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Chapitre 7. Commerce interculturel et conventions épistolaires

Pages 237 à 258

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  • Trivellato, F.
(2016). Chapitre 7. Commerce interculturel et conventions épistolaires. Corail contre diamants : Réseaux marchands, diaspora sépharade et commerce lointain. De la Méditerranée à l'océan Indien, XVIIIe siècle (p. 237-258). Le Seuil. https://shs.cairn.info/corail-contre-diamants-de-la-mediterranee-a-l-ocean-indien-au-xviiie-siecle--9782021142846-page-237?lang=fr.

  • Trivellato, Francesca.
« Chapitre 7. Commerce interculturel et conventions épistolaires ». Corail contre diamants Réseaux marchands, diaspora sépharade et commerce lointain. De la Méditerranée à l'océan Indien, XVIIIe siècle, Le Seuil, 2016. p.237-258. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/corail-contre-diamants-de-la-mediterranee-a-l-ocean-indien-au-xviiie-siecle--9782021142846-page-237?lang=fr.

  • TRIVELLATO, Francesca,
2016. Chapitre 7. Commerce interculturel et conventions épistolaires. In : Corail contre diamants Réseaux marchands, diaspora sépharade et commerce lointain. De la Méditerranée à l'océan Indien, XVIIIe siècle. Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.237-258. URL : https://shs.cairn.info/corail-contre-diamants-de-la-mediterranee-a-l-ocean-indien-au-xviiie-siecle--9782021142846-page-237?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Notons quelques exceptions, en l’occurrence les études des correspondances du xviiie siècle dans l’Atlantique (Ditz, 1999, p. 64-65 en particulier) et dans le monde islamique (Sood, 2007 ; Aslanian, 2008, p. 141-149). Carlos Petit (1997, p. 64) a noté la valeur contractuelle de certaines expressions de gratitude et d’affection dans les lettres de marchands. Pour une étude approfondie des manières dont on parvient à diffuser des jugements sur les marchands dans les lettres de la Gueniza du Vieux-Caire, voir Goldberg, 2007.
  • [2]
    Chartier, 1991.
  • [3]
    Tavor Bannet, 2005, p. x-xi.
  • [4]
    Les pièces commerciales écrites en arabe sont plus fréquentes dans les papiers des marchands juifs livournais qui commercent avec le Maghreb que dans ceux qui font des affaires avec le Levant (voir Filippini, 1999, p. 134).
  • [5]
    ASF, LCF, 1935, lettre à Abraham Lusena à Gênes (18 octobre, 1er novembre, 29 novembre, 6 décembre et 13 décembre 1713) ; ASF, LCF, 1936, lettre à Almeida & Flores à Alexandrie (31 août 1716).
  • [6]
    Seule une autre lettre, adressée à Hayim Samuel Aguiar de Tripoli, est datée selon le calendrier hébraïque (ASF, LCF, 1937). La lettre en hébreu est adressée à un Juif persan (voir chapitre 10). Il est impossible de déterminer si c’est un associé d’Ergas & Silvera ou bien un employé qui a écrit ces lettres. Voir également chapitre 8, n. 3.
  • [7]
    Stow, 1977, p. 296.
  • [8]
    Filippini, 1989, p. 142. Lorsque Moïse Franco dissout sa société en 1731, il fait traduire son livre de comptes portugais en italien (ASF, NMP, Giovanni Giuseppe Mazzanti, 23703, f° 52r-54r, no 37).
  • [9]
    On peut lire quelques extraits assez longs de la correspondance d’Ergas & Silvera dans le chapitre 1, n. 1 ; chapitre 9, n. 101 et tout au long de ce chapitre-ci. Tavani (1959) examine de près la manière dont les Sépharades de Livourne parlent le portugais.
  • [10]
    Teensma, 1993.
  • [11]
    Raposo, 1989, p. 197.
  • [12]
    Les Recanati correspondent ainsi en italien avec la compagnie française des Roux de Marseille (CCM, AA1801, L. IX/920-925). Les documents de la Levant Company anglaise (puis britannique) du xviie et du xviiie siècle comportent de nombreux textes rédigés ou traduits en italien. Voir également Russell, 1794, vol. 2, p. 2 ; van den Boogert, 2005, p. 8.
