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Y a-t-il eu une économie impériale ?

Angoulême, l’empire en province

Pages 465 à 466

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  • Rothschild, E.,
  • Traduit de l’anglais par Dutheil de La Rochère, C.
(2023). Angoulême, l’empire en province. Dans
  • P. Singaravélou,
  • A. Asseraf,
  • G. Blanc,
  • N. Kisukidi
  • et M. Lamotte
Colonisations (p. 465-466). Le Seuil. https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0465.

  • Rothschild, Emma.,
  • et al.
« Angoulême, l’empire en province ». Colonisations, Le Seuil, 2023. p.465-466. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/colonisations--9782021494150-page-465?lang=fr.

  • ROTHSCHILD, Emma,
  • Traduit de l’anglais par DUTHEIL DE LA ROCHÈRE, Cécile,
2023. Angoulême, l’empire en province. In :
  • SINGARAVÉLOU, Pierre,
  • ASSERAF, Arthur,
  • BLANC, Guillaume,
  • KISUKIDI, Nadia Yala
  • et LAMOTTE, Mélanie,
Colonisations. Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.465-466. DOI : 10.3917/ls.singa.2023.01.0465. URL : https://shs.cairn.info/colonisations--9782021494150-page-465?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0465


Même la ville d’Angoulême, condamnée à « la plus funeste immobilité » selon Balzac, était située au carrefour de l’ancien et du nouvel empire. En 1830 habitait au cœur de la vieille ville une veuve née en 1744 à Chandernagor, au Bengale, qui avait épousé un ingénieur des digues, lequel faisait commerce d’esclaves, et qui était rentrée en France en 1772 avec cinq « domestiques noirs ». Autre exemple, Louis Félix, orfèvre à Angoulême et commissaire de l’administration révolutionnaire. Né en 1765 à Saint-Marc, à Saint-Domingue, il avait été affranchi à la naissance par le propriétaire de sa mère et était mort en 1851 en étant identifié comme « rentier ».
Ces « vieillards assis sur les deux siècles », toujours suivant Balzac, se retrouvaient à Angoulême par hasard, suivant leur réseau familial et leur réseau de protecteurs, qui eux-mêmes étaient à l’image des accidents de l’empire. Il n’empêche, Angoulême, une petite ville de province, éloignée de la mer, est aussi un exemple des nombreuses voies par lesquelles le monde colonial français a pénétré à l’intérieur des terres tout au long du xixe siècle.
Comme tous les chefs-lieux de province, Angoulême était un carrefour d’échanges permanents entre la campagne et la ville. L’ingénieur dont la femme était née à Chandernagor avait acquis la charge de « maître des eaux et forêts ». Louis Félix était connu, en 1796, parce qu’il avait fait peur aux paysans des villages voisins. La campagne autour d’Angoulême était aussi un lieu de négoce avec différentes parties du monde, qu’il s’agisse d’eau-de-vie ou de bétail…


Date de mise en ligne : 31/03/2026

https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0465

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