celle qu’appliquent [sic] depuis des siècles les religions positives et particulièrement le christianisme. Mon intention est d’en donner l’explication par un judicieux usage de la raison, et de montrer que la pratique de tous les jours s’accorde avec la philosophie dans son légitime développement. » Il répliqua à la remarque sceptique de Tocqueville le 14 novembre (AT) : « Je crois que si vous y faites attention, vous verrez qu’il y a un fond et que de plus nous le touchons. Il n’y a pas de lien plus étroit que celui de la cause et de l’effet, de la puissance créatrice à l’objet créé. » Il attirait l’attention de Tocqueville sur les dangers de l’indifférence : « Il faut d’ailleurs ne pas oublier que si ce fond de toutes choses n’est pas, ou si, ce qui reviendrait au même, nous ne l’atteignons pas dans la mesure nécessaire, il n’y a de fond à rien, ni à la loi, ni au droit, ni à la morale, ni à la politique. »
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[238]
Édouard Dentu (1830-1884) avait repris la librairie familiale, située dans les arcades du Palais-Royal, à la mort de son père Gabriel en 1849.
-
[239]
Il semble s’agir de l’expédition dont Tocqueville assure réception dans la lettre ci-dessous du 24 septembre, ce qui permet de dater la lettre et d’en déterminer le destinataire.
-
[240]
L’allusion aux séjours des Corcelle à Tocqueville en septembre permet de dater ce billet. La famille Corcelle fit deux séjours à Tocqueville : l’un en septembre 1857, durant lequel ils séjournèrent trois semaines avec leurs enfants Marthe et François (voir OC, t. VIII, 3, p. 501-502), et l’autre dans la seconde quinzaine d’août 1858 (OC, t. XV, 2, p. 226).
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[241]
Lecture peu sûre. Daru n’a qu’un fils, Pierre Auguste Napoléon, né en 1843, entré dans la diplomatie et qui meurt noyé en 1872 au Japon.
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[242]
Le 23 août, Lanjuinais avait annoncé avoir vendu sa propriété de Trejet et demandait à Tocqueville de l’aider à trouver quelque chose dans le Cotentin (AT).
-
[243]
Familier : suranné.
-
[244]
À la différence de Tocqueville, Lanjuinais ne souhaitait pas que Napoléon III tirât profit des difficultés des Anglais. Le 15 mars, il écrivait : « C’est qu’ils sont le seul peuple libre de l’Europe et que si leur abaissement arrivait avant que les nations du continent ou au moins la France ait un gouvernement libre et modéré en harmonie avec sa dignité, ses lumières et l’état de sa civilisation, les servitudes et les hontes du bas empire seraient notre lugubre et unique avenir. » Le 6 octobre, regrettant l’affaiblissement qui résultait des affaires de l’Inde, il écrivait : « De tout côté, la terre promise s’éloigne. »
-
[245]
Claire de Durfort de Duras (1799-1863), qui avait épousé en 1819 Henri Louis de Chastellux, autorisé à partir de cette date à prendre le titre de duc de Rauzan. C’était une amie des Circourt et de Mme Swetchine.
-
[246]
La dernière lettre de Mme Swetchine à Tocqueville est datée du 27 juillet 1857 (voir OC, t. XV, 2, p. 323-324). Elle devait s’éteindre le 10 septembre. Falloux, près d’elle à Paris depuis le 21 août, a laissé un récit détaillé de ses derniers jours dans Mme Swetchine. Sa vie et ses œuvres, t. I, Vie de Mme Swetchine, 1860.
-
[247]
Lettre du 15 août (AT). Lavergne y informait Tocqueville de son intention d’aller à Paris en septembre pour veiller à la publication de son recueil L’Agriculture et la population en 1855 et 1856 (1857), qui regroupait les articles publiés dans la Revue des Deux Mondes entre le 1er juillet 1855 et le 1er avril 1857, ainsi qu’une réponse du 16 juin aux polémiques suscitées par son article du 1er avril sur le recensement de 1856.
-
[248]
Essai sur l’économie rurale de l’Angleterre, de l’Écosse et de l’Irlande (1854).
-
[249]
Dans son article du 1er avril, « Le dénombrement de la population » (Revue des Deux Mondes, 1857 p. 295-232), Lavergne attribuait la stagnation de la population à la crise agricole, la guerre, la concentration urbaine, mais aussi à l’absence de goût des Français pour la liberté. S’ensuivit une polémique, notamment avec Le Play, sur la décadence française. Le recensement avait suscité beaucoup d’intérêt en Angleterre : voir la lettre de Tocqueville à Reeve du 20 avril 1857 (OC, t. VI, 1, p. 220-222).
-
[250]
George Leveson-Grower, deuxième comte Granville (1815-1891), homme politique libéral. La mutinerie des cipayes avait éclaté à Meerut le 10 mai 1857. La nouvelle de la révolte était arrivée à Londres le 9 juin.
-
[251]
Les Britanniques avaient repris du terrain dès la fin de 1857, mais un traité de paix ne put être signé que le 8 juillet 1858. Tocqueville s’entretient très longuement des affaires de l’Inde avec Reeve et avec ses amis anglais durant toute cette période (voir notamment sa lettre à Reeve du 30 janvier 1858, OC, t. V, 1, p. 253-255).
-
[252]
« Le gouvernement représentatif et la Révolution. À propos de l’Histoire du gouvernement parlementaire de M. Duvergier de Hauranne », Revue des Deux Mondes, livraison du 1er septembre 1857, t. XI, p. 52-76. L’article très élogieux soulignait le libéralisme de Duvergier.
-
[253]
Rémusat s’en prenait aux partisans de la simplicité, qui conduit au despotisme : « Ce qu’on peut appeler un gouvernement simple, c’est la monarchie, c’est la démocratie pure, en d’autres termes la société gouvernée immédiatement par une seule volonté, celle d’un homme ou celle du grand nombre. Vers cette extrémité gravitent tous les systèmes absolus » (ibid., p. 59). En soulignant le goût des démocraties pour les idées générales et l’unité du gouvernement, Tocqueville retrouve ici les analyses de DA (1840).
-
[254]
Bacon, sa vie, son temps, sa philosophie et son influence jusqu’à nos jours (1857).
-
[255]
Il s’agit vraisemblablement de Thomas Babington Macaulay, auteur d’un essai sur Bacon publié dans l’Edinburgh Review en 1843 et que Rémusat cite dans son ouvrage comme une de ses sources principales (ibid., p. 6).
-
[256]
Voir ci-dessus, lettre du 4 août.
-
[257]
Napoléon III devait rencontrer le tsar Alexandre II à Stuttgart le 26 septembre pour y aborder la question des principautés danubiennes et tenter plus généralement un rapprochement avec la Russie face à l’Autriche.
-
[258]
Le parallèle entre le Second Empire et l’Empire romain était alors à la mode, Napoléon III lui-même étant fasciné par l’histoire romaine – ce qui devait le conduire à lancer des fouilles archéologiques et à publier son Histoire de Jules César en 1865. Le parallèle entre la révolution anglaise de 1688 et celle de 1830 avait été très répandu sous la monarchie de Juillet, à la suite notamment des travaux de Guizot, auteur d’une Histoire de la révolution d’Angleterre (1826-1827) qu’il avait reprise dans son Discours sur l’histoire de la révolution d’Angleterre en 1850. Tocqueville dénonce les risques des analogies dans son discours académique sur la science politique du 3 avril 1852 (voir OC, t. XVI, p. 231).
-
[259]
Accusant réception de la lettre du 4 septembre, Falloux écrivait le 10 que Mme Swetchine venait de mourir quelques heures auparavant, après six semaines de cruelles souffrances (AT). Il n’y aurait ni faire-part ni annonce, conformément à la volonté de la défunte, et un cadeau serait adressé à Tocqueville qu’il confierait à Achille Fontaine.
-
[260]
Mme Swetchine avait chargé Falloux de donner à chacun de ses amis un souvenir spécial. En réponse à cette lettre de Tocqueville, Falloux répondait : le souvenir, « c’est un couteau à papier avec incrustation indienne qui n’avait pas quitté, depuis plusieurs mois, ce petit bureau, qui nous demeure ineffaçablement présent. Je puis vous attester, mon cher ami, que votre nom a été prononcé jusqu’au dernier moment avec l’accent de la plus confiante affection » (AT).
-
[261]
Martin de Bouillon, notaire à Valognes. Lanjuinais devait aller à la mi-décembre dans la Manche rencontrer Tocqueville et visiter certaines des propriétés proposées, notamment le château des Biards, près de Carentan, qui s’avéra trop délabré.
-
[262]
Il s’agit de Lord Normanby, qui venait d’écrire à Tocqueville le 9 septembre pour demander de l’aide afin de publier en français le compte rendu de son ambassade à Paris en 1848. Il avait été ambassadeur à Paris de 1846 à février 1852, et Tocqueville avait de l’estime pour lui. Voir sur cette affaire les lettres de Tocqueville à Lord Normanby des 16 septembre, 1er et 15 octobre 1857 (OC, t. VI, 3, p. 268-272). L’ouvrage fut publié en anglais sous le titre A Year of Revolution, From a Journal Kept in Paris in 1848 (2 vol., Londres, 1857). Mais la publication en français blessait le parti libéral par les pages sévères consacrées à Guizot, si bien que Tocqueville ne put trouver ni traducteur ni éditeur (voir lettre du 21 décembre 1857, op. cit., p. 283-284). L’ouvrage fut finalement publié en deux volumes par Plon en 1858.
-
[263]
Lettre non retrouvée.
-
[264]
Allusion à la révolte des cipayes. La violence en Inde est comparée ici à la cruauté de Mithridate VI Eupator, roi du Pont, popularisé par la tragédie de Racine. En 88 avant J.-C., Mithridate avait soulevé les Grecs d’Asie Mineure contre Rome et fait massacrer en un jour plus de 80 000 Romains.
-
[265]
Eumée, porcher d’Ulysse (Odyssée, chant XIV).
-
[266]
Lord Radnor. Tocqueville se proposait de propager en Normandie une race anglaise perfectionnée. Voir ses lettres à Lord Radnor du 31 juillet et du 19 août 1857 (OC, t. VI, 3, p. 256 et p. 265).
-
[267]
Charles de Laboulaye (1813-1886), frère du publiciste Édouard de Laboulaye, avait publié en deux volumes un Dictionnaire des arts et manufactures, de l’agriculture, des mines dont la première édition est de 1847. L’édition conservée dans la bibliothèque de Tocqueville est celle de 1853-1854.
-
[268]
Sur ce couteau, voir ci-dessus, lettre du 13 septembre.
-
[269]
Grégoire et Eugène, les deux fils aînés de la sœur de Mme Swetchine, Catherine Petrovna Soïmonoff, qui avait épousé le prince russe Grégoire Gagarine. Les deux neveux avaient été à Paris dans les derniers moments de Mme Swetchine.
-
[270]
Antonin, fils d’Eugénie de Grancey, officier de marine qui, après avoir combattu en Crimée, faisait la campagne de Chine comme attaché à l’état-major britannique.
-
[271]
Le nom est ajouté dans l’édition Beaumont. Beckwith était associé à Forbes dans la société Russell and Co., dont il représentait les intérêts en Chine.
-
[272]
En 1843 pour son ouvrage resté inédit sur l’Inde.
-
[273]
« Étrivière » : pièce de cuir reliant la selle aux étriers. Donner des coups d’étrivière consiste à frapper ou métaphoriquement à humilier.
-
[274]
D’origine anglaise, Mme de Tocqueville suivait avec inquiétude les affaires de l’Inde.
-
[275]
Bouchitté, qui, dans une lettre du 3 octobre, avait donné des nouvelles encourageantes de sa nièce, devait, le 14 novembre, renoncer à venir à Tocqueville en hiver.