  • [13]
    On trouve des exemples dans XCHR, MHC/E, 54, 136 ; XCHR, MHC/F, vol. 1, 51, 85 et vol. 2, 16-18, 33-34 ; XCHR, MHC/P, 233, 2437, 12047, 15051, 6434 ; XCHR, Undated Letters and Other Documents in Portuguese.
  • [14]
    Sur les relations entre les Kamat et les Français, voir de Souza, 1989. Sur le rôle joué par les traducteurs luso-indiens dans l’écriture des lettres, voir Sood, 2007, p. 178-182. Voir également chapitre 8.
  • [15]
    XCHR, MHC/P, Outgoing Correspondence, vol. 2, f° 27v. À partir de 1663, Cochin est sous domination hollandaise. Des Juifs y sont installés jusqu’au xxe siècle.
  • [16]
    XCHR, MHC/P, 233.
  • [17]
    XCHR, MHC/P, 15667 ; XCHR, MHC/P, Outgoing Correspondence, vol. 6, f° 3v.
  • [18]
    On trouve des exemples dans XCHR, MHC/P, Outgoing Correspondence, vol. 1, 19 octobre 1778, et vol. 2, f° 3 et 19 ; XCHR, MHC/E, 112 et 136 ; XCHR, MHC/F, vol. 2, no 16-18 et 33-34.
  • [19]
    Lettre à David Raby à Cochin pour « certifier » un crédit en cours (XCHR, MHC/P, Outgoing Correspondence, vol. 2, f° 19v-20r).
  • [20]
    Williamson, 1985, p. 398.
  • [21]
    Pour une série d’études sur la culture des marchands européens, voir Angiolini et Roche, 1995.
  • [22]
    ASF, LCF, 1953, lettres à Éphraïm & David Cassuto à Florence (21 avril 1741) et à Moïse Cassuto à Livourne (16 mai 1741).
  • [23]
    ASF, LCF, 1936, lettres à Pietro Francesco Ravara à Lisbonne (10 janvier et 9 juillet 1715) ; ASF, LCF, 1957, lettre à Schutte & Buess à Lisbonne (10 juin 1743).
  • [24]
    ASF, LCF, 1957, lettre à Benjamin Mendes da Costa à Londres (8 juillet 1743).
  • [25]
    ASF, LCF, 1953, lettre à Éphraïm & David Cassuto à Florence (12 novembre 1742).
  • [26]
    Tadmor, 2001, p. 167-236.
  • [27]
    Voir, par exemple, ASF, LCF, 1957, lettre à Benjamin Mendes da Costa à Londres (12 juillet 1745), envoyée après la mort de son fils unique.
  • [28]
    Les associés d’Ergas & Silvera poussent les Cassuto à demander tout ce dont ils ont besoin et les assurent d’un amour réciproque (« che tutto sta molto bene desiderando ci comandate in quello vi farà bisogno per esser reciproco nel amor ») ; ASF, LCF, 1945, lettre à Éphraïm & David Cassuto à Florence (17 novembre 1737). Quatre ans plus tard, ils revendiquent le fait d’avoir bien montré aux Cassuto qu’ils ont toujours su rendre la pareille par amitié et affection sincère (« abbiamo voluto noi dimostrarvi avere corisposto con l’affetto della nostra sincera amicizia ») ; ASF, LCF, 1953, lettre à Éphraïm & David Cassuto à Florence (21 avril 1741).
  • [29]
    Lorsqu’ils encouragent un correspondant génois à passer des commandes chez eux et leur associé à Alep, les marchands d’Ergas & Silvera lui promettent qu’il « sera servi avec toute la plus grande diligence et affection » (« se comandarete tanto a loro che a noy sarete servito con ogni deligenza e afeto ») ; ASF, LCF, 1936, lettre à Lazzaro Sacerdote à Gênes (15 février 1715).
