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De la conversion des capitaux dans les travaux de Bourdieu

Pages 211 à 249

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  • Fernex, A.
  • et Compeyron, A.
(2007). De la conversion des capitaux dans les travaux de Bourdieu. Dans
  • J. Baillé
Conversion (p. 211-249). Presses universitaires de Grenoble. https://doi.org/10.3917/pug.baill.2007.02.0211.

  • Fernex, Alain.
  • et al.
« De la conversion des capitaux dans les travaux de Bourdieu ». Conversion, Presses universitaires de Grenoble, 2007. p.211-249. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/conversion--9782706113963-page-211?lang=fr.

  • FERNEX, Alain
  • et COMPEYRON, Arielle,
2007. De la conversion des capitaux dans les travaux de Bourdieu. In :
  • BAILLÉ, Jacques,
Conversion. FONTAINE : Presses universitaires de Grenoble. Du mot au concept, p.211-249. DOI : 10.3917/pug.baill.2007.02.0211. URL : https://shs.cairn.info/conversion--9782706113963-page-211?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/pug.baill.2007.02.0211


Notes

  • [1]
    Dans Question de sociologie (1984c), Bourdieu écrit en parlant des différents types de capitaux: « Quelles sont les lois selon lesquelles s’opère cette reconversion ? Comment se définit le taux de change selon lequel on échange une espèce de capital dans un autre ? (…) L’analyse de ces lois de reconversion n’est pas achevée, loin de là, et s’il y a quelqu’un à qui elle pose problème, c’est bien à moi. Et c’est bien ainsi. Il y a une foule de questions, à mes yeux, très fécondes, que je me pose, ou que l’on me pose, d’objections que l’on me fait et qui n’ont été possibles que parce que ces distinctions avaient été établies » (pp. 57-58).
  • [2]
    Bourdieu (1980a), reprenant un exemple emprunté à Marx, cite l’exemple de Don Quichotte pour éclairer le propos et montrer comment un habitus décalé (dispositions mal ajustées) peut générer des sanctions négatives car l’environnement dans lequel il agit est trop éloigné des conditions dans lesquelles il a été produit (Mauger, 2004).
  • [3]
    Bourdieu n’utilise pas le terme d’agrégation, mais cette conversion s’opère par dépossession des individus de la valeur qu’ils s’attribuent initialement au profit d’une valeur conférée par l’institution.
  • [4]
    Dans un paragraphe au titre évocateur, « les guerres de palais », Bourdieu tente de produire une histoire structurale dont le but est de saisir les rapports qui se nouent entre les différentes institutions en vertu de leurs positions relatives dans la hiérarchie sociale et dans la hiérarchie scolaire. Les luttes de positionnement qui se déroulent passent en particulier par les procédures de sélection, mais également par les tentatives visant à contrôler très étroitement les règles de passage d’un établissement à l’autre (les règles selon lesquelles s’établissent des équivalences entre les titres décernés par les différents établissements).
  • [5]
    Cf. La Distinction (1979a, pp. 140-141) ou Raisons pratiques (1994, p. 21).
  • [6]
    Cette analyse est déjà présente dans d’autres textes. Dans ses réponses aux économistes (1984b), Bourdieu écrit : « il resterait enfin à examiner pourquoi l’économie économique n’a pas cessé de gagner du terrain par rapport aux économies orientées vers des fins non économiques (au sens restreint) et pourquoi dans nos sociétés mêmes, le capital économique est l’espèce dominante, par rapport au capital symbolique, au capital social et même au capital culturel. Cela demanderait une très longue analyse et il faudrait par exemple analyser les fondements de l’instabilité essentielle du capital symbolique qui, étant fondé sur la réputation, l’opinion, les représentations (l’honneur, disent les Kabyles, est comme la graine de navet), peut être détruit par le soupçon, la critique, et se révèle particulièrement difficile à transmettre, à objectiver, peu liquide, etc. En fait, la « puissance » particulière du capital économique pourrait tenir au fait qu’il permet une économie de calcul économique, une économie d’économie, c’est-à-dire de gestion rationnelle, de travail de conservation et de transmission, qu’il est, en d’autres termes, plus facile à gérer rationnellement (on le voit avec sa réalisation, la monnaie), à calculer et à prévoir (ce qui fait, on l’a toujours dit, qu’il a partie liée avec le calcul et avec la science mathématique ») (p. 32). Dans Esquisse d’une théorie de la pratique (1972), Bourdieu conclut la deuxième partie par cette phrase : « Forme transformée et par là dissimulée du capital économique et physique, le capital symbolique produit, ici comme ailleurs, son effet propre dans la mesure et dans la mesure seulement où il dissimule que ces espèces matérielles du capital sont à son principe et, en dernière analyse, au principe de ses effets », (p. 243).