-
[276]
Le 15 octobre, Buloz avait rappelé la nécessité de « maintenir le drapeau de la liberté de l’esprit » en réunissant autour de la Revue des Deux Mondes les opposants au pouvoir. Il avait sollicité Tocqueville dès 1840, et de nouveau en 1853 et 1856. Voir ci-dessus, lettre du 28 juillet 1856.
-
[277]
Sur le procès fait à la Revue des Deux Mondes et l’aide de Tocqueville, voir ci-dessus, lettres des 6 novembre et 13 décembre 1856.
-
[278]
Le château de Pont-Roger. Voir ci-dessous, lettre du 9 décembre.
-
[279]
Lanjuinais fit diverses visites dans la Manche mais ne devait pas acquérir de bien avant 1859.
-
[280]
Eugénie Marie Gabrielle Rivet, née en 1836, devait épouser Paul de Salvandy, fils de l’ancien ministre de l’Instruction publique, en 1858.
-
[281]
Rivet avait le goût de la peinture et était lié à Eugène Delacroix.
-
[282]
Voir ci-dessus lettre du 22 octobre 1856. Les financiers allemands et français rivalisaient pour investir dans les chemins de fer suisses. La crise financière de 1857 et l’échec de leurs tentatives pour prendre le contrôle de l’ensemble des lignes suisses conduisirent les financiers français à se retirer. Voir Ernst Halperin, Der Westbahnkonflikt 1855-1857, Wald, 1944.
-
[283]
La censure des journaux rendait l’information peu sûre. Sur la crise, voir la lettre de Lavergne en note ci-dessous.
-
[284]
Voir lettre suivante.
-
[285]
Louis Eugène Cavaignac était mort d’un arrêt cardiaque le 28 octobre 1857 dans son château d’Ourne à Flée, dans la Sarthe, en revenant d’une visite chez Gustave de Beaumont, qui l’avait aidé à trouver la terre d’Ourne, acquise en juillet 1856. Tocqueville, qui avait soutenu Cavaignac à l’élection du 20 décembre 1848, avait pour Beaumont résumé son sentiment : « un homme d’un esprit droit, d’une âme sincère et élevée aux prises avec des difficultés qui le surpassent » (lettre du 20 octobre 1848, OC, t. VIII, 2, p. 71).
-
[286]
Jacques Marie Eugène Godefroy Cavaignac, né le 21 mai 1853. Plusieurs fois ministre sous la Troisième République, nationaliste, il s’opposera en 1898 en tant que ministre de la Guerre à la révision du procès Dreyfus.
-
[287]
Cavaignac avait, le 24 décembre 1851, épousé Louise Odier, alors âgée de dix-huit ans, fille du banquier James Odier. Il avait laissé à sa femme des recommandations d’éducation, craignant que son fils ne soit attiré par le monde de la finance : « Qu’il ne nous renie donc ni dans sa pensée, ni dans sa parole ni surtout dans les actes de sa vie », et qu’il devienne si possible républicain. Cité par F. Letessier, « Autour du général Cavaignac », Mémoires de la Société d’agriculture, sciences et arts de la Sarthe, 1972, p. 403.
-
[288]
Lettres non retrouvées.
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[289]
Le recueil d’articles publié en 1857. Voir ci-dessus.
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[290]
Jacques Babinet (1794-1872), membre de l’Académie des sciences depuis 1840 et vulgarisateur très actif qui écrivait dans la Revue des Deux Mondes depuis 1852. L’article qui a irrité Tocqueville est sans doute le troisième consacré en 1857 par Babinet au magnétisme terrestre, publié dans la première quinzaine d’octobre 1857 (p. 594-609) : « La terre considérée comme un vaste aimant ». Après de longues protestations de modestie, l’auteur multiplie les citations latines et les récits d’expériences simples adaptées à un public ignorant.
-
[291]
Dans ses Entretiens sur la pluralité des mondes (1686), Fontenelle présente les découvertes astronomiques sous forme d’un dialogue galant entre un philosophe et une jeune marquise.
-
[292]
Le nom figure dans l’édition Beaumont.
-
[293]
Le comte Gaston de Blangy (1805-1859) habitait le château de Saint-Pierre-Église. L’ouvrage de Lavergne dont il est question est l’Essai sur l’économie rurale de l’Angleterre, de l’Écosse et de l’Irlande (1854).
-
[294]
Lavergne résidait près de Bourganeuf dans la Creuse.
-
[295]
Lavergne devait longuement revenir sur ce point dans sa réponse du 17 novembre : « Je vois avec regret que je ne vous ai pas encore convaincu quant à la question qui nous divise. Je comptais un peu plus sur l’efficacité de mes chiffres. 54 départements dont la population a diminué, un milliard annuel de déficit sur la production agricole ; trois milliards de dépensés pour la guerre et pour les travaux de Paris en sus des dépenses ordinaires, tout cela me paraissait démonstratif. Comme vous disiez, nous avons besoin d’en causer. Vous me donnerez vos raisons. Dans tous les cas, j’ai un argument de plus à faire valoir, c’est la crise actuelle. Le gouvernement fait dire partout qu’elle n’est qu’un contre-coup de la crise anglaise et américaine, mais tout le monde comprend très bien qu’il y a d’autres causes, puisqu’elle s’était produite chez nous bien avant d’éclater ailleurs. Ce qui est positif, c’est que tout le monde se plaint : le commerce de détail souffre beaucoup à Paris ; la plupart des grandes fabriques sont arrêtées ou ralenties. Tous les ouvriers sont furieux. Il serait curieux de pénétrer dans tous les détails de cette crise et de montrer en quoi elle diffère de celles de l’Angleterre et de l’Amérique, mais ce serait un travail énorme, et on ne trouverait probablement aucun journal qui voulût la publier. C’est ce qui m’est arrivé dernièrement pour un petit article que j’avais fait sur l’interdiction d’exportation et de distribution des céréales que le ministère de l’Agriculture s’entêtait à maintenir depuis l’énorme baisse du prix. Le Journal d’agriculture pratique à qui je l’avais envoyé n’a pas osé l’insérer. Quinze jours après, le ministère était forcé de céder devant le soulèvement général du public agricole et de rapporter ces malheureux décrets. Ma hardiesse d’hier serait aujourd’hui un lieu commun gouvernemental, mais le moment est passé » (AT).
-
[296]
Le duc de Nemours, deuxième fils de Louis Philippe, en exil à Claremont en Angleterre, avait perdu sa femme, la princesse Victoire de Saxe-Cobourg-Kohary, décédée le 11 novembre 1857.
-
[297]
Tocqueville avait déjeuné chez Reeve le 7 juillet 1857 avec le duc de Nemours et Nassau Senior. Voir Conversations de Nassau Senior, OC, t. VI, 2, p. 482.
-
[298]
Le Journal des débats du 13 novembre rapportait à la rubrique des faits divers qu’un braconnier s’était introduit dans le parc du château de Montgraham (Eure-et-Loir), propriété du prince d’Hénin, où était embusquée une brigade de gendarmes. L’un d’eux fut blessé au cours de l’interpellation et soigné au château.
-
[299]
Phrase citée par Fontenelle dans « l’éloge de M. Morin » (Œuvres complètes, Fayard, t. VI, 1994, p. 309).
-
[300]
Le 1er novembre, les funérailles à Saint-Louis d’Antin puis le transport au caveau familial de Montmartre s’étaient accompagnés des honneurs militaires, mais, de fait, la discrétion des journaux fut très grande. La Presse du 1er novembre et Le Siècle du 2 signalent néanmoins brièvement qu’il y eut une affluence considérable de toutes les classes sociales toute la journée du 1er au caveau de Montmartre. Sur l’action du gouvernement, voir la lettre du 8 décembre à Corcelle (OC, t. XV, 2, p. 213).
-
[301]
Voir ci-dessus, lettre du 22 octobre 1857.
-
[302]
L’étable était destinée à accueillir les deux petits cochons offerts par Lord Radnor. Tocqueville avait aussi consulté Lord Hatherton sur la façon de construire l’étable. Le voyage en Angleterre avait permis à Tocqueville d’admirer les méthodes anglaises qu’il espérait diffuser en Normandie. Voir OC, t. VI, 3, lettres à Lord Radnor du 19 août 1857 (p. 265) et à Lord Hatherton du 27 novembre 1857 (p. 280).
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[303]
L’édition Beaumont porte la date du 15 novembre.
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[304]
Non retrouvée.
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[305]
La lettre à Eugène Antonin de Mandat-Grancey, enseigne de vaisseau en Chine, n’a pas été retrouvée. Tocqueville devait y formuler des condoléances pour le décès, le 26 octobre 1857, de Joseph Gabriel III de Cordoue, père d’Eugénie de Grancey et grand-père d’Eugène.
-
[306]
En avril 1856, Saint-Marc Girardin avait publié dans la Revue des Deux Mondes le 14e article d’une série consacrée à Rousseau, inaugurée en janvier 1852. Cet article, intitulé « Rousseau et Malesherbes » (p. 689-724), brosse un portrait très élogieux de Malesherbes (p. 704-715), de sa personnalité gaie et bonhomme, mais aussi de sa justice et de sa générosité tant comme directeur de la librairie protecteur des philosophes que comme président de la cour des aides puis défenseur du roi. « Il s’était dévoué au peuple, parce que le peuple était innocent et malheureux, et il se dévouait au roi, parce que le roi aussi était innocent et malheureux » (p. 715). Cet éloge est très proche de ce que Tocqueville dit lui-même de son aïeul.
-
[307]
Léontine de Colbert de Maulevrier, qui avait épousé Ferdinand Albert Eugène de Fesques, marquis de La Rochebousseau en 1829, était la petite-fille de Françoise Pauline de Lamoignon de Malesherbes et donc l’arrière-petite-fille de Malesherbes. Sa mère, décédée en 1837, était la sœur de Camille Eugénie, la comtesse de Cordoue (décédée en 1833), mère d’Eugénie de Grancey, et la sœur aussi d’Alexandrine, comtesse de Pisieux.
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[308]
L’allusion permet de dater la lettre.
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[309]
Lamoricière venait de perdre son fils unique, Michel (28 mai 1855-27 novembre 1857).
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[310]
Dans son ouvrage, Virginie Ancelot consacre un chapitre au salon de Nodier à l’Arsenal et souligne qu’il y vivait en paix entre les classiques et les romantiques, les libéraux et les royalistes, en dispensant à tous des dithyrambes : « À mesure qu’il avait moins aimé les autres, il les avait loués davantage, sans doute pour les dédommager en paroles de ce qu’il leur retirait en affection ; puis il ne voulait pas être troublé dans ses prétentions et alors il faut bien flatter celles de chacun » (Les salons de Paris, foyers éteints, Paris, 1858, p. 124). Tocqueville ne semble pas avoir fréquenté Nodier.
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[311]
Non sans fiel, V. Ancelot attribuait le succès du salon de Mme Récamier à l’Abbaye-aux-Bois à un « artifice de flatterie universelle » et de minauderies (ibid., p. 171).
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[312]
Le 18 décembre, Virginie Ancelot, sans répondre aux remarques de Tocqueville sur Mme Récamier, combattait le pessimisme : « Nous assistons à une transformation de la société, les lumières en se répandant éclairent un grand nombre d’esprits jusqu’ici dans les ténèbres et l’inaction. L’éducation générale qui ne tardera pas formera un peuple nouveau, apte à tous les bons instincts, que n’ont plus les classes supérieures. C’est pour ces gens-là qu’il faut travailler et pour parodier une phrase de Chateaubriand je dirai : l’aristocratie est desséchée et la bourgeoisie pourrie. L’avenir est dans ce qui s’élève si on ne le pervertit pas avant qu’il soit mûr pour le bien et il faut écrire pour lui venir en aide au bon moment. » Tirant l’essentiel de ses revenus modestes de ses droits d’auteur, elle concluait : « Le ciel m’aide parce que je m’aide moi-même courageusement. Vous avez le bonheur de l’indépendance et des loisirs. Appréciez-le et employez-le pour votre gloire et pour le bien de tous » (AT).
