Chapitre d’ouvrage

4. L’ogre-mère et le père fantôme

Intermède autobiographique

Pages 35 à 38

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  • Mardi Noir,
(2018). 4. L’ogre-mère et le père fantôme Intermède autobiographique. Comme psy comme ça (p. 35-38). Payot. https://shs.cairn.info/comme-psy-comme-ca--9782228921749-page-35?lang=fr.

  • Mardi Noir, .
« 4. L’ogre-mère et le père fantôme : Intermède autobiographique ». Comme psy comme ça, Payot, 2018. p.35-38. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/comme-psy-comme-ca--9782228921749-page-35?lang=fr.

  • MARDI NOIR, ,
2018. 4. L’ogre-mère et le père fantôme Intermède autobiographique. In : Comme psy comme ça. Paris : Payot. Psychanalyse, p.35-38. URL : https://shs.cairn.info/comme-psy-comme-ca--9782228921749-page-35?lang=fr.

Ma mère, autrefois sirène chantante et tentatrice, aujourd’hui plus proche de la baleine échouée. Une caricature de mère ogresse. Jeune séductrice qui, à chaque kilo pris, année après année, assoit son emprise. Elle vieillit mais ne faiblit pas, elle s’impose. Son amour est à la hauteur de l’Everest. Son sacrifice est total. Je suis fille unique, choyée, aimée, désirée. Une perfection dévorante qui cache les aspérités de la réalité. Qui cache un père faillible, un homme de paille soumis à notre lien fusionnel, à elle et moi. Témoin impuissant de notre empoisonnement mutuel. Il est là pourtant, ce Papa. Il est toujours là, malgré le peu de place qui lui est impartie.
L’autre jour, je suis sortie avec lui, nous sommes allés à la bibliothèque de Biarritz, flâner un peu. Je ne fais jamais rien seule avec mon père. Il y a bien eu quelques années dans la petite enfance où j’ai eu ma relation privilégiée avec lui. Faire des châteaux en Lego ou… pêcher la crevette à marée basse. Mais depuis l’adolescence, c’est ma mère qui compte. Même fillette, je me demande si mes jeux avec lui n’étaient pas qu’un leurre, pour masquer la fusion maternelle. Pour jouer à la famille normale.
C’est bien après ma mère que je pleurais longuement quand elle avait des réunions le soir. Je restais assise contre la porte d’entrée, inconsolable, à gratter comme un chat contre le bois. Épuisée, je me roulais en boule. Il n’y avait rien à faire. Mon père tentait de m’appâter avec des jeux ou de la nourriture, comme on le ferait avec un petit animal domestique…


Date de mise en ligne : 30/10/2024

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