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Colonisations invisibles

Pages 413 à 415

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  • Todd, D.
(2023). Colonisations invisibles. Dans
  • P. Singaravélou,
  • A. Asseraf,
  • G. Blanc,
  • N. Kisukidi
  • et M. Lamotte
Colonisations (p. 413-415). Le Seuil. https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0413.

  • Todd, David.
« Colonisations invisibles ». Colonisations, Le Seuil, 2023. p.413-415. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/colonisations--9782021494150-page-413?lang=fr.

  • TODD, David,
2023. Colonisations invisibles. In :
  • SINGARAVÉLOU, Pierre,
  • ASSERAF, Arthur,
  • BLANC, Guillaume,
  • KISUKIDI, Nadia Yala
  • et LAMOTTE, Mélanie,
Colonisations. Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.413-415. DOI : 10.3917/ls.singa.2023.01.0413. URL : https://shs.cairn.info/colonisations--9782021494150-page-413?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0413


Les cartes dites « politiques » sont souvent trompeuses. Celle de l’empire colonial français à l’époque contemporaine ne fait pas exception.
Cette carte avait pour fonction première de rassurer un public français déjà anxieux du déclin de la France. En coloriant en bleu ou en rose une fraction croissante des terres émergées du globe, elle démontrait que la France restait une grande puissance, à une échelle désormais mondiale. Elle n’avait pas déchu, comme le craignaient les avocats les plus zélés de l’expansion coloniale, au rang de « la Belgique » ou de « la Suisse » (Jules Ferry), voire de « la Grèce ou la Roumanie » (Paul Leroy-Beaulieu). Si l’empire colonial fut une source de profits plutôt qu’un fardeau, il n’en faut pas moins se méfier d’un discours de propagande, qui avait intérêt à exagérer l’importance de cet empire visible.
Surtout, cette carte fait oublier les autres formes de colonisation, plus discrètes et au moins aussi profitables, auxquelles la France a pu se livrer, notamment après l’effondrement de ses empires territoriaux en Amérique, en Asie et en Europe entre 1763 et 1815. Les humiliations de la guerre de Sept Ans, de l’indépendance d’Haïti et de Waterloo démontraient que des profits aléatoires ne compensaient pas toujours les coûts élevés de la conquête formelle. Ces événements ont incité les classes dirigeantes à rechercher le rayonnement impérial de la France par d’autres moyens, plus subtils, plutôt qu’à y renoncer. L’attrait de l’empire était trop fort, pour des raisons économiques mais aussi politiques : l’érection d’un obélisque sur la place de la Concorde en 1836, sur le lieu de l’exécution de Louis XVI en 1793, montrait que, même en l’absence de colonisation formelle – l’Égypte étant alors un pays ami et client –, la gestuelle impériale pouvait servir à apaiser les querelles héritées de la Révolution…


Date de mise en ligne : 31/03/2026

https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0413

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