Chapitre d’ouvrage

Chapitre 3. Quand l’autisme s’appelle Asperger

Pages 23 à 37

Citer ce chapitre


  • Vermeulen, P.
(2025). Chapitre 3. Quand l’autisme s’appelle Asperger. Comprendre les personnes autistes de haut niveau (p. 23-37). Dunod. https://shs.cairn.info/comprendre-les-personnes-autistes-de-haut-niveau--9782100883776-page-23?lang=fr.

  • Vermeulen, Peter.
« Chapitre 3. Quand l’autisme s’appelle Asperger ». Comprendre les personnes autistes de haut niveau, Dunod, 2025. p.23-37. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/comprendre-les-personnes-autistes-de-haut-niveau--9782100883776-page-23?lang=fr.

  • VERMEULEN, Peter,
2025. Chapitre 3. Quand l’autisme s’appelle Asperger. In : Comprendre les personnes autistes de haut niveau. Paris : Dunod. Santé Social, p.23-37. URL : https://shs.cairn.info/comprendre-les-personnes-autistes-de-haut-niveau--9782100883776-page-23?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Dans le magazine Archiv für Psychiatrie und Nervenkrankeiten. Comme celui de Leo Kanner, cet article vaut la peine d’être lu. Il y a bien une traduction anglaise réalisée par U. Frith (1991) dans son livre sur le syndrome d’Asperger, reprise en français dans le Bulletin de l’ARAPI.
  • [2]
    H. Asperger (1979).
  • [3]
    L. Wing (1981).
  • [4]
    Et ceci malgré le fait qu’un auteur néerlandais, Van Krevelen, se soit intéressé au syndrome d’Asperger dans les années soixante et qu’il ait même publié en 1971, la première année du fameuxJournal of Autism, un article comparant l’autisme de Leo Kanner à celui d’Asperger.
  • [5]
    Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (Association américaine de psychiatrie), 4e édition de 1994.
  • [6]
    Classification internationale des maladies (Organisation mondiale de la santé), 10e édition de 1992.
  • [7]
    Outre les critères du DSM, d’autres listes sont rédigées, entre autres celles de Gillberg et Gillberg (1989) et P. Szatmari (1989), mais elles sont globalement comparables à celles du DSM.
  • [8]
    B. Kugler (1998).
  • [9]
    En lisant les deux articles originaux, on ne doute à aucun moment de la contradiction des opinions des deux auteurs à ce sujet. Il semble qu’ils utilisent par hasard le même terme « apprendre mécaniquement », mais lui donnent une interprétation différente. Pour Leo Kanner, le « mecanical learning » (apprentissage mécanique) est identique au « rote learning » (apprentissage par cœur). Pour Hans Asperger, ce terme fait référence à l’apprentissage par l’assimilation et la connaissance des adultes, probablement visant l’éducation classique de cette époque.
  • [10]
    H. Asperger (1944) dans la traduction anglaise de U. Frith (1991, p. 62) et traduction française : « Les psychopathies autistiques pendant l’enfance », trad. 1998, L’information psychiatrique (repris par le Bulletin de l’ARAPI).
  • [11]
    H. Roeyers (1996, p. 21). Lors d’une journée d’étude relative à l’éducation des personnes sans retard mental, il rajoute : « Si Hans Asperger avait entendu les interprétations qui ont été développées autour de son syndrome, il se serait probablement retourné dans sa tombe… »
  • [12]
    Cf. J. Miller et N. Ozonoff (1997).
  • [13]
    Pour un bon résumé, voir M. Ghadziuddin (1992a).
  • [14]
    H. Asperger, op. cit. Vous remarquerez que Leo Kanner utilise aussi l’image du professeur non profane et distrait pour décrire les pères des enfants avec autisme. À nouveau, une ressemblance remarquable entre les deux articles. Aujourd’hui, le syndrome d’Asperger est aussi appelé syndrome du petit professeur.
  • [15]
    B. Kugler (1998, p. 17), M. Ghaziuddin (1992b).
  • [16]
    Par exemple, M. Ghaziuddin (1994) et J. Manjiviona et M. Prior (1995).
  • [17]
    M. Miyahara (1997).
  • [18]
    T. Attwood (1998) [traduction française : Le syndrome d’asperger et l’autisme de haut niveau, Paris, Dunod, 2003].
  • [19]
    Dans leur recherche, J. Fine (1994) ont constaté que les personnes autistes sans retard mental changent l’orientation d’une conversation de manière inattendue et les personnes avec le syndrome d’Asperger de façon plutôt vague. Les deux groupes se différencient du groupe de contrôle « normal », mais d’une autre manière.
  • [20]
    Contrairement à l’application large des critères de l’autisme, ceux du syndrome d’Asperger, maniés de façon très stricte, sont absolument inutilisables (H. Roeyers, 1996, p. 21).
  • [21]
    Ce qui est contradictoire avec l’algorithme hiérarchique décrit dans le DSM : il n’est pas question du syndrome d’Asperger si on ne remplit pas les critères d’un trouble autistique (B. Kugler, 1998). Dans la pratique, beaucoup de personnes diagnostiquées syndrome d’Asperger paraissent aussi répondre aux critères d’un trouble autistique, d’autant plus que ne figure nulle part dans le DSM le critère d’intelligence normale pour le syndrome d’Asperger. Il faut lire le critère E comme ou… ou bien… ou bien : pas de retard significatif dans ou le développement cognitif, ou bien les capacités d’autonomie, ou bien la curiosité pour l’environnement (note personnelle prof. H. Roeyers, 1998).
  • [22]
    Voir, par exemple, les études de S. Ehlers (1997), A. Klin (1995) et S. Ozonoff (1991).
  • [23]
    S. Dahlgren et A. Trillingsgaard (1996).
  • [24]
    S. Ozonoff (1991). À l’opposé de la recherche suédo-danoise, ces chercheurs ont constaté qu’il existe de meilleures performances au test de « théorie de l’esprit » chez les personnes avec le syndrome d’Asperger, mais ces différences deviennent très faibles si les personnes sont comparées sur le critère de l’intelligence verbale.
  • [25]
    S. Ehlers (1997) : les enfants avec le syndrome d’Asperger semblent posséder une intelligence « cristallisée » et meilleure que celle des enfants avec de l’autisme, chez qui l’intelligence « fluctuante » est relativement intacte.
  • [26]
    P. Vermeulen (2002) et P. Howlin (2003).
  • [27]
    Sur une quantité d’études, il est possible de formuler des critiques méthodologiques considérables — voir B. Kugler (1998) et S. Ozonoff (1991). Ainsi, les personnes sont « classées » cliniquement, soit dans la catégorie de l’autisme, soit dans celle du syndrome d’Asperger et les critères utilisés ne sont pas toujours clairs. Peu d’études se réfèrent aux critères du DSM ou de l’ICD et s’ils sont utilisés, c’est souvent de manière limitée (par exemple, A. Klin, 1995) ou plus large (par exemple, J. Manjiviona et M. Prior, 1995). Actuellement, il existe d’ailleurs au moins six listes différentes de critères pour le syndrome d’Asperger. Les groupes de recherche sont souvent incomparables (la variable âge par exemple). Les variables dépendantes sont parfois liées aux critères de répartition dans les groupes et ne sont pas mesurées à l’aveugle par rapport au diagnostic. Ainsi, il serait, par exemple, évident de trouver des différences au niveau de la maladresse, si cette maladresse était un des critères utilisés pour désigner les personnes appartenant à un groupe d’Asperger.
  • [28]
    En termes techniques : il n’y a pas encore suffisamment de données fiables permettant de consolider la validité interne et externe des sous-types du spectre autistique, comme le syndrome d’Asperger (P. Szatmari, 1992).
  • [29]
    Voir P. Boutin (1997).
  • [30]
    S. Baron-Cohen et J. Hammer (1997).
  • [31]
    P. Vermeulen (2001). On parle d’un phénotype d’autisme élargi.
  • [32]
    T. Attwood (1998), op. cit.
  • [33]
    Traduction, Bernadette Rogé, Autisme comprendre et agir, 2e édition, Paris, Dunod, 2008.