  • [30]
    Dans une lettre envoyée à un marchand sépharade de Londres, les associés d’Ergas & Silvera disent être certains que ce dernier saura s’occuper de vendre leur laine rouge parce qu’ils savent l’amour qu’il leur porte (« stando certi di vostro amore procurerete anche l’esito della nostra lana rossa) » ; ASF, LCF, 1945, lettre à Nathan Levi Sonsino à Londres (29 avril 1737).
  • [31]
    JFB, 1726fMe, f° 98v et 99v.
  • [32]
    ASF, LCF, 1953, lettre à Benjamin Alvarenga & Cie à Londres (5 novembre 1742).
  • [33]
    « [S]iendo che tomamos la confiansa em Vms y en los senhores Fuà » (ASF, LCF, 1957, lettre à Giuseppe Giustiniani à Gênes [24 avril 1743]).
  • [34]
    XCHR, MCH/P, Outgoing Correspondence, vol. 6, f° 38.
  • [35]
    Raposo, 1989, p. 244. Voir également Bartolomei, 2007, p. 92 et 102.
  • [36]
    ASF, LCF, 1936, lettre à Giuseppe Scolari à Reggio Emilia (17 septembre 1716). On trouve d’autres exemples dans ASF, LCF, 1935, lettre à Matteo & Giacomo Zupana à Venise (21 juin 1709) ; ASF, LCF, 1945, lettre à Federico Latuda à Milan (23 septembre 1739).
  • [37]
    « Elle se sirva mandarno as todas boas novas que podendolhas, estem certos que não faltaremos de corresponder a nossa obrigação e ho estamos de que são amigos de sus amigos e como conhesem noso natural não tiramos adiante em serimonias rogandolhes que se capitarem otras cartas nos fazão a merced de estas » (ASF, LCF, 1939, lettre à Jacob & Joseph Belilios à Venise [1er février 1726]).
  • [38]
    ASF, LCF, 1931, lettre à Gulhermi & Maron à Tripoli de Syrie (31 octobre 1708).
  • [39]
    « Hontem recebi huma carta de Gorinda Nayque a qual mi fez apaixonar muito por ver que senhor o impertinente elevantado Mathias se não quer conduzir come he justo na recepção das fazendas fazendo hum tão grande prijuízo as negociacões e querendo que eu o faça responcavel por todos os dezapontamentos que a sua omissão cauzar. » XCHR, MHC/P, 18333. Le fait que Naik soit un cousin de Kamat est attesté dans XCHR, MHC/P, Outgoing Correspondence, vol. 6, f° 1.
  • [40]
    XCHR, MHC/P, 6437.
  • [41]
    XCHR, MHC/P, Outgoing Correspondence, vol. 2, f° 13.
  • [42]
    XCHR, MHC/P, 18348.
  • [43]
    Raposo, p. 1989, p. 245-246.
  • [44]
    « Faites nous le plaisir Monsr. de nous marquez entre nous quelle opinion vous avés du caractere de Mons. Paul Nairac de vôtre ville, qui vient de nous être recommandé d’une maison de chez vous. » Raposo, 1989, p. 243.
  • [45]
    XCHR, MHC/P, 6437.
  • [46]
    Vanneste, 2006, p. 46 ; cité avec la permission de l’auteur.
  • [47]
    On trouve des exemples dans les lettres envoyées à Joseph de los Rios (ASF, LCF, 1937, 18 septembre 1719 ; ASF, LCF, 1938, 29 septembre 1729) et à Jacob Silvera (ASF, LCF, 1945, 4 mars 1737), tous deux à Amsterdam, ainsi qu’à Benjamin Mendes da Costa à Londres (ASF, LCF, 1957, 8 avril 1743).
