4. Reprendre le contrôle
- Par Cédric Durand
- et Razmig Keucheyan
Pages 79 à 109
Citer ce chapitre
- DURAND, Cédric
- et KEUCHEYAN, Razmig,
- Durand, Cédric.
- et al.
- Durand, C.
- et Keucheyan, R.
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Notes
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[1]
K. William Kapp, « Environmental disruption : general issues and methodological problems », Social Science Information, vol. 9, n° 4, 1970, p. 23.
-
[2]
Charles Péguy, « Ève », Cahiers de la Quinzaine, 1914, 4e cahier, p. 168.
-
[3]
James R. Beniger, The Control Revolution. Technological and Economic Origins of the Information Society, Cambridge, Harvard University Press, 1986, p. 219.
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[4]
Ibid., p. vii. La notion de crise de contrôle est discutée dans Hannah Bensussan, « Entre spontanéité et contrôle : ce que Hayek se refusait à penser », Cahiers d’économie politique, vol. 82, n° 1, 2023, p. 193-223.
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[5]
Christian Gollier, Le Climat après la fin du mois, Paris, PUF, 2019, p. 25. Pour une mise en perspective critique de la manière dont l’économie standard aborde les enjeux climatiques, voir Antonin Pottier, Comment les économistes réchauffent la planète, Paris, Seuil, 2016.
-
[6]
Christian Gollier, Le Climat après la fin du mois, op. cit., p. 101.
-
[7]
Ibid., p. 54.
-
[8]
Ibid., p. 54-76.
-
[9]
Le problème de l’inégale utilité des propensions à payer les biens et services en fonction des niveaux de revenus est un problème majeur pour l’économie néoclassique. Comme le notait Alfred Marshall, « un plaisir de la valeur d’une livre sterling est, pour un homme pauvre, quelque chose de beaucoup plus grand qu’un plaisir de la valeur d’une livre pour un riche ». Alfred Marshall, Principes d’économie politique [1890], Chicoutimi, J.-M. Tremblay, « Classiques des sciences sociales », 2003, livre III, chapitre vi, § 3. Ce point est systématiquement examiné par Clément Carbonnier, « Welfare economics and neoliberalism : interpreting the ideal type of perfect competition general equilibrium », LIEPP Working Paper, n° 143, 2023.
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[10]
Ronald H. Coase, « The problem of social cost », The Journal of Law & Economics, vol. 3, 1960, p. 877.
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[11]
Grégoire Chamayou, La Société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire, Paris, La Fabrique, 2018, partie 3.
-
[12]
Ronald H. Coase, « The problem of social cost », art. cit., p. 877.
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[13]
« Le principal avantage d’un système de tarification est qu’il conduit à l’emploi des facteurs là où la valeur du produit obtenu est la plus élevée, et ce à un coût inférieur à celui des systèmes alternatifs », ibid., p. 873.
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[14]
Christian Gollier, Le Climat après la fin du mois, op. cit., p. 229-232.
-
[15]
Robert S. Pindyck, « Coase lecture : taxes, targets and the social cost of carbon », Economica, vol. 84, n° 335, 2017, p. 345-364.
-
[16]
Cette estimation repose sur l’hypothèse d’une croissance du PIB de 2 %.
-
[17]
Steven C. Sherwood et Matthew Huber, « An adaptability limit to climate change due to heat stress », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 107, n° 21, 2010, p. 9552-9555. Will Steffenet al., « Trajectories of the Earth system in the Anthropocene », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 115, n° 33, 2018, p. 8252-8259. Aurélie Méjeanet al., « Catastrophic climate change, population ethics and intergenerational equity », Climatic Change, vol. 163, n° 2, 2020, p. 873-890.
-
[18]
IPCC Working group I, « Technical Summary », Climate Change 2021. The Physical Science Basis. Contribution of Working Group I to the Sixth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change, p. 72.
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[19]
Christian Gollier et Mar Reguant, « Changement climatique », in Olivier Blanchard et Jean Tirole (dir.), Les Grands Défis économiques, par la Commission internationale Blanchard-Tirole, Paris, PUF, 2021.