  • [7]
    Caillé (1987b) écrit ainsi : « le détour de production du capital économique par le capital social et le capital symbolique, le détour par la légitimation sociale et la valorisation des sujets en tant que sujets, est la condition de son accumulation réussie et pérenne » (p. 131).
  • [8]
    Soulignons que Passeron (1982) consacre de longs développements à la question de l’irréductibilité d’un capital à un autre et d’une valeur à une autre, mais que son propos n’est pas sans soulever de nouvelles interrogations : « Ainsi, le recours au concept analogique de capital culturel ou scolaire est souvent critiqué à tort : les critiques sont les seuls à prendre cette désignation au pied de la lettre. Cette nomination analogique remplit des fonctions heuristiques non seulement par les services qu’elle rend directement, mais aussi dans la mesure même où l’inadéquation de ce que suggère le sens économique du concept de capital oblige à se demander en quoi un tel capital ne fonctionne pas comme un capital stricto sensu » (p. 574). Ou encore, « le concept de marché présente l’avantage, en nommant un lieu social où se confrontent des comportements réciproques, d’obliger l’analyse à ne parler d’une valeur qu’en désignant explicitement les mécanismes qui la déterminent. On peut donc, par analogie avec les marchés sur lesquels des transactions monétaires déterminent la valeur économique des biens et services par l’échange (pour contraindre la sociologie de la culture à une objectivation analogue mais non substituable), décrire comme marchés symboliques les situations sociales qui déterminent, par des mécanismes différents mais relevant eux aussi d’une interaction entre agents dans un champ institutionnellement défini, la valeur culturelle des informations et des personnes » (p. 575). Les différents capitaux semblent donc agir de conserve, renforcer leurs effets au travers des différents champs, dans une logique qui s’apparente plus à celle de la complémentarité qu’à celle de la convertibilité. Mais dans ces conditions, comment expliquer le recours aux notions de transmutation, de conversion, qui sont bel et bien présentes dans les écrits de Bourdieu ? Parallèlement, comment expliquer, qu’alors même que sont rappelées ici avec force deux des propriétés des champs (Lahire 2001 ; Favereau 2001), à savoir l’autonomie relative et le contenu relationnel, que la mécanique propre de chacun des champs conduise très largement à une reproduction d’ensemble de la société ?
  • [9]
    Bourdieu prend, parmi d’autres, l’exemple des travaux agricoles qui nécessitent, au cours de la saison, des apports de main-d’œuvre ponctuels. « Aussi, la stratégie consistant à accumuler le capital d’honneur et de prestige qui produit la clientèle autant qu’il en est le produit fournit-elle la solution optimale au problème que poserait l’entretien continu de toute la force de travail qui est exigée pendant le temps de travail (nécessairement très restreint du fait de la rigueur du climat et de la faiblesse des moyens techniques) » (1980a, p. 201).
  • [10]
    S’agissant de l’intérêt, l’auteur écrit (1980a) : « les stratégies qui ont pour enjeu la conservation ou l’augmentation du capital symbolique du groupe (comme la vengeance du sang et le mariage) obéissent à des intérêts non moins vitaux que les stratégies successorales ou les stratégies de fécondité. L’intérêt qui détermine à défendre le capital symbolique est inséparable de l’adhésion tacite, inculquée par la prime éducation et renforcée par toutes les expériences ultérieures, à l’axiomatique objectivement inscrite dans les régularités de l’ordre économique (au sens large), investissement originaire qui fait exister comme digne d’être recherché et conservé un type déterminé de biens. L’harmonie objective entre les dispositions des agents (ici, leur propension et leur aptitude à jouer le jeu de l’honneur) et les régularités objectives dont elles sont le produit fait que l’appartenance à ce cosmos économique implique la reconnaissance inconditionnelle des enjeux qu’il propose par son existence même comme allant de soi, c’est-à-dire la méconnaissance de l’arbitraire de la valeur qu’il leur confère », (p. 206).
  • [11]