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[313]
Mme d’Auberville.
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[314]
Lamoricière, en exil, avait refusé de solliciter un passeport provisoire pour se rendre auprès de son fils mourant. Après la mort de ce dernier, il obtint un passeport sans condition et rentra en France au début de 1858, sans passer par Paris. Il avait deux filles : Henriette (née en 1850) et Isabelle (née en 1853).
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[315]
Lamoricière était propriétaire du château du Chillon au Louroux-Béconnais, dans le Maine-et-Loire, à 25 km à l’ouest d’Angers. Le château avait été construit au début du xixe siècle.
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[316]
La femme de Lamoricière était propriétaire du château de Prouzel en Picardie.
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[317]
Le 31 mai, Tocqueville a donné à Mrs Harriet Grote une description du château : « Des statues de déesses de la fable sont encore debout dans un carré de choux. On heurte du pied des bancs de marbre brisés et renversés. Les eaux vives destinées à faire des cascades font tourner un moulin à scie. Ce n’est plus la splendeur d’une classe supérieure et oisive. Ce n’est pas encore l’image d’une activité industrielle réglée et productive. C’est le tableau du ravage des révolutions » (OC, t. VI, 3, p. 239).
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[318]
Persigny s’était enrichi par son mariage, le 27 mai 1852, avec Eglé Napoléone Albine Ney de la Moskowa, petite-fille du maréchal Ney et du banquier Jacques Laffitte. À cette occasion, il avait reçu 500 000 francs et le titre de comte. Il achète le château de Chamarande en 1857, pendant son ambassade à Londres (du 7 mai 1855 au 28 mars 1858) et fait construire une galerie au rez-de-chaussée du château, un mur d’enceinte, et créer un parc à l’anglaise par le comte Paul de Choulot, légitimiste et paysagiste renommé, créateur de nombreux jardins mais pas du bois de Boulogne.
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[319]
Jean Baptiste Charras (1810-1865) avait brillamment servi en Algérie sous les ordres de Lamoricière. Élu sous la Deuxième République à la Constituante, puis à la Législative, comme républicain modéré, il avait soutenu Cavaignac, avait été arrêté au 2 Décembre et exilé. Plutôt que des travaux de Charras sur l’histoire militaire du Premier Empire, il s’agit ici sans doute de ses propositions de 1851 sur la réforme du code de procédure des tribunaux militaires, qui retrouvait une actualité, un nouveau code de justice militaire pour l’armée de terre ayant été adopté le 9 juin 1857, complété le 4 juin 1858 par un code pour l’armée de mer. Ces codes maintenaient les tribunaux spéciaux et une grande sévérité des peines. Charras avait aussi publié en 1852 une « enquête sur le 2 Décembre » et son attitude libérale s’opposait à la conduite de Billault, rallié à l’Empire et ministre de l’Intérieur du 23 juin 1854 à février 1858.
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[320]
Le 4 décembre, Billault avait suspendu La Presse pour deux mois en raison d’un article d’A. Peyrat dans le numéro du 3 décembre où celui-ci croyait entendre une voix dans toute l’Europe crier à propos des élections : « Levez-vous et marchez », ce qui fut interprété par le ministre comme un appel à la révolution (voir Le Siècle du 6 décembre). Le 8 décembre, Le Siècle annonçait la suppression de la Gazette du Languedoc. Durant son ministère, Billault prononça 57 avertissements à la presse et multiplia les mesures répressives.
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[321]
En 1857, dans les 21e et 22e entretiens consacrés à Béranger de son Cours familier de littérature, Lamartine qualifiait Havin d’« homme d’élite » (p. 354) et « d’homme de bon cœur et de bon esprit » (p. 356.).
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[322]
Le Siècle consacre plusieurs entrefilets à cette affaire : le 2 décembre, il reproduit une nouvelle du Journal du Havre. Chapuis Montlaville, de passage à Saint-Étienne, aurait fait convoquer sa belle-fille, née Bastide, native de la ville, séparée de son époux, au bureau de police afin de lui enlever son enfant âgé de treize mois. Devant l’indignation de la population, le préfet avait exigé la démission du commissaire central de police. Le 7 décembre, Le Siècle annonçait la révocation du procureur impérial près le tribunal de 1re instance de Saint-Étienne, M. Sauzet de Fabrien. Le 8, se fondant sur un article de La Patrie, il annonçait que, sur ordre de l’empereur, le ministre d’État avait écrit au sénateur pour dire son mécontentement, et ajoutait que la destitution de deux fonctionnaires laissait penser que M. Chapuis Montlaville n’avait pas le droit pour lui. Chapuis (ou Chapuys) Montlaville (1800-1868), député appartenant à la gauche de 1833 à 1848, nommé sénateur le 4 mars 1853, n’en continua pas moins, malgré cet incident, une carrière de sénateur illustrée en 1861 par une proposition d’impôt sur les romans-feuilletons destiné à assurer la moralité des Français.
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[323]
Le 7 décembre, Lanjuinais annonçait sa venue dans la Manche pour la semaine suivante afin de visiter le château des Biards près de Saint-Marcouf, celui de Pont-Roger, propriété des Bricqueville, et d’aller voir le notaire de Tocqueville à Valognes. Il demandait aussi comment visiter le domaine de Bricqueville.
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[324]
La femme d’Hippolyte, Émilie Evrard de Belisle, avait une sœur, Coralie, qui avait épousé en 1834 le colonel Armand de Bricqueville. Le couple avait eu deux enfants, Guillaume Robert et Claire.
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[325]
Sans doute le Dictionnaire des arts et manufactures de Charles de Laboulaye. Voir ci-dessus, lettre du 24 septembre.
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[326]
La date indiquée sur le manuscrit, d’une autre main que celle de Tocqueville, est 1859. Le cachet de la poste permet de corriger.
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[327]
Le 12 décembre, Lanjuinais avait annoncé son départ pour Valognes le dimanche 13 et donnait rendez-vous à Tocqueville à l’hôtel pour le lundi. Le lundi soir, il envoyait un mot à Tocqueville pour lui dire que, sachant que ce dernier avait des hôtes, il ne comptait pas sur lui et il l’informait qu’après avoir vu les Biards il jugeait la situation belle, mais le château affreux (AT).
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[328]
Le 21 décembre, Lanjuinais demandait à Tocqueville des renseignements sur les revenus des terres de Pont-Roger, ayant trouvé le domaine intéressant malgré les travaux nécessaires (AT).
-
[329]
Lettre non retrouvée. Mme de Pisieux y répondait sans doute à la lettre de Tocqueville du 24 juillet 1855 (voir ici) où il demandait des notes sur Malesherbes, grand-père de Mme de Pisieux, en sollicitant les souvenirs de celle-ci sur ce que pouvait lui avoir dit sa mère, Françoise Pauline de Lamoignon de Malesherbes. Née vers 1781, la comtesse de Pisieux était très âgée.
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[330]
Lettre non retrouvée.
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[331]
Le Siècle du 21 décembre reproduit une annonce de Berne datée du 19 décembre : « L’assemblée fédérale a rejeté le conflit de compétences intenté par le gouvernement vaudois. Elle a rejeté de même une proposition en faveur de la ligne d’Oron par 70 v contre 67. » Sur ce conflit, voir ci-dessus. Tocqueville écrit « conseil général » pour « assemblée fédérale ».
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[332]
Sur ce mariage voir ci-dessus, lettre du 29 octobre 1857.
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[333]
Lapsus calami pour « son beau-père ». Le père de Persigny, soldat de la Grande Armée, avait été tué en 1812 à la bataille de Salamanque, et son fils Victor avait fait ses études comme boursier. Lui-même, dans un discours du 1er septembre 1860, évoque les « familles anciennes, mais ruinées » dont il descend.
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[334]
Auguste Stourm (1797-1865) avait été député de l’Aube (opposition libérale) de novembre 1837 à février 1848, puis élu modéré à la Constituante avant de se rallier aux bonapartistes. Il fut directeur des Postes de 1853 à mai 1861, date à laquelle il fut élevé à la dignité de sénateur. Tocqueville redoutait la censure des lettres que pouvaient exercer ses anciens amis Stourm et Billault, ralliés à l’Empire.
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[335]
Léon Juchault de Lamoricière.
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[336]
Aucune lettre de Bedeau à Tocqueville n’a été retrouvée avant celle du 21 décembre 1858, dans laquelle il s’inquiète de la maladie de Tocqueville. Bedeau devait rester en exil jusqu’à l’amnistie de 1859.
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[337]
Le général Nicolas Changarnier, banni par un décret du 9 janvier 1852, s’était exilé à Malines en Belgique et, comme Bedeau, ne devait rentrer qu’après l’amnistie de 1859.
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[338]
Charles Adolphe Pineton de Chambrun (1831-1891) allait épouser Marthe de Corcelle le 8 juin 1859. Tocqueville prit une part active aux négociations. Adolphe de Chambrun publie en 1857 un ouvrage intitulé Du régime parlementaire en France. Essai de politique contemporaine. Réfléchissant sur l’histoire de la royauté française, il s’efforce d’amender la société démocratique (p. XV) et cherche dans la liberté à l’anglaise le remède à l’individualisme et à l’omnipotence de l’État (p. XVIII). Quoiqu’il soit plus proche de Montalembert et Carné et plus méfiant que Tocqueville à l’égard de la souveraineté populaire et des États-Unis, il se réfère à la fois à DA et à L’Ancien Régime et la Révolution.
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[339]
Le fils du général de Bricqueville, Guillaume Robert Napoléon, qui devait mourir le 23 novembre 1858, était âgé de dix-neuf ans. Le 13 janvier, Lanjuinais répondit que, faute de réponse de Gisles sur les conditions de vente en situation de minorité, il renonçait à l’achat.
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[340]
Ce billet est joint à une lettre de Désiré Gilles Blouet, datée du 3 janvier 1858, sur papier à en-tête (« Chef-lieu judiciaire de La Manche – Cabinet du Président »), qui répond aux questions de Victor Lanjuinais transmises par Tocqueville à propos de la valeur des terres qui font partie de la propriété de Pont-Roger. Blouet donne des renseignements sur « le prix ordinaire des terres labourables en corps de ferme, à l’hectare, dans la contrée qui sépare Granville de Coutances », leur revenu et « la valeur à dix ans des bois taillis ». Désiré Gilles Blouet, procureur du roi au tribunal de Coutances à partir de 1830, en était devenu président le 14 juillet 1852.
-
[341]
Allusion à la fable de La Fontaine, « Le Chêne et le Roseau » (I, 22). Le roseau poussant « sur les humides bords des royaumes du vent » dialogue avec le chêne « dont les pieds touchaient à l’empire des morts ».
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[342]
Voir ci-dessus, lettre du 25 août 1857. Tocqueville répond ici à la lettre de Bouchitté du 14 novembre.
-
[343]
Le Poussin, sa vie, son œuvre, suivi d’une notice sur la vie et les ouvrages de Philippe de Champagne et de Champagne le neveu, op. cit. Tocqueville parla en faveur de l’ouvrage lors des délibérations de l’Académie française pour la remise du prix Bordin, que Bouchitté obtint. Voir OC, t. XVI, p. 310-311.
-
[344]
Note de l’édition Beaumont : « Ce livre, dont parle ici M. de Tocqueville, ce sont les sept chapitres qui n’avaient point encore paru à sa mort, arrivée quinze mois après la date de cette lettre, et qu’on trouve tels qu’il les a laissés dans le tome VIII de la présente édition. »
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[345]
Le mot est emprunté à l’anglais au début du xviiie siècle.