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[20]
Chalmers A. Johnson, MITI and the Japanese Miracle. The Growth of Industrial Policy, 1925-1975, Stanford, Stanford University Press, 1982, p. 19.
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[21]
Cédric Durand et Étienne Espagne, « Réchauffement climatique : “Pour le prix du carbone, la guerre en Ukraine est un enterrement qui ne dit pas son nom” », Le Monde.fr, 6 avril 2022.
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[22]
Robert N. Stavins, « The relative merits of carbon pricing instruments : taxes versus trading », Review of Environmental Economics and Policy, vol. 16, n° 1, 2022, p. 62-82.
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[23]
Émilien Ravigné, Frédéric Ghersi et Franck Nadaud, « Is a fair energy transition possible ? Evidence from the French low-carbon strategy », Ecological Economics, vol. 196, 2022, p. 107397.
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[24]
Jean-Pierre Dupuy, La Catastrophe ou la Vie. Pensées par temps de pandémie, Paris, Seuil, 2021 ; Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé. Quand l’impossible est certain, Paris, Seuil, 2002.
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[25]
Christian Gollier, Le Climat après la fin du mois, op. cit., p. 245-246.
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[26]
Herman E. Daly, « Toward some operational principles of sustainable development », Ecological Economics, vol. 2, n° 1, 1990, p. 3.
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[27]
Franck-Dominique Vivien, « Les modèles économiques de soutenabilité et le changement climatique », Regards croisés sur l’économie, vol. 6, n° 2, 2009, p. 80.
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[28]
K. William Kapp, « Environmental policies and development planning in contemporary China », Environmental Policies and Development Planning in Contemporary China and Other Essays, Berlin, De Gruyter, 2020, chapitre 1, p. 38.
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[29]
Sauf mention contraire, les citations de Hayek sont extraites des archives « Friedrich Hayek Papers » conservées à la Hoover Institution et reprises de l’article de Bruce Caldwell consacré à la question du calcul économique chez Hayek. Bruce Caldwell, « F. A. Hayek and the economic calculus », History of Political Economy, vol. 48, n° 1, 2016, p. 151-180.
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[30]
Friedrich August Hayek, The Counter-Revolution of Science. Studies on the Abuse of Reason, Glencoe, The Free Press, 1952, p. 97.
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[31]
Cette victoire est le produit d’un intense travail politique, comme le montrent Naomi Oreske et Erik M. Conway, The Big Myth. How American Business Taught Us to Loathe Government and Love the Free Market, New York, Bloomsbury Publishing, 2023.
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[32]
Dans le modèle néoclassique, l’équilibre des prix résulte d’un processus de tâtonnement qu’illustre la métaphore du commissaire-priseur chargé, comme dans un processus d’enchères, d’annoncer et d’ajuster les prix aux fluctuations de l’offre et de la demande. Comme le soulignent Bernard Guerrien et Ozgur Gun, les théoriciens néoclassiques ont beaucoup de réticence à évoquer cette entité indispensable à la cohérence interne de leur paradigme car cela implique de « reconnaître explicitement que ce modèle décrit une économie très centralisée, alors qu’ils le présentent systématiquement comme l’archétype des économies de marché, décentralisées ». Bernard Guerrien et Ozgur Gun, Dictionnaire d’analyse économique. Microéconomie, macroéconomie, monnaie, finance, etc., Paris, La Découverte, « Grands Repères/Manuels », 2012, p. 85.
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[33]
Cette insistance sur la dimension dynamique du système de prix propulsée par l’entreprise privée et le profit est au cœur de la pensée autrichienne dès le début des années 1920. Pour Ludwig von Mises, « la force motrice de l’ensemble du processus qui donne naissance aux prix de marché des facteurs de production est la recherche incessante, de la part des capitalistes et des entrepreneurs, de la maximisation de leurs profits en répondant aux souhaits des consommateurs », Ludwig von Mises, Socialism. An Economic and Sociological Analysis, New Haven, Yale University Press, 1922, p. 138.
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[34]
Ce point est notamment développé par John O’Neill, « Austrian economics and the limits of markets », Cambridge Journal of Economics, vol. 36, n° 5, 2012, p. 1073-1090.