Bien que l’autisme ait toujours existé, son histoire comme entité nosologique à part entière ne commence que dans les années quarante. Indépendamment l’un de l’autre et avec un intervalle de seulement quelques mois, deux médecins ont décrit les caractéristiques d’un groupe d’enfants dont ils s’occupaient. Coïncidence ou pas : les deux ont utilisé le mot « autisme » pour décrire les difficultés et les déficits les plus évidents et les plus caractéristiques, surtout les problèmes de contact social.
Ces deux médecins sont Autrichiens et ont étudié à Vienne, mais ils ne se sont jamais rencontrés. Leo Kanner a émigré aux États-Unis en 1924 et il travaille en 1943 comme pédopsychiatre à l’hôpital John Hopkins de Baltimore, quand il publie son fameux article « Autistic disturbances of affective contact ». De dix ans plus jeune, le docteur Hans Asperger, professeur et pédiatre à l’université de Vienne, dirige le département Heilpädagogiek : pour la recherche et le traitement des enfants inadaptés.
En 1943, Hans Asperger identifie, dans le cadre de son doctorat, le pattern type des aptitudes, déficits et comportements de plusieurs garçons. Ce pattern se caractérise en premier lieu par un manque d’empathie et des difficultés à se faire des amis parmi leurs pairs. Ensuite, il note des problèmes de communication : leur langage est souvent grammaticalement correct, mais bizarre : trop adulte, affecté, hautain et la communication se limite surtout à des conversations en sens unique…


Date de mise en ligne : 16/02/2026

Ce chapitre est en accès conditionnel

Cairn Pro Ouvrages

280 € par an

4 500 ouvrages et 170 revues au cœur de votre métier

Acheter cet ouvrage

16,98 €

176 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)
Déjà abonné(e) à Cairn Pro ? Membre d'une institution cliente ?