3. Tortionnaire en chef à M 13 et S-21
- Par Françoise Sironi
Pages 120 à 179
Citer ce chapitre
- SIRONI, Françoise,
- Sironi, Françoise.
- Sironi, F.
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- Sironi, F.
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- SIRONI, Françoise,
Notes
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[1]
Nous reviendrons plus amplement sur l’analyse géopolitique clinique de l’histoire récente et ancienne du Cambodge, dans la partie intitulée « Une théopathie sacrificielle ».
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[2]
Pour une analyse approfondie des conséquences psycho-politiques d’une entreprise de refondation, voir, là aussi, la partie consacrée à la théopathie sacrificielle.
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[3]
Extrait du verbatim, version française, de la journée d’audience n° 45 du 2 avril 2012, p. 72.
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[4]
Concernant la description clinique, les conséquences psychologiques et la thérapeutique des traumatismes intentionnels, voir Françoise Sironi, Psychopathologie des violences collectives, op. cit.
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[5]
L’ensemble des citations est tiré de l’ouvrage de Henri Locard, Le « Petit Livre rouge » de Pol Pot ou les paroles de l’Angkar, Paris, L’Harmattan, 1996.
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[6]
Il semblerait que l’image de la page blanche soit attribuable à Mao, qui affirmait qu’une « feuille de papier blanche ne porte pas de fardeau, et les plus beaux caractères peuvent y être écrits, les plus belles images y être peintes ». Cité par David Chandler, S-21 ou le crime impuni des Khmers rouges, Paris, Autrement, 2002, p. 51.
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[7]
Ceci est corroboré par le témoignage de Sathavy Kim, Jeunesse brisée. Chroniques de Borng Tha sous le Kampuchea démocratique, Paris, Actes Sud, 2008. Voir également Henri Locard, Le « Petit Livre rouge » de Pol Pot ou les paroles de l’Angkar, op. cit.
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[8]
Le verbatim de la séance est accessible en khmer, en français et en anglais sur le site du Tribunal spécial Khmers rouges.
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[9]
Voir Françoise Sironi, Bourreaux et victimes, op. cit.
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[10]
Nic Dunlop, The Lost Executioner : A Journey into the Heart of the Killing Fields, New York, Walker & Company, 2005, p. 76.
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[11]
Cette remarque est celle du traducteur. Il est intéressant de constater que ce que Duch peine à dire, est précisément inaudible pour le traducteur.
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[12]
J’ai assisté à quelques-unes des audiences avant ma déposition, avec l’autorisation de la Cour. Cette expertise psychologique s’inscrivant dans le cadre d’un travail de recherche plus large sur les procès pour crimes contre l’humanité, j’ai également voulu ressentir l’ambiance dans l’assistance, m’imprégner de la scénographie du procès et analyser les attitudes de Duch lors de l’audition des témoins, à charge et à décharge, qui défilaient à la barre.
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[13]
Témoignage de Duch, interrogé par le procureur Smith, dans le cadre du procès numéro deux. Voir le verbatim du procès en version française, audience n° 43, 28 mars 2012, p. 76.
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[14]
Verbatim du procès en anglais, journée d’audience n° 29, du 16 juin 2009, p. 15-16.
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[15]
Verbatim du procès de Duch en anglais, journée d’audience n° 24, du 8 juin 2009, p. 107.
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[16]
Ibid., p. 69.
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[17]
Procès numéro deux, verbatim en version française de l’audience n° 42, 27 mars 2012, p. 10.
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[18]
Verbatim du procès numéro deux, version française, audience n° 44, 29 mars 2012, p. 87.
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[19]
Voir le verbatim, version française, audience n° 5, 9 avril 2009, p. 113.
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[20]
David Chandler, S-21 ou le crime impuni des Khmers rouges, op. cit.
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[21]
Il y a des différences dans la transcription phonétique de ce mot. Duch, plus haut, a parlé de kamtic.
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[22]
Cela pose d’ailleurs un problème éthique. Ces entretiens ont-ils eu lieu lors de la procédure d’instruction ? Ou au cours de son procès ? Le cinéaste n’en a rien dit.
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[23]
Le lecteur n’a accès à aucune des questions que le cinéaste a posées à l’accusé.
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[24]
Rithy Panh et Christophe Bataille, L’Élimination, op. cit., p. 135.
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[25]
Ibid., p. 190.
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[26]
Voir notamment David Chandler, S-21 ou le crime impuni des Khmers rouges, op. cit.
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[27]
Concernant la médecine traditionnelle khmère, voir, entre autres, Didier Bertrand, « Troubles psychosomatiques chez des réfugiés laotiens, khmers et vietnamiens en camp de transit. Intérêt d’un travail avec les médecins traditionnels » in C. Clanet, R. Fouraste, J.-L. Sudres (dir.), Corps, cultures et thérapies, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 1993. P. 361, p. 365.
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[28]
Idem, p. 364. Voir également Alexander Laban Hinton, Why Did They Kill?, op. cit.
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[29]
Voir la version française du témoignage de Duch au cours du procès numéro deux, journée d’audience n° 45, du 2 avril 2012, p. 73.
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[30]
Voir l’exemple de Franz Stangl, mort d’une crise cardiaque dix-sept heures avant la fin des entretiens qu’il a eus avec la journaliste d’investigation Gitta Sereny. Gitta Sereny, Au fond des ténèbres. De l’euthanasie à l’assassinat de masse : un examen de conscience, Paris, Denoël, 1975.