  • [48]
    On en trouve des exemples dans certaines lettres envoyées à des marchands catholiques italiens et à des brahmanes hindous : ASF, LCF, 1936, lettre à Pietro Francesco Ravara à Lisbonne (6 novembre 1715) ; ASF, LCF, 1937, lettre à Medici & Beroardi à Lisbonne (28 avril 1729) ; ASF, LCF, 1945, lettres à Fondu Camotim & Babuxa Quenny à Goa (20 février 1736 et 16 février 1739). Dans une lettre de remerciement au secrétaire d’État toscan à la Guerre, qui leur a garanti que la conversion de leur oncle n’affecterait pas leur héritage, les associés d’Ergas & Silvera utilisent la formule convenue promettant de prier Dieu pour la prospérité de la famille royale (« non mancaremo di porger li necezarij vuoti del signor Iddio per la prosperità delle prefate Altezze Sue Reali e di tuta la sua Real Casa »). ASF, LCF, 1939, lettre à Carlo Rinuccini à Florence (19 décembre 1725).
  • [49]
    XCHR, MHC/P, 17053
  • [50]
    On trouve des exemples dans XCHR, MHC/P, 6437, 14001, 14012.
  • [51]
    Vanneste, 2006, p. 38.
  • [52]
    Lettre de George Clifford à James Dormer, citée dans Vanneste, 2006, p. 40.
  • [53]
    Goitein, 1973b, p. 7.
  • [54]
    Goitein, 1971, p. 486.
  • [55]
    « Je crois vraiment que vous avez trouvé en moi un bon ami » (« credo por cierto que vos abedes tenido en mí bon amigo »), écrit un correspondant d’Ibiza au facteur de la compagnie Datini à Barcelone en 1398 (Melis, 1972, p. 182). L’échange épistolaire entre Datini et le notaire florentin Lapo Mazzei contient également une large gamme d’expressions d’amitié (Trexler, 1980, p. 136). Sur les différents sens du terme « amitié » dans la Florence du xve siècle, voir Klapisch-Zuber, 1985, p. 68-93 ; McLean, 2007, tout particulièrement p. 29-30.
  • [56]
    Savary, 1675, liv. 2, ch. 43, p. 2.
  • [57]
    Voir, par exemple, un décret royal français de 1727 qui régule les relations entre les marchands français et les marchands juifs et étrangers sous la protection diplomatique de la France dans l’Empire ottoman dans CCM, AA1801, J.1586.
  • [58]
    Cité dans Hancock, 1995, p. 42.
  • [59]
    Lopez et Raymond, 1955, p. 378. À en juger par la sélection publiée des lettres de Datini, celles qui ont le style le plus élégant ont été rédigées par les patriciens vénitiens qui appartiennent à une classe sociale plus élevée que Datini (Melis, 1972, p. 192-200).
  • [60]
    « [A] Merchant ought to be a Man of an extensive Genius, and his Education genteel. » Cité par Chapman, 1992, p. 25.
  • [61]
    Hancock, 1995, tout particulièrement p. 279-281 et 320-381.
  • [62]
    Amalia Kessler (2004 ; 2007, p. 271-285) défend l’idée que la publication de La Noblesse commerçante constitue le point culminant d’un processus de transformation juridique et sociale amorcé par Colbert avec la création d’un code de commerce en 1673. L’ordonnance soulève la question du statut du marchand et, par conséquent, de qui est en droit d’être jugé par les tribunaux de commerce spécialisés du royaume.
  • [63]
    Datini possède plusieurs manuels qui contiennent des compilations d’unités de mesure (les fameuses pratiche di mercatura), des instructions manuscrites concernant les manufactures textiles et les techniques comptables, des portulans, mais rien qui ne touche à la rédaction des lettres (Melis, 1972, p. 120-127). Sur deux manuscrits latins rares datant du début du xiiie siècle (dont l’un contient un traité sur l’art d’écrire les lettres, et l’autre des modèles de lettres pour la haute noblesse, mais aussi pour les marchands et les clients), voir Carlin, 2007.
  • [64]
    L’un des manuels à succès de l’époque est l’Art of Correspondence de Percy Sadler, qui est pour la première fois publié en anglais et en français à Bruxelles en 1855 et traduit en italien sous le titre Il segretario inglese-italiano (Trieste, 1869). Voir également Le Secrétaire du commerce (Paris, Blanchard, 1821) qui est divisé en deux parties : la première contient des modèles de contrats, et la seconde des modèles de lettres.