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[35]
Ce principe repose sur des hypothèses extrêmement fragiles. Guilhem Lecouteux, « Behavioral welfare economics and consumer sovereignty », in The Routledge Handbook of Philosophy of Economics, New York, Routledge, 2021, p. 56-66 ; Alexandre Chirat, « A reappraisal of Galbraith’s challenge to consumer sovereignty : preferences, welfare and the non-neutrality thesis », The European Journal of the History of Economic Thought, vol. 27, n° 2, 2020, p. 248-275.
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[36]
Ludwig von Mises, « The sovereignty of the consumers », Human Action. A Treatise on Economics, New Haven, Yale University Press, 1949, partie IV, chapitre 15, section 4. André Orléan prend le contre-pied de cette position avec sa théorie de la valeur et de la monnaie comme puissance sociale. André Orléan, « Value and money as social power : new concepts for old questions », Review of Political Economy, 17 juin 2022, p. 1-15.
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[37]
Otto Neurath, « Economics in kind, calculation in kind and their relation to war economics », Economic Writings. Selections 1904-1945, Dordrecht, Kluwer Academic Publishers, 2005, vol. 23, p. 309.
-
[38]
Otto Neurath, « Socialist utility calculation and capitalist profit calculation », Economic Writings. Selections 1904-1945, op. cit., p. 466-472.
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[39]
Otto Neurath, « Inventory of the standard of living », Economic Writings. Selections 1904-1945, op. cit., p. 517.
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[40]
Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice, Les Nouveaux Indicateurs de richesse, Paris, La Découverte, « Repères », 2016, 4e édition.
-
[41]
Éloi Laurent, « Refonder le débat budgétaire à l’aide d’indicateurs alternatifs », Revue Projet, vol. 362, n° 1, 2018, p. 59-65.
-
[42]
Cité par O’Neill et Uebel. Nous leur empruntons ces arguments concernant les rapports entre Hayek et Neurath du point de vue de la conception de la connaissance. John O’Neill et Thomas Uebel, « Analytical philosophy and ecological economics », in Joan Martinez-Alier et Roldan Muradian (dir.), Handbook of Ecological Economics, Cheltenham, Edward Elgar, p. 61.
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[43]
John O’Neill, « Austrian economics and the limits of markets », art. cit., p. 1082-1086.
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[44]
Friedrich Hayek, The Constitution of Liberty, Chicago, University of Chicago Press, 1960, p. 494.
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[45]
Cité par John O’Neill, « Austrian economics and the limits of markets », art. cit., p. 1088.
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[46]
Cité in ibid.
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[47]
Wassily Leontief, « National economic planning : methods and problems », Challenge, vol. 19, n° 3, 1976, p. 6-11.
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[48]
Karl Marx, Misère de la philosophie, 1847, https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/06/km18470615e.htm.
À l’orée des années 1970, William Kapp, pionnier de l’économie politique écologique, posait ce diagnostic : « La transformation actuelle de l’environnement n’est plus l’expression d’une maîtrise croissante du monde dans lequel nous vivons, mais au contraire le signe d’une perte de cette maîtrise. » Depuis, cette formule n’a fait que gagner en pertinence. L’anthropocène met en péril les grands équilibres écologiques et revient comme un boomerang vers notre espèce dont elle fragilise les conditions d’existence.
Un retournement s’est opéré : dans l’ambition cartésienne de se faire « comme maître et possesseur de la nature », on a fini par perdre le contrôle. L’agencement technique et socioéconomique des sociétés modernes a engendré un désajustement entre les activités humaines et le reste de la nature. Poser le problème en ces termes implique que la bifurcation écologique vise à une nouvelle pondération des rapports avec la nature. Comme l’avance l’hypothèse Gaïa, le système Terre est un tout organique dont l’évolution compatible avec la vie humaine suppose la préservation de grands équilibres biophysiques aujourd’hui défaits.
Si, comme l’écrit Charles Péguy, « rien ne se refait par un retournement », la situation impose pourtant de trouver les voies d’une réparation. Non pas la restauration d’un ordre prémoderne, mais la mobilisation de la réflexivité et de l’agentivité humaines, c’est-à-dire nos capacités d’action collectives, pour réduire les dérèglements environnementaux…
Date de mise en ligne : 24/11/2025
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