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[31]
Voir David Chandler, S-21 ou le crime impuni des Khmers rouges, op. cit., p. 117-118.
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[32]
Cité par l’historien lors de sa déposition, au soixante-dixième jour d’audience.
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[33]
Voir la version française des transcriptions d’audience, journée n° 50, 10 avril 2012, p. 47.
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[34]
Procès-verbal d’interrogatoire de l’instruction en date du 1er août 2007, p. 10.
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[35]
Voir le verbatim, version française, de la journée d’audience n° 45, 2 avril 2012, p. 92.
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[36]
Ministre des Affaires étrangères du Kampuchéa démocratique. Notons que Duch parle au présent.
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[37]
C’est seulement après 1990 que Duch a eu connaissance de ce geste de Ieng Sary. Voir le verbatim du procès numéro deux, version française, journée d’audience n° 49, du 9 avril 2012, p. 117 et 118.
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[38]
Liu Xiaobo, La Philosophie du porc et autres essais, Paris, Gallimard, 2011.
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[39]
Voir Hélène Suppya Bru-Nut, « Voix d’ici et ailleurs, ou comment écrire après », in P. Bayard et S. Phay-Vakalis (dir.), Cambodge, le génocide effacé, Nantes, Cécile Defaut, 2013, p. 231.
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[40]
D’après mon analyse clinique à partir des documents écrits ou filmés que j’ai pu consulter le concernant.
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[41]
À vrai dire, le couple Joliot-Curie n’avait pas grand-chose à voir avec cet idéal projeté.
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[42]
Voir le début de cette partie biographique consacrée à son enfance et à sa jeunesse.
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[43]
Voir Tobie Nathan, Nous ne sommes pas seuls au monde, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 2001.
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[44]
Cité à la barre par l’historien Raoul-Marc Jennar au soixante-dixième jour d’audience du procès de Duch.
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[45]
Cité par Alexander Laban Hinton, Why Did They Kill?, op. cit., p. 133.
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[46]
Marcel Lemonde, Un juge face aux Khmers rouges, op. cit., p. 72.
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[47]
Il semblerait que ce concept soit d’usage maçonnique. Nous le retrouvons également en psychologie spirituelle. Voir, à ce sujet, Alain Brêthes, Les Égrégores. Forces psychiques des groupes humains, Guyencourt, Oriane, 1999.
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[48]
Ibid., p. 15-18.
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[49]
Harald Welzer, Les Exécuteurs, op. cit., p. 18.
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[50]
Voir à ce propos Alice Miller, op. cit., 1983. Concernant l’impact désastreux de cette pédagogie sur le président Schreber (et dont Freud fit totalement abstraction), voir Morton Schatzman, L’Esprit assassiné, Paris, Stock, 1974.
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[51]
Tobie Nathan, Nous ne sommes pas seuls au monde, op. cit., p. 127-128.
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[52]
Vann Nath, Dans l’enfer de Tuol Sleng. L’inquisition khmère rouge en mots et en tableaux, Paris, Calmann-Lévy, 2008.
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[53]
Voir Primo Levi (1958), Si c’est un homme, Paris, Julliard, 1987 ; Hannah Arendt (1966), Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal, op. cit.
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[54]
Christopher Reuter, traduction de Pierre Deshusses, « Haji Bakr, le cerveau de l’État islamique », lemonde.fr, 26 avril 2015.
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[55]
Voir notamment Alexander Hinton, qui, comme beaucoup d’autres historiens, fait également référence à cette thèse du plan final dans son travail.
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[56]
Voir verbatim en version française du procès numéro deux, journée d’audience n° 46, du 3 avril 2012, p. 14.
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[57]
Ibid., p. 15.
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[58]
Alexander Laban Hinton, Why Did They Kill?, op. cit., p. 143-144.
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[59]
Ibid., p. 168.
Quelles implications psychologiques eurent, sur Duch, les fonctions qu’il exerça à M 13 puis à S-21 ? Comment en vint-il à exercer ces fonctions ? Et, articulé avec l’histoire collective du pays, quel rôle ces camps de torture et de mort ont-ils joué dans le système khmer rouge ?
Duch s’est montré coopératif et en confiance tout au long de nos seize entretiens cliniques. Mais lorsque nous avons abordé ces deux périodes de vie, à M 13 et à S-21, des mécanismes de défense qui n’existaient pas par ailleurs, du moins pas avec une telle intensité, sont apparus. Il devenait évitant, éludait les questions, ou utilisait des détours langagiers interminables pour ne jamais avoir à répondre à nos questions. D’un autre côté, Duch reconnaissait les faits qui lui étaient reprochés, il ne niait pas sa participation à la torture et à la mise à mort de 17 000 personnes. Et encore, ce chiffre est une estimation basse, dans la mesure où tous les noms des détenus n’ont pas été enregistrés ou ont été perdus, ce que Duch ne niait pas.
Cette reconnaissance des faits par Duch était intellectuelle, déclarative. Ce qui ne veut pas dire fausse. Mais le déni, la dénégation et le clivage envahissaient tellement son discours, qu’il s’en dégageait une grande confusion. Si nous n’y prenions garde, cette confusion gagnait alors nos propres pensées.
Le déni consistait à nier le sens de certains mots ou des évidences déductives, ce qui était très surprenant de la part d’un sujet chez qui la rationalité occupait une telle place…
Date de mise en ligne : 15/02/2019
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