  • [65]
    Lettres communes et familieres pour marchands et autres : Ensemble contracts, obligations, quietances, lettres de change et d’assurance, tres-utiles à un chacun. Le tout composé en François par Ian Bourlier, Troyen : et mis en Flamen par Iean de Heyden (Anvers, Chez Ian Waesberghe, 1576) ; Chartier (1991, p. 167-169 et 189-190) mentionne également deux travaux publiés avant celui de Bourlier : Gabriel Meurier, Formulaire de missives, obligations, quittances, lettres de change, d’asseurances (Anvers, 1558) et Gérard de Vivre, Lettres missives (Anvers, 1576). Meurier est l’auteur d’œuvres didactiques, dont plusieurs grammaires et manuels de langues étrangères.
  • [66]
    Amsterdamsche Secretary, bestaende in Formulieren van Schepenen-kennissen, Quijtscheldingen, Schat-brieven, en andere, die gewoonlyk daar gebruikt werden (Amsterdam, Jacob van Royen, 1700). Ce travail est republié en 1714, 1726 et 1737. Répondant à des besoins locaux, ce livre comprend, entre autres, les formules espagnoles du serment que les Juifs prêtent devant les tribunaux (p. 279).
  • [67]
    Sur les modèles médiévaux et humanistes, voir Najemy, 1993, p. 42-57 ; Murphy, 2001, p. 194-268 ; McLean, 2007, p. 44-58. Sur la littérature épistolaire italienne des xvie et xviie siècles, voir Quondam, 1981 ; Basso, 1990 ; Morabito, 2001. Sur les remarques satiriques qui visent plus tard ces textes, voir Costo et Benvenga, 1991.
  • [68]
    Cassuto, 1918, p. 327-340. Sur les traditions épistolaires des Juifs italiens, et les lettres de fiançailles en particulier, voir Weinstein, 2004, p. 41-43, 75-77, 138-139, 295-296, 352-357 et 389-390.
  • [69]
    Matthias Kramer, Il secretario di banco : Overo, Stile di corrispondenza mercantile, spiegata in tre centurie di bellissime lettere di negotio in ogni genere di traffico (Venise, Gio. Giacomo Hertz, 1697). Cet ouvrage est d’abord publié à Nuremberg en 1693. Le livre est réimprimé plusieurs fois à Venise au xviiie siècle.
  • [70]
    Le Secretaire du cabinet et celui des negocians imprimé ensemble dans un volume en faveur des commerçans, qui desirent s’instruire dans le style épistolaire sur toutes sortes de sujets, précédé d’une introduction à l’art d’écrire des lettres et suivi des complimens de la langue françoise (Francfort, Chez les Principaux libraires, 1763).
  • [71]
    Receuil de lettres françoises et italiennes de bienseance et marchandes pour ceux qui souhaitent d’aprendre a bien ecrire en italien selon les bons principes et la nouvelle ortographe avec un abrégé sur la maniere de garder le ceremonial, et de dresser les lettres, selon le stile le plus moderne des italiens par Mr. l’Abbé Antonini (Bâle, Chez Manuel Tourneisen, 1761). Antonini est également l’auteur d’un dictionnaire italien-français-latin.
  • [72]
    The Compleat Letter Writer : Or, New and Polite English Secretary, Containing Letters on the Most Common Occasions in Life, 3e édition (Londres, S. Crowder and H. Woodgate, 1756), p. A2v. Dans les éditions ultérieures de ce travail, la coquille dans le titre (compleat) est corrigée. Pour d’autres manuels de correspondance bon marché à l’époque, voir The British Letter-Writer : Or Letter-Writer’s Complete Instructor (Londres, J. Cooke, [1760 ?]) ; W. H. Dilworth, The Complete Letter Writer ; Or, Young Secretary’s Instructor, Containing Great Variety of Letters on Friendship, Duty, … Bussiness [sic], etc. (Glasgow, Peter Tait, 1783) ; The Accomplish’d Letter-writer : Or The Young Gentlemen and Ladies’Polite Guide to an Epistolary Correspondence in Business, Friendship, Love (Newcastle upon Tyne, 1787) ; Henry Hogg, The New and Complete Universal Letter-Writer ; Or, Whole Art of Polite Correspondence (Londres, Alex Hogg [1790 ?]) ; David Fordyce, The New and Complete British Letter-Writer ; or, Young-Secretary’s Instructor (Londres, [1790 ?]).
