D’une rive à l’autre du golfe d’Aden : espaces connectés
Le mythe du Prêtre Jean
- Par Bertrand Hirsch
Pages 813 à 815
Citer ce chapitre
- HIRSCH, Bertrand,
- SINGARAVÉLOU, Pierre,
- ASSERAF, Arthur,
- BLANC, Guillaume,
- KISUKIDI, Nadia Yala
- et LAMOTTE, Mélanie,
- Hirsch, Bertrand.
- Hirsch, B.
- P. Singaravélou,
- A. Asseraf,
- G. Blanc,
- N. Kisukidi
- et M. Lamotte
https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0813
Citer ce chapitre
- Hirsch, B.
- P. Singaravélou,
- A. Asseraf,
- G. Blanc,
- N. Kisukidi
- et M. Lamotte
- Hirsch, Bertrand.
- HIRSCH, Bertrand,
- SINGARAVÉLOU, Pierre,
- ASSERAF, Arthur,
- BLANC, Guillaume,
- KISUKIDI, Nadia Yala
- et LAMOTTE, Mélanie,
https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0813
Dans la seconde moitié du xiie siècle se cristallise un mythe chrétien, celui de l’existence d’un très puissant roi et prêtre, maître des trois Indes, souverain d’un pays empli de merveilles orientales (faune, flore, peuples fabuleux) et désireux d’apporter son aide aux croisés, en mauvaise posture face à l’avancée de l’islam. Ce récit trouve sa forme canonique dans une lettre, que le Prêtre Jean lui-même est censé avoir rédigée et adressée à l’empereur byzantin Manuel Comnène (r. 1143-1180), où il détaille les richesses et les forces guerrières de son royaume et son désir d’une alliance avec les puissances chrétiennes. Cette lettre, probablement inventée et rédigée vers 1165-1170 dans les cercles proches de l’empereur Frédéric II Barberousse, connaît un succès extraordinaire au vu du nombre de manuscrits qui en transmettent le texte latin (234) et des nombreuses traductions en langues vernaculaires (18, dont l’hébreu).
Souvent qualifié de légende, il s’agit plutôt d’un véritable mythe : un mythe d’origine, qui renvoie à l’idée d’une évangélisation de l’ensemble du monde par les apôtres – il y a donc des sociétés chrétiennes, au-delà du monde islamique, qui peuvent surgir à tout moment. Le mythe vient aussi résoudre une contradiction née au sein du monde chrétien : l’impossibilité pour un souverain d’être à la fois rex et sacerdos. Le récit, enfin, est nourri par l’imaginaire eschatologique et apocalyptique.
Au cours du xiiie siècle, la recherche de cette figure, en particulier par les ordres mendiants, se fait en Asie, dont les routes sont accessibles aux missionnaires et aux marchands en raison de l…
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