    Tenir ces propos sur la notion d’intérêt ne retire cependant rien à la portée de la critique que peut adresser un auteur comme Caillé (2005) sur la pertinence même de la notion ainsi que sur sa portée générale. Soulignant les particularités de Bourdieu qui, à l’inverse des économistes, ne considérerait pas les besoins, les goûts ou les intérêts comme des données, mais bien comme la traduction subjective d’un volume et d’une structure déterminés du capital objectif des sujets, l’auteur écrit : « Comme Bourdieu ne nous précise pas en vertu de quelle loi sociologique concrète les sujets sont ainsi voués à l’accumulation indéfinie des objets, matériels ou immatériels, qui satisfont à l’intérêt, force est de conclure que, pour lui, c’est en raison de leur propre nature de sujets humains qu’ils y sont contraints. C’est la destinée anthropologique qui alimente, à chaque instant, la machinerie de la reproduction sociale. Cette anthropologie, jamais explicitement formulée mais toujours présente à l’arrière-plan comme une sorte de leitmotiv, commande immédiatement la réponse à notre troisième question. Rien, ni en droit ni en fait, dans la pratique des acteurs sociaux, n’échappe à la logique de l’intérêt », (pp. 67-68).
  • [12]
    De fait, Bentham, dans son projet, est confronté à une difficulté similaire à celle que rencontre Bourdieu. Tenir une comptabilité totale en termes de plaisirs nécessite que ces derniers soient homogènes, ou alors que des mécanismes de conversion soient envisageables. Dans le cas contraire, et c’est l’hypothèse que retient l’auteur, il faut élaborer une typologie complexe (Bentham va ainsi retenir quatorze sortes de plaisir et douze peines). Sur ce point, voir Halévy (1995) et d’Ursel, (1984).
  • [13]
    Bourdieu multiplie les exemples de cette logique d’ensemble dont-il est possible de tenir la comptabilité : « le choix d’acheter une seconde paire de bœufs après la moisson, en prétextant qu’on en a besoin pour le dépiquage – façon de faire entendre que la moisson a été abondante –, pour se voir obligé de la revendre, faute de fourrage, avant les labours d’automne, au moment où elle serait techniquement nécessaire, ne paraît économiquement aberrant que si l’on oublie tous les profits matériels et symboliques que peut procurer une telle augmentation, même fictive et truquée, du capital symbolique de la famille en une période, la fin de l’été, où se négocient les mariages » (1980a, p. 204).
  • [14]
    Il conviendrait ici de présenter plus en détail les travaux d’un auteur comme Polanyi qui adresse une critique aux économistes libéraux fondée, non pas tant sur les contenus de leurs théories, mais bien plutôt sur leur incapacité à reconnaître la portée relative de leurs développements théoriques et leur prétention à s’en servir hors des limites et du contexte dans lesquels ils ont été forgés. Et Polanyi (1975, 1983, 1986) établit une distinction marquée entre la définition formelle et la définition substantive de l’économie. La première renvoie à des principes formels de comportement (maximisation, mise en relation des moyens aux fins), la seconde « provient de ce que l’homme est manifestement dépendant de la nature et des autres hommes pour son existence matérielle. Il subsiste en vertu d’une interaction institutionnalisée entre lui-même et son environnement naturel. Ce procès est l’économie ; elle lui offre les moyens de satisfaire ses besoins matériels » (1986, p. 21). Dès lors, Polanyi va consacrer de longs développements à analyser la place qu’occupe l’économie au sein de différentes sociétés archaïques, ses formes d’institutionnalisation et le degré d’encastrement dans tel ou tel contexte structural (forme de parenté, organisation religieuse ou des pouvoirs) qui déterminent ses mécanismes de fonctionnement (voir également, Godelier, 1975 et Hopkins, 1975). Par rapport à cela, les développements de Bourdieu, qui semblent faire de l’intérêt, du principe calculateur et peut-être même de celui de maximisation (Cf. supra) des données ontologiques et anthropologiques, sont effectivement très différents dans leurs fondements mêmes.
  • [15]
    Bourdieu fournit parfois des indications sur ce qui pourrait être au cœur de la comptabilité, mais les mécanismes de la conversion demeurent toujours comme un chantier ouvert et jamais développé. Citant Russell, il écrit que ce dernier a fort bien exprimé l’intuition de l’analogie entre l’énergie et le pouvoir qui pourrait constituer le principe d’une unification de la science sociale : « Comme l’énergie, le pouvoir existe sous beaucoup de formes, telles que la richesse, la force militaire, l’autorité civile, l’influence ou l’opinion. Aucune d’entre elles ne peut être tenue pour subordonnée ou au contraire considérée comme un principe d’où dériveraient tous les autres. Toute tentative pour traiter isolément une forme de pouvoir, par exemple la richesse, ne peut conduire qu’à une réussite partielle, de même que l’étude séparée d’une forme d’énergie se révélera insuffisante au-delà d’un certain point si l’on ne prend pas en compte les autres formes. La richesse peut découler du pouvoir militaire ou de l’influence exercée sur l’opinion qui, de leur côté, peuvent aussi découler de la richesse », Russell (1938, pp. 12-13), cité par Bourdieu (1980a, pp. 209-210). Et l’auteur cite encore Russell qui affirme que le pouvoir, comme l’énergie passe continuellement d’une forme dans une autre et que la tâche de la science sociale est de rechercher les lois de ces transformations.