  • [73]
    Johann Christian Sinapius, Briefe für Kaufleute : Nebst einer Abhandlung über Wechselbriefe ; Neue verbesserte Aufllage (Hambourg, Bey H. J. Mattheissen, [1782]) ; J. C. Schedel, Lettres à l’usage des négocians traduites de l’Allemand de J. C. Sinapius (Hambourg, Chez H. J. Matthiesen, 1782).
  • [74]
    Johann Carl May, Lettres marchandes, fort propres à s’exercer dans le stile épistolaire du négociant, 4e édition (Leipzig, J. S. Heinsius, 1798).
  • [75]
    Secrétaire des negociants : lettres françaises et italiennes suivant le style qui est le plus en usage aujourd’hui (Turin, Chez les frères Raycent Guibert, 1763). La seconde page de titre de cet ouvrage est en italien.
  • [76]
    Ignazio Paloma, Le Secrétaire de banque, espagnol et françois, contenant la maniere d’écrire en ces deux langues des lettres de correspondance mercantille, pourtout genre d’affaire et de trafic, etc./El secretario de banco, español y francès, en que se contiene el modo de escrivir en estas dos lenguas las cartas de comercio, en todo genero de negocio y trafico, etc., (Paris/Lyon, Chez Briasson et al. ; Chez les Freres Perisse et al., 1768), p. xv. Comme l’observe Roger Chartier (1991, p. 191), ces travaux sont souvent écrits par des professeurs de langue plutôt que par des marchands. Le Secrétaire des negociants (voir n. 75) a pour auteur un « professeur » ; Paloma se désigne lui-même comme un « professeur de langues italienne et espagnole à Paris », et Sinapius (voir n. 73) est un « maître de langue italienne » à Hambourg.
  • [77]
    Charles Wiseman, Epistolæ Commerciales, or Commercial Letters, in Five Languages, viz. Italian, English, French, Spanish, and Portuguese… To Which Are Added, Mercantile and Maritime Vocabularies, of Each Tongue (Londres, Printed for the Author, 1779). Cet ouvrage est réédité en 1794.
  • [78]
    Lettres marchandes, etc. en sept langues (Amsterdam, Chez G. Holtrop, 1783). Voir également A. Hubert, Lettres marchandes sur toutes sortes de sujets de negoce (Rotterdam, D. Vis, 1787).
  • [79]
    Malachy Postlethwayt, The Merchant’s Public Counting-House : Or, New Mercantile Institution ; Wherein Is Shewn, the Necessity of Young Merchants Being Bred to Trade with Greater Advantages Than They Usually Are (Londres, John et Paul Knapton, 1750), p. 22.
  • [80]
    Le Parfait Écrivain de lettres en françois, italien et anglois, 2e édition (Livourne, Giov. Vinc. Falorni, 1796), p. 2. Cet ouvrage paraît pour la première fois en 1794, à Venise. Une compilation de lettres commerciales italiennes imprimées à Venise en petit format, plusieurs dizaines d’années plus tôt, contient plusieurs exemples portant sur Livourne. Voir Giovanni Garotti, Lettere mercantili (Venise, Antonio Perlini, 1756). L’auteur est professeur d’arithmétique.
  • [81]
    L’inventaire de leurs possessions dressé au moment de leur faillite ne donne pas la liste des livres en leur possession (voir chapitre 3, n. 102).
  • [82]
    Sinapius, Lettres à l’usage des négocians…, op. cit., p. 21.
  • [83]
    Wiseman, Epistolæ Commerciales…, op. cit., p. 91 : « The friendship existing between you and me, makes me hope you will answer my question with the same impartiality I am ready to do yours, in like cases. »
  • [84]
    Ibid. Ces formules, et d’autres encore, sont utilisées depuis au moins un siècle par les marchands anglais (Hancock, 2002). Kenneth Banks (2002, p. 160) interprète l’expression « My dear friend » que le secrétaire d’État français à la Guerre utilise dans une lettre à Abraham Gradis en 1761 comme « une marque inhabituelle d’amitié » entre le ministre français et le marchand juif de Bordeaux. Or, cette formule n’est en réalité nullement une véritable marque d’amitié, même si les deux hommes sont sans doute bien plus que de simples connaissances.