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[346]
Non retrouvée.
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[347]
Voir un long développement contre la comparaison avec la décadence romaine dans la lettre à Beaumont du 27 février 1858, OC, t. VIII, 3, p. 543-544.
-
[348]
À partir d’ici, nous suivons la copie de Beaumont. L’édition Beaumont porte ensuite : « Le jour où la lumière dont je parle se ferait, la nation jugerait. Le papier me manque. Adieu. » Un feuillet de copie de Beaumont (AT 3212) porte en marge : « Publiée en altérant. Restitution » et donne une autre fin que nous publions dans le texte.
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[349]
Dans sa réponse du 20 janvier, Lavergne annonçait la suppression du Spectateur et de la Revue de Paris, ainsi que les menaces sur la Revue des Deux Mondes.
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[350]
Grote devait être élu comme correspondant de l’Académie des sciences morales le 20 février 1858. Edward Everett, un des plus proches amis américains de Tocqueville depuis le voyage de 1831, fut élu le 23 janvier. Tocqueville attachait une grande importance à la présence de correspondants anglais et américains.
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[351]
Lanjuinais notait le 20 janvier : « Quant aux Mémoires de M. Guizot, ce ne sont pas précisément des mémoires ; la personne de l’auteur s’y montre moins que le spectacle de son temps. » La publication est annoncée dans les numéros du 24 avril et 18 septembre 1858 de la Bibliographie de la France.
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[352]
Non retrouvée.
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[353]
L’attentat d’Orsini contre l’empereur, le 14 janvier 1858, qui fit 8 morts et 150 blessés.
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[354]
Voir ci-dessus, 29 octobre 1857, les difficultés de Rivet avec les cantons suisses au sujet des chemins de fer.
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[355]
Le 26 janvier, Senior, qui avait passé quatre mois chez les Grecs et les Turcs, annonçait être arrivé à Marseille le 23 décembre, d’où il comptait gagner Montpellier puis Toulouse avant de s’installer à Pau vers le 8 ou 9 février pour trois semaines. Voir OC, t. VI, 2, p. 209.
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[356]
La loi de sûreté générale, votée le 27 février. Toute personne accusée d’avoir tenu des propos injurieux à l’égard de l’empereur ou de sa famille était jugée par un tribunal de police, donc sans jury. De lourdes peines étaient prévues pour tout accusé de tentatives d’assassinat ou de complot contre le régime, ou pour tout trouble à l’ordre public. Toute la France était soumise à la loi martiale.
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[357]
Le général Espinasse (1815-1859) avait été chargé du ministère de l’Intérieur le 8 février, en remplacement de Billault, et conserva ce poste jusqu’en juin. Espinasse avait occupé le palais Bourbon lors du coup d’État du 2 Décembre, empêchant les députés de s’y réunir.
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[358]
Tocqueville partit à la fin de mars et arriva à Paris le jeudi 1er avril.
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[359]
Canton avait été prise les 28 et 29 décembre 1857. Le traité de Tien-Tsin (27 et 28 juin 1858) mit fin provisoirement aux hostilités, permettant à l’amiral Rigault de Genouilly, désigné le 15 juillet 1857, de diriger ses troupes vers la Cochinchine. Mais après l’échec des négociations postérieures au traité, les forces françaises et anglaises occupèrent et pillèrent Pékin en octobre 1860, et la guerre ne cessa qu’avec la convention de Pékin, le 18 octobre 1860, qui permettait aux Occidentaux d’étendre leur influence commerciale et de se livrer au commerce de l’opium.
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[360]
Dans une lettre du 14 février, Senior annonçait son départ de Pau pour Biarritz le 27, et ensuite pour Tours vers le 8 mars, où il espérait rencontrer Beaumont avant de gagner Paris aux alentours du 13 mars. Il comptait y résider à l’hôtel Bedford, comme lors de ses séjours précédents (voir OC, t. VI, 2, p. 211). Tocqueville se garde bien de donner l’adresse de Beaumont (voir sa lettre à Beaumont du 27 février, OC, t. VIII, 3, p. 546), ce dont ce dernier, qui ne disposait pas d’un logis assez confortable, le remercie (ibid., p. 550).
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[361]
Lettre non retrouvée.
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[362]
Tocqueville, qui avait eu de bonnes relations avec Mgr Daniel en Normandie sous la monarchie de Juillet et la Seconde République, était en froid avec celui-ci depuis qu’il s’était rallié au coup d’État et avait été nommé évêque de Coutances en 1852. Le texte cité par Tocqueville est le mandement pour le temps de carême de 1858, prescrivant obéissance aux princes, « ministres de Dieu ». « Quiconque leur résiste, résiste à l’ordre que Dieu même a établi », écrit l’évêque, reprenant ici une citation de saint Paul (Rom 13, 2). Le texte des mandements de Mgr Daniel en 1858 a été partiellement publié, et bien commenté, par Jean-Louis Benoit, « Lorsque Tocqueville écrit à son évêque. Considérations tocquevilliennes sur les liens de l’Église et de l’État », Revue de la Manche, t. XLIV, fascicule 174, avril 2002, p. 19-31.
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[363]
« Guéret » : terre labourée non ensemencée.
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[364]
Tocqueville portait un intérêt particulier à Washington, dont des papiers avaient été publiés sous le titre de Life and Writings of George Washington en 1834-1837 par Jared Sparks. Tocqueville avait connu Sparks à Paris en 1828, l’avait retrouvé à Boston en septembre 1831 et resta son ami sa vie durant. L’ouvrage avait été traduit et introduit dans une version abrégée par Guizot en six volumes en 1839-1840.
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[365]
Le recueil d’articles L’Agriculture et la population en 1855 et 1856, publié en 1857. Voir ci-dessus.
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[366]
Dans sa réponse du 14 mars (AT), Lavergne indiquait avoir, à l’instigation de l’Académie, entrepris des recherches sur l’économie rurale de la France, qu’il publiera en 1860. Le livre devait faire pendant à son Essai sur l’économie rurale de l’Angleterre, de l’Écosse et de l’Irlande publié en 1854.
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[367]
Louis Gossin avait rencontré Édouard de Tocqueville au congrès des agriculteurs du Nord en 1847 et obtenu grâce à lui et à Alexis un poste de professeur à Compiègne. En 1854, il fut le fondateur, avec le frère Menée et Édouard de Tocqueville, de l’Institut supérieur d’agriculture de Beauvais. Il publie en 1858 L’Agriculture française. Principes d’agriculture appliqués aux diverses parties de la France, ouvrage à la fois technique et moral, annoncé dans la Bibliographie de la France le 17 avril 1858.
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[368]
Alfred Assollant (1827-1886), de retour des États-Unis en 1858 après s’être exilé en raison de ses convictions républicaines, avait publié deux premiers articles sur les Américains dans la Revue des Deux Mondes les 15 août 1856 et 15 octobre 1857. L’article qui suscite l’indignation de Tocqueville est celui du 1er mars 1858 : « Acacia. Scènes de la vie américaine ». Assollant devait publier ses articles en volume en 1858 sous le titre Scènes de la vie des États-Unis et se faire connaître comme auteur de romans d’aventure (notamment Les Aventures du capitaine Corcoran, 1867).
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[369]
Ce personnage fait l’objet d’une conversation entre Tocqueville et Senior le 20 avril (voir OC, t. VI, 2, p. 492).
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[370]
Le 5 février, Lanjuinais avait écrit à Tocqueville : « Non seulement on baisse enfin le rideau sur la comédie des principes de 1789 mais on se jette à visage découvert dans les mesures de proscription et de terreur », au risque d’attiser les haines révolutionnaires. Le 12 février, il écrivait renoncer à parler de politique (AT) : « Mon cher ami, Je conçois qu’avec votre langage poli et mesuré il serait encore possible comme en Autriche et en Russie d’échanger entre amis même sous le régime de l’infâme loi qui se prépare quelques communications plus ou moins indifférentes, mais je crois plus digne de constater la tyrannie par le silence que de contribuer sans le vouloir à la déguiser par de trompeuses réticences et de vains ménagements. Je persiste donc à vous dire que vous avez reçu ma dernière lettre et que je ne vous écrirai désormais que pour avoir de vos nouvelles et de celles de Madame de Tocqueville et pour vous entretenir de choses étrangères aux hontes et aux souffrances de la patrie. Adieu donc et ne nous oubliez pas à Tocqueville. / Mille amitiés. V. Lanjuinais. » La lettre de Tocqueville du 19 mars, imprudemment politique, s’explique par l’urgence d’une rectification à effectuer dans les journaux.
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[371]
La brochure L’Empereur Napoléon III et l’Angleterre, publiée sans nom d’auteur simultanément à Paris et Londres le 11 mars 1858, était due au vicomte de la Guéronnière, qui servait de plume à l’empereur. Il évoquait, en p. 7, l’envoi, en 1849, sur ordre de Louis-Napoléon Bonaparte, d’une flotte vers les Dardanelles pour protéger l’Empire ottoman menacé par l’Autriche en raison de l’asile qu’il offrait aux réfugiés hongrois, et ajoutait : « Mais il y avait encore de telles susceptibilités contre l’Angleterre que le ministère français, dont M. Odilon Barrot faisait partie, mit une condition à l’envoi de notre flotte, c’est qu’elle ne naviguerait pas avec la flotte anglaise, et que son action serait distincte. » Il attribuait cette défiance à « un excès de ressentiment entretenu par la double influence de la tribune et de la presse » (p. 8). Le 22 mars, Lanjuinais annonçait que Barrot attendait l’arrivée de Tocqueville pour savoir s’il fallait répondre à une accusation choquante. Il croyait se rappeler qu’il y avait eu dans le Conseil une minorité (dont il était) pour dire que les circonstances ne légitimaient pas un envoi de la flotte, mais que tous étaient favorables à l’alliance anglaise et qu’ils avaient peu après donné leur accord pour l’envoi de la flotte qui suffit à arrêter l’Autriche et la Russie.
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[372]
Lettre non retrouvée.
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[373]
La brochure avait eu un très grand écho à Londres, où elle avait été annoncée avant même la parution. En France, elle avait été un succès de librairie. Voir Natalie Isser, The Second Empire and the Press : a Study of Government-Inspired Brochures, on French Foreign Policy in Their Propaganda Milieu, The Hague, Martinus Nijhoff, 2012, p. 45-47. Accuser Barrot d’hostilité à l’Angleterre participait de la volonté d’incriminer d’autres que les bonapartistes pour les tensions entre les deux pays.
-
[374]
Tocqueville répond ici à une lettre du 16 avril (AT) : « Mon cher Tocqueville, Voici le livre du baron Eötvös, qui a été ministre de l’Instruction publique du gouvernement national de Hongrie en 1848. Vous y reconnaîtrez (surtout dans le second volume), l’œuvre d’un ami sincère, intelligent et dévoué de la liberté. Si vous lui écriviez quelques paroles d’encouragement, ce serait une bonne action. Jugez d’après notre propre isolement au sein de l’Empire français de ce que doit être la position d’un confesseur de la liberté, de l’égalité et de la nationalité bien entendues, au fond de l’Empire autrichien. Et cependant ce baron est plein d’espoir en l’avenir. Je voudrais être animé de la même confiance, et je compte sur vous pour me l’inspirer. Tout à vous de cœur / Ch. de Montalembert / ce 16 avril 1858. »
Joseph Eötvös (1813-1871), aristocrate hongrois, libéral modéré, avait été en 1848 ministre de l’Instruction publique. Il s’exila ensuite à Munich pour rédiger son grand ouvrage de philosophie politique, Der Einfluss der herrschenden Ideen des 19. Jahrhunderts auf den Statt, 2 vol., 1851-1854. Député à la Diète à Vienne en 1861, il se réconcilia avec le gouvernement impérial et, à l’avènement du dualisme austro-hongrois en 1867, devint ministre de l’Instruction publique et des cultes (1867-1871). Il connaissait Montalembert depuis 1853. Lecteur précoce du Système pénitentiaire et de De la démocratie, Eötvös avait apprécié tout particulièrement L’Ancien Régime, dont il fit un compte rendu dans la Revue de Budapest. À la suite de la lettre de Montalembert, Tocqueville écrivit à Eötvös le 1er juillet 1858 pour lui faire de grands éloges de son livre, qu’il avait lu en allemand, et où il reconnaissait « l’amour d’une liberté vraie et régulière, le respect de la dignité individuelle de l’homme, le désir de conserver intact le noble héritage de civilisation chrétienne que nous ont légué nos pères ». Voir cette lettre dans OC, t. VII, p. 364-365. -
[375]
Montalembert répond le lundi 19 ou le mardi 20 : « Mon cher Tocqueville, l’adresse du baron Joseph Eötvös est Uijter n° 10 à Pest – Hongrie. Vous m’avez écrit une lettre charmante qui me va au cœur. Si vous n’êtes pas trop fatigué de vos travaux du matin, venez nous voir mercredi soir de bonne heure. Nous prendrons jour alors pour une causerie plus intime et plus suivie. »
-
[376]
À l’encre, d’une autre écriture : 1858.
