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Subjectivation postmoderne ?

Pages 164 à 233

Citer ce chapitre


  • Lesourd, S.
(2006). Subjectivation postmoderne ? Comment taire le sujet ? : Des discours aux parlottes libérales (p. 164-233). érès. https://shs.cairn.info/comment-taire-le-sujet--9782749205632-page-164?lang=fr.

  • Lesourd, Serge.
« Subjectivation postmoderne ? ». Comment taire le sujet ? Des discours aux parlottes libérales, érès, 2006. p.164-233. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/comment-taire-le-sujet--9782749205632-page-164?lang=fr.

  • LESOURD, Serge,
2006. Subjectivation postmoderne ? In : Comment taire le sujet ? Des discours aux parlottes libérales. Toulouse : érès. Humus - subjectivité et lien social, p.164-233. URL : https://shs.cairn.info/comment-taire-le-sujet--9782749205632-page-164?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Un lapsus d’écriture m’avait fait écrire désiste à la place de déiste. La vérité ne peut être que mi-dite, le sujet déiste étant bien celui qui se désiste de sa propre responsabilité pour la remettre à l’Autre.
  • [2]
    Cette partie est la reprise d’un article paru dans A. Didier Weil (sous la direction de), Freud et Vienne, Toulouse, érès, coll. « Actualité de la psychanalyse », 2004.
  • [3]
    Cf. la structure du discours du Capitaliste.
  • [4]
    W. Goldwing, Sa Majesté des mouches, Paris, Gallimard, 1983.
  • [5]
    I. France, Le discours capitaliste libéral, fondements épistémologiques et portée sociale.
  • [6]
    C’est ce que le libéralisme économique appelle l’auto-régulation du système, chaque sujet est lui-même son propre régulateur.
  • [7]
    qcm, questionnaires à choix multiples, cette méthode d’examen permet de traiter les réponses de manière automatique par ordinateur (une réponse est juste ou fausse) ce qui met l’enseignant à l’écart de toute subjectivité dans son corrigé.
  • [8]
    J. Lacan, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Le Séminaire, XI, Paris, Le Seuil, 1964.
  • [9]
    D. Lachaud, op. cit., 1998.
  • [10]
    Ibid., p. 85.
  • [11]
    Cf. J. Lacan, Les complexes familiaux dans la formation de l’individu, 1938, Paris, Navarrin, 1984.
  • [12]
    Le vol à l’arraché des portables, par des adolescents qui en possèdent un, est typique de cette violence, dans laquelle ce qui est visé n’est pas la possession de l’objet, mais l’insupportable fait de son usage par un autre.
  • [13]
    Il n’est besoin que de voir comment se terminent un nombre important de querelles de priorité entre automobilistes, par un combat (queue de poisson, insultes verbales, etc.) qui se termine souvent par une réelle algarade physique. La façon dont de nombreux individus réagissent face à un autre témoigne de ce même phénomène.
  • [14]
    R. Cairn, « Thérapies des actes-Actes de thérapies », Adolescence, 1987, Tome 5, n° 2, p. 24.
  • [15]
    Titres des parties consacrées à la dépression dans D. Marcelli et A. Braconnier, Psychopathologie de l’adolescence, 2e édition, Paris, Masson, 1983, p. 211.
  • [16]
    Ibid., p. 213.
  • [17]
    Ibid., p. 213.
  • [18]
    Ibid., p. 214.
  • [19]
    S. Freud, 1923, « Le moi et le ça », trad. fr. dans Essais de psychanalyse, Paris, puf, p. 260.
  • [20]
    S. Freud, 1915, « Deuil et mélancolie », trad. fr., dans Métapsychologie, Paris, Gallimard, p. 151.
  • [21]
    R. Cahn, « Thérapies des actes, Actes de thérapies », op. cit., p. 241.
  • [22]
    G.A. Goldschmidt, Quand Freud attend le verbe, Paris, Buchet-Chastel, 1996, p. 222.
  • [23]
    S. Freud, 1919 (La traduction officielle beaucoup moins percutante, est la suivante : d’une régression à l’époque où le moi n’était pas encore nettement délimité par rapport au monde extérieur et à autrui.)
  • [24]
    Cf. ce qu’en dit Lacan en commentant le schéma R.
  • [25]
    J.-J. Rassial, op. cit., 1996, p. 193.
  • [26]
    S. Lesourd, op. cit., 2004.
  • [27]
    Cf. alors le passage précédent : la destruction de l’Autre ou la violence comme cause.
  • [28]
    R. Chemama, Dépression, la grande névrose contemporaine, Toulouse, érès, collection « Humus », 2006.
  • [29]
    S. Freud, 1923, « Le moi et le ça », trad. fr. Essais de psychanalyse, Paris, puf.
  • [30]
    J. Lacan, 1954-1995, Séminaire II, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique psychanalytique, Paris, Le Seuil.
  • [31]
    Son introduction, au-delà des cas rares d’hermaphrodisme corporel, date des travaux de Stoller dans les années 1960-1970.
  • [32]
    Cf. les lois espagnoles de cette année 2005.
  • [33]
    Cf. le droit belge sur la filiation des couples homoparentaux.
  • [34]
    Cf. la définition de la santé selon l’oms : « un état de bien-être physique et moral ».
  • [35]
    Nous reviendrons par la suite sur ce deuxième aspect du narcissisme primaire car il concerne une part importante la psychopathologie postmoderne, celle dans laquelle le corps est engagé réellement (cf. les effets de corps).
  • [36]
    Combien de fois ai-je entendu des mères et des pères parler de « leur » réussite au bac de leur enfant, à tel point que souvent j’ai l’impression que ce sont les parents qui passent leur bac.
  • [37]
    Cf. parmi de nombreux autres, l’article « Mathieu Ricard, un scientifique en robe de bonze », Femme actuelle, n° 190, 15-21 août 2005, p. 38-41.
  • [38]
    Cf. là encore parmi de nombreuses autres, l’émission télévisée de fr3, du 24 août 2005, sur le Brésil dont une grande partie était consacrée aux indiens de l’Amazonie centrale, à leur artisanat et à leurs rituels.
  • [39]
    Les différentes scissions des ordres monastiques relèvent de ce principe.
  • [40]
    Les scissions répétitives des groupes lacaniens, après la disparition du « père fondateur » n’ont pas d’autres causes.
  • [41]
    Cf. la floraison des ouvrages et revues psychanalytiques sur le domaine de l’adolescence à partir des années 1980. L’auteur de ces lignes n’échappe pas à la règle.
  • [42]
    Les cas d’enfants meurtriers sont en augmentation rapide dans les sociétés occidentales. J’ai, pour ma part, suivi deux enfants assassins, l’un dont j’ai décrit le parcours dans mon article « Un enfant chef de guerre », l’autre dont je n’ai jamais parlé, qui avait arrosé sa grand-mère d’essence avant d’y mettre le feu.
  • [43]
    L’allongement de l’âge moyen de la durée de vie, dans les pays occidentaux, en témoigne.
  • [44]
    Ce passage est la reprise d’un article, cosigné avec Véronique Dufour, paru dans la revue Adolescence 2004, 22, 2, p. 273-279.
  • [45]
    Pour de plus amples développements, voir J. Lacan, La relation d’objet, Le Séminaire IV, Paris, Le Seuil.
  • [46]
    Ici nous renvoyons à la différence pertinente faite par Laurence Croix entre souffrance et douleur, dans son ouvrage La douleur en soi, Toulouse, érès, coll. « Points Hors Ligne », 2002.
  • [47]
    Nous laissons imaginer au lecteur lequel d’entre nous menait cette cure!
  • [48]
    J. Lacan, 1964-1965, Le séminaire, Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Le Seuil.
  • [49]
    En cela nous suivons les principes définis par Freud, de faire confiance au dire du patient pour révéler la vérité scellée dans le symptôme.
  • [50]
    F. Geberovitch, Une douleur irrésistible, Sur la toxicomanie et la pulsion de mort, Paris, Inter Éditions, 1984.
  • [51]
    S. Freud, 1929, Malaise dans la civilisation, trad. fr. C. et J. Odier, Paris, puf, 1971, p. 22.
  • [52]
    Ibid., p. 23.
  • [53]
    C. Lacôte, « Jouissance », dans R. Chemama, B. Vandermesch (sous la direction de), op. cit., 1998, p. 209.

