Chapitre 5. L’organisation du monde arabe : la Ligue des États arabes
- Par Béligh Nabli
Pages 204 à 224
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- Nabli, B.
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Son existence témoigne de l’évolution des relations internationales dans la seconde moitié du xxe siècle, articulées autour d’organisations interétatiques. Si les États arabes sont membres d’organisations de diverses natures - universelle (ONU), panislamique (OCI), (sub)régionale (l’UMA et le CCG) –, seule la Ligue des États Arabes les réunit tous dans un cadre exclusif. La plus ancienne organisation internationale post-Seconde Guerre mondiale (précédant les expériences régionales européennes, américaines, africaines ou asiatiques), a d’emblée promu la décolonisation et le tiers-mondisme. Le panarabisme, l’anticolonialisme et la lutte pour la libération nationale des peuples arabes sont les raisons d’être originelles de l’organisation. La Ligue s’est ainsi efforcée de défendre à l’ONU les mouvements de libération nationale qui aboutiront à la création de nouveaux États arabes : Maroc, Tunisie, Algérie, mais aussi Oman et Yémen. À l’inverse, la Palestine représente un cas symptomatique de la défaillance de la Ligue.
Malgré l’idéologie pan-arabiste de ses Pères fondateurs et l’appel à l’unité des États arabes par l’article 2 de son Pacte constitutif, la Ligue est une organisation de simple coopération intergouvernementale. Loin de toute intégration politique supranationale, la logique interétatique a primé de facto sur la solidarité interarabe. L’instrumentalisation de la Ligue par ses États membres a contribué à son discrédit, sentiment conforté par l’inefficacité, voire l’impuissance, de l’organisation sur la scène arabe et internationale…
Date de mise en ligne : 19/07/2024
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