Diplomatie et communication, même défi
- Par Dominique Wolton
Pages 101 à 108
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- Wolton, D.
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Notes
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Hermès, 81, « De la communication en diplomatie », 2013, p. 9-14.
Il n’y a guère de relation, a priori, entre la diplomatie et la communication. Entre l’eau et le feu. La première est le règne de la durée, de la discrétion, voire du secret. La seconde, celui de la vitesse et surtout du caractère public et non secret. Pourtant, la communication est au cœur de l’activité diplomatique pour une raison simple et essentielle : l’importance de l’altérité.
L’essence de la diplomatie ? La négociation dans un contexte le plus souvent d’altérité, d’incompréhension, voire d’acommunication. Le cœur de la communication, telle qu’elle s’est imposée au 20e siècle ? Négocier dans un contexte d’altérité et d’incommunication : voilà les points communs normatifs entre diplomatie et communication. Et si l’on examine les quatre autres sens du concept de communication, on y retrouve également une grande partie de ce qui est au cœur des activités de la diplomatie : partager, imposer, séduire, convaincre, négocier. Avec à chaque fois ce qu’il faut de silence, langue de bois, rencontre, compromis…
Ce sont peut-être les concepts de négociation et de cohabitation qui rapprochent le plus ces deux activités.
Cet horizon commun ne supprime pas leur différence principale : celle du statut de leur communication. Les diplomates parlent « au nom » de leurs États ; ils les « représentent ». Les individus et les groupes parlent « en leur nom » propre.
En un demi-siècle, c’est tout le statut de la communauté internationale et du rôle des États qui a changé, obligeant la diplomatie à réévaluer son rôle…
Date de mise en ligne : 05/11/2024
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