La lettre date probablement du séjour de Tocqueville à Paris du début avril au 1er mai, Senior se trouvant à Paris du 13 avril au 12 mai et faisant état dans ses Conversations de rencontres avec Tocqueville les 19, 20 et 21 avril. La lettre pourrait être du samedi 24 avril. -
[377]
Senior avait une fille, Mary Charlotte Mair (Mrs Simpson), et un fils, Nassau John, qui avait épousé Jane Elizabeth, fille de John Hughes, en 1848.
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[378]
Personnage non identifié.
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[379]
Tocqueville était resté à Paris pour participer à l’élection d’un correspondant de l’Académie des sciences morales le 24 avril, mais son ami Daru fut battu par le jurisconsulte Charles Auguste Pellat. Il avait profité de son bref séjour pour revoir ses amis et regagna Tocqueville le 1er mai.
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[380]
Le programme des fêtes pour l’inauguration du chemin de fer Caen-Cherbourg et du grand bassin du port se déroula du 4 au 8 août. Le 4 août, Napoléon III arriva à Cherbourg par le train, la reine Victoria par la mer sur un yacht escorté de quatre vaisseaux de ligne et deux frégates. Le 5, les deux souverains déjeunèrent et dînèrent ensemble puis assistèrent à un concert et à un feu d’artifice. Le 6, la reine Victoria repartit et l’empereur passa en revue la flotte. Le 7, le bassin fut mis en eau et, le 8, l’empereur repartit par la mer après avoir inauguré une statue de Napoléon Ier.
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[381]
Né en 1840, Gabriel Alexandre Rivet devait mourir en 1870 à l’âge de trente ans.
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[382]
Fables, livre VII, 5. La fable peint une fille trop difficile, se trouvant, l’âge venant, heureuse de rencontrer un malotru.
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[383]
Tocqueville juge ici la prudence de l’empereur avec une sévérité un peu injuste. Tout en souhaitant la construction du canal de Suez, Napoléon III ne voulait pas heurter les Anglais qui voyaient dans le projet de Lesseps une volonté d’influence de la France en Égypte. L’empereur louvoya donc de 1854 à 1859 avant d’accorder son patronage au projet. La construction du canal rendait nécessaire une base navale au débouché de la mer Rouge. Les négociations commencèrent avec les princes locaux en 1859 et aboutirent trois ans plus tard à l’acquisition du port d’Obock.
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[384]
Le préfet était alors Louis-Edmond Dugué (1798-1868), en poste de 1853 à 1859. L’épisode relatif à Le Verrier s’est sans doute passé après les élections cantonales du 31 juillet-1er août 1852, Le Verrier étant président du conseil général et ayant fait voter dès août 1852 une adresse de dévouement à l’empereur. En l’absence de lettres reçues par Tocqueville sur cet épisode, ce représentant légitimiste n’a pu être identifié.
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[385]
Urbain Le Verrier (1811-1877), polytechnicien, entré à l’Académie des sciences le 19 janvier 1846, avait par ses calculs déduit l’existence de la planète Neptune, qui fut observée en septembre 1846, ce qui lui attira une immense notoriété. Élu le 13 mai 1849 député de la Manche en dernière position sur la liste des Amis de l’ordre et de la liberté dont Tocqueville fut le premier élu, il fut favorable à Louis-Napoléon Bonaparte puis au coup d’État, ce qui lui valut d’être nommé sénateur par le décret du 26 janvier 1852 et d’être candidat officiel pour l’élection au conseil général du 1er août 1852. Il succéda à Tocqueville comme président du conseil général de 1852 à 1854 et le sera de nouveau de 1858 à 1870. Sa nomination, le 30 janvier 1854, comme directeur de l’Observatoire de Paris l’amena à créer un réseau national d’observatoires météorologiques mais il s’y fit détester, comme au conseil général, par son caractère cassant. Tocqueville semble l’avoir détesté à la fois pour ce caractère et pour leurs divergences politiques.
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[386]
Dufaure ne put venir. Voir ci-dessous, lettre du 3 juillet.
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[387]
En 1857, Sedgwick avait publié A Treatise on the Rules Which Govern the Interpretation and the Application of Statutory and Constitutional Law. Dans une lettre du 28 mai (OC, t. VII, p. 229-230), Tocqueville lui explique avoir confié à Mignet la lecture du rapport et ajoute : « Vous avez, ce me semble, mis admirablement en relief ce qu’a de particulier la position de la justice en Amérique et permis de comprendre toutes les conséquences qu’une pareille institution judiciaire peut avoir sur toute la machine politique » (p. 230). L’ouvrage permettait à Tocqueville de rappeler l’idée déjà développée dans la DA que les juges sont un contrepoids nécessaire aux abus du pouvoir législatif. Le rapport de Tocqueville lu par Mignet à la séance du 3 juillet est publié dans OC, t. XVI, p. 243-247.
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[388]
Alfred Julien Philippe de Beauffort, qui avait épousé en 1842 Marie Antoinette Clémentine de Chateaubriand, était le fils de Philippe Ernest de Beauffort, comte de Mondicourt, né en 1782 et mort le 18 mai 1858 à Bruxelles.
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[389]
Mot manquant sur le manuscrit.
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[390]
Ce fragment de lettre est très vraisemblablement la seconde partie de la lettre incomplète à Reeve du 16 juin publiée dans OC, t. VI, 1, p. 266-267. Le premier paragraphe concerne l’History of Civilisation in England en deux volumes (1857-1861) d’Henry Thomas Buckle, qui eut un immense succès. Reeve avait fait parvenir à Tocqueville le compte rendu anonyme du tome I dans l’Edinburgh Review d’avril 1858, p. 465-512. Au début de sa lettre du 16 juin, Tocqueville lui demandait de lui faire parvenir cet ouvrage quoiqu’il reproche à Buckle d’affaiblir l’idée de la liberté humaine. Voir aussi lettre à Beaumont du 17 juin, OC, t. VIII, 3, p. 577.
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[391]
Tocqueville commente l’article non signé du duc d’Aumale publié dans la Revue des Deux Mondes du 1er mai (t. XV, p. 64-146) : « Alesia. Étude sur la septième campagne de César en Gaule », p. 64-146. Le 21 juin, Reeve écrit à Tocqueville : « J’ai fait part à l’illustre auteur du “Siège d’Alixe” du jugement favorable que vous en avez porté et il est fort content. C’est incontestablement un des hommes les plus capables de notre temps, et fort au-dessus de tous les autres membres de sa famille » (OC, t. VI, 1, p. 268).
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[392]
La duchesse d’Orléans était morte subitement à Richmond le 18 mai. Reeve avait informé Tocqueville de ce décès le 19 mai (voir OC, t. VI, 1, p. 265) et les funérailles avaient vu affluer les personnalités orléanistes. Le duc de Broglie connaissait bien la duchesse Hélène d’Orléans qu’il était allé chercher comme ambassadeur extraordinaire pour le mariage avec le duc d’Orléans le 30 mai 1837. La famille Orléans avait déjà été frappée par le décès de la duchesse Victoire de Nemours le 10 novembre 1857.
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[393]
L’empereur arrivera en fait le 4 août. Voir ci-dessus la lettre du 8 mai à Rivet, note 3.
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[394]
Voir ci-dessus.
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[395]
Louis de Carné publie deux articles sur la régence dans la Revue des Deux Mondes en juin 1858 : 1. « La Régence et le régent » (1er juin, p. 523-551) ; 2. « L’Europe et la diplomatie française pendant la régence » (15 juin, p. 839-870). Il devait publier dans la livraison du 15 août un troisième article : « Le ministère du cardinal de Fleury ». Les deux articles font l’éloge nuancé de la régence, qui mène une bonne politique avec de mauvais procédés (p. 847), et accordent à contrecœur une « réparation » à l’abbé Dubois, qui, quoique peu dévot (il n’était pas prêtre, ce qui ne l’empêcha pas d’être cardinal), avait un « caractère résolu » (p. 856) et sut établir une paix européenne. Carné note, contre Saint-Simon et toute une tradition hostile, que le régent et l’abbé Dubois laissèrent la France paisible et enrichie et s’appuie, p. 865, sur « l’accord de tous les historiens et de tous les économistes du 18e siècle », notamment Barbier. L’abbé Dubois, conseiller du régent dont il avait été le précepteur, fut ministre de 1721 à 1723.
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[396]
Quoique partisan de la bulle Unigenitus promulguée contre les jansénistes en 1713 à la demande de Louis XIV, l’abbé Dubois fit preuve en fait de modération dans son application.
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[397]
Le 28 juin, Lanjuinais avait annoncé la rupture du projet de mariage de sa nièce avec un Monsieur de C. (non identifié), qui s’était révélé avoir un enfant et des dettes. Cette nièce, Jenny Hermine Lanjuinais (1832-1883), était la fille de Paul Eugène Lanjuinais et de Marie Louise Eugénie de Janzé. Le 7 mai 1859, elle devait épouser Marie Pierre Henri Lefebvre de Vatimesnil (1827-1887).
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[398]
Maximilien Louis Gaspard, comte de Menou (1785-1859), était propriétaire du château de Ravenoville (canton de Sainte-Mère-Église). En 1806, il avait épousé Marie Auguste Frédérique Hurault de Vibraye, décédée à Rome en 1853. Tocqueville était apparenté à la famille Menou par sa grand-mère maternelle, Marie Louise de Menou (1712-1796).
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[399]
L’historien Salluste possédait, au nord-ouest de Rome, entre le Quirinal et le Pincio, une villa et de très grands jardins ornés de nombreuses statues. Il s’y était retiré après la mort de César.
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[400]
Mots effacés sur le fac-similé.
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[401]
Tocqueville avait chargé Senior de faire part de ses regrets de n’avoir pu rencontrer Gladstone lors de son séjour à Londres en 1857. Gladstone admirait l’œuvre de Tocqueville. Voir la correspondance de Tocqueville avec Senior et avec Gladstone en juin-juillet 1858, OC, t. VI, 2, p. 214-216.
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[402]
Napoléon III ayant protesté contre l’hospitalité offerte par les Anglais aux conspirateurs impliqués dans la préparation de l’attentat d’Orsini, Palmerston avait présenté une loi pour prévenir de nouvelles conspirations meurtrières en Angleterre. Le 19 février, son projet fut cependant rejeté par une coalition de 234 voix contre 215, et il démissionna. Il fut remplacé par Lord Derby.
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[403]
Dufaure avait une fille et deux fils : Gabriel, né en 1846, ingénieur et qui fut député de 1893 à 1898 ; Amédée, né en 1851, diplomate et qui sera député de 1889 à 1893.