  • [85]
    On trouve ces exemples dans Gentil da Silva, 1959-1961.
  • [86]
    Raposo, 1989, p. 244-245.
  • [87]
    JFB, 1726fMe, f° 2r.
  • [88]
    XCHR, MHC/E, vol. 1, 41, 54, 61, vol. 3, no 99.
  • [89]
    XCHR, MHC/P, Outgoing Correspondence, vol. 2, f° 5.
  • [90]
    XCHR, MHC/P, Outgoing Correspondence, vol. 2, f° 6.
  • [91]
    The Cabinet Secretary Comprehending Familiar Letters on Various Subjects, and Directions for Writing Them with Ease and Elegance, translated from the French by John Steuart (Calcutta, J. Cashman, Hurkaru Press, 1815).
  • [92]
    Le Secrétaire de La Serre connaît un véritable succès : publié pour la première fois en 1634, il réapparaît dans au moins six éditions et nombre de traductions. Sur les travaux de Puget de La Serre, voir Chartier, 1991, p. 169-177. Les deux textes ont tous deux été présentés, avec la plupart des volumes détenus par Abas, lors de l’exposition Les Devoirs du cœur. Semuel Abas : la bibliothèque d’un rabbin sépharade (Pflichten des Herzens. Semuel Abas : Eine sefardische Rabbinerbibliothek in Hamburg), inaugurée le 20 septembre 2005 à la Staats- und Universitätsbibliothek de Hambourg. Sur la bibliothèque d’Abas, voir Studemund-Halévy, 2002 ; Y. Kaplan, 2002b.
  • [93]
    Abraham Meldola, Traduccion de las cartas mercantiles y morales de J. C. Sinapius : En Español y portuguez (Hambourg, Bock, 1784). Je remercie Harm den Boer de m’avoir signalé cet ouvrage. Meldola publie plus tard une Nova grammatica portugueza em VI partes (Hambourg, M. C. Bock, 1785). Sur Abraham Meldola, voir Körner, 1994.
  • [94]
    Jacob de Metz, Sendero mercantile, que contiene 240 preguntas fundamentals con sus respuestas, para saber destinguir entre deve a hade aver (Amsterdam, J. Ewoutsz, 1697). Voir également Yamey, 1971.
  • [95]
    Gabriel de Souza Brito, Norte mercantil y crisol de quentas, 2 vol. (Amsterdam, Juan ten Mouten, 1769-1770). La première édition de ce travail semble avoir été imprimée à Amtserdam en 1706 par Cornelio Hoogenhaisen. Brito a pour modèle : Bartolomé Salvador de Solórzano, Libro de caxa y manual de cuentas de mercaderes y otras personas (Madrid, Pedro Madrigal, 1590 ; réimpression anastatique : Madrid, Instituto de Contabilidad y Autoría de Cuentas, D. L. 1990). Voir également Hernandez Esteve, 1985.
  • [96]
    ASL, CGA : Atti civili, 791, no 361 (Catalogo della libreria da vendesi in Livorno). Je remercie vivement Lucia Frattarelli Fischer de m’avoir permis d’accéder à une copie de ce document.
  • [97]
    Tavor Bannett, 2005, p. x.
  • [98]
    On trouve des exemples dans ASF, LCF, 1931, lettre à Fouquier Lombard & Cie à Chypre (19 novembre 1706) ; ASF, LCF, 1939, lettre à Isaac & Jacob Belilios à Alep (3 septembre 1725). Voir ASF, LCF, 1953, lettre à Moïse Cassuto à Londres (4 septembre 1741) pour la référence à Mendes da Costa.
