Chapitre d’ouvrage

1. J’ai pas de zizi

Sur le manque, le bonheur d’être une femme qui n’existe pas et la liberté

Pages 9 à 19

Citer ce chapitre


  • Mardi Noir,
(2018). 1. J’ai pas de zizi Sur le manque, le bonheur d’être une femme qui n’existe pas et la liberté. Comme psy comme ça (p. 9-19). Payot. https://shs.cairn.info/comme-psy-comme-ca--9782228921749-page-9?lang=fr.

  • Mardi Noir, .
« 1. J’ai pas de zizi : Sur le manque, le bonheur d’être une femme qui n’existe pas et la liberté ». Comme psy comme ça, Payot, 2018. p.9-19. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/comme-psy-comme-ca--9782228921749-page-9?lang=fr.

  • MARDI NOIR, ,
2018. 1. J’ai pas de zizi Sur le manque, le bonheur d’être une femme qui n’existe pas et la liberté. In : Comme psy comme ça. Paris : Payot. Psychanalyse, p.9-19. URL : https://shs.cairn.info/comme-psy-comme-ca--9782228921749-page-9?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Tiens, c’est drôle. Je réalise que j’ai longtemps détesté emprunter des livres à la bibliothèque. Je les achetais tous. À croire que rendre n’était pas mon truc.

L’autre jour, j’ai eu l’immense chance d’avoir une conversation hautement philosophique avec un enfant de deux ans et demi. J’en retranscris ici l’essentiel :
– Hey Manu !
– Oui.
– Moi j’te vise, moi, Manu (suivi d’autres propos aussi incohérents qu’incompréhensibles : une histoire de compote de pommes, je crois, et de pyjama mal ajusté. Je ne préfère pas relayer de fausses paroles ici, on demandera à l’intéressé quand il apprendra l’articulation).
– Ah bon ? Et tu m’vises avec quoi ?
– Avec mon ziziiiiiiiii !
C’est que j’ai eu peur ! Ce cri « zizi » ressemblait davantage à « Banzaï ! ». Est-ce une menace ? Un cadeau ? Ah tiens, voilà que son grand frère de cinq ans imite le son d’une mitraillette, la main posée sur l’entrejambe. Il a dû remarquer que ses constructions en Lego d’armes interstellaires ressemblaient de près à son kiki. Mince, est-ce pour ça que je passais mon temps à dessiner des fleurs quand j’avais leur âge ? J’avais déjà compris que mon truc ressemblait plus à une rose qu’à un gros flingue ?
À l’âge de quatre ans c’est précisément ce qui s’est passé avec mon voisin. Lui et moi dans la chambre, après l’école. Jour de deuil national, j’ai découvert que je n’avais pas de zizi. Pour le moment, on rit. Je ne sais même plus de quoi on parle, ce qu’on baragouine comme des enfants de quatre ans. « On dirait qu’on se mettrait tout nu et après toi tu regarderais “là” et moi après je ferais pareil. »« Là » était désigné du doigt, avec un rire de psychopathe, « gnarf gnarf », trop drôle on va se montrer nos zizis…


Date de mise en ligne : 30/10/2024

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