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[404]
Les élections cantonales du 12 et 13 juin 1858 qui furent globalement favorables aux candidats officiels.
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[405]
Tocqueville répond ici à une lettre de Bouchitté de juillet (AT), l’informant qu’il y avait pour lui à l’Institut un portrait gravé de Villemain et un volume in-4 (non précisé). Ce portrait est sans doute la gravure d’après le portrait de Villemain réalisé en 1855 par Ary Scheffer, ami de Tocqueville. Bouchitté devait venir en août au château de Tocqueville.
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[406]
Lettre non retrouvée.
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[407]
La mémoire de Royer-Collard avait été ravivée par Adrien Philippe, Royer-Collard. Sa vie publique, sa vie privée, sa famille (1857) et par Léon Vingtain, Vie publique de Royer-Collard. Études parlementaires, publié avec une préface d’Albert de Broglie par Michel Lévy et annoncé dans la Bibliographie de la France du 15 mai 1858.
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[408]
Royer-Collard avait été réélu à Vitry-le-François aux élections du 4 novembre 1837 ; réélu le 2 mars 1839, il semble s’être présenté par amitié pour Molé et, âgé et malade, n’intervint plus. Il fut battu aux élections du 9 juillet 1842. Il était intervenu le 7 février 1838 pour combattre un amendement qui visait à ne plus admettre dans la Chambre les députés n’ayant pas revêtu le costume prescrit en 1814 et remis en vigueur par un vote de la Chambre le 6. Selon lui, le costume était contraire à la mission et à l’indépendance de l’élu. L’amendement fut rejeté et la Chambre repoussa le principe du costume qu’elle avait adopté la veille.
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[409]
Voir dans OC, t. XI, p. 97-104, les « Notes sur P.-P. Royer-Collard » prises par Tocqueville au début des années 1840 sur les discours des années 1817-1821, et le commentaire de Royer-Collard sur ses discours (ibid., p. 105). Royer-Collard meurt le 4 septembre 1845. Le recueil ne figure plus dans la bibliothèque de Tocqueville.
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[410]
Cette lettre est mentionnée dans deux catalogues : le catalogue Charavay qui comporte un extrait daté du 13 juillet, sans mention de lieu, et indique comme destinataire « un libraire » ; le catalogue de la librairie l’Échiquier n° 2 mentionnant une l.a.s. de 2 p. 1/2 datée du 19 juillet, indiquant le lieu et pour destinataire M. Lévy, qui publie uniquement un résumé : Tocqueville donne « en qualité de demi-américain » des conseils et recommande un voyageur allemand, ainsi qu’un ami traducteur de l’Ancien Régime, puis il parle de ses propres travaux.
-
[411]
Lecture douteuse, aucun auteur de ce nom ne semblant avoir publié d’ouvrage sur l’Amérique.
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[412]
Arnold Boscowitz avait publié une traduction en allemand de L’Ancien Régime et la Révolution sous le titre Das Altestaatswesen und die Revolution (Leipzig, 1857) et Tocqueville avait apprécié la collaboration avec lui. Les AT ont conservé deux lettres de Boscowitz en 1856.
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[413]
La troisième édition de 2 000 exemplaires fut enlevée entre juillet 1857 et décembre 1858, date à laquelle fut publiée une quatrième édition, également de 2 000 exemplaires.
-
[414]
Eugénie Marie Gabrielle Rivet devait épouser Paul de Salvandy (1830-1908), le fils du ministre, en 1858. Le jeune homme avait démissionné de ses fonctions de secrétaire du préfet de Haute-Loire au coup d’État et repris des études de droit. Il était devenu secrétaire de la conférence des avocats et sera député de l’Eure (centre droit) de 1871 à 1876. La famille Salvandy possédait le château de Graveron dans l’Eure, où Narcisse Salvandy était décédé en 1856.
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[415]
Pour expédier les vins fins, on recourait à un double fût en bois ou en osier.
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[416]
Lettre de Dufaure non retrouvée.
-
[417]
Ni la bibliothèque de Tocqueville ni sa correspondance ne portent trace d’une lecture d’Épicure ou de l’almanach La Science du bonhomme Richard ou le chemin de la fortune publié par Benjamin Franklin de 1733 à 1757. Dans De la démocratie, au chapitre « Pourquoi les Américains font voir un spiritualisme si exalté », Tocqueville fait de la philosophie épicurienne de la Grèce la cause de l’attraction des thébaïdes. L’almanach de Franklin, ensemble de maximes appelant à la sobriété et aux vertus moyennes pour faire fortune, fut dès sa parution et pendant plus d’un siècle un best-seller aux États-Unis et en Europe.
-
[418]
Reeve. Voir ci-dessus.
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[419]
Tocqueville avait rencontré les princes lors de son voyage en Angleterre de juin-juillet 1857.
-
[420]
Le 4 août, Cuvillier-Fleury écrit avoir transmis cet éloge au duc d’Aumale. « L’exil ne prodigue pas à nos princes assez de douceurs pour que nous ayons le droit de leur faire attendre celles qui peuvent leur venir de la mère patrie » (AT).
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[421]
Voir la notice de Tocqueville sur Cherbourg publiée dans le t. V, p. 481-524, de l’Histoire des villes de France dirigée par Aristide Guilbert (1844-1848) et rédigée en 1847 (OC, t. XVI, p. 349-393). Tocqueville y énumère les travaux depuis Louis XVI et évoque la mise en place de la plaque en l’honneur de Charles X lors de l’ouverture du port le 25 août 1829. Il raconte son émotion lors de cette cérémonie à Beaumont le 30 août 1829 (OC, t. VIII, 1, p. 78-79).
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[422]
Tocqueville avait accueilli en Normandie Denise, la fille aînée d’Édouard de Tocqueville, ainsi que son mari Emmanuel de Blic et leurs trois aînés.
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[423]
Le document est répertorié à tort sous la date du 18 août dans le catalogue.
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[424]
La nièce de Bouchitté était atteinte de troubles nerveux qu’il observait avec une attention douloureuse, du fait de son intérêt pour le spiritisme et les phénomènes psychiques, dont témoigne sa notice consacrée à saint Martin dans le Dictionnaire des sciences philosophiques en 1849 (t. IV, p. 125-130).
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[425]
Il semble que les deux amis aient parlé ensemble des tables tournantes, dont la mode, partie des États-Unis, s’était répandue dans toute l’Europe à partir de 1853. Les participants croyaient écrire sous la dictée des esprits, comme le firent Hugo et ses proches à Jersey.
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[426]
Lettre non retrouvée.
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[427]
Adolphe de Chambrun avait quatre tantes sans descendance du côté paternel, nées entre 1792 et 1797.
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[428]
Sur les travaux de Chambrun sur la politique, voir ici. Tocqueville passe quarante-huit heures à Paris pour consulter les docteurs Andral et Charruau le 13 septembre. Il apprendra à Cannes le succès de ses négociations en faveur du mariage de Marthe, qui sera célébré le 8 juin 1859. Beaumont, dans une lettre à Tocqueville du 23 juin, regrettait le trop d’importance accordée par Corcelle à l’argent (OC, t. VIII, 3, p. 582) et Tocqueville lui répondait le 4 juillet : « Les Françaises sont de singulières femmes ; eussent-elles quarante ans, il leur semble qu’il y a pour elles une sorte d’immoralité à avoir un avis qui leur soit propre dans la grande affaire de leur vie » (ibid., p. 584).
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[429]
Le 30 août, Corcelle avait écrit pour regretter en son nom et celui d’Alexis que Lanjuinais ait renoncé à son acquisition par crainte du climat normand (Fonds Lanjuinais).
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[430]
On ne connaît pas la réponse de Lanjuinais.
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[431]
À l’issue des trois semaines de traitement par vésicatoires prescrites par les docteurs Andral et Charruau, Tocqueville était revenu à Paris le 6 octobre. Il devait en partir pour Cannes le jeudi 28 octobre.
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[432]
Aucune lettre de Ravenel n’a été retrouvée.
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[433]
Après la mort de son amie la tragédienne Rachel, le 3 janvier 1858, Michel Lévy avait épousé le 24 juin 1858 Amélie Rachel Baba, née en 1839, issue d’une vieille famille de Juifs portugais établis à Bordeaux.
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[434]
Le vin de Bordeaux, assez léger, passait pour avoir des vertus médicinales, y compris pour soigner la phtisie.
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[435]
Auguste Borniol, avocat (1822-1899), fils du notaire Florent Borniol, avait été conseiller municipal (républicain) de 1848 au coup d’État et sera maire de Cannes en 1870-1871. La famille Borniol était une famille influente de Cannes, et dans une ville ralliée à l’empereur se distinguait par ses opinions républicaines. Quoiqu’il n’y ait pas de vice-consul officiel d’Angleterre à Cannes d’après l’almanach impérial, les Anglais et notamment l’aristocratie formaient une communauté importante depuis que Lord Brougham avait inventé la villégiature en 1834.
-
[436]
La datation est rendue possible par une lettre à Édouard du 1er novembre (OC, t. XIV, p. 356) : « Je ne te raconterai pas tous les embarras qui nous ont arrêtés à Paris pendant quatre jours, tandis qu’un domestique nous attendait à Dijon avec des appartements loués ; tu dois savoir ces détails qui ont été si pénibles pour nous. Nous sommes enfin partis jeudi. Louis de Chateaubriand qui heureusement était à Paris a bien voulu se charger de tout ce qui concernait le chemin de fer, il s’agissait d’obtenir un coupé et de le faire à reculons. » Tocqueville a quitté Paris le jeudi 28 octobre ; la lettre date donc du mardi 26. Le destinataire ne peut être Louis de Chateaubriand, auquel Tocqueville s’adresse avec plus de familiarité, mais un administrateur du chemin de fer contacté par Louis.
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[437]
Tocqueville devait finalement partir le lendemain, 28 octobre, passer la nuit à Dijon, puis gagner Lyon le 29 et Aix le 31, d’où il ralliera Cannes en voiturin en trois jours.
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[438]
Tocqueville devait s’installer dans la villa Montfleury, située sur la colline de Californie, à l’est de Cannes. La villa, construite en 1847 par Mme Veuve Bucquet, avait été achetée en 1855 par le docteur Henry Crookenden qui avait fait aménager le domaine rural en parc et jardin de près de quatre hectares avec des terrasses, des palmiers et des pièces d’eau. La maison comportait deux étages et une vingtaine de pièces. Le 15 novembre, Tocqueville écrivait à son neveu Hubert : « Nous avons loué ici une maison très agréable, qui est voisine d’un grand bois d’arbres verts. On a en face de soi et autour de soi des bois d’oliviers au-dessus desquels s’étend la mer ; tout cela serait fort agréable à voir si on avait le cœur gai en regardant » (OC, t. XIV, p. 360). Le loyer d’une villa moyenne pour la saison étant alors de 2 500 à 3 000 francs, la villa Montfleury faisait partie des villas luxueuses.
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[439]
Fidèle serviteur de Tocqueville, qui l’avait suivi à Paris, en Normandie et dans ses déplacements en Touraine et en Angleterre. Il était tombé malade à Paris en octobre.
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[440]
Mécontent de son nouveau domestique, Tocqueville devait reprendre Auguste peu après. Voir ci-dessous, lettre du 5 décembre.
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[441]
Tocqueville était arrivé à Cannes le jeudi 4 novembre. À son frère Édouard, il écrit le 6 novembre qu’il gèle la nuit et que les montagnes sont blanches ; et le 13 novembre qu’il souffle constamment des vents violents depuis dix jours (OC, t. XIV, p. 357 et 358).