  • [99]
    Lorsqu’ils vendent du corail aux Camotin, les associés d’Ergas & Silvera écrivent aux Hindous pour leur dire qu’ils peuvent compter sur leur amitié, parce qu’ils n’ont aucune intention d’interrompre leur correspondance (« a nosa amizade par que nos não queremos a partar de sua corespondenza »). Deux ans plus tard, ils réclament aux Camotin plus de diamants, tout en exprimant le désir de maintenir leur correspondance (« pello desejo temos de sua corespondencia » [ASF, LCF, 1938, lettres à Gopala & Fondu Camotim à Goa, respectivement 21 janvier 1722 et 30 juin 1734]). Lorsqu’ils se montrent insatisfaits par le travail d’un des Kamat, les associés d’Ergas & Silvera se demandent quelle sorte de « correspondance » (c’est-à-dire de relation commerciale) peut bien représenter un tel comportement (« não savemos que dezer deste modo de coresponde ») ; ASF, LCF, 1939, lettre à Gopala & Fondu Camotim à Goa, 23 janvier 1727.
  • [100]
    XCHR, MHC/P, 14001, 14011. Un marchand portugais introduit la lettre qu’il adresse aux Kamat en 1782 en leur disant qu’il a confiance en leur « bonne correspondance » (« Confiando-me na boa correspondencia de VM com que me tratava, escrevoy representando que se achara a fazenda prompta de nossa negociaçião »). XCHR, MHC/P, 3032.
  • [101]
    Raposo, 1989, p. 242.
  • [102]
    CCM, AA1801, L/III.372.
  • [103]
    ASF, LCF, 1945, lettre à Éphraïm & David Cassuto à Florence (24 novembre 1740) et à Moïse Cassuto à Florence (23 décembre 1740).
  • [104]
    Aslanian, 2007b, p. 132-133 et 151 n. 76 et 155-157.
  • [105]
    Rothschild, 2001. Voir également Hirschman, 1980 ; Hont, 1987.
  • [106]
    Silver, 1997.
  • [107]
    Defoe, 1726, p. 34-35.
  • [108]
    Wiseman, Epistolæ Commerciales…, op. cit., p. v et vii.
  • [109]
    Sinapius, Lettres à l’usage des négocians…, op. cit., p. 3 et 7-8.
  • [110]
    « Votre recommandation pour Vita Aghib, Juif très riche, qui vous a été recommandé par une autre maison juive […]. Il faut qu’il vienne de votre part pour que nous en fassions le cas. La prophétie s’accomplit bien chez nous, car c’est une nation que nous n’aimons pas, n’ayant pas voulu traiter ni faire aucun commerce avec eux » (Carrière, 1973, p. 283). D’après Carrière, on ne pourrait faire une telle déclaration à Marseille.
  • [111]
    Hancock, 2006 ; cité avec la permission de l’auteur.

L’existence d’un langage commun est une condition nécessaire pour développer des relations de crédit sur de vastes distances géographiques avec des groupes de marchands de diverses origines. Dans la plupart des villes portuaires, il est possible d’engager des traducteurs professionnels, mais la compréhension linguistique seule ne suffit pas. Les marchands ont également besoin de trouver des moyens pour donner quelques indices sur leur réputation ou pour contraindre leurs agents à se conformer aux attentes tacites et aux accords explicites afin de ne recourir aux tribunaux qu’en dernier ressort. Les lettres de marchands sont des documents très précieux pour analyser les codes utilisés par les marchands pour communiquer. Pourtant, les historiens, et tout particulièrement les historiens de l’économie, n’ont jusqu’ici accorder qu’une faible attention aux conventions discursives adoptées par les marchands dans leur correspondance.
Dans ce chapitre, je suis la voie tracée par les historiens de la culture qui ont étudié les traditions épistolaires de l’Europe moderne et qui ont insisté sur l’importance des normes rhétoriques dans la correspondance commerciale. Roger Chartier a mis au jour la diffusion, à partir du milieu du xvie siècle, d’un nouveau type de manuels destinés au grand public pour l’écriture des lettres : les « secrétaires ». De petite taille et bon marché, ces imprimés vont changer pour toujours la manière de composer des lettres pour une grande partie de la populatio…


Date de mise en ligne : 25/08/2022

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