Extension de l’âme
- Par Jean-Luc Nancy
Pages 130 à 144
Citer ce chapitre
- NANCY, Jean-Luc,
- Nancy, Jean-Luc.
- Nancy, J.-L.
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Notes
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[1]
D’abord publié en italien dans les actes des Fundamenta de Venise en 2002, puis en français dans Poésie n° 99 et en un volume avec Antonia Birnbaum, “Exister, c’est sortir du point”, in Cahiers du Portique, Université de Metz, 2004.
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[2]
Descartes va jusqu’à dire que l’âme, plutôt qu’accidentellement unie au corps, peut en être dite accidentellement séparée par la mort (cf. A Regius, décembre 41, où l’on voit que c’est par prudence envers la théologie qu’il tempère cette affirmation). Ou bien, il lui arrive de considérer l’union de l’âme au “corps glorifié” de la résurrection (à Silhon, mars 1942.).
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[3]
Cf. l’idée de l’homme comme être accidentel, dans la lettre à Regius citée.
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[4]
A. Morus, avril 1949.
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[5]
A. Hyperaspistes, août 1941.
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[6]
Wittgenstein, Tractatus 6.41.
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[7]
Au sujet de la force, tant de celle qui s’applique à l’âme que de celle par laquelle l’âme peut commander au corps, il faudra désormais se rapporter au livre de Serge Margel, Corps et âme (Galilée, 2004).
Commençons par lire un long passage de la lettre que Descartes écrit à Elizabeth le 28 juin 1643 et qui constitue sans doute le texte majeur au sujet de la connaissance de l’union de l’âme et du corps.
“Les pensées métaphysiques, qui exercent l’entendement pur, servent à nous rendre la notion de l’âme familière ; et l’étude des mathématiques, qui exerce principalement l’imagination en la considération des figures et des mouvements, nous accoutume à former des notions du corps bien distinctes ; et enfin, c’est en usant seulement de la vie et des conversations ordinaires, et en s’abstenant de méditer et d’étudier aux choses qui exercent l’imagination, qu’on apprend à concevoir l’union de l’âme et du corps.
J’ai quasi peur que Votre Altesse ne pense que je ne parle pas ici sérieusement ; mais cela serait contraire au respect que je lui dois, et que je ne manquerai jamais de lui rendre. Et je puis dire, avec vérité, que la principale règle que j’ai toujours observée en mes études, et celle que je crois m’avoir le plus servi pour acquérir quelque connaissance, a été que je n’ai jamais employé que fort peu d’heures, par jour, aux pensées qui occupent l’imagination, et, fort peu d’heures, par an, à celles qui occupent l’entendement seul, et que j’ai donné tout le reste de mon temps au relâche des sens et au repos de l’esprit ; même je compte, entre les exercices de l’imagination, toutes les conversations sérieuses, et tout ce à quoi il faut avoir de l’attention. C’est ce qui m’a fait retirer aux champs ; car encore que, dans la ville la plus occupée du monde, je pourrais avoir autant d’heures à moi, que j’en emploie maintenant à l’étude, je ne pourrais pas toutefois les y employer, si utilement, lorsque mon esprit serait lassé par l’attention que requiert le tracas de la vie…
Date de mise en ligne : 04/09/2016