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[442]
Tocqueville était suivi par le docteur J.-C. Sève, médecin chef de l’hôpital civil et militaire de Cannes, qu’il jugeait très expérimenté et qui se montrait relativement optimiste sur l’évolution de la maladie, tant auprès d’Alexis que de ses frères. Voir la lettre d’Hippolyte à Édouard du 12 novembre, OC, t. XIV, p. 357. Le docteur Sève publie en 1859 une Notice médicale sur le climat de Cannes, dans laquelle il étudie les effets du climat hivernal très doux dans le traitement de la phtisie et cite plusieurs guérisons.
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[443]
Florent Antoine Borniol, dit Borniol père, notaire à Cannes, maire de la ville en 1833 et 1839, républicain, qui décédera à quatre-vingt-cinq ans en 1880.
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[444]
Le 13 novembre est un samedi.
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[445]
Montalembert avait publié dans Le Correspondant, le 25 octobre 1858, un article intitulé « Un débat sur l’Inde au Parlement anglais », où il faisait l’éloge des institutions anglaises en les comparant à la Constitution française. Condamné le 24 novembre à six mois de prison et à une amende de 3 000 francs, il fit appel et fut défendu par Berryer et Dufaure. Le 26 novembre, Lanjuinais écrivait à Tocqueville : « Le jugement de Montalembert au grand regret de nos maîtres a scandalisé toute l’Europe qui s’en est très vivement préoccupée. L’audience n’était pas publique et Montalembert n’avait obtenu que cinq billets si j’en crois les journaux allemands. Villemain en avait un et a chaudement appuyé le prévenu au moins du geste et autant que les rigueurs de l’audience pouvaient le permettre. Berryer dit-on a fait un admirable plaidoyer interrompu à chaque instant par le président Berthelin. Le jugement a été ce qu’il pouvait être depuis que les juges ne rendent plus que des services. S’il pouvait y avoir quelque chose de plaisant dans une affaire où une condamnation de 15 jours de prison donne au maître la faculté d’appliquer la transportation à Cayenne c’est-à-dire à mes yeux bien pis que la peine de mort, je vous dirais que j’ai été singulièrement diverti de voir une condamnation pour attaque au suffrage universel rendue à la demande de celui qui l’a détruit le 2 Décembre et par des juges qui l’auraient en horreur s’il était autre chose que ce que le 2 Décembre l’a fait c’est-à-dire une honteuse et criminelle comédie » (Fonds Lanjuinais).
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[446]
Le 4 décembre, Montalembert répondait avoir envoyé l’article, faisait l’éloge de l’admirable plaidoirie de Dufaure, mais soulignait son isolement : « Votre sympathie m’a été fort secourable ; car il ne faut pas vous figurer que cette disposition soit générale : j’en ai rencontré aussi peu que possible, chez le clergé d’abord puis aussi dans ce parti soi-disant libéral qui embrasse tant de nuances diverses et contradictoires sous le même nom depuis M. Thiers jusqu’à M. Émile de Girardin. En revanche j’ai obtenu en Angleterre un appui qui a été presque un embarras pour moi, tant on y a mis d’emportement non seulement contre le maître mais contre tous ses sujets. Il est triste d’ailleurs de n’être compris et apprécié que hors de son pays. »
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[447]
Il s’agit du vin demandé à Dufaure (voir ci-dessus, lettre du 23 octobre).
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[448]
Les Mélanges scientifiques et littéraires de Jean Baptiste Biot, publiés par Lévy en 1858. Sur cet ouvrage, voir ci-dessous la lettre à Michel Lévy du 18 décembre.
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[449]
Lévy se contenta de publier dans le Journal des débats du 10 décembre un encart portant la liste de toutes ses publications et incluant la 4e édition de L’Ancien Régime et la Révolution, comme il l’avait déjà fait le 27 mars 1858 pour l’édition précédente. La Revue des Deux Mondes ne mentionna pas cette nouvelle édition.
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[450]
Le même jour, Tocqueville écrivait à Beaumont pour se féliciter de l’effet positif produit par l’entretien de celui-ci avec Lévy. Beaumont devait publier une nouvelle édition de L’Irlande chez Lévy en 1863 et y analyser en introduction les effets de la famine. Voir OC, t. VIII, 3, p. 605 et 610.
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[451]
Lavergne avait écrit à Tocqueville le 21 novembre (AT).
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[452]
« De l’influence de la Révolution française sur l’agriculture », livraison du 15 novembre, p. 436-466.
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[453]
Le 12 décembre, Lavergne se félicitant du mieux dans la santé de Tocqueville, écrivait : « Je comprends très bien que vous ne lisiez pas mon article, il ne vous apprendrait pas grand-chose. Mon point de vue a beaucoup de rapport avec le vôtre, il est cependant un peu différent. Je crois un peu plus que vous à l’efficacité, sinon de la Révolution elle-même, du moins des idées qui l’ont amenée. J’en suis même venu à me demander si nous ne pourrions pas encore aujourd’hui tirer parti, pour défendre nos personnes et nos propriétés, des termes de l’article 1er de la constitution qui reconnaît, confirme et garantit les principes proclamés en 1789. Il y a peut-être là un moyen de pénétrer dans la forteresse et de nous relever un peu aux yeux du monde et de nous-même. Il ne s’agit que de trouver une manière de s’en servir. » Lavergne croyait savoir que Montalembert serait gracié à l’occasion du 2 Décembre et annonçait par ailleurs avoir remis à la Revue des Deux Mondes un petit article sur M. Gossin.
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[454]
Hippolyte, inconscient jusqu’alors de la gravité de la maladie d’Alexis, était venu à Cannes au début du mois de décembre et y resta trois mois.
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[455]
Lettre du 26 novembre, où Lanjuinais racontait le procès de Montalembert. Voir ci-dessus, lettre du 20 novembre.
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[456]
Le docteur Sève.
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[457]
Décidée par des instructions assez imprécises du 25 novembre 1857 (parvenues en janvier 1858), l’expédition en Cochinchine menée par l’amiral Rigault de Genouilly avait eu pour motif la persécution de missionnaires chrétiens. Elle était souhaitée par les officiers de marine soucieux d’avoir une base, par les diplomates en Chine et par les missionnaires. Genouilly ne s’était dirigé vers Tourane (aujourd’hui Da Nang) qu’une fois assuré le succès de l’expédition de Chine, à la fin du mois d’août, avec 14 navires et 2 500 hommes. Il avait pris la ville le 2 septembre, ouvrant ainsi la voie vers Saigon, qui devait tomber en février 1859. Voir Georges Taboulet, « Les origines immédiates de l’intervention de la France en Indochine (1857-1858) », Revue d’histoire des colonies, t. XLI, n° 144-145, 3e et 4e trimestres 1954, p. 279-302.
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[458]
Lettre perdue.
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[459]
Outre la presse régionale de l’Ouest, La Patrie du 1er décembre et La Gazette de France du 2 décembre avaient mentionné la gravité de l’état de Tocqueville, qui dut démentir ces nouvelles auprès de Beaumont, Ampère, Corcelle, Normanby, Senior.
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[460]
Le docteur Jean François Paul Fortuné Maure (1796-1880), conseiller général du Var à partir de 1830, puis président du conseil général en 1848, député conservateur du Var (Grasse) de 1846 à 1848. Réélu à la Législative le 1er mai 1849, il vota le plus souvent avec la majorité monarchiste et protesta contre le coup d’État. Réélu le 2 juillet 1871, il vota avec les républicains modérés et soutint Thiers. Libéral et homme d’esprit, il était ami de Thiers mais aussi de Barrot, Vivien, Dufaure, Rivet, Duvergier, et des Anglais Brougham et Cobden.
-
[461]
Le 24 novembre, le docteur Sève écrivait à Édouard qu’après la fatigue du voyage la santé d’Alexis s’améliorait, grâce aux excellentes conditions climatiques, et que le malade, qui avait pu reprendre ses promenades à pied, pourrait sans doute revenir à Tocqueville à la fin de la saison (AT).
-
[462]
Tocqueville soutenait Gossin pour l’obtention du prix Montyon. Il l’avait accueilli avec grand plaisir à Tocqueville en septembre (voir OC, t. XIV, p. 351). Il devait intervenir à la fin du mois auprès de la commission chargée de faire les propositions, dont Mignet lui transmet la composition dans sa lettre du 15 décembre (AT). Voir sur Gossin lettre à Édouard du 24 décembre, OC, t. XIV, p. 362-363.
-
[463]
Victor Cousin, Études sur Pascal, 1857, 5e édition du Rapport à l’Académie française sur la nécessité d’une nouvelle édition des Pensées de Pascal (1842) ; Villemain, La République de Cicéron, 1858.
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[464]
Dans sa réponse du 15 décembre, Mignet conseillait les Mémoires de Miot (lettre communiquée par Y. Knibiehler). Les Mémoires du comte Miot de Mélito, ministre, ambassadeur, conseiller d’État, publiés par Michel Lévy en trois volumes en 1858, couvraient la période de la veille de la Révolution jusqu’à la fin de l’Empire. Selon Beaumont, ce fut la dernière lecture de Tocqueville, qui jugea l’ouvrage remarquable (voir « Notice sur Alexis de Tocqueville », Œuvres et correspondances inédites, vol. 1, 1861, p. 116).
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[465]
Allusion aux derniers ouvrages de Mignet : Antonio Perez et Philippe II (1845), Histoire de Marie Stuart (1851), Charles Quint, son abdication, son séjour et sa mort au monastère de Yuste (1854).
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[466]
La grâce de l’empereur fut annoncée le 2 décembre mais Montalembert refusa et se présenta le même jour au greffe avec ses deux avocats pour faire appel. Il avait jusqu’au 4 décembre pour effectuer cette démarche et l’empereur intervenait donc alors que la peine n’était pas définitive. Montalembert fut à nouveau condamné le 21 décembre avec une réduction de la peine de prison à trois mois.
-
[467]
De l’écriture d’Édouard de Tocqueville sous la date : cette lettre n’a pas été remise.
Tocqueville l’avait jointe à la lettre du 12 novembre à son frère Édouard avec le commentaire suivant : « [Chassériau] a passé sa vie dans les affaires de la marine et des colonies et dans le ministère de la Marine. Il en connaît tout le personnel. Il en sait tous les règlements. C’est le code maritime et colonial incarné. Je suis sûr que si tu vas le trouver avec la lettre ci-jointe, il se mettra à ton service de tout cœur, autant, du moins, que ses occupations, qui sont immenses, le lui permettront. Je crois pouvoir répondre de son zèle ; mais non de son habileté. C’est un excellent et même un fort saint homme, qui manque absolument de savoir-faire et d’entregent » (OC, t. XIV, p. 358). Il s’agissait sans doute d’aider Auguste René de Tocqueville, le troisième enfant d’Édouard, né en 1834, maréchal des logis en Afrique au 4e régiment de chasseurs à cheval, que sa conduite avait mis en difficulté (voir lettre à Édouard du 13 novembre, OC, t. XIV, p. 359) et qui était rentré de façon inopinée. Il devait devenir en 1859 porte-guidon du maréchal Mac-Mahon en Italie, avant d’être détaché dans le corps expéditionnaire de Chine et Cochinchine en 1859 et 1860. Le désir d’obtenir une affectation dans ce corps de la marine impériale expliquerait le recours à un expert dans la marine. -
[468]
Henry Crookenden (1818-1875), né dans le Suffolk, avait épousé Julia Harriet Davenport, fille d’un contre-amiral, et avait deux enfants. Senior ne mentionne pas cette famille dans les lettres retrouvées.
-
[469]
Lettre de Senior perdue. L’avocat Dosseur était le chargé d’affaires de Tocqueville.
-
[470]
Sur Biot, voir ci-dessus, n. 1.
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[471]
Lettre perdue. Du fait de la famine, la population de l’Irlande était passée de 8 175 000 habitants en 1840 à 5 764 000 en 1861.