  • [16]
    Aglietta et Orléan (1984) écrivent ainsi : « Il faut renoncer à ce qui fait le présupposé de l’économie politique depuis sa constitution dans la seconde moitié du viiie siècle, c’est-à-dire la conception substantielle de la valeur. Que cette substance soit l’utilité ou le travail ne change rien en ce qui concerne le statut de la monnaie. L’essentiel est un point de départ selon lequel la cohérence sociale est déjà présupposée dans l’évidence naturelle d’une qualité commune aux objets économiques (…). La monnaie ne peut que disparaître de la détermination de ces grandeurs. Elle est rejetée dans l’inessentiel ; elle n’a qu’une réalité instrumentale et non pas théorique », (pp. 15-16).
  • [17]
    Il suffit, pour s’en convaincre, de lire cette citation de l’auteur (1994), qui montre toute la difficulté à analyser les mécanismes de la conversion puisque une partie des éléments relèvent de l’implicite : « De même qu’on peut utiliser l’économie des échanges symboliques comme un analyseur de l’économie de l’échange économique, de même on peut, à l’inverse, demander à l’économie de l’échange économique de servir d’analyseur de l’économie des échanges symboliques. Ainsi, le prix, qui caractérise en propre l’économie des échanges économiques par opposition à l’économie des biens symboliques, fonctionne comme une expression symbolique du consensus sur le taux d’échange qui est impliqué dans tout échange économique. Ce consensus sur le taux d’échange est aussi présent dans une économie des échanges symboliques, mais les termes et les conditions sont laissés à l’état d’implicite », (p. 180).
  • [18]
    La doxa selon Bourdieu (1984c, 1994), c’est tout à la fois l’ensemble de ce qui est admis comme allant de soi et un point de vue particulier, celui des dominants, qui se présente et s’impose comme point de vue universel.
  • [19]
    Le contenu des champs est donc substantiel dit Favereau, sauf si « la grammaire unique des relations donne à voir des phénomènes nouveaux dans chaque champ. Encore faut-il expliciter ce qui constitue cette grammaire, en sus de l’affirmation d’une structure sociale fondée sur et par une lutte dominants/dominés », (2001, p. 265).
  • [20]
    L’auteur écrit qu’à la vision interactionniste qui ne connaît aucune autre forme d’efficacité sociale que l’influence directement exercée par une firme sur une autre, « il faut opposer une vision structurale, prenant en compte les effets de champ, c’est-à-dire les contraintes qui, à travers la structure du champ telle que le définit la distribution inégale du capital, c’est-à-dire les armes (ou les atouts) spécifiques, s’exercent continûment, en dehors de toute intervention ou manipulation directe, sur l’ensemble des agents engagés dans le champ, restreignant d’autant plus leur espace des possibles, éventail des options qui leur sont ouvertes, qu’ils sont plus mal placés dans cette distribution », (1997, p. 53).
  • [21]
    L’auteur note d’ailleurs, mais au détour d’une phrase, que la formulation du « postulat » de la convertibilité des différentes espèces de capitaux est la condition de la réduction de l’espace à l’unidimensionnalité, (1979a, p. 137).
  • [22]
    Bourdieu écrit : « Les sociodicées par lesquelles les groupes dominants visent à produire “ une théodicitée de leur propre privilège “, comme dit Weber, ne se présentent donc pas sous la forme d’un discours unique et pleinement unifié, comme on le laisse supposer lorsqu’on parle “ d’idéologie dominante ”. Ce sont autant de points de vue sur le monde social qui, étant le produit de systèmes de préférences (ou de valeurs) issus de l’intériorisation de la structure des chances de profit objectivement inscrites dans le volume et la structure du capital possédé, se différencient dans leurs attendus et leurs raisons selon l’espèce de capital qu’il s’agit de légitimer et son poids dans la structure du capital (bien qu’elles aient toutes en commun de travailler à inscrire dans la nature des dominants le fondement de leur domination) », (1989, p. 377).
  • [23]
    Caillé (2005) est ainsi fondé à écrire : « L’hystérésis des habitus, ce hiatus insurmontable entre ce pour quoi on a été formé dès la prime enfance et les capacités requises pour réussir dans une situation aux conditions modifiées, joue pour les classes dominantes également » (p. 132).

