8. Embobine-moi
Quand la dépendance affective masque la haine de soi
- Par Mardi Noir
Pages 67 à 74
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C’est ça, la dépendance affective, les paroles de
Stup en résument bien l’idée. Un sentiment de
superficialité illusoirement comblé par quelqu’un
qui apporte le relief. Le nombre de fois où je me
suis entendue dire, au lendemain d’une rupture :
« Le plus dur dans tout ça, c’est que j’aspire à une
perspective. » L’avenir, la profondeur, les trois
dimensions. Trouver celui qui permettra de
détourner le regard qu’on porte sur soi. Voilà
l’objectif du dépendant.
Les fameuses haine et jalousie refourguées au
placard parce qu’on estime que ce ne sont pas de
bonnes compagnes de route et qu’elles concernent
surtout les autres. Pourtant, elles ne sont pas si
cruelles si on apprend à les connaître. C’est vrai
qu’au début elles sont lourdes et pernicieuses, à
base de « t’es une merde, les autres sont mieux que
toi, peut-être même que tu peux les détruire ».
Elles s’incrustent, elles te harcèlent. Alors un jour,
t’as dit ok pour prendre un café. Parce qu’il n’existe
pas encore de hashtag #balance-ta-propre-haine
ou encore #suicide-la-jalousie-qui-est-en-toi. Difficile, en somme, de ne pas céder à ses propres
avances.
Après ce petit café, il y a cette phase bizarre de
l’amitié durant laquelle elles deviennent des potes
mais elles s’en donnent à cœur joie. On devient la
bonne copine, la bonne poire. Tu es en train de
faire un truc, elles t’appellent et tu as beau leur
expliquer que ce n’est pas le moment, que là, tout
de suite, tu es occupée à ressentir de l’amour et
autres sentiments sympathiques, elles exigent ta
présence maintenant, et pour la tournée des
grands-ducs s’il vous plaît …
Date de mise en ligne : 30/10/2024
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