-
[472]
Lieutenant-colonel au 1er chasseurs d’Afrique, Jules de Salignac Fénelon en avait assuré le commandement durant la campagne de Kabylie. Il devint général de brigade en 1859.
-
[473]
Claire Randon, fille du maréchal Randon, avait épousé Jules de Salignac Fénelon le 20 octobre 1856.
-
[474]
Du 11 décembre 1851 au 31 août 1858, le maréchal Jacques Louis Randon, beau-père de Salignac Fénelon, avait été gouverneur général de l’Algérie. La fonction de gouverneur général fut supprimée lorsque l’empereur créa le 2 juin 1858 un ministère de l’Algérie et des Colonies, confié à Napoléon Jérôme Bonaparte du 24 juin 1858 au 24 mars 1859. Ce ministère fut supprimé en novembre 1860 et un nouveau gouverneur général fut nommé.
-
[475]
Napoléon Jérôme Bonaparte, dit le prince Napoléon (1822-1891), avait été élu en 1848, à vingt-six ans, représentant de la Corse à la Constituante, où il siégea à l’extrême gauche. Il fut ensuite élu par la Sarthe à la Législative où il vota avec la Montagne.
-
[476]
Biffé : 25 décembre 1859; au-dessus, d’une autre écriture, sans doute celle de Beaumont, une première correction : 1858 ; une seconde : 5 mars 1859.
La date retenue dans l’édition Beaumont est celle du 5 mars 1859, inappropriée à une lettre de vœux. -
[477]
Bouchitté avait séjourné à Tocqueville en 1858. Les AT n’ont pas conservé de lettre de Bouchitté entre le 10 juillet 1858 et le 21 février 1859, lettre qui semble répondre à celle-ci, puisque Bouchitté y fait allusion au goût de Tocqueville pour le séjour en Normandie l’hiver.
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[478]
Sur le procès de Montalembert, voir ci-dessus.
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[479]
Voir ci-dessus.
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[480]
D’une autre écriture, au dos de la lettre : Cannes, 1858.
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[481]
Ce billet pourrait être postérieur à l’arrivée à Cannes début novembre, mais peut aussi dater d’un séjour à Tocqueville.
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[482]
L’extrait du catalogue porte « rougît », nous proposons « rompît ».
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[483]
L’extrait porte « places », nous proposons « plans ».
-
[484]
À partir d’ici nous transcrivons le fac-similé publié dans le catalogue.
-
[485]
Lettre du 2 février, où Lanjuinais faisait état des menaces d’une guerre imminente, du réveil des passions européennes de 1813 contre la France et de la désillusion des milieux d’affaires (AT).
-
[486]
La terre et le château de Saint-Frambaut, près de La Suze, dans la Sarthe, département où résidait aussi Beaumont. Lanjuinais devait en donner une rapide description en répondant le 19 février (AT).
-
[487]
Lettre du 8 janvier 1859 (vente Drouot du 1er juin 1992). Duvergier y faisait le récit du procès de Montalembert et d’une réception où le frère bonapartiste de Montalembert se serait entendu dire par l’empereur : « Votre frère en est arrivé à ses fins, il a fait du scandale. Quant à M. Berryer, il a été indigne, lui que j’ai tant aimé » – mot que Duvergier trouvait admirable.
-
[488]
Voir ci-dessus.
-
[489]
Lors de leur entrevue secrète à Plombières le 21 juillet 1858, Napoléon III et Cavour avaient envisagé une guerre contre l’Autriche. La France et le Piémont passèrent ensuite une convention secrète d’alliance dans l’éventualité d’une attaque de l’Autriche contre le Piémont. Le 4 février, sous la signature de La Guéronnière, avait été publiée la brochure L’Empereur Napoléon III et l’Italie qui exposait la politique impériale et eut un grand retentissement.
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[490]
Lettre non retrouvée.
-
[491]
Tocqueville devait protester auprès de Corcelle le jour même. Voir OC, t. XV, 2, p. 242.
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[492]
Lettre non retrouvée.
-
[493]
Antonin de Mandat-Grancey ne démissionna pas et revint en France officiellement pour raisons de santé. Il passa un an parmi les siens avant d’être appelé comme officier d’ordonnance du ministre de la Marine Chasseloup-Laubat le 10 janvier 1861 et de démissionner deux ans plus tard pour se marier. Il reprendra du service en 1870 et mourra au combat. Voir général Ambert, Récits militaires, Paris, 1884, p. 317-324, qui cite p. 319 le commentaire de l’amiral Ribout sur le retour en France d’Antonin : « Pour la première fois depuis le début de sa carrière, M. de Grancey put passer une année au milieu des siens, et reprendre sa place dans cette société qu’il avait quittée si jeune et où l’élégance de ses manières, les grâces de son esprit, les charmes de son caractère lui assuraient un rang distingué. »
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[494]
Points de suspension dans l’édition Beaumont qui signalent peut-être une coupure.
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[495]
Guizot avait traduit en 1812 The History of the Decline and Fall of the Roman Empire (1776-1788), 6 vol. Les Mémoires de Gibbon avaient été publiés en français dès 1796, en deux volumes, sous le titre Mémoires de Gibbon, suivis de quelques ouvrages posthumes et de quelques lettres… recueillis et publiés par Lord Sheffield.
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[496]
Lettre du 12 février (vente Drouot du 1er juin 1992). Duvergier y analysait le bellicisme de l’empereur et s’étonnait de la docilité de la petite-bourgeoisie parisienne. Le 25 février, il racontait une réception de Napoléon et de la princesse Mathilde et écrit aussi les 2, 4, 10 et 14 mars dans le dessein manifeste de se faire « chroniqueur » pour distraire Tocqueville.
-
[497]
Christian Karl Josias von Bunsen (1791-1860) dont Tocqueville avait fait la connaissance en 1853. Ministre de Prusse auprès du Saint-Siège (1827-1829), il avait ensuite été conseiller de Frédéric Guillaume IV, dont il était l’ami, puis ambassadeur à Londres de 1842 à 1844. Il consacra la fin de sa vie aux études théologiques. Il s’était installé en décembre 1858 à la maison Penchinat, à Cannes, pour soigner son asthme et rendit de nombreuses visites à Tocqueville au cours des mois qui suivirent. Voir sa correspondance avec Tocqueville dans les OC, t. VII.
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[498]
La déclaration de guerre devait être publiée au Moniteur universel du 4 mai, après l’invasion du Piémont par l’Autriche le 29 avril.
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[499]
Des négociations menées avec la Russie aboutirent en janvier 1859 ; elles assuraient la neutralité russe contre une attitude bienveillante de la France envers les ambitions russes en Pologne et sur la mer Noire.
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[500]
Lecture douteuse.
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[501]
Le chemin de fer de Marseille à Toulon était indispensable pour le transport de troupes en Italie du Nord. Les travaux très actifs en janvier et février devaient permettre le premier essai de circulation dès la fin mars. En avril, le chemin put transporter des troupes.
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[502]
Le tome 3 de l’Histoire du gouvernement parlementaire est annoncé dans la Bibliographie de la France du 26 mars.
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[503]
Lettres non retrouvées.
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[504]
« Divertissement » : « J’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre », Pensées, n° 168 (édition Ph. Sellier).
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[505]
Adelaide Caroline Mithon de Senneville, qui devait mourir le 12 mars 1859 à soixante-dix ans.
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[506]
Le 6 mars, Lanjuinais informait Tocqueville qu’après un article belliqueux signé Sacy dans le Journal des débats, le Moniteur universel avait démenti le 5 toute intention de guerre (voir lettre suivante). Lanjuinais stigmatisait la duplicité de l’Empire et remarquait que des républicains modérés comme Ferdinand Lasteyrie poussaient à la guerre pour faire tomber Napoléon III. Il concluait : « Je ne sais pas d’ailleurs qui est-ce qui peut à quelque prix que ce soit souhaiter le retour des aberrations de 1848. Il est certain toutefois qu’une réaction marquée s’est faite en faveur des institutions parlementaires et de la liberté de la presse depuis qu’on voit la fortune de la France et le sang de ses enfants à la merci du premier caprice d’un despote, d’un despote qui pendant qu’il impose à la France une servitude humiliante, prétend employer ses armées comme par une insultante ironie à donner la liberté aux barbares de la Valachie et de la Moldavie et aux populations les plus arriérées de l’Italie » (AT).
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[507]
Au chapitre 37 du livre de la Genèse, les frères de Joseph le jettent par jalousie dans une citerne sans eau avant de le vendre.
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[508]
Depuis janvier, l’empereur cherchait à calmer les inquiétudes de l’opinion. Le 5 mars, Le Moniteur universel avait publié une note pour démentir les « rumeurs vagues et absurdes » de guerre. « L’empereur a promis au roi de Sardaigne de le défendre contre tout acte agressif de l’Autriche ; il n’a promis rien de plus, et l’on sait qu’il tiendra parole. »
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[509]
Lord Cowley, ambassadeur britannique en France de 1852 à 1867, s’était rendu à Vienne le 27 février pour tenter d’empêcher la rupture entre l’Autriche et le Piémont, et entre l’Autriche et la France. Il cherchait à obtenir l’évacuation des troupes autrichiennes et françaises des États romains, la mise en place de réformes demandées par les peuples italiens et le renoncement de l’Autriche à ses accords avec des princes italiens. Il revint le 14 mars avec l’espoir que se tiendrait un congrès.
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[510]
Le prince Napoléon, très favorable à l’unité italienne, avait épousé à Turin la fille aînée de Victor Emmanuel III, la princesse Clotilde, le 30 janvier. Cela entrait dans la politique napoléonienne d’alliance entre la France et le Piémont mais avait renforcé les craintes de l’opinion française. Le couple était revenu à Paris le 3 février ; le 7 mars 1859, le prince Napoléon, mécontent de voir l’empereur hésiter devant la guerre, démissionnait de son poste de ministre de l’Algérie.
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[511]
Mention d’une autre écriture. Tocqueville était mort le 16 avril.
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[512]
Tocqueville avait souffert de son isolement dans une France massivement impérialiste. À sa mort, il devient très vite le chef posthume des opposants. La lettre de condoléances d’Odilon Barrot annonce l’accession de Tocqueville au panthéon libéral.
Tocqueville par St-Pierre-Église (Manche)
Ce 2 juillet 1856
J’espère que vous me pardonnerez, mon cher ami, de ne vous avoir pas écrit plus tôt. J’ai été tellement accablé par la mort de mon pauvre père que toute occupation quelconque m’est devenue impossible pendant longtemps, surtout celle d’écrire, même à de bons amis comme vous. Ma douleur n’est pas de celles qui aiment à se répandre et se soulagent en s’exprimant. Rien ne m’est plus pénible que de parler sur un sujet qui pourtant est sans cesse présent à ma pensée. Vous savez, sans doute, le détail du cruel événement auquel je fais allusion, comment nous avons été tous appelés par le télégraphe auprès de mon pauvre père qui alors habitait les environs de Compiègne et y jouissait, en apparence, de la meilleure santé. Il avait été atteint, la nuit, d’un étouffement qui avait paru dangereux. Mais quand nous arrivâmes, il était bien et on le croyait même guéri lorsqu’il s’est éteint tout à coup en causant avec nous. On ne saurait imaginer une mort plus douce et plus enviable.
Je ne doute pas, mon cher ami, de votre sincère sympathie, ainsi que de celle de votre sœur au bon souvenir de laquelle je vous prie de nous rappeler. Mon père avait toujours été vivement attaché à toute votre famille et à vous-même et vous êtes de ceux sur l’amitié desquels il a toujours le plus compté. Vous savez que son fils est du même avis.
L’éditeur auquel j’avais vendu la première édition de mon livre a tenu à le faire paraître aussitôt après l’impression…
Date de mise en ligne : 15/04/2022
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