Nombres de mes collègues psychanalystes, en partant des constats cliniques que nous partageons, posent au principe de la postmodernité un changement de la structure du sujet. Le sujet postmoderne ne se construirait plus selon les « normes » de la névrose, de la culpabilité et du refoulement, mais selon des principes nouveaux. Charles Melman, dans L’homme sans gravité, parle de la fin du sujet et de la naissance d’un sujet pervers dont les axes de référence sont la jouissance immédiate et le principe de fonctionnement le déni. Roland Chemama dans Clivage et modernité, s’il ne postule pas une disparition du sujet, postule que le sujet postmoderne serait dans un rapport au monde mélancolique et fonctionnerait selon le clivage avec un mode défensif pervers. Jean-Jacques Rassial voit lui une subjectivation du sujet en état limite, soit une panne dans la construction du sujet qui reste en état adolescent dans une attente de construction de sa strucutre subjective. Certes la déliaison sociale qui se profile devant nous avec son cortège de phénomènes sociaux (montée des communautarismes, individualisme forcené, clivage des sociétés et pertes des solidarités, etc.) et de phénomènes individuels (recrudescence des anorexies, des suicides, des agirs, etc.) semble bien indiquer que les repères de la construction subjective sont en mutation. Pour ma part il me semble fondamental de distinguer entre deux registres de la subjectivation pour tenter de rendre compte de ce que la clinique nous impose de penser : le rapport postmoderne du sujet à son semblable…


Date de mise en ligne : 01/04/2012

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