Oralités : transmettre le passé de l’Afrique
La force des griots
- Par Jan Jansen,
- Traduit de l’anglais par Marc Saint-Upéry
Pages 884 à 886
Citer ce chapitre
- JANSEN, Jan,
- Traduit de l’anglais par SAINT-UPÉRY, Marc,
- SINGARAVÉLOU, Pierre,
- ASSERAF, Arthur,
- BLANC, Guillaume,
- KISUKIDI, Nadia Yala
- et LAMOTTE, Mélanie,
- Jansen, Jan.,
- et al.
- Jansen, J.,
- Traduit de l’anglais par Saint-Upéry, M.
- P. Singaravélou,
- A. Asseraf,
- G. Blanc,
- N. Kisukidi
- et M. Lamotte
https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0884
Citer ce chapitre
- Jansen, J.,
- Traduit de l’anglais par Saint-Upéry, M.
- P. Singaravélou,
- A. Asseraf,
- G. Blanc,
- N. Kisukidi
- et M. Lamotte
- Jansen, Jan.,
- et al.
- JANSEN, Jan,
- Traduit de l’anglais par SAINT-UPÉRY, Marc,
- SINGARAVÉLOU, Pierre,
- ASSERAF, Arthur,
- BLANC, Guillaume,
- KISUKIDI, Nadia Yala
- et LAMOTTE, Mélanie,
https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0884
Tout juste rétabli d’une année de maladie, au lendemain d’une exploration du haut Niger au cours de laquelle il avait presque tout perdu, sauf son couvre-chef avec ses notes écrites, Mungo Park écrit : « [Le 21 avril 1797], nous fûmes en vue de Kinytakooro, ville considérable […]. Comme c’était la première ville que nous trouvions hors des frontières du Manding, on observa plus d’étiquette qu’à l’ordinaire. […] En entrant dans la ville, nous nous rendîmes au bentang [maison commune], où le peuple se réunit autour de nous pour écouter notre dentegi (histoire) : elle fut racontée publiquement par deux chanteurs [Jilli keas, ou griots]. Ils rapportèrent toutes les petites circonstances qui avaient rapport à la caravane, commençant par les événements arrivés le même jour, et remontant ainsi la série des faits jusqu’à Kamalia [le lieu de départ]. »
Cette description ethnographique rare, voire unique, d’un groupe de griots (jeli/jali ; le suffixe kè indique le masculin) de l’Afrique de l’Ouest délivre des informations cruciales sur la façon dont ces personnages étaient considérés avant l’occupation française au xixe siècle. Dans la langue populaire actuelle, « [ka] dantègè » est souvent rendu par l’expression « se rendre compte ». Du point de vue étymologique, dan.tègè signifie « limiter-couper », et les dictionnaires le traduisent par « dire le motif », « (s’)introduire », « (se) présenter », « faire une déclaration ». En le traduisant par « histoire », Mungo Park voulait certainement dire « un récit de circonstance » raconté dans le seul but de convaincre ses auditeurs…
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