« Mission civilisatrice » : une rhétorique mobilisatrice
L’abolition ou le nouvel essor colonial
Pages 398 à 399
Citer ce chapitre
- DESTOUCHES, Didier,
- SINGARAVÉLOU, Pierre,
- ASSERAF, Arthur,
- BLANC, Guillaume,
- KISUKIDI, Nadia Yala
- et LAMOTTE, Mélanie,
- Destouches, Didier.
- Destouches, D.
- P. Singaravélou,
- A. Asseraf,
- G. Blanc,
- N. Kisukidi
- et M. Lamotte
https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0398
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- Destouches, D.
- P. Singaravélou,
- A. Asseraf,
- G. Blanc,
- N. Kisukidi
- et M. Lamotte
- Destouches, Didier.
- DESTOUCHES, Didier,
- SINGARAVÉLOU, Pierre,
- ASSERAF, Arthur,
- BLANC, Guillaume,
- KISUKIDI, Nadia Yala
- et LAMOTTE, Mélanie,
https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0398
L’abolition de l’esclavage sera l’une des premières mesures sociales prises par le gouvernement provisoire de 1848. Elle symbolise la volonté initiale des révolutionnaires de 1848 de concrétiser enfin les principes moraux et politiques en faveur de l’égalité, mais aussi de la liberté et de la fraternité, émergents en 1789 et malmenés par les régimes suivants. Mais, au-delà de cette indéniable dynamique idéologique, il y a aussi le basculement de la France (et de ses élites politiques) dans une autre dimension de sa politique expansionniste et coloniale, marquée du sceau de l’impérialisme.
Le 4 mars 1848, une commission est créée pour préparer l’acte juridique d’émancipation immédiate dans les colonies françaises. Le contenu des débats montre cette nouvelle orientation. Il faut pratiquer l’assimilationnisme en faisant de la République une entité universelle dominant une partie du monde par sa culture et sa richesse, et l’esclavage est contraire à cette visée fondamentale pour l’avenir de la France. Présidée par Victor Schœlcher, cette commission va donc définir un nouveau programme colonial dont le point de départ est l’abolition de l’esclavage. L’abolition est officiellement effective dans les deux mois suivant la promulgation du texte.
Dans les faits, l’acte de promulgation n’a pu apporter de solution déterminante à la poursuite du drame colonial. Il a d’abord fallu mettre en place une compensation financée au bénéfice des colons, ce qui a contribué à sceller la domination économique mais aussi sociale de cette minorité, notamment en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, et à La Réunion…
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