Le statut de la notion de conversion dans l’appareil théorique de Bourdieu est relativement ambigu, et ce pour au moins deux raisons : la conversion peut recouvrir plusieurs objets très divers ; dans son application à la théorie des champs et des capitaux, elle demeure très largement à l’état d’ébauche ou de questionnement ouvert, selon les formulations mêmes de l’auteur. Ces deux points nécessitent explications.
La notion de conversion apparaît à plusieurs reprises chez Bourdieu, et s’applique à des objets très distincts et dans des situations diverses. Sans nullement prétendre à une quelconque exhaustivité, tant l’œuvre de l’auteur est ambitieuse, ce sont au moins quatre formes du processus qui peuvent être identifiées :
Bourdieu (2000) considère que des mécanismes de conversion sont à l’œuvre lorsqu’il traite des paysans kabyles dont les dispositions (« la vision du monde ») ont été façonnées par l’univers précapitaliste et qui se trouvent projetés « dans le cosmos économique importé et imposé par la colonisation ». Il évoque alors des conversions forcées, qualifiées de douloureuses et coûteuses, que ces nouveaux venus à « l’économie proprement économique » doivent opérer sous la pression de la nécessité, et au cours desquelles des dispositions s’inventent en même temps que s’instituent les champs dans lesquels elles s’accomplissent. La conversion en question est ici celle des individus eux-mêmes qui doivent entrer, par la force, dans un univers nouveau auquel ils n’ont pas été préparés (Bourdieu, 1984b, 2000) …


Date de mise en ligne : 22/08/2025

https://doi.org/10.3917/pug.baill.